Les Musiciens du Louvre Grenoble

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Les Musiciens du Louvre Grenoble est un ensemble de musiciens français jouant sur instruments anciens et basé dans l'ancien Couvent des Minimes de Grenoble.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondé par Marc Minkowski en 1982, l'ensemble Les Musiciens du Louvre est à l'origine basé à Paris. À partir de 1987, il s'impose sur la scène européenne parmi les ensembles de musique baroque et classique. Depuis quelques années, ses incursions dans les ouvrages d'Offenbach, Berlioz et Bizet ont également été couronnées de succès.

En 1992, l'ensemble inaugure le festival de musique baroque de Versailles avec Armide de Gluck, puis en 1993 il prend part à l'inauguration de l'Opéra Nouvel de Lyon avec Phaëton de Lully. Cette même année il reçoit un Gramophone Award au titre de "Meilleur enregistrement vocal baroque" pour son enregistrement de San Giovanni Battista de Stradella.

Depuis 1996, l'ensemble est en résidence à Grenoble où il fusionne avec l'Ensemble instrumental de la ville et prend son nom actuel : Les Musiciens du Louvre Grenoble. En 2004, dès la réouverture de la Maison de la culture de la ville, rebaptisée pour l'occasion MC2, l'ensemble anime un atelier de création.

En 2005, Les Musiciens du Louvre-Grenoble ont été conviés à jouer Mozart à Salzbourg (Mitridate, repris dans le cadre de l'intégrale Mozart en 2006).

En 2009 l'orchestre aborde pour la première fois Wagner au théâtre du Châtelet en présentant son premier opéra achevé, Die Feen (Les Fées). Pour fêter le bicentenaire de la naissance de Richard Wagner, il présente à Grenoble puis à Vienne, en janvier 2013, la reconstitution du concert donné par Wagner lui-même le 11 janvier 1863 au Theater an der Wien. L'orchestre fête aussi au cours de la saison 2012-2013 le trentième anniversaire de sa création par une série de concerts à Grenoble et Paris puis une tournée en Asie (Tokyo, Kanazawa, Hong Kong, Shanghai, Séoul, Jakarta) au premier trimestre 2013, suivie d'une série de concerts à Grenoble, en France et en Europe au deuxième trimestre 2013.

Le 6 décembre 2014, la municipalité d'Éric Piolle annonce la possible suppression de sa subvention annuelle de 438 000 € aux Musiciens du Louvre Grenoble, ce qui pourrait provoquer un coup fatal à cet ensemble en 2016, selon son président Pascal Lamy[1]. Elle évoque cependant d'aider l'orchestre en « optimisant son budget » ou en lui trouvant une autre ville pour l'accueillir[2].

Projet musical[modifier | modifier le code]

Les Musiciens du Louvre-Grenoble s'inscrivent dans le renouveau en France de la musique baroque et plus généralement dans la pratique de la musique interprétée sur des instruments et dans le style d'époque. Le projet des Musiciens du Louvre-Grenoble est de proposer une relecture progressive du répertoire symphonique et lyrique conduisant du baroque à la musique moderne et de remettre au programme certaines œuvres qui ont été délaissées pour des raisons obscures ou injustifiées. Ce projet fait des Musiciens du Louvre-Grenoble l'un des ensembles les plus évolutifs, inventifs et originaux au monde.

Répertoires abordés[modifier | modifier le code]

L'ensemble s'est ainsi fait remarquer pour sa relecture notamment des œuvres de Haendel, de Purcell et de Rameau mais également de Haydn et de Mozart, pour citer les plus significatives. Ce cheminement les conduit naturellement à aborder les répertoires de plus en plus tardifs avec une prédilection pour la musique française du XIXe siècle, à commencer par l'intégrale des symphonies de Schubert. Ils participent dès lors à des projets autour de Berlioz (La Symphonie fantastique, Les Nuits d'été, Harold en Italie) et de Jacques Offenbach (en particulier La Belle Hélène et La Grande-duchesse de Gérolstein) mais aussi de Georges Bizet (Carmen et L’Arlésienne) et de Gabriel Fauré (Musique de Théâtre). Considéré comme l'un des meilleurs orchestres au monde par le quotidien britannique The Guardian, l'ensemble se voit confier de nombreux projets dans une grande variété de répertoires qui vont de Monteverdi à Stravinski, qu'il présente à Grenoble, Paris, en France et à l'étranger.

