Jonas Kaufmann

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Jonas Kaufmann

Description de l'image Jonas Kaufmann 9 May 2008 London.jpg.
Naissance (45 ans)
Munich, Allemagne
Activité principale Artiste lyrique
Ténor
Style Opéra
Opéra
Lieux d'activité Bayerische Staatsoper, Metropolitan Opera, Royal Opera House...
Années d'activité depuis 1993
Conjoint Margarete Joswig (divorce en 2014)
Famille Trois enfants
Site internet http://www.jonas-kaufmann.com/

Répertoire

Italien, français, allemand, anglais

Jonas Kaufmann est un chanteur d'opéra allemand né le 10 juillet 1969.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jonas Kaufmann est né à Munich en 1969 dans une famille de musiciens amateurs, atmosphère propice à la musique qui le conduit rapidement à appartenir à une chorale d'enfants avant de se décider à embrasser la carrière de ténor.

Lors de sa scolarité secondaire, il chante dans des chœurs, parfois même en soliste. Une jeune femme, en stage de préparation au professorat de musique dans son école, le remarque. Elle lui prodigue ses premières leçons, puis l'encourage jusqu'à ce qu'il entreprenne ses études de chant à l'École supérieure de musique et de théâtre de Munich (Hochschule für Musik und Theater München), sanctionnées par le diplôme de chanteur de concert et d'opéra en 1994. En 1993, il remporte le Premier Prix de Concours Meistersinger de Nuremberg. Il participe également aux master-classes de James King, Hans Hotter et Josef Metternich.

« Les enregistrements de ténors allemands ont été une source d’inspiration pour le jeune Jonas, et notamment ceux de Fritz Wunderlich, disparu tragiquement trois ans avant la naissance de Kaufmann. « C’était le dernier représentant de la lignée royale », déclare-t-il au sujet de l'une de ses idole, « et peut-être pas typiquement allemand, dans la mesure où c’était toujours son cœur qui parlait à travers sa voix. » Le chant de Wunderlich a appris à Kaufmann qu' « une fois qu’on maîtrise la voix à cent pour cent, il faut alors y faire passer une telle émotion que les auditeurs seraient prêts à parier tout leur argent qu’on ressent vraiment les sentiments exprimés. Ce n’est pas quelque chose qu’on invente simplement pour impressionner le public : ça semble vrai »[1]. »

En 1994, il est engagé, pour une durée de deux ans, comme ténor au Théâtre national de la Sarre où il chante Berg, Bizet, Mozart, Offenbach, Ramírez, Strauss, Verdi. Durant ces années "de galère", pour reprendre le terme de son biographe, agent et ami, Thomas Voigt, il connaîtra la difficile expérience du "ténor de troupe", bon à tous les rôles, qui ne peut guère imposer ses choix et rencontrera sa fameuse "crise vocale" (aphone sur scène lors d'un Parsifal) qui le conduira à changer l'orientation de sa carrière et à modifier sa technique vocale.

Il choisit alors de mener une carrière indépendante. Invité par les théâtres allemands, notamment les opéras de Francfort, de Stuttgart et de Suisse (Soleure), il interprète son premier rôle sur une grande scène internationale, le au Festival de Salzbourg, dans Doktor Faust, de Ferruccio Busoni.

Il commence par la suite à chanter sur les principales scènes lyriques mondiales, le Concertgebouw à Amsterdam, La Monnaie à Bruxelles, l'Opéra d'État de Hambourg, la Royal Opera House (ROH) à Londres, le Metropolitan Opera à New York, la Scala de Milan, l'Opéra Bastille à Paris, le Teatro Regio à Turin, l'Opéra d'État de Vienne, etc. Sa carrière marque à cette période un tournant qui lui permettra de rencontrer de grands metteurs en scène (Kuzej pour Fidelio en 2000, puis Olivier Py pour La Damnation de Faust en 2002, à Genève), et des chefs d'orchestre de référence (Sir Antonio Pappano à Bruxelles, également dans La Damnation de Faust, en 2000 cette fois, ou John Eliot Gardiner pour un enregistrement de l'Obéron de Weber).

