Roundup

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Roundup est une marque d'herbicides produits par la compagnie américaine Monsanto. La molécule active mentionnée sur le produit est le glyphosate. C'est un herbicide non-sélectif d'où le qualificatif d’« herbicide total », utilisé en épandage notamment. C'est un produit irritant et toxique, commercialisé depuis 1975.

Sommaire

[modifier] Utilisation

Ce produit est un herbicide systémique, il pénètre à travers les organes aériens de la plante, et migre de son point de pénétration jusqu’aux points de croissance (apex, méristèmes) à travers toute la plante (tige, feuilles, racines). Le glyphosate, sa matière active, bloque la synthèse des acides aminés aromatiques au niveau de tous les organes de réserve (feuille, rhizome, bulbe)[1]. Lors du traitement, le glyphosate est efficace même si la pulvérisation n’a atteint qu’une partie de la plante. Ce produit peut-être utilisé associé à des cultures génétiquement modifié pour y résister, comme le soja Roundup Ready.

Sur des grandes surfaces de culture il peut être diffusé par épandage aérien. Il est aussi couramment utilisé comme désherbant domestique et urbain.

Ce produit est un herbicide non sélectif.

[modifier] Toxicité

Les produits Roundup contiennent plusieurs substances : la substance active qui est le glyphosate, et des substances dites « inertes » telles que le POEA (polyethoxylated tallowamine), AMPA, ou l'isopropylamine ; ces substances peuvent varier suivant le produit commercial.

Une étude de l'université de Caen[2], publiée dans Chemical Research in Toxicology fin décembre 2008, met en évidence l'impact de diverses formulations et constituants de cet herbicide sur des lignées cellulaires humaines (cellules néonatales issues de sang de cordon, des cellules placentaires et de rein d'embryon). Les auteurs signalent diverses atteintes de ces cellules humaines (nécrose, asphyxie, dégradation de l'ADN...), induites soit par le glyphosate, soit par un produit de sa dégradation (AMPA), soit par un adjuvant (POEA) qui facilite son incorporation par les plantes cibles, soit par des formulations commerciales de l'herbicide[3],[4]. Cette étude a été critiquée par l'AFSSA notamment pour des raisons méthodologique et pour l'interprétation des résultats fin mars 2009. L'agence estime que « les auteurs [de l'étude] sur-interprètent leurs résultats en matière de conséquences sanitaires potentielles pour l’homme, notamment fondées sur une extrapolation in vitro-in vivo non étayée » [5].

[modifier] Le glyphosate

L'Agence américaine de protection de l’environnement (US Environmental Protection Agency, EPA) détaille les effets nocifs sur la santé que pourrait provoquer l’exposition à de fortes doses de cette substance : « Congestion des poumons, accélération du rythme de la respiration » à court terme, « endommagement des reins, effets sur la reproduction » à long terme[6].

[modifier] Pollution

Le Roundup est lessivé jusque dans les sols, et se retrouve dans les rivières et les eaux souterraines. Au Danemark en 2003 il a été retrouvé à une concentration cinq fois supérieure à la norme, pour l'eau potable[7]. Herbicide le plus vendu au monde, à cause du boom des OGM dits Roundup Ready, il est retrouvé dans tous les cours d'eau proches de ces plantations.

Le glyphosate et certains de ses métabolites secondaires (AMPA), se retrouvent dans les eaux de certaines régions françaises (55% des nappes superficielles et 2.7% des nappes souterraines)[8]réf. à confirmer : . Le glyphosate seule oblige très rarement à opérer des traitements de l'eau, mais l'addition des concentrations de différents produits phytopharmaceutiques, notamment d'herbicides interdits et très rémanents, contraint à un traitement de l'eau dans certains cas (si la concentration cumulée est supérieure à 0,5 μg/l).[réf. nécessaire]

[modifier] Succès commercial

Les spécialités commerciales « Roundup » ont été popularisées et sont largement utilisées en agriculture car il est possible de semer ou de planter une zone désherbée sans délai. Il est utilisé en Colombie par le gouvernement, appuyé par les États-Unis, dans le Plan Colombie, officiellement pour détruire les champs de coca, mais détruit en pratique beaucoup plus.