Ouverture vers l'Opéra[modifier | modifier le code]

L'Opéra a pris rapidement une part croissante dans l'activité de l'orchestre et le répertoire s'élargit vers d'autres univers : Monteverdi ( Le Couronnement de Poppée en 2000 au Festival d'Aix-en-Provence), Gluck (Armide en 1992), Mozart (La Flûte Enchantée à la Ruhr Triennale, L'Enlèvement au Sérail au Festival d'Aix-en-Provence, Mitridate en 2005 pour leur première prestation en fosse au Festival de Salzbourg) mais surtout les productions d'Iphigénie en Tauride de Gluck à l'Opéra de Paris, Carmen de Bizet (mai 2007), Die Feen de Wagner(mars 2009) au Théâtre du Châtelet et Les Noces de Figaro de Mozart au Théâtre des Champs-Élysées attirent une critique élogieuse. Au cours de son activité professionnelle foisonnante, l'ensemble a entrepris plusieurs tournées importantes en Europe de l'Est, en Asie, en Amérique du Sud et au Japon.

Présence au niveau local[modifier | modifier le code]

À partir de 2005, Marc Minkowski décide de créer l'Atelier des musiciens du Louvre, projet qui vise à multiplier les partenariats avec divers acteurs culturels (comme Musée en musique) mais plus particulièrement régionaux (comme l’Agence iséroise de diffusion artistique) et à offrir à un public renouvelé une rampe d'accès vers les grands concerts de la saison de l'orchestre à travers des créations musicales originales, des projets pédagogiques et des projets de sensibilisation, notamment du jeune public. Ainsi des concert en petites formations (deux violons, violon et piano-forte, deux violons et clavecin etc.) sont donnés dans divers lieux à travers l'Isère : Château du Touvet, église de Corenc, CHU de Grenoble à La Tronche, Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas ou auditorium du Musée de Grenoble, mais aussi au cours des tournées (ainsi le 27 janvier 2012 au Mozart Museen à Salzbourg et le 9 mars 2013 à Bandung, pendant la tournée en Asie).

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Leur discographie comprend des œuvres de :

  • Lully (Phaëton, Acis & Galatée, les Comédies-Ballets)
  • Charpentier (Le Malade imaginaire, Te Deum)
  • Marais (Alcione)
  • Blamont (Didon)
  • Clérambault (Le Soleil vainqueur des Nuages)
  • Mouret (Les Amours de Ragonde)
  • Stuck (Héraclite & Démocrite)
  • Rebel (Les Élémens)
  • Rameau (Hippolyte & Aricie, Platée, Dardanus, Les surprises de l'Amour [suites], Anacréon, Le Berger fidèle, Une symphonie imaginaire)
  • Mondonville (Titon & l'Aurore, Sonates en symphonies)
  • Gluck (Armide, Iphigénie en Tauride, Orphée et Eurydice)
  • Méhul (Symphonies no 1 et no 2)
  • Berlioz (Symphonie fantastique et Herminie avec le Mahler Chamber Orchestra et Aurélia Legay)
  • Offenbach (La Belle Hélène, La Grande-Duchesse de Gérolstein, Concerto pour violoncelle et autres pièces orchestrales, gala avec Anne Sofie von Otter, Orphée aux Enfers, A Concert of Music by Offenbach)
  • Handel (Il trionfo del Tempo e del Disinganno, La resurrezione, Messiah, Hercules, Amadigi, Teseo, Ariodante, Giulio Cesare, Concerti Grossi opus 3, Dixit Dominus et motets romains, Delirio amoroso et cantates avec Magdalena Kozena, Cantates françaises, Haendel Scarlatti Caldara Opera Proibita avec Cécilia Bartoli)
  • Mozart (Mitridate [DVD], Die Entführung aus dem Serail [DVD], Don Giovanni [arrangement pour octuor à vent par Triebensee], Jupiter)
  • Monteverdi (L'incoronazione di Poppea [DVD])
  • Stradella (San Giovanni Battista)
  • Rossini (L'inganno felice [sous le nom de Concert des Tuileries])
  • Bizet (L'Arlésienne)
  • Bach (La Messe en Si)
  • Schubert (les symphonies)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coup de rabot pour les musiciens du Louvre Grenoble ? Place Gre'net, 05/12/2014
  2. Journal de France 3 Alpes du 6 décembre 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Site officiel