Louis-René des Forêts

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Louis-René des Forêts, né Louis René Pineau des Forêts, est un écrivain français, né le [1] dans le 16e arrondissement de Paris et mort le [2] dans le 14e arrondissement de Paris . Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages largement commentés par la critique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis-René des Forêts naît à Paris, fils d'Armand René Pineau des Forêts et d'Edmée Marie Mathilde Léopoldine Aubert du Petit-Thouars de Saint-Georges[2].

Après une scolarité secondaire à Bourges, Louis-René des Forêts suit des études de droit et de sciences politiques et commence à faire paraître des chroniques musicales et littéraires. C'est à la fin des années 1930 qu'il fait la connaissance de Jean de Frotté, qui le met en relation avec Patrice de La Tour du Pin, Michel du Boisberranger et Jean Chauvel[3]. Mobilisé en 1939, il est de retour chez lui, dans le Berry, en 1940. Il s'engage dans la Résistance[4].

Ses débuts littéraires datent de l'Occupation. Entre 1941 et 1943, il écrit Les Mendiants, publiés par Gallimard, et suivis en 1946 du Bavard, presque ignoré du public.

Des Forêts se lie d'amitié avec Raymond Queneau et André Frénaud.

Après une année de travail avec le jeune éditeur Robert Laffont, il se retire en province.

Il publie dans plusieurs revues : L'Arbalète, Les Lettres nouvelles, La Nouvelle Revue française. En 1953, il revient à Paris et participe chez Gallimard à la conception de l'Encyclopédie de la Pléiade, avec Raymond Queneau[5]. Il se lie alors d'amitié avec Michel Gallimard, Robert Antelme, Georges Bataille et Maurice Blanchot.

Il fonde en 1954 le Comité contre la guerre d'Algérie, avec Dionys Mascolo, Edgar Morin et Robert Antelme[4].

En 1960, il publie La Chambre des enfants, prix des Critiques. En septembre de la même année, il est un des signataires du Manifeste des 121[6],[7].

De 1966 à 1983, des Forêts est membre du comité de lecture de Gallimard[8]. En 1967, il fonde la revue L'Éphémère[9], avec Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Paul Celan, Jacques Dupin, Michel Leiris et Gaëtan Picon ; il fait également paraître au Mercure de France Les Mégères de la mer. Chez le même éditeur paraît en 1997 son dernier ouvrage, Ostinato, autobiographie fragmentée dont la rédaction a été entreprise dès 1975 et dont la NRF, L'Ire des vents, Art Press, La Quinzaine littéraire et Le Cahier du refuge ont donné des extraits ou des ébauches entre 1984 et 1994.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Des Forêts reçoit le Prix des Critiques en 1960. Plusieurs prix lui sont remis dans les années 1980 et 1990 : le prix Maeterlinck, à Bruxelles en 1988, puis, pour l'ensemble de son œuvre, le grand prix national des Lettres en 1991 et le Grand Prix de littérature de la SGDL en 1997[10]. Enfin, il reçoit en 1997, le prix de l'écrit intime[11].

Publications[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Mendiants, roman, Gallimard, 1943 ; édition définitive, 1986.
  • Le Bavard, récit, Gallimard, 1946.
  • La Chambre des enfants, récits, Gallimard, 1960.
  • Les Mégères de la mer, poème, Mercure de France, 1967.
  • Voies et détours de la fiction, essai, Fata Morgana, 1985.
  • Un malade en forêt, Fata Morgana, 1985.
  • Le Malheur au Lido, récit, Fata Morgana, 1987.
  • Poèmes de Samuel Wood, poèmes, Fata Morgana, 1986.
  • Face à l'immémorable, fragments, Fata Morgana, 1993.
  • Ostinato, fragments autobiographiques, Mercure de France, 1997.
  • Pas à pas jusqu'au dernier, récit, Mercure de France, 2001.
En revue
  • « Le Jeune Homme qu'on surnommait Bengali », dans Le Livre des lettres, 1943 ; éd. corrigée dans Cahiers du temps qu'il fait, no 6-7, 1991[12].
  • « Scolies à propos du Bavard », dans Théodore Balmoral, no 58, 2008.

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Lettre sur Les Mendiants (à René Vincent, novembre 1943), Maurice Imbert, 1991.
  • Soixante-dix lettres à Jean-Benoît Puech (1971-1991), don de Jean-Benoît Puech à la bibliothèque Jacques-Doucet, 2002.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Benoît Jacquot, Louis-René des Forêts interrogé par Jean-Benoît Puech, coll. « Les Hommes-livres » (dir. Jérôme Prieur), La Sept, l'INA, Feeling Productions, 16 mm, couleur, 52 min, 1988.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de l'acte de naissance no 80 fourni par la mairie du 16e arrondissement.
  2. a et b Copie intégrale de l'acte de décès no 31 fourni par la mairie du 14e arrondissement.
  3. Biographie sur le site des Éditions Gallimard
  4. a et b Larousse en ligne : L-R. des Forêts
  5. Site Gallimard : Histoire de la coll. la Pléiade
  6. Encyclopédie Larousse : Le Manifeste des 121
  7. Brève au décès de des Forêts dans l’Humanité du 3 janvier 2001.
  8. Site de la BnF : chronologie des membres du Comité de lecture Gallimard.
  9. Revues littéraires : Présentation de l’Éphémère.
  10. Site de la SGDL : Prix reçus par des Forêts
  11. « Des Forêts intime », Libération,‎ (lire en ligne)
  12. Réédité en 2013 par les éditions du Chemin de fer, avec des illustrations de Frédérique Loutz et une postface de Jean Roudaut (ISBN 978-2-916130-48-4). (Présentation. Page consultée le 26 mars 2013.)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Serge Canadas, « L.-R. des Forêts : L'Inabordable Question », Critique, no 442, Minuit, mars 1984.
  • Paul Garapon, « Ostinato, de L.-R. des Forêts : Une version de l'inachevable », Esprit, novembre 1997.
  • Yannick Haenel, « Le Mystère Molieri », Recueil, no 26, Champ Vallon, 1993.
  • Yves Leclair, « Louis-René des Forêts », L’École des lettres « lycée », no 10, 15 avril 1994.
  • Max Loreau, « L.-R. des Forêts et le tourment de la parole souveraine », dans Po&sie, no 29, Belin, 1984.
  • Richard Millet, « Sur L.-R. des Forêts », dans Accompagnements, P.O.L, 1991.
  • Bernard Pingaud, « Les Pouvoirs de la voix », dans L'Expérience romanesque, Gallimard, coll. « Idées », 1983.
  • Jean-Benoît Puech (dir.) et Dominique Rabaté (dir.), « Louis-René des Forêts », Les Cahiers du Temps qu’il fait, no 6-7, 1991.
  • Jean Roudaut, « Nuit manuscrite », Théodore Balmoral, no 58, 2008.
  • Vincent Védrenne [J.-B. Puech], « Description d'un combat », Le Nouveau Recueil, no 43, Champ Vallon, 1997.
  • Antony Wall, « La parole mystique est un prétexte », Poétique, no 88, Seuil, novembre 1991.

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • François Dominique, À présent : Louis-René des Forêts, Mercure de France, 152 p., 2013.
  • Jean Fougère, Un grand secret, La Table ronde, 149 p., 2004.
  • Jean-Benoît Puech, Journal d’apprentissage : Conversations avec Louis-René des Forêts (1971-1991), Centre de recherches sur les arts et le langage, CNRS – EHESS, 310 p., 1994.

Liens externes[modifier | modifier le code]