Au début des années 2000 il se lie à l'Opéra de Zurich (Fidelio, 2004, Nina (opera) (en), 2004 également). Il aborde les rôles du répertoire sur plusieurs scènes internationales : La Rondine (Puccini) à la ROH, les Meistersinger (Wagner) à Edinbourg, Rigoletto (Verdi) à Zurich, sans cesser de donner des récitals de lieder ou d'airs d'opéra.

Mais son succès au Met dans La Traviata en 2006, avec Angela Gheorghiu, fut le moteur de son accession à un rang mondial et les engagements internationaux se sont alors multipliés. En 2010, sa prise de rôle en Werther à Paris lui a valu une consécration sans précédent, spécialement au sein du public français, qui l'avait assez peu remarqué jusque-là. Depuis, il enchaîne les prises de rôles, ces derniers se faisant plus imposants mais toujours adaptés à son évolution vocale. Pendant l'année 2013, il ajoute à son répertoire trois des rôles verdiens les plus difficiles : Don Carlos dans l'opéra éponyme, Manrico dans Il Trovatore et Alvaro, pour La Forza del Destino.

Jonas Kaufmann s'impose aujourd'hui comme le chanteur « idéal », alliant beauté vocale et physique, technique et expression dramatique. Il forme avec certains de ses partenaires des couples transcendants (avec Sophie Koch pour Werther, Anja Harteros pour Wagner et Verdi, et Ludovic Tézier pour Verdi également).

Parallèlement à sa carrière de chanteur d'opéra, il se produit en récitals où il est, entre autres, un chanteur de lied expérimenté, accompagné de son complice pianiste Helmut Deutsch. Ils ont ensemble aidé à la redécouverte de bon nombre d'œuvres de Britten, Schubert, Schumann, Strauss, Liszt, entre autres.

À la sortie de l'un de ses disques, uniquement composé d'extraits allemands, Kaufmann déclare : « J’essaie de régénérer une partie de ma culture. J’espère l’avoir abordée avec pertinence, et j’espère que les gens me font confiance, qu’ils savent que je fais mon métier avec sincérité. C’est ce qui compte le plus pour moi en tant qu’artiste ; non pas jouer les rôles, mais les ressentir vraiment, faire d’eux une partie de moi et faire de moi une partie d’eux[1]. »

Le 19 mai 2012 à Munich, à l'occasion de la finale de la Ligue des champions, Jonas Kaufmann a créé la nouvelle version de l'hymne de l'UEFA Champions League[2].

Après avoir ouvert la saison de la Scala en décembre 2012 avec un Lohengrin dirigé par Daniel Barenboïm, il a fêté l'année Wagner avec un Parsifal magistral au Met et un CD spécialement dédié au compositeur, qui s'est vu octroyer tous les prix internationaux disponibles, notamment l'Opera Award International et le Diapason d'Or de l'année. Jonas Kaufmann a poursuivi l'année 2013 en fêtant le bicentenaire de Verdi de la même façon, un nouvel album Verdi sortant peu après. Pour ce qui était des spectacles, deux créations d'anthologie devaient avoir lieu cette année-là : une nouvelle production d'Il Trovatore, mise en scène par le français Olivier Py, et une autre de La Forza del Destino, toutes deux à Munich. Pas moins de trois Don Carlos étaient également au programme la même année : le premier au Covent Garden (ROH) en mai, le deuxième au Festival de Munich en juillet, le troisième au Festival de Salzbourg en août. Kaufmann triomphe par la suite dans un nouveau Werther au Met de New York, après celui mis en scène par Benoît Jacquot, qui avait remporté tous les suffrages durant l'hiver 2010 à la Bastille à Paris. Outre ces derniers rôles, il s'est illustré depuis ses débuts dans un vaste répertoire d'opéras : Don José dans Carmen, Mario Cavaradossi dans Tosca, Siegmund dans La Walkyrie, Dick Johnson dans La fanciulla del West, Faust (celui de Gounod et celui de Berlioz), Tamino dans La Flûte Enchantée, le baron Huon dans Oberon, Florestan dans Fidelio, autant de rôles où ont été soulignés autant ses qualités exceptionnelle de chanteur que son incroyable dynamisme sur scène et son charisme d'excellent acteur.