À partir de 1996, Monsanto a développé les cultures Roundup Ready dans lequel un gène a été introduit, qui lui permet de résister au Roundup, auquel il doit être associé. Beaucoup d'agriculteurs utilisent cette technique car elle est beaucoup plus simple pour le désherbage des cultures concernées: maïs, soja. L'attrait des paysans pour une culture présentée comme exigeant moins d'épandage de produits phytosanitaires, donc plus rentable s'est révélée, selon certaines personnes[9], catastrophique : problèmes sanitaires, érosion et asphyxie des sols, maladies humaines et animales, monoculture, dépendance vis-à-vis de Monsanto...

Cependant, certains problèmes étaient déjà très présent avant l'introduction du soja RR, la surface était déjà de 6M d'hectare (contre 15 aujourd'hui), la répartition était déjà inégale, la monoculture intensive, les traitements sans précaution exposaient déjà les travailleurs et les riverains à des expositions massives aux produits phytopharmaceutiques. De plus la dépendance à Monsanto est relative : la plupart des producteurs argentins achètent des semences de contrebande et Monsanto récupèrent peu royalties en Argentine, à tel point qu'ils avaient réduit leur investissement en 2004, quand le marché noir représentait 60% des semences vendus en Argentine[10]. Par ailleurs, le glyphosate est libre de droit, de nombreuses préparations concurrentes au Round Up sont disponibles sur le marché.[réf. nécessaire]

Le prix du Roundup a augmenté ces dernières années, il devrait rapporter 1,7 à 1,8 milliard de dollars à Monsanto en 2008 [11]. L'entreprise semble avoir des problèmes de capacité de production, et elle a aussi fait face à l'augmentation des cours du pétrole qui a globalement fait augmenter le cout des intrants, aussi bien des engrais que des produits de traitements.

Selon Le Canard enchaîné, l'autorisation de mise sur le marché français pourrait être entachée d'illégalité faute d'avoir mentionné le POEA, un autre composant essentiel, augmentant la pénétration du pesticide dans les cellules de la plante[12]. Le 18 novembre 2009, le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures et un agriculteur bio « demandent au ministère de l'Agriculture le "retrait immédiat" de deux herbicides Roundup (Monsanto), dénonçant une différence entre les produits testés et les formules déclarées dans le cadre des autorisations de mise sur le marché »[13]. Le rapport de l'AFSSA (voir section toxicité) considère que l'effet du POEA n'est pas suffisant pour justifier une changement de législation (voir l'analogie avec le chlorure de benzalkonium qui provoque des effets comparable in vitro mais qui est largement utilisé comme désinfectant et conservateur de solution médicamenteuse depuis 1935).

[modifier] Biodégradabilité, risque pour l'environnement et publicité mensongère

En janvier 2007, la société Monsanto fut condamnée par le tribunal correctionnel de Lyon pour publicité mensongère relativement au produit Roundup. Quelques années auparavant, la firme avait déjà fait l'objet d'une condamnation aux États-Unis pour le même motif[14]. Depuis, il n'est plus possible pour Monsanto d'indiquer que le Roundup soit un produit sans risques pour l'environnement. Le terme biodégradable sur l'étiquette des produits est fortement limité par le jugement américain. La condamnation a été confirmée en appel le 29 octobre et Monsanto a été condamnée à verser une amende de 15 000 euros[15].

En effet, bien que biodégradable, l'état de New York a jugé que cette mention ne pouvait être utilisée sans preuve que ce processus soit effectué dans des délais raisonnables(« a reasonably short period of time »)[14].

Le fait est que si le glyphosate est effectivement rapidement dégradé[16] (des bactéries du genre pseudomonas peuvent dégrader le glyphosate en glycine, en passant par un intermédiaire, la sarcosine CH3 - NH - CH2 -CO2-[17]) , ses produits de dégradation dont l'AMPA s'accumulent en cas d'usage excessif dans les nappes phréatiques.

[modifier] Notes et références

  1. ACME
  2. Time- and Dose-Dependent Effects of Roundup on Human Embryonic and Placental Cells Benachour N, Sipahutar H, Moslemi S, Gasnier C, Travert C, Séralini GE. (Laboratoire Estrogenes et Reproduction, USC-INRA, IBFA, Université de Caen Basse-Normandie, Caen, France.) Arch Environ Contam Toxicol. 2007 May 4
  3. « Le désherbant le plus vendu au monde mis en accusation », LeMonde.Fr, 9 janvier 2009
  4. Nora Benachou, Gilles-Eric Séralini: "Glyphosate Formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells". Dans: Chemical Research in Toxicology, 23. Dezember, 2008 http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/tx800218n
  5. [pdf] Afssa – saisine n°2008-SA-0034 - Glyphosate, 26 mars 2009.
  6. Consumer Factsheet on: Glyphosate
  7. DC1
  8. Voir les rapports d'analyse des DDASS ou des SAGE.
  9. Argentine, le soja de la faim, de Marie-Monique Robin, Guillaume Martin et Françoise Boulègue, ARTE GEIE/Galaxie Presse–France, 2005 ou l'article « Les transnationales mettent le vivant en coupe réglée : Argentine, un cas d’école » de Pierre-Ludovic Viollat, dans Le Monde Diplomatique d'avril 2006
  10. http://www.infogm.org/spip.php?breve225
  11. Betapolitique - Inflation mondiale des produits agricoles : le prix du Roundup explose
  12. « La patate chaude de Barnier », dans Le Carnard enchaîné, 24 juin 2009, p. 5.
  13. « Deux herbicides Roundup mis à l'index par des agriculteurs », LePoint.Fr, 18 novembre 2009.
  14. a et b (en)« False Advertising by Monsanto Regarding the Safety of Roundup Herbicide (Glyphosate) »Attorney General of the State of New York. Consumer Frauds and Protection Bureau. Environmental Protection Bureau. 1996.
  15. (fr) Monsanto condamné en appel sur Enviro2B.com, le 10 octobre 2008.
  16. (en) Melvin L. Rueppel, Blanche B. Brightwell, Jacob Schaefer et John T. Marvel, « Metabolism and degradation of glyphosphate in soil and water », dans J. Agric. Food Chem, vol. 25, no 3, mai 1977, p. 517-528 [texte intégral (page consultée le 12 août 2009)] 
  17. (en) Ganesh M. Kishore et Gary S. Jacob, « Degradation of glyphosate by Pseudomonas sp. PG2982 via a sarcosine intermediate », dans THE JOURNAL OF BIOLOGICAL CHEMISTRY, vol. 252, no 25, 5 septembre 1987, p. 12164-8 [texte intégral (page consultée le 12 août 2009)]
    « From the Monsanto Company, Biological Sciences, AA31, St. Louis, Missouri 63198 »
     

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Eau polluée au Danemark -Extrait de presse de 2003
  • Charles M. Benbrook, Troubled times amid commercial success for roundup ready soybeans. Glyphosate efficacy is slipping and unstable transgene expression erodes plant defenses and yields, Northwest Science and Environmental Policy Center, Sandpoint (Idaho, USA), 3 mai 2001
  • Caroline Cox, « Glyphosate (Roundup) », dans Global Pesticide Campaigner, vol. 9, no 1, avril 1999, p. 12–19 (ISSN 1055-548X) 
  • KemI 2000 "Sweden limits use of herbicides in home gardens" KemI Press Release June 22, in Global Pesticide Campaigner vol.11, n°1 April 2001, 29
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