Jules Guyot

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Jules Guyot

Naissance 17 mai 1807
à Gyé-sur-Seine
Décès 31 mars 1872
au château de Savigny-lès-Beaune
Nationalité Française
Profession Médecin et physicien
Autres activités

Jules Guyot (né le 17 mai 1807 à Gyé-sur-Seine - mort le 31 mars 1872, au château de Savigny-lès-Beaune) était un médecin et physicien français du XIXe siècle, surtout connu pour ses études viticoles. Jules Guyot est une des personnalités du département de l'Aube.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le château de Savigny-lès-Beaune, où Jules Guyot mourut en 1872.

Jules Guyot commença ses études au collège de Troyes et les termina à Paris, où il arriva en 1826. L'ardeur de ses études scientifiques, l'activité prodigieuse qu'il leur consacrait, le préservèrent pendant quatre ans de toute préoccupation politique ; mais, en 1830, il prit part à la révolution[1].

Il poursuivait ses études de médecine à Paris lorsque éclata la Révolution de 1830 à laquelle il se rallia avec enthousiasme. Déçu par Louis-Philippe, il se lança dans une opposition active parmi les jeunes républicains, prit part à des émeutes et fut même enfermé six semaines à Sainte-Pélagie en 1831.

En 1832, Jules Guyot publia ses Éléments de la physique générale. Il établit que le mouvement est la seule propriété de la matière et que la chaleur, la lumière, le son et l'électricité ont le même principe. Il fut reçu docteur en 1833.

En 1835, il publia une brochure sur les Mouvements de l'air et pressions de l'air en mouvement. Cette découverte des attractions, répulsions et directions des vibrations sonores est restée à peu près inconnue jusqu'au jour de sa mort où justice lui a été rendue[2].

En 1837, il présenta à l'Académie des sciences un mémoire sur la révision des calculs de l'aplatissement de la terre et sur le fil à plomb, avec le résultat des expériences faites par lui au Panthéon. Des commissaires furent nommés mais, par la faute de François Arago, le rapport de la commission ne fut pas fait. Le mémoire manuscrit est conservé aux archives de l'Académie des sciences.

Ayant en 1830 fait partie de l'artillerie parisienne, il étudia sérieusement la construction des armes à feu et créa un nouveau modèle de canon se chargeant par la culasse. Malgré des essais très concluants, ce perfectionnement fut refusé par comité d'artillerie, probablement parce qu'il était présenté par un homme étranger aux corps spéciaux. Guyot le regretta vivement, surtout lorsqu'il le vit adopté presque sans modification par les Prussiens qui en firent le terrible usage que l'on sait contre les armées françaises.

