Sétif

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Sétif
La fontaine d'Ain El Fouara sous la neige
La fontaine d'Ain El Fouara sous la neige
Noms
Nom algérien سطيف
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Sétif
Daïra Sétif
Président de l'APC Youcef Belguidoum[réf. nécessaire]
2012-2017
Code postal 19000
Code ONS 1901
Démographie
Gentilé Sétifien, Sétifienne
Population 288 461 hab. (2008[1])
Densité 2 266 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 09′ 00″ N 5° 26′ 00″ E / 36.15, 5.433333 ()36° 09′ 00″ Nord 5° 26′ 00″ Est / 36.15, 5.433333 ()  
Altitude 1 100 m (min. : 1 100 m) (max. : 1 100 m)
Superficie 127,30 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Sétif.
Localisation de la commune dans la wilaya de Sétif.

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Sétif

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Sétif

Sétif (en arabe: سطيف, arabe algérien : Sṭif) est une ville algérienne et le chef-lieu de la wilaya de Sétif. Située à 300 kilomètres à l'est d'Alger, à 65 km de Bordj Bou Arreridj et à 132 km de Constantine, dans la région des Hauts-Plateaux au sud de la Kabylie , la ville se situe à 1 100 mètres d'altitude.

La ville et la région de Sétif sont souvent considérées comme le point de départ des manifestations du , signe avant-coureur de la guerre d'Algérie[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La ville est située au Nord Est de l’Algérie, dans les hauts plateaux.

Relief, géologie, hydrographie[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Lieux-dits, quartiers et hameaux[modifier | modifier le code]

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On peut décomposer Sétif en plusieurs quartiers dont : les ( 200 , 300 , 400 , 500, 600 , 1000,1006 &1014) logements, Dallas (Cité 1er novembre), El Hidhab (Nouvelle ville ),Cité Hachemi (Lahchama), Centre Ville (Léblad),haret HOFRA, AIN DROUDJ, Tandja (Cité Yahiaoui), la rue de SILLEGUE , Bel air , Lapinède , Kaaboub, El Gasriya, BIRGAI (haret DIGHECHE), AIN BOUAROUA et de nombreux autres quartiers....

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de Sétif.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Sétif est issu de la racine berbère SḌF, relative à la couleur noire, dont dérivent, selon les parlers, des mots tels que izḍaf pour « être complètement noir », iṣṭif pour « être noir », seṭṭef pour « noircir », etc. ; ce nom serait une allusion à la couleur et la fertilité des terres de la région[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque numide[modifier | modifier le code]

Sétif fut d’abord numide ; le nom de Sétif est un mot berbère dont la racine signifie 'Noir', allusion à la fertilité de ses terres. Sétif faisait partie du royaume des Messasyliens et en l'an -225. elle était la capitale d'un royaume berbère, titre qu'elle perdit lorsque Juba lui préféra Cherchell. C'est près de Sétif que Jugurtha livra une grande bataille à Marius.

Époque romaine[modifier | modifier le code]

Jugurtha livré, Sitifis releva du royaume de Maurétanie, attribué successivement à Bocchus puis Boccuris, Juba II et enfin Ptolémée de Maurétanie, assassiné à Lugdunum à l'instigation de Caligula. Par sa situation stratégique, Sitifis intéressa Nerva qui y installa dès 96 une colonie de vétérans, Colonia Nerviana Augusta Martialis Veteranorum Sitifensium. Claude réduisit la Maurétanie en province romaine, la divisa en deux, et rattacha Sétif à la nouvelle Maurétanie Césarienne, capitale Césarée/Cherchell. En 290, Sétif devient capitale de la Maurétanie Sitifienne (actuelle Algérie orientale), détachée de la Maurétanie Césarienne. La nouvelle province relève alors du diocèse d'Afrique relevant lui-même de la préfecture d'Italie.

La région de Sétif est un des greniers à blé de la Rome antique : Caput Saltus Horreorum (aujourd'hui Aïn-Zada) en est le siège[5].

On possède une lettre d'Augustin à Novat, évêque de Sétif.

Préludant à la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, un peuple germanique, les Vandales, menés par leur roi Genséric, (427 - janv. 477), passèrent d'Espagne en Afrique, en l'an 429, à la demande du gouverneur romain, le comte Boniface, révolté contre l'empereur Valentinien. L'itinéraire des Vandales en Afrique, de Tingi (Tanger) vers Carthage, passa par Sitifis atteinte probablement dès 430. Boniface vaincu, Genséric établit le siège de son royaume à Carthage en 439, forçant l'empereur à le reconnaître maître de l'Afrique « romaine ».

La ville conserve des vestiges des IIIe siècle et IVe siècle : remparts, temple, cirque, mausolée dit "de Scipion"... Le produit des fouilles archéologiques est conservé et exposé au Musée Archéologique de la ville, et diverses stèles dans le jardin Abd-el-Kader. Il est à mettre en relation avec le site de Cuicul / Djemila.

