Cola di Rienzo

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Statue de Cola di Rienzo à Rome

Cola di Rienzo, connu aussi comme Nicolo di Lorenzo[1] (né à Rome en mars ou avril 1313 – mort à Rome le 8 octobre 1354) était un homme d'État de l'Italie médiévale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un aubergiste et d'une lavandière, il fit croire pendant longtemps qu'il était le fils illégitime de Henri VII de Luxembourg. Fier du passé romain et de son antique grandeur, sa jeunesse est marquée par la lecture des écrivains latins qui lui donne le goût et l'ambition de restaurer le prestige de l'ancienne République romaine. Pour lui, la « Ville éternelle » n'est plus que l'ombre d'elle-même, ternie par les luttes entre les grandes familles patriciennes (les Orsini, les Colonna) et par l'absence du pape, qui a élu domicile à Avignon depuis le début du siècle.

Sa visite à Clément VI[modifier | modifier le code]

En 1343, il prend la tête d'une délégation et se rend voir Clément VI pour le convaincre de rentrer à Rome. Le pape refuse la proposition mais sympathise avec lui. En 1344, il le nomme secrétaire de la Camera capitolina et lui promet d'établir un jubilé pour 1350. Cola di Rienzo comprend qu'il n'obtiendra rien d'autre et revient à Rome pour préparer sa révolution.

Le Tribun de Rome[modifier | modifier le code]

Le 21 mai 1347, assisté du vicaire pontifical Raymond d'Ovieto, il convoque le peuple au Capitole et se fait élire tribun et libérateur de la République. Une nouvelle Constitution est adoptée lui donnant des pouvoirs quasi dictatoriaux. Rienzo chasse alors les Orsini et les Colonna de la ville et prend des mesures pour rétablir l'ordre.

Clément VI a approuvé le coup d'État mais se méfie du rêve de Rienzo de vouloir unifier l'Italie avec Rome comme capitale. Le 1er août, 200 députés venus de diverses villes d'Italie lui accordent leur soumission.

Son impopularité[modifier | modifier le code]

Dès lors, le pape va appuyer le parti adverse, celui des Orsini et des Colonna qui relèvent la tête. Le mécontentement va en effet grandissant à Rome. Les impôts augmentent et le peuple a l'impression qu'ils servent à payer les nombreuses fêtes pompeuses et inutiles que Rienzo organise. Le 15 décembre 1347, le cardinal Bertrand de Déaulx et les sénateurs Bertoldo Orsini et Luca Savelli rétablissent l'ancien ordre seigneurial. Le dictateur n'a que le temps de s'enfuir.

L'empereur le livre au pape[modifier | modifier le code]

Il trouve d'abord refuge chez les Spirituels franciscains de Monte Marilla. En 1350, il se rend à Prague où il tente de persuader l'empereur Charles IV de venir délivrer l'Italie. Celui-ci l'arrête et le livre à Clément VI, qui le libère sur la demande de Pétrarque. Pétrarque voyait en Rienzo l'honneur des deux Brutus.

Son retour et sa mort à Rome[modifier | modifier le code]

En 1353, les Orsini et les Colonna contestent de nouveau l'autorité pontificale. Le nouveau pape Innocent VI renvoie Cola di Rienzo, accompagné du cardinal Albornoz, y rétablir l'ordre. En août 1354, il rentre à nouveau triomphalement dans Rome où il se fait élire sénateur. Son pouvoir est cependant très contesté. Le 8 octobre 1354, les Colonna organisent un soulèvement populaire. Capturé par les émeutiers, il est décapité, son cadavre brûlé et ses cendres jetées dans le Tibre.

Évocation artistique[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, Cola di Rienzo devient une figure populaire de la lutte du peuple romain face aux papes et aux seigneurs. La rue principale du nouveau rione Prati, créé en 1911 et destiné aux fonctionnaires du Royaume, porte son nom. C'est une des principales rues commerçantes de Rome.

Sculture[modifier | modifier le code]

  • Cola di Rienzo (1878), statue de Bronze visible à la gauche des escaliers montant au Capitole, œuvre principale de Girolamo Masini.

Peinture[modifier | modifier le code]

Rienzo jurant de venger la mort de son jeune frère par William Holman Hunt (1849)

Musique[modifier | modifier le code]

  • Ouverture Cola di Rienzo (1866) de Giovanni Sgambati (1841-1914), partition perdue et retrouvée au XX[e siècle.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Cola di Rienzi apparaît dans plusieurs albums de bandes dessinées de la série Vasco par Gilles Chaillet
  • Il apparaît dans le tome 6 des Rois maudits de Maurice Druon, où c'est lui qui révèle à Giannino Baglioni qu'il est en réalité le véritable roi de France Jean Ier.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. Papencordt, Cola di Rienzo et il suo tiempo, Ed. Pomba, Turin, 1884.
  • J; Macek, Racines sociales de l'insurrection de Cola di Rienzo, Historica, 6, pp. 45 à 107, 1963.
  • Jean-François Chabrun, Le bon État, Le Sagittaire, Paris, 1978.
  • Anonimo Romano, Cronica. Vita di Cola di Rienzo, Milan, 1991.
  • Tommaso di Carpegna Falconieri, Cola di Rienzo, Roma, Salerno Editrice, 2002.
  • Ronald G. Musto, Apocalypse in Rome. Cola di Rienzo and the politics of the New Age, Berkeley & Los Angeles, University of California Press, 2003, 436pp.

Note[modifier | modifier le code]

  1. Claude Moatti, A la recherche de la Rome antique, Gallimard 1989, ISBN 2-07-053073-6, p. 25.