Tarawih

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Fidèles accomplissant les tarawih dans la cour de la Grande Mosquée de Kairouan (Tunisie) durant le Ramadan 2012.

Les tarawih (arabe : تراويح) sont les prières quotidiennes du soir, exécutées après celle de la Isha, pendant le mois de jeûne du Ramadan (à partir de la veille du premier jour du mois). Ces prières surérogatoires sont effectuées par paires de rakaa (ركعة, séquence rituelle de la prière), avec en tout entre 13 et 45 rak'a selon les traditions. Les sunnites pensent qu'il est de la tradition (sounnah) d'essayer d'accomplir un khatm (récitation complète) du Coran en récitant une partie du Coran (juz, de l'arabe : جزء : partie, portion) chaque nuit. À la fin du mois de Ramadan, l'Imam est censé avoir récité la totalité du Coran durant ces prières.

Origines[modifier | modifier le code]

Selon l'avis prépondérant du sunnisme, ces prières en groupe des nuits de Ramadan sont recommandées et très méritoires (sunan mu'akkada ou rawâtib), et ce rite fait partie de la tradition musulmane (sunna).

Elles furent établies par Muhammad (?)qui ne les dirigea qu'occasionnellement de peur que cela devienne obligatoire pour les fidèles. Après sa mort, son successeur, Abu Bakr, n'a pas continué de les pratiquer durant ses deux années de califat. C'est le second calife de l'islam, Omar ibn al-Khattab, qui la réinstaura, exactement comme elle était originellement accomplie au temps de Muhammad (quelles sources?) (car l'ordre musulman était retrouvé), c'est-à-dire en vingt unités de prières.

Sources[modifier | modifier le code]

Le chroniqueur Tabari rapporte dans son livre La chronique[1] :

« Et c’est lui (Omar) le premier à avoir rassemblé les gens (musulmans) sous la direction d’un seul imam pour accomplir la prière dite de tarawih durant le mois du ramadan. Il adressa des lettres à toutes les villes des possessions musulmanes pour leur ordonner d’agir ainsi. »

L'imam Boukhari rapporte également dans son recueil de hadiths que ce fut Omar ibn al-Khattab qui réinstaura cette pratique :

« Abderrahman bin ‘Abdilqâri a dit : « Une nuit, pendant le ramadan, j’allais avec ‘Omar ibn El Khattab à la mosquée. Les fidèles étaient en groupes dispersés. Ici un homme faisait sa prière pour son propre compte, ailleurs un homme dirigeait la prière de son groupe. » ‘Omar dit alors : « Il me semble que si je réunissais tous ces gens là sous la direction d’un seul lecteur cela serait plus convenable. » Alors, mettant son dessein à exécution, il les rassembla sous la direction de Obay ben Ka’b » Une autre nuit, je sortis également avec ‘Omar. Les fidèles priaient sous la direction de leur lecteur. Omar dit « voici le bienfait l'innovation. »

Avis contraires[modifier | modifier le code]

  • En s'appuyant sur de nombreux récits rapportés entre autres par l'imam Al-Boukhari, certains sunnites considèrent le fait de faire cette prière en commun comme étant soit déconseillée, soit comme une innovation religieuse :

« L’Envoyé de Dieu sortit aussitôt en colère et leur dit : « Vous ne cesserez donc pas d’agir comme vous l’avez fait en sorte que je crains que votre faute soit inscrite à votre encontre ? Vous devez faire la prière chez vous, car la meilleure prière pour le fidèle est celle qu’il fait chez lui ; il faut en excepter la prière canonique[2]. »

Les chiites réfutent catégoriquement cette pratique, la considérant également comme une innovation car instituée par Omar ibn-al-Khattab.

Nombre d'unités de prières[modifier | modifier le code]

Il est conforme à la tradition islamique (sunna) de prier 20 unités de prières (raka'at)[3], ce que les générations qui suivirent firent, et ce qui se fait aujourd'hui majoritairement y compris dans les lieux sacrés de l'islam (La Mecque et Médine). Certains prient aussi 8 unités de prières suivant une interprétation d'autres hadiths. Omar ibn Abdilaziz, l'un des Califes de la période Omeyyades, priait 36 raka'at (avis malikites).

C'est durant ces prières que l'imam récitera le Coran entièrement à raison de 1 Juz (un trentième du coran) au moins par nuit pour terminer la lecture entière du Coran, acte fortement recommandé (mustahhab) en ce mois sacré, bien qu'il n'y soit juridiquement pas obligé. Certains terminent le 27 du mois de ramadan, nuit supposée de Laylat al-Qadr. Pendant les nuits restantes de ramadan, l'imam reprend la récitation du Coran au début ou récite certaines sourates choisies dans le texte sacré. Par exemple, l'imam récite 1 Juz par nuit entre la veille du 1er Ramadan et le 14 Ramadan, puis 1 Juz et un quart entre le 15 et le 27 Ramadan, ce qui fait un total de 30 Juz, soit l'ensemble du Coran.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tabari, La chronique, tome 2 pages 569-570.
  2. Extrait de « Les Traditions Islamiques -Tome 4» El Bokhâri Tit Tome 4» El Bokhâri Titre LXXVIII: «De l’éducation» ; Chapitre LXXV : «De la colère et de la sévérité qui sont permises quand il s’agit des ordres de Dieu»; hadith n°5; (page 178).
  3. Accompagnées de 3 rakaa`at courtes des prières surérogatoires (nawafil) appelées Salat al-Witr : c'est ce qui fut instauré par `Omar et les compagnons ne semblent s'y être objecté.

Liens externes[modifier | modifier le code]