Époque byzantine[modifier | modifier le code]

En 531, le roi des Vandales, Hildéric, fut renversé par l'usurpateur Gélimer, donnant à l’empereur romain d’Orient Justinien, anxieux de restaurer l’Empire romain, un prétexte d'intervention. Parti de Byzance (Constantinople/Istanbul), son général Bélisaire profita de soulèvements en Tripolitaine et du concours des Maures, qui lui permirent de prendre Carthage (533) puis Gélimer lui-même (534). Les Byzantins trouvèrent à Sitifis, une population réduite, du fait des prédations vandales. En 539, Sitifis redevint capitale d'une province « romaine » byzantine : la Mauritanie Première. À cette époque, Solomon édifia l'enceinte de la forteresse byzantine, dont les murs Ouest et Sud sont encore visibles.

Époque musulmane[modifier | modifier le code]

Abou Abdallah, un chef de guerre fatimide appuyé sur les Berbères Kutama assiège Sétif et la capitule. La muraille qui l'entourait est détruite en 904.

Sétif continuait de relier les grandes villes musulmanes de Fès à Tunis et à l’Orient. Mais l'intensité des changements politiques et économiques à l'époque des dynasties arabo-berbères cause sa décadence. Décrite comme petite ville à la fin du XVe siècle, Sétif était alors rattachée au royaume Hafside de Bougie.

À l'époque ottomane, les alentours de Sétif étaient dominés par les grandes familles locales (dont les Ameurs) et gouvernée par les chefs turcs envoyés par les Beys de Constantine. Cette organisation laisse Sétif loin des pouvoirs politiques et la marginalise , il faudra attendre la colonisation française pour assister à une reconstruction et renaissance de la ville , disparue depuis.

Époque coloniale[modifier | modifier le code]

En 1838, Sétif est prise par une colonne dans le cadre des opérations visant Constantine. La colonisation se développe notamment sous le Second Empire, et provoque le développement de l'actuel centre-ville. La construction de la gare de Sétif, sur la ligne Alger-Constantine, aurait été décidée par le conseil communal en 1877. 1926 marque une première ouverture de logements sociaux aux Algériens de Sétif.

Massacres de Sétif (1945)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacres de Sétif et Guelma.
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Sétif est le point de départ le 8 mai 1945 d'une série d'émeutes nationalistes réprimées dans le sang par les autorités coloniales françaises.

À Sétif, le mardi , la ville est pavoisée. C’est le jour de la capitulation allemande, les Algériens sont autorisés à célébrer la victoire des Alliés.
A Sétif, la manifestation autorisée commence à envahir les rues dès 8 heures. Estimée à plus de 10 000 personnes, elle défile avec des drapeaux des pays alliés vainqueurs et des pancartes « Libérez Messali Hadj », « Nous voulons être vos égaux » « ou « A bas le colonialisme ».
Le PPA (Parti du Peuple algérien) a créé un drapeau qui servira de modèle pour celui de l’Algérie future. Les militants le mêlent à ceux des Alliés. Vers 8h45 surgissent des pancartes « Vive l’Algérie libre et indépendante » et en tête de la manifestation Aïssa Cheraga, chef d’une patrouille de scouts musulmans, arbore le drapeau algérien. Tout dérape alors : devant le café de France, la tentative de la police, qui a voulu s’emparer du drapeau algérien (exhibé pour la première fois) que brandit Aïssa Cherraga puis par le jeune Saâl Bouzid (7ans) qui s’en est emparé, sera la cause du drame. Face à l’obstination du jeune Saâl Bouzid (on essaie de lui retirer le drapeau mais il résiste), la situation dérape et les policiers tirent des coups de feu sur la foule. Le jeune porteur de drapeau touché une première fois à l'épaule se relève avant de s’effondrer une seconde fois, touché par une balle en pleine tête.

La nouvelle de l’émeute gagne rapidement la région. La manifestation d’indépendantistes à Sétif tourne à l’insurrection violente. La révolte gagne les villes voisines. La répression qui s’ensuivra sera d’une brutalité extrême, faisant des milliers de morts parmi les manifestants. L’armée française s’est livrée à un nettoyage en règle pour mater un mouvement qui aurait pu s’étendre.

C’est le gouverneur Chataigneau qui décrète l’état de siège. Il donne pleins pouvoirs au général Henri Martin, patron de l’armée en Afrique du Nord pour « rétablir l’ordre d’urgence ». La France coloniale ne lésine pas : 40 000 soldats. Les villages "rebelles" sont bombardés. La marine de guerre pilonne les côtes.

