Bersaglier

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Alessandro La Marmora fondateur des Bersaglieri.

Les bersaglieri (en français bersagliers ou même bersalliers[1]) sont un corps de l'armée italienne créé en 1836 par le général Alessandro La Marmora pour servir dans l'armée sarde, qui deviendra plus tard l’armée royale italienne. Cette unité d'infanterie, d’une grande mobilité, est caractérisé par le port d'un chapeau à bords larges (seulement en uniforme de parade à l'époque moderne), décoré de plumes de coq de bruyère (présentes même sur les casques de combat moderne). Bersagliere provient de « bersail » du verbe « berser », « tirer avec l'arc » [2].

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'instar des chasseurs à pied de l'armée française et parce que le royaume de Sardaigne ne pouvait pas se permettre la constitution d'un grand corps de cavalerie, un corps d'infanterie de tireurs rapide lui était nécessaire. Ces soldats étaient formés à la résistance physique et à l’excellence. L'indépendance et l'esprit d'initiative des bersaglieri ont été encouragés afin que ceux-ci puissent fonctionner en tant qu’unités indépendantes et autonomes. Leur premier uniforme était noir avec un chapeau à bords appelé vaira qui avait pour but de protéger leur tête des coups de sabre. La première apparition publique des bersaglieri fut à l'occasion d'un défilé militaire, le 1er juillet 1836. La Première Compagnie a défilé dans Turin avec célérité (fréquence de marche : 130 pas/minute). Le corps avait impressionné le roi Charles-Albert de Sardaigne, qui l’avait immédiatement intégré en tant qu’armée dans l'armée régulière piémontaise. Tout au long du XIXe siècle siècle, sous la direction de La Marmora, les bersaglieri remplirent le rôle des tirailleurs, mais agirent aussi, lorsque cela était nécessaire, comme des troupes de choc. Ils étaient à l'origine destinés à servir comme troupes de montagne. Le grimpeur Jean-Antoine Carrel était un bersagliere. Lorsque le corps de chasseurs alpins fut créé en 1872, une forte rivalité naquit entre les deux corps d'élite.

Bersagliere, années 1900

Points marquants[modifier | modifier le code]

Le corps eut son baptême du feu le 8 avril 1848, à la bataille du pont de Goito au début de la première guerre d'indépendance italienne où fut gravement blessé Alessandro La Marmora.

En avril 1849 les troupes commandées par La Marmora pénétrèrent à Gênes saccageant la ville, terrorisant la population par des exécutions sommaires, viols et violences. Avec le temps, le nombre de bataillons passèrent de 10 en 1852, à 16 en 1859, à 27 en 1867 et à 36 1861.

Deux bersaglieri en 1917.

En 1856, la charge d’inspecteur du corps des bersaglieri fut créée. Un corps fut envoyé en Crimée, le royaume de Sardaigne étant l'allié de la France et du Royaume-Uni. Après l’unification de l’Italie, les bersaglieri furent employés contre les brigands au sud. Leur emploi était particulièrement adapté à la rudesse et à l’hostilité du territoire.

Les bersaglieri furent protagonistes de la prise de Rome du 20 septembre 1870.

Par l'ordonnance de 1910, chaque régiment fut renforcé d'un bataillon d'infanterie cycliste, supprimé en mars 1919. Pendant la Première Guerre mondiale (1915-1918) le corps a été organisé en deux divisions spéciales, 7 brigades, 21 régiments et 5 bataillons autonomes.

En 1924, les 12 régiments restants furent transformés en cyclistes jusqu’en 1936.

Pendant la seconde Guerre mondiale les régiments de bersaglieri, encadrés par des divisions cuirassées, motorisées et d’intervention, combattirent sur tous les fronts. Ils furent aussi présents pendant la guerre de libération avec le 4e régiment et le bataillon Goito.

En 1946, le 3e Régiment fut reconstitué ainsi que le 8e Régiment en 1949 qui en 1975 finit par devenir la brigade des Bersaglieri Garibaldi.

Bersagliere de la force de réaction de l'OTAN.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Alors que dans le passé, la mobilité des bersaglieri a été facilitée par leur formation basée sur la rapidité d'exécution et par l'aide de cycles, les corps modernes sont pour la plupart mécanisés. Les bersaglieri modernes (brigade mécanisée Garibaldi) ont servi dans le cadre du maintien de la paix dans la Force multinationale au Liban, lors des guerres civiles en ex-Yougoslavie et en Somalie, et ont également été actifs lors de l'Opération Liberté pour l'Irak.

Les traditions des bersaglieri sont encore respectées : les patches[Quoi ?] au col (flammes) sont rouges pourpres, les troupes engagées portent encore le fez rouge. Les agents[Quoi ?] portent avec leurs uniformes des bérets noirs ordinaires, mais lors des cérémonies ceux-ci sont remplacés par les plumes vaira et par l’uniforme. Ils portent également des gants noirs, contrairement aux autres régiments italiens qui portent des gants blancs.

Chaque unité de bersaglieri comprenait une fanfare, jouant de leur instrument en défilant au même pas que la troupe. Aujourd'hui, seule la brigade Garibaldi et le 7e régiment de Bersaglieri possèdent une fanfare. Les bersaglieri sont réputés pour leur parades et constituent le symbole de l’élite militaire italienne.

Régiments actuels[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de la langue française (Littré) (forme vieillie)
  2. (it) Barbara Colonna, Dizionario etimologico, Rome, Grandi tascabili economici Newton,‎ 1997, p. 37

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]