Sa discographie est de ce fait très imposante, de même que la collection de DVD mettant en scène des opéras où il chante. Il est, à l'évidence, l'un des principaux moteurs de l'industrie du CD.

En 2014, il a poursuivi son investissement dans de nouveaux rôles, toujours des "événements" fort attendus des spectateurs, tant il parvient à surprendre par son interprétation, la qualité de son chant et de son jeu scénique : Le chevalier Des Grieux de Manon Lescaut (Puccini) dans deux mises en scènes, nouvelles productions, au Royal Opera House en juillet, puis à Munich en décembre de la même année. 2015 a été l'occasion de nouvelles prises de rôles : Andréa Chenier dans l'opéra du même nom (ROH), Radamès dans l'Aida de Verdi (Rome, Académie Sainte Cécile) et les deux rôles de Turridu et de Canio dans les opéras véristes si fréquemment joués ensemble, Cavalleria Rusticana et I Pagliacci (Festival de Salzburg).

Voix et physique[modifier | modifier le code]

Jonas Kaufmann est souvent considéré comme l'un des plus grands ténors actuels pour la diversité de ses rôles, la richesse de ses interprétations et la qualité de son jeu scénique. Sa voix est d'une très grande flexibilité, profonde et sombre, d'un beau timbre de bronze, capable d'infinies nuances et de couleurs superbes, de graves dramatiques comme d'aigus très bien projetés et qui créent une intense émotion. Son interprétation de chaque nouveau personnage est une découverte passionnante. Doté d'un joli physique et acteur-né, il est désormais l'un des plus recherchés sur les scènes internationales pour l'ensemble de ces qualités.

Jonas Kaufmann est un ténor dramatique : sa voix revêt la couleur (plus sombre) d'un baryton avec des aigus lumineux. On peut également le dire ténor spinto (par exemple dans ses rôles de Don José, Calaf, Manrico, Maurizio…) : de l'italien spinto (litt. « poussé »), ce terme caractérise une voix de soprano ou de ténor pouvant soutenir des effets dramatiques (plus sombres) pendant un instant plus ou moins long, d'où le terme de « poussé ». Le ténor lirico spinto possède la même tessiture vocale que le ténor lyrique (c'est-à-dire une tessiture moyenne) avec une voix plus ample et légèrement plus sombre. Il peut avoir parfois une tessiture plus courte que celle du ténor lyrique, mais sa voix reste très brillante.

Répertoire[modifier | modifier le code]

Jules Massenet
Claudio Monteverdi
Wolfgang Amadeus Mozart
Giacomo Puccini
Richard Strauss
Giuseppe Verdi
Richard Wagner
Carl Maria von Weber
Autres

Discographie[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • 2010, Thomas Voigt, Jonas Kaufmann, Meinen die wirklich mich?, Henschel-Verlag, Leipzig (ISBN 978-3-89487-669-2).
  • 2010, Evelyn Rillé, Johannes Ifkovits, Die Oper kocht ", Opera Rifko Verlag (ISBN 978-3950295603).
  • 2014, Karin Jacobs-Zander, Lebenslotsen - Wie Vorbilder und Werte uns leiten, Ellert und Richter Verlag (ISBN 978-3-8319-0573-7).
  • 2015, Thomas Voigt, Jonas Kaufmann Tenor Henschel Bärenreiter, Leipzig 2015 (ISBN 978-3-89487-938-9).

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 2014, Casanova Variations, film de Michael Sturminger (sorti le 19 novembre) : Comte Branicki.