Très rapidement il abandonna la politique pour ne plus s'occuper que de travaux scientifiques : mécanique, physique, télégraphie, etc. Il inventa un nouveau type de locomotive[réf. nécessaire], mais le docteur Guyot doit surtout sa réputation à ses remarquables études viticoles qui ont opéré en France une véritable révolution. De 1841 à 1850 à Châlons-en-Champagne, puis de 1850 à 1858 à Sillery, il est employé par l'entreprise de vins de Champagne Jacquesson où il fait de nombreuses inventions[3]. Le docteur Guyot décrit son expérience de viticulteur puis de vinificateur chez Jacquesson dans son manuel de viticulture publié à partir du journal de la plantation d'un vignoble. Ce texte est publié dans une revue en plusieurs épisodes, puis en volume au début des années 1860, d'où sa réputation et la mission qui lui est confiée de visiter tous les vignobles de France, à une époque où l'on venait de signer un traité de commerce avec l'Angleterre. Il fallait alors mettre les différentes régions en mesure d'augmenter leurs exportations vers ce pays gros importateur de vins. Jules Guyot est mort peu de temps après l'achèvement de son œuvre : Étude des vignobles de France, le 31 mars 1872, au château de Savigny-lès-Beaune, propriété du Comte de La Loyère.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Éléments de la physique générale 1832
  • Culture de la vigne et vinification. Deuxième édition. Paris, Librairie agricole de la Maison rustique, 1861. Cet ouvrage est son premier traité sur le sujet. L'édition originale est de 1860. C'est un manuel de viticulture et de vinification où il s'est particulièrement attaché, en parlant notamment de l'étude des sols pauvres et de ses expériences personnelles, à améliorer les modes de culture et de vinification.
  • Étude des vignobles de France, pour servir à l'enseignement mutuel de la viticulture et de la vinification françaises. Deuxième édition augmentée… par M.-P COIGNET. Éditions Masson. Elle contient de plus que la première, parue en 1868, une notice biographique sur l'auteur, une table alphabétique des figures, une table des noms de personnes et des lieux cités et une table alphabétique et analytique des matières. Le tome I orné d'une carte dépliante en couleurs des 8 régions viticoles de la France traite de la région du Sud-Est (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes, Var, Corse, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Gard, Hérault, Aude, Pyrénées Orientales), du Sud-Ouest (Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Basses-Pyrénées, Landes, Gers, Tarn-et-Garonne, Lot-et-Garonne, Gironde et Dordogne). - Le tome II concerne la région du Centre-Sud (Tarn, Lot, Aveyron, Ardèche, Haute-Loire, Cantal, Corrèze, Haute-Vienne, Puy-de-Dôme), la région de l'Est (Hautes-Alpes, Drôme, Isère, Savoie, Ain, jura, Doubs, Haute-Saône), la région de l'Ouest (Charentes, Vendée, Deux-Sèvres, Vienne, Indre, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher). - Le dernier volume s'occupe de la région Bourgogne et Orléanais (Lyonnais, Beaujolais, Loire, Saône-et-Loire, Côte-d'Or, Aube, Yonne, Allier, Nièvre, Cher, Loiret), de la région du Nord-Est (Alsace, Vosges, Meurthe, Moselle, Meuse, Haute-Marne, Ardennes, Marne, Aisne), de la région du Nord-Ouest (Seine-et-Marne, Oise, région parisienne, Eure, Sarthe, Mayenne, Bretagne). Ce grand classique, fruit de 6 années d'investigations dans 71 départements viticoles, que le Dr Guyot parcourut entre 1861 et 1867, rend compte non seulement de leur viticulture et de leur vinification, mais aussi de leur travaux, besoins, mœurs et vie.
  • Notice sur les inventions, travaux d'art, d'industrie et de culture du docteur Guyot, exécutés sous sa direction, dans la maison Jacquesson et fils, à Châlons-sur-Marne et à Sillery, près Reims. 1857. Où il décrit ses inventions en particulier la capsule et le muselet à bouteilles de champagne.
  • Bréviaire de l'amour expérimental publié à titre posthume en 1882. http://next.liberation.fr/sexe/01012391270-l-orgasme-feminin-bon-pour-la-societe

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Claude Chapuis, « La vie passionnée du Docteur Jules Guyot », Pays de Bourgogne, no 203,‎ avril 2004, p. 11-30.
  • Claudine Wolikow, « Le docteur Jules Guyot (1807-1872), médecin-hygiéniste, transfuge et expert des vignobles de France », Territoires du Vin, no 5 « Varia sur les Territoires du vin »,‎ 15 mars 2012 (lire en ligne).

Honneur[modifier | modifier le code]

  • L'institut universitaire de la Vigne et du Vin de l'université de Bourgogne (Dijon) a été nommé d'après Jules Guyot.
  • La poire "Docteur Jules Guyot" a été nommée d'après Jules Guyot.
  • La taille Guyot, qui est un mode de taille observé par le Dr Guyot lors de son périple en France (il n'en est pas l'inventeur) et qu'il s'est attaché à populariser.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Étude des vignobles de France, Tome I., Paris; Editeur: Georges Masson; imprimé par autorisation de M. Le Garde des Sceaux à l'imprimerie nationale
  2. Ainsi que l'a signalé Jean-Augustin Barral dans sa chronique du Journal de l'agriculture du 27 avril 1872.
  3. Des Châlonnais célèbres, illustres et mémorables Jean-Paul Barbier, 2000.