Louis-René des Forêts

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Louis-René des Forêts est un écrivain français, né le 28 janvier 1918 à Paris, ville où il est mort le 31 décembre 2000. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages largement commentés par la critique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une scolarité secondaire à Bourges, Louis-René des Forêts suit des études de droit et de sciences politiques et commence à faire paraître des chroniques musicales et littéraires. C'est à la fin des années 1930 qu'il fait la connaissance de Jean de Frotté, qui le met en relation avec Patrice de La Tour du Pin, Michel du Boisberranger et Jean Chauvel[1]. Mobilisé en 1939, il est de retour chez lui, dans le Berry, en 1940. Il s'engage dans la Résistance[2].

Ses débuts littéraires datent de l'Occupation. Entre 1941 et 1943, il écrit Les Mendiants, publiés par Gallimard, et suivis en 1946 du Bavard, presque ignoré du public.

Des Forêts se lie d'amitié avec Raymond Queneau et André Frénaud.

Après une année de travail avec le jeune éditeur Robert Laffont, il se retire en province.

Il publie dans plusieurs revues : L'Arbalète, Les Lettres nouvelles, La Nouvelle Revue française. En 1953, il revient à Paris et participe chez Gallimard à la conception de l'Encyclopédie de la Pléiade, avec Raymond Queneau[3]. Il se lie alors d'amitié avec Michel Gallimard, Robert Antelme, Georges Bataille et Maurice Blanchot.

Il fonde en 1954 le Comité contre la guerre d'Algérie, avec Dionys Mascolo, Edgar Morin et Robert Antelme[2].

En 1960, il publie La Chambre des enfants, prix des Critiques. En septembre de la même année, il est un des signataires du Manifeste des 121[4],[5].

De 1966 à 1983, des Forêts est membre du comité de lecture de Gallimard[6]. En 1967, il fonde la revue L'Éphémère[7], avec Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Paul Celan, Jacques Dupin, Michel Leiris et Gaëtan Picon ; il fait également paraître au Mercure de France Les Mégères de la mer. Chez le même éditeur paraît en 1997 son dernier ouvrage, Ostinato, autobiographie fragmentée dont la rédaction a été entreprise dès 1975 et dont la NRF, L'Ire des vents, Art Press, La Quinzaine littéraire et Le Cahier du refuge ont donné des extraits ou des ébauches entre 1984 et 1994.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Des Forêts reçoit le Prix des Critiques en 1960. Plusieurs prix lui sont remis dans les années 1980 et 1990 : le prix Maeterlinck, à Bruxelles en 1988, puis, pour l'ensemble de son œuvre, le grand prix national des Lettres en 1991 et le Grand Prix de littérature de la SGDL en 1997[8]. Enfin, il reçoit en 1997, le prix de l'écrit intime[9].

Publications[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Mendiants, roman, Gallimard, 1943 ; édition définitive, 1986.
  • Le Bavard, récit, Gallimard, 1946.
  • La Chambre des enfants, récits, Gallimard, 1960.
  • Les Mégères de la mer, poème, Mercure de France, 1967.
  • Voies et détours de la fiction, essai, Fata Morgana, 1985.
  • Un malade en forêt, Fata Morgana, 1985.
  • Le Malheur au Lido, récit, Fata Morgana, 1987.
  • Poèmes de Samuel Wood, poèmes, Fata Morgana, 1986.
  • Face à l'immémorable, fragments, Fata Morgana, 1993.
  • Ostinato, fragments autobiographiques, Mercure de France, 1997.
  • Pas à pas jusqu'au dernier, récit, Mercure de France, 2001.
En revue
  • « Le Jeune Homme qu'on surnommait Bengali », dans Le Livre des lettres, 1943 ; éd. corrigée dans Cahiers du temps qu'il fait, no 6-7, 1991[10].
  • « Scolies à propos du Bavard », dans Théodore Balmoral, no 58, 2008.

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Lettre sur Les Mendiants (à René Vincent, novembre 1943), Maurice Imbert, 1991.
  • Soixante-dix lettres à Jean-Benoît Puech (1971-1991), don de Jean-Benoît Puech à la bibliothèque Jacques-Doucet, 2002.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Benoît Jacquot, Louis-René des Forêts interrogé par Jean-Benoît Puech, coll. « Les Hommes-livres » (dir. Jérôme Prieur), La Sept, l'INA, Feeling Productions, 16 mm, couleur, 52 min, 1988.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Serge Canadas, « L.-R. des Forêts : L'Inabordable Question », dans Critique, no 442, Minuit, mars 1984.
  • Paul Garapon, « Ostinato, de L.-R. des Forêts : Une version de l'inachevable », dans Esprit, novembre 1997.
  • Yannick Haenel, « Le Mystère Molieri », dans Recueil, no 26, Champ Vallon, 1993.
  • Max Loreau, « L.-R. des Forêts et le tourment de la parole souveraine », dans Po&sie, no 29, Belin, 1984.
  • Richard Millet, « Sur L.-R. des Forêts », dans Accompagnements, P.O.L, 1991.
  • Bernard Pingaud, « Les Pouvoirs de la voix », dans L'Expérience romanesque, Gallimard, coll. « Idées », 1983.
  • Jean-Benoît Puech et Dominique Rabaté (dir.), « Louis-René des Forêts », dans les Cahiers du Temps qu’il fait, no 6-7, 1991.
  • Jean Roudaut, « Nuit manuscrite », dans Théodore Balmoral, no 58, 2008.
  • Vincent Védrenne [J.-B. Puech], « Description d'un combat », dans Le Nouveau Recueil, no 43, Champ Vallon, 1997.
  • Antony Wall, « La parole mystique est un prétexte », dans Poétique, no 88, Seuil, novembre 1991.

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • François Dominique, À présent : Louis-René des Forêts, Mercure de France, 152 p., 2013.
  • Jean Fougère, Un grand secret, La Table ronde, 149 p., 2004.
  • Jean-Benoît Puech, Journal d’apprentissage : Conversations avec Louis-René des Forêts (1971-1991), Centre de recherches sur les arts et le langage, CNRS – EHESS, 310 p., 1994.

Liens externes[modifier | modifier le code]