Ahl al-Bayt

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(en turc: Ehli Beyt, en arabe: أهل البيت)

Dans la tradition musulmane, l'expression Ahl al-Bayt[1] désigne les proches de Mahomet.

Les Sunnites et les différentes branches du Chiisme ne donnent pas tout à fait le même contenu à cette expression.

Point de vue sunnite[modifier | modifier le code]

Le champ des gens de la maison est le plus large.

Sur le chemin de retour de son pèlerinage d'adieu, Mahomet fit une halte à mi-chemin entre La Mecque et Médine au lieu-dit Ghadir Khumm. Là, au cours d'un sermon, il annonça sa fin prochaine. Dans le hadith, dit Hadith de Ghadir Khumm, rapporté par Muslim, il aurait dit qu'il laissait derrière lui deux choses importantes : La première c'est le Livre de Dieu (Le Coran) et les gens de la maison (Ahlul bayt) :

Un jour, l’Envoyé de Dieu se leva parmi nous pour prononcer un sermon près d’un point d’eau nommé Khumm, entre La Mecque et Médine. Il loua Dieu, fit Son éloge, exhorta les fidèles et leur rappela leurs devoirs, puis il dit: ‘Ô hommes, je ne suis qu’un être humain en passe de répondre à l’appel de l’envoyé de mon seigneur. Cependant je laisse parmi vous ces deux arguments de poids : le premier est le Livre de Dieu qui contient la guidance et la lumière ; prenez le et tenez y vous ferme’ Il nous incita à nous cramponner au Livre de Dieu et nous inspira l’amour du livre. Puis il continua: ‘et les gens de ma Maison : je vous rappelle à l’obéissance de Dieu. Concernant les gens de la maison, Hasayn demanda alors: 'et qui sont les gens de la maison, ö Zayd ? Ses épouses n'en font-elle pas partie ? Si, répondit Zayd, ses épouses en font bien partie, mais ce dont je veux parler sont les gens de la Maison qui n'ont pas le droit de recevoir les aumônes obligatoires. Et qui sont ils ? demanda Husayn. Ce sont les membres de la famille de Ali, Aqil, Jafar et de Abbas[2].


Pour les Sunnites comme pour les Chiites, les descendants d'Ali font partie des gens de la maison. Les sunnites y incluent aussi les veuves de Mahomet, leurs descendants, les Hachémites et tous leurs descendants jusqu'à maintenant.

Certains, considérant que ce qui importe c'est la piété (Taqwâ) et non le sang, élargissent encore ce champ à tous les musulmans pieux.

En réalité, les Gens de la maison désigne les descendants de la famille du Prophète par le sang, c'est-à-dire les descendants de :

  • Ali Ibn Abu Talib : Descendant des Hachémites, 4e Calife, cousin du Prophète.
  • Abbas Ibn Abd Al-Muttalib : Descendant des Hachémites, Ancêtres des Califes Abbassides, oncle du Prophète.
  • Aqil Ibn Abu Talib : Descendant des Hachémites, cousin du Prophète.
  • Jaafar Ibn Abu Talib : Descendant des Hachémites, cousin du Prophète.
  • Salman Al Farsi (dit "Le Perse") : Compagnon du Prophète, aurait reçu la bénédiction du Prophète qui l'a reconnu comme membre de l'Ahl Al Bayt.

Tous les descendants de Ali, Aqil, Abbas et Jaafar sont, jusqu'à maintenant, interdits d'aumône obligatoire, selon les dires du Prophète.

Bien que le Prophète lui-même ait interdit et condamné toute différence entre les musulmans à tous les niveaux en leur signifiant qu'ils sont frères de sang, certains ont quand même voulu honorer la postérité de sa famille en lui attribuant différents titres honorifiques tels que "Sayyid" (Mon Seigneur), "Habib" (Bien-aimé), "Mirza" (pour ceux qui descendent par voie maternelle) ou encore "Chérif" (noble).

Mais d'autres individus, mécontents (les Chiites), ont restreint ces titres uniquement aux descendants du Prophète par la voie de ses petits-fils et de sa fille Fatima, excluant par conséquent les autres fils de Ali qui n'ont pas Fatima pour mère. Seuls les sunnites ont gardé les titres pour l'ensemble des descendants de l'