L’État français annonçait à l’époque 103 morts européens et 110 blessés (84 tués dont 13 femmes pour la 1er journée d'émeute à Sétif et ses environs)[6] entre 600 et 1 500 Algériens tués ou blessés. 400 tués et 250 blessés par l'armée de terre, 200 morts par l'aviation, une dizaine de mort par la marine mais il faut ajouter 2 000 à 3 000 morts musulmans victimes de la réaction des civils qui dès le début des émeutes s'organisent en milices d'autodéfense[6].
Officiellement, le gouvernement algérien parle aujourd’hui de 45 000 victimes, chiffre avancé dès l'été 1945 par le Parti du peuple algérien (PPA) [7]. Les historiens estiment aujourd'hui à plus de 20 000 morts[8]. Pour Benmebarek, l'administrateur responsable de la région de Sétif lors du massacre, il s'élèverait à deux mille morts.

Démographie[modifier | modifier le code]

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Sétif est jumelée avec plusieurs villes

Transport[modifier | modifier le code]

Deux lignes de tramway sont prévues, les travaux commenceront en 2013[9].

Économie[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

La ville de Sétif dispose d'une équipe de football, l'Entente sportive de Sétif qui par ailleurs a gagné 8 coupes d’Algérie,5 championnats et une coupe d’Afrique des clubs.

Elle dispose aussi d'une autre équipe de football (USMS). Elle a été finaliste en coupe d'Algérie en 2002. La nouvelle piscine olympique d’El Bez sera ouverte avant fin 2013[10].

Sétif est le lieu de deux compétitions cyclistes internationales:

  • Le Critérium international de Sétif: Les cyclistes courent sur un circuit fermé de 40 tours totalisant 128 kilomètres. Le départ est devant le siège de la Wilaya de Sétif, avenue du 1er Novembre.
  • Tour international de Sétif: Les cyclistes courent dans la Wilaya de Sétif en trois étapes pour un parcours totalisant au total 346 kilomètres.

Loisirs[modifier | modifier le code]

Un parc aquatique verra le jour fin 2015 prés de la cité Laïd Dahoui[11].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

La ville recèle un patrimoine archéologique qui a poussé les services de l'Unesco à conseiller l'aménagement d'un parc archéologique à visées touristique et culturelle. Néanmoins, celui-ci n'est toujours pas inscrit à ce jour à la liste du patrimoine mondial. L'un des monuments emblématiques de la ville est l'ancienne mosquée (El Masdjid el Atik) ainsi que la fontaine d'Ain El Fouara.

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nacéra Benseddik, Nouvelles inscriptions de Sétif, BAA VII, 1977-79, pp. 33-52
  • Nacéra Benseddik, Sétif, Dictionnaire du Monde antique, éd. PUF, Paris, 2005
  • Nacéra Benseddik et C. Lochin, Saturne et ses fidèles : à propos de stèles de Cuicul, Mopth. et Sitifis, colloque international sur l'Algérie antique : permanences, relations, représentations, identités et culture dans l'Algérie antique, Rouen, avril 2003 [2005], pp. 261-292
  • Boucif Mekhaled, Chronique d'un massacre : 8 mai 1945, Sétif-Guelma-Kherrata, éd. Syros, Paris, 1995
  • Jean Louis Planche, Sétif 1945. Histoire d'un massacre annoncé, éd. Perrin, 2006
  • Roger Vétillard, Sétif, Mai 1945. Massacres en Algérie, éd. de Paris, 2008
  • Eugène Vallet, Un drame algérien. La vérité sur les émeutes de mai 1945, éd. Grandes éditions françaises, 1948
  • Radouane Ainad Tabet, Le 8 Mai 1945 en Algérie, Office des Publications Universitaires, Alger, 1985
  • Denise Morel, Sétif de ma jeunesse, éd. Gandini, 2001
  • Virginie Galbarini, Le Triomphe indien de Dionysos : étude descriptive et iconographique d’une mosaïque de Sétif , Bulletin annuel de l’ASAC-SAKA, 2005
  • Abdelkader Benarab, La Bataille de Sétif, éd. L'Harmattan, 2011

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Sétif : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. Mohammed Harbi, « La guerre d'Algérie a commencé à Sétif », Le Monde diplomatique, mai 2005, p. 21
  3. projet de construction d'un tramway est à l'étude sétif,dimanche 11 mai 2008 | Kebiche Abdelhakim, Le Sétifois, n° 3[1]
  4. Mohand-Akli Haddadou, Dictionnaire toponymique et historique de l'Algérie, Tizi Ouzou, Éditions Achab,‎ 2012 (ISBN 9789947972250), p. 463.
  5. Corpus inscriptionum latinarum : inscriptionum mauretaniae latinarum p1919 par Th. Mommsen, J. Schmidt, R. Cagnat, H. Dessau, [2]
  6. a et b La voix du combattant page 8
  7. Les Français d'Algérie: vie, mœurs, mentalité de la conquête des Territoires du Sud à l'indépendance. Pierre Mannoni. L'Harmattan, 1993, ISBN 2-7384-1377-3, p272-273
  8. Les mots de la guerre d'Algérie Par Benjamin Stora[3]
  9. http://www.setif.info/article7755.html
  10. [4]
  11. [5]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]