Ops

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Livie représentée en Ops, Musée du Louvre, Paris

Ops est la déesse romaine de l'Abondance.

Le culte[modifier | modifier le code]

Ses fêtes à Rome, les Opalia, le 19 décembre, et les Opiconsivia, le 25 août, étaient proches des fêtes de Consus, le dieu de l'engrangement des récoltes. Comme sa fête de décembre était trois jours après les Saturnales[1], elle était couramment associée à Saturne, et comme celui-ci était identifié au Cronos grec, elle fut identifiée à Rhéa, la compagne de Cronos.

Son lieu de culte le plus ancien était un sacrarium dans la Regia, ou ancien palais royal, où n'étaient admis à célébrer son culte que le pontifex maximus accompagné des Vestales. On y célébrait la fête des Opiconsivia en août.

Plus tard, on lui érigea un temple sur le forum, dont la dédicace coïncidait avec la date des Opalia.

Un troisième temple lui fut dédié sur le Capitole au milieu du IIe siècle av. J.-C. Il existait déjà en -184, et César y déposa le fameux trésor de 700 millions de sesterces qui fut pillé par Antoine pour les besoins de sa politique. Sous Auguste, les matrones y célébrèrent les jeux séculaires et sous Domitien s'y réunit la confrérie des Arvales. Ce temple était plus spécialement en rapport avec la fête des Opiconsivia.

À l'époque d'Auguste, un autel double fut élevé au vicus Jugarius en 7 ap. J.-C., en l'honneur de Ceres Mater et d’Ops Augusta, peut-être avec une intention de flatterie à l'adresse de Livie, qui aimait à se faire représenter sous les traits de Rhéa Cybèle, la Magna Mater Idaea, que la piété des foules aimaient à identifier avec Ops. On y sacrifiait lors des Volcanalia le 23 août, sans doute pour sauvegarder les récoltes des incendies.

Les dépouilles opimes[modifier | modifier le code]

Romulus, vainqueur d'Acron, porte les dépouilles opimes au temple de Jupiter par Ingres (1812)

La déesse Ops a donné les adjectifs opulent, c'est-à-dire ce qui possède en abondance les biens de la terre, et également opimes dans les expressions victimes opimes (celles qui sont les plus grasses), choses opimes (celles qui sont magnifiques et considérables), ou encore dépouilles opimes, spolia opima (le nom donné aux dépouilles qu'un général en chef du peuple romain a enlevées de sa main à un général en chef des ennemis[2]).

Ce fait est extrêmement rare puisque ce cas n'est arrivé que trois fois en 530 ans :

Elles furent toutes suspendues dans le temple de Jupiter Férétrien[2],[3].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Varron, De lingua latina, livre VI, I, 22
  2. a et b Festus, Signification des mots, livre XIII, Opima spolia
  3. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne] « Vie de Marcellus », 16 ; « Vie de Romulus »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Dumézil, Quaestiunculae, 13. Le sacrarium Opis dans la Regia, REL, XXXIX, 1961, p.257-261
  • Pierre Pouthier, Ops et la conception divine de l’abondance dans la religion romaine jusqu’à la mort d’Auguste, Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome, fasc. 242, 1981.

Homonyme[modifier | modifier le code]

  • Le nom Opalia a été repris par de nombreuses sociétés pour designer des marques de consommation.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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