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 2007 Gramophone Award 2007, Strauss-Lieder, CD
  • 2008 Grands Prix Internationaux du Disque, Diaspason d'or Romantic Arias, CD
  • 2008 Qobus/Classica: Le meilleur disque de 2008, Romantic Arias, CD
  • 2009 Gramophone Award 2009, Madame Butterfly, CD
  • 2009 Prix Caecilia 2009, Sehnsucht, CD
  • 2009 Diapason d'or 2009, Romantic Arias, CD
  • 2010 ECHO Klassik "Bester Sänger des Jahres" (Meilleur Chanteur de l'Année), Sehnsucht, CD
  • 2010 Orphée d'or "Wolfgang Wagner" 2010, Sehnsucht, CD
  • 2010 Diapason d'or 2010, Die schöne Müllerin, CD
  • 2010 Diapason d'or 2010, "Chanteur de l'année"
  • 2010 Diapason d'or 2010, Verismo Arias, CD
  • 2011 Gramophone Award 2011, Verismo Arias, CD
  • 2011 Diapason d'or 2011, Werther, DVD
  • 2012 Medaille für besondere Verdienste um Bayern in einem Vereinten Europa (en)
  • 2012 Gramophone Award 2012, Fidelio, CD
  • 2013 The Opera Awards: Readers Award
  • 2013 The Opera Awards: The Male Singer of the Year Award
  • 2013 Die Goldene Deutschland
  • 2013 Bayerischer Kammersänger - délivré suite à la représentation du 8 Juillet 2013 de "Il trovatore", à Munich
  • 2013 ECHO Klassik "Sänger des Jahres" (Chanteur de l'Année) - 6 Octobre
  • 2013 ECHO Klassik "Enregistrement d'Opéra de l'année" - Die Walküre, CD
  • 2013 ECHO Klassik "DVD musical de l'Année" - Der Ring des Nibelungen, CD
  • 2013 Gramophone Award 2013, Kaufman-Wagner, CD
  • 2013 Recording of the Year, Kaufmann-Wagner, CD
  • 2013 "Artiste de l'année" - Elu par les auditeurs de France Musique, les lecteurs de Diapason, et les internautes de Qobuz[3].
  • 2014 Goldene Schallplatte Sony (Disque d'Or Sony) The Verdi Album; délivré suite au concert "Winterreise" à Graz, le 04.04.2014
  • 2014 BBC Music Magazine Award - Vocal Award: (Kaufman-Wagner, CD)
  • 2014 BBC Music Magazine Award - DVD (représentation): Tosca, DVD 2012 à la Royal Opera House de Londres
  • 2014 Diapason d'or 2014, Don Carlo, DVD
  • 2014 Gramophone Award 2014 - Solo Vocal: Schubert: Winterreise, D911, CD
  • 2014 Diapason d'or 2014 (Septembre), Du bist die Welt für mich, CD
  • 2014 ECHO Klassik "Enregistrement solo de l'année - Catégorie Chant - Airs d'Opéra" - The Verdi Album, CD
  • 2014 Classica _ Choc de l'année 2014, Du bist die Welt für mich, CD
  • 2014 BAMBI Award, Du bist die Welt für mich, CD
  • 2014 Edison Klassiek 2014, Kaufmann-Wagner, CD
  • 2014 Diapason d'or 2014 - catégorie opéra, Parsifal, DVD
  • 2015 European Culture Award - Soloist Prize
  • 2015 The Opera Awards: Readers Award
  • 2015 Goldene Schallplatte Sony (Disque d'Or Sony) Du bist die Welt für mich; délivré à Vienne, le 14/05/2015

Vie privée[modifier | modifier le code]

Le 8 avril 2014, le site officiel du ténor annonce publiquement que le couple de Margarete Joswig et Jonas Kaufmann se sépare[4]. Toutefois, le ténor a déclaré plus tard que lui et son ex-femme restaient en bon termes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]