Mammès de Césarée

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Saint Mammès venant se livrer au tribunal du gouverneur de la Cappadoce, Alexandre - Tapisserie de Jean Cousin l'Ancien de 1541 - Musée du Louvre

Selon la légende, Mammès (ou Mammas, ou Mamans) de Césarée, dont le nom signifie « celui qui a été allaité », est né au sein d'une famille modeste de Cappadoce (en Asie mineure, l'actuelle Turquie). Certains historiens datent sa naissance en l'an 259 et son martyre aurait eu lieu en 275. Il fut donc martyrisé à l'âge de seize ans.

Ce saint est honoré le 17 août, particulièrement en Orient. Les 'actes' de son martyre ne sont pas dignes de foi.

La légende de saint Mammès[modifier | modifier le code]

Saint Mammés et Saint Bertrand entourant Les amis de Dieu et les saints apôtres de Romain Cazes, à Saint-Mamet

Fils de Theodotus et de Rufina, saint Mammès est né en prison là où se trouvaient ses parents, coupables d'être chrétiens. Peu de temps après sa naissance, ses parents moururent. Avant sa mort, sa mère avait demandé à Dieu la grâce de trouver quelqu'un qui s'occuperait de son bébé. Sa prière fut exaucée, car lorsqu'elle mourut, un ange ordonna à Ammia, une riche veuve de Césarée de Cappadoce ou Kayseri, sainte elle aussi, de prendre en charge le nouveau-né. Elle adopta l’enfant et l'appela Mamas à cause de ses premiers balbutiements. En grandissant, Mamas ou Mammès devint un défenseur ardent de la foi. Amnia mourut alors que Mammès n'avait que quinze ans, laissant l'adolescent héritier de ses richesses. Il n'en resta pas moins ardent prosélyte de la foi.

Ceci parvint aux oreilles de l'empereur Aurélien qui envoya Démocrite occuper le poste de gouverneur de Césarée de Cappadoce avec mission de faire abjurer le jeune trublion de Mammès. Comme celui-ci refusait d'abjurer sa foi, Démocrite lui fit brûler le torse avec des torches enflammées mais rien n'atteignait l'adolescent. Démocrite, en désespoir de cause, ordonna alors de jeter Mammès au fond de l'eau avec une masse de plomb attachée au cou afin de le noyer. Mais pendant que les bourreaux le conduisaient vers le lieu de son supplice, un ange l'enleva et l'emporta sur le mont Argée, une montagne proche de Césarée, où il put s'abriter et se reposer.

Il resta quarante jours dans cette retraite, puis il vit un bâton tomber du ciel et entendit une voix qui lui disait "frappe le sol !". Mammès obtempéra et vit alors apparaître le livre des Évangiles. Il s'en empara et put y trouver réconfort et enseignements. Il accumula ainsi des connaissances religieuses. Elles lui permirent de descendre de temps en temps à Césarée pour prêcher. Dans la montagne, il se nourrissait du lait des biches et des chèvres dont il faisait du fromage. Il apprivoisait les bêtes et les fauves. Les ours, les lions et les tigres le suivaient comme des moutons suivent leur berger.

L'empereur Aurélien nomma un nouveau gouverneur en Cappadoce, qui s'appelait Alexandre. Ce gouverneur envoya ses gardes pour arrêter le jeune chrétien en vue de le juger. Mammès leur servit des fromages et du lait et pendant qu’ils mangeaient, les fauves arrivèrent et entourèrent Mammès formant ainsi une redoutable muraille protectrice. Les soldats étaient effrayés, mais Mammès les rassura. Il leur dit qu'il se rendrait bientôt à la ville. Peu après, Mammès descendit à Césarée et fut mis en jugement. On l'accusa d'être un magicien qui avait des pouvoirs sur les bêtes sauvages et il fut condamné. On prépara son supplice et la fournaise dans laquelle il devait être jetté. Mais Mammès courut de lui-même dans les flammes qui ne lui firent aucun mal. Il y resta trois jours puis en sortit indemne.

Il fut alors livré aux lions du cirque. Mais ce supplice fut encore un échec pour les bourreaux car les fauves refusèrent de dévorer Mammès qui les avait apprivoisés. Devant ce prodige, le gouverneur Alexandre décida de mettre un terme à la vie du jeune martyr, en lui plantant un trident dans l'abdomen. Mais le jeune Mammès se redressa et arracha l'arme de son ventre. Il parvint jusqu'à une grotte située près du cirque, où il mourut.

Traditionnellement, il est invoqué par les personnes souffrant de coliques. Il est considéré comme saint protecteur des personnes ayant des fractures osseuses, ainsi que de ceux qui sont allaités. Dans la localité de Murero (près de Saragosse en Espagne), il est considéré comme saint patron de ceux qui souffrent de hernie et d'éventration.

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

Cathédrale Saint-Mammès de Langres[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Mammès de Langres, en France dans le département de la Haute-Marne, dédiée à saint Mammès, possède, exposées dans son transept deux anciennes tapisseries figurant la légende du saint, ainsi qu'un buste-reliquaire contenant le crâne de ce dernier, et conservé dans la salle du Trésor.

Autres lieux de culte et iconographie[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • Statue en pierre polychromée, datée du XVIe siècle dans la Chapelle Sainte-Catherine de l'Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource.
  • Tapisserie de Jean Cousin l'Ancien (v.1490-1560), datée de 1541 : Saint-Mammès venant se livrer au tribunal du gouverneur de Cappadoce, Alexandre conservée au Musée du Louvre, Dim; H: 440 cm x L: 450 cm, commande de l'évêque Claude de Longwy, pour la cathédrale de Langres et installées en 1543-1544.
  • À Mamers (Sarthe) se trouvait un oratoire consacré à saint Mammès[1].
  • Dans la Chapelle Notre-Dame-du-Haut en Trédaniel (Côtes-d'Armor) se trouve une statue de "saint Mamert" (ou "saint Mamers") montrant ses entrailles[2].
  • Dans la chapelle Saint-Ceneri-le-Gerei dans l'Orne se trouve une statue de "saint Mamert" tenant ses entrailles dans ses mains
  • Dans la chapelle Saint-Éloi à Ploudaniel (Finistère) se trouve une statue de "saint Mémoir" (sant Memor en breton) tenant aussi ses entrailles à la main.
  • Une chapelle Saint-Mamert existe à Les Côtes-d'Arey (Isère)[3].
  • Un petit oratoire lui est dédie à proximité de Seichebrières (Loiret).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Chardon, Mamert et saint Mammès, Le Mans, 1865, Bibliothèque numérique, consulté le 21 décembre 2013, École nationale des chartes; consultable aussi à cette autre url.
  2. http://www.tourisme-moncontour.com/Saint-mamert-ou-mamers_fiche_1804.html
  3. http://www.isere-tourisme.com/PCU/Chapelle-Saint-Mamert/Les-Cotes-d-Arey/fiche-1104-1-sitraPCU730779.html