Martinet (oiseau)

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Martinet
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Martinet » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
Martinet à ventre blanc
Martinet à ventre blanc
Taxons concernés

Plusieurs espèces de la famille des Apodidae
parmi les genres

Martinet est le nom vernaculaire donné en français à plusieurs espèces d'oiseaux migrateurs de la famille des Apodidae. La famille des Apodidae regroupe les martinets et les salanganes. Ils sont souvent confondus avec l'hirondelle.

La faiblesse de leurs pattes, la taille de leurs ailes et le fait qu'on ne les voit qu'en vol ont contribué à répandre la croyance selon laquelle ils ne peuvent s'envoler une fois à terre. En réalité, seul un oiseau malade ou blessé est incapable de s'envoler[1].

En France, trois espèces présentes sur le territoire disposent de ce nom vernaculaire :

  • Le martinet noir (Apus apus), l'espèce la plus commune, visible dans toute l'Europe.
  • Le martinet pâle (Apus pallidus), se trouvant à l'extrême sud de la France et de l'Europe.
  • Le martinet alpin (Apus melba), de l'Europe méridionale, est visible dans les régions montagneuses et dans les villes.

Ces espèces sont protégées en France et en Suisse.

Autrefois, les martins-pêcheurs étaient appelés martinet pescheur[2]. Il en est de même pour les martins chasseurs. La confusion s'est également produite en anglais à partir du normand puisque les martins y sont des hirondelles. À noter qu'en catalan, le terme martinet désigne les échassiers du genre Nycticorax dont fait partie le bihoreau gris.

Pressions, état des populations[modifier | modifier le code]

Comme tous les insectivores, le martinet subit l'impact de l'usage croissant des insecticides qui déciment une partie de ses proies, et qui peuvent poser des problèmes de bioaccumulation dans le réseau trophique

Cinquante ans après la publication (en 1962) par Rachel Carson de son livre Printemps silencieux (Silent Spring) accusant le DDT d'être cancérigène et reprotoxique (il empêche la bonne reproduction des oiseaux en amincissant la coquille de leurs œufs[3], une étude d'histoire environnementale a analysé au Canada une couche de guano de martinets accumulé dans un dortoir utilisé par ces oiseaux de 1940 à nos jours, prouvant que le DDT a effectivement eu un impact considérable sur les oiseaux insectivores en général et sur les martinets en particulier ; en décimant un grand nombre des insectes dont ils se nourrissent (coléoptères notamment, leurs proies les plus grosses et nourrissantes) [4],[5]. En Ontario où s'est faite cette étude la population de martinet a chuté de plus de 90 % en quelques décennies.

La présence et l'abondance du martinet Apus apus est d'ailleurs considérée comme bioindicatrice d'une faible contamination de l'environnement par les POPs[6].

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Burton et Burton, "la Grande Histoire du Monde Animal", vol. 7, p. 2055
  2. Définitions lexicographiques et étymologiques de « martin-pêcheur » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales .
  3. Rachel Louise Carson, trad. Jean-François Gravrand, Printemps silencieux, Plon, Paris, 1963, p. 287, (ISBN FRBNF32941434[à vérifier : isbn invalide])
  4. Joseph J. Nocera, Jules M. Blais, David V. Beresford, Leah K. Finity, Christopher Grooms,Lynda E. Kimpe, Kurt Kyser, Neal Michelutti, Matthew W. Reudink et John P. Smol (2012) Historical pesticide applications coincided with an altered diet of aerially foraging insectivorous chimney swifts ; on line 18 April 2012 doi: 10.1098/rspb.2012.0445 Proc. R. Soc. B 7 August 2012 vol. 279 no. 1740 3114-3120 (résumé)
  5. Yves Miserey (2012) La preuve des ravages du DDT sur les oiseaux, Le Figaro, 01/01/1970, et mis à jour 18/04/2012
  6. R Miniero & al. (2008) The use of common swift (Apus apus), an aerial feeder bird, as a bioindicator of persistent organic microcontaminants ; Istituto superiore di sanita, Roma ; vol.44, no 2, p. 187-194 (http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=20519654 résumé avec cat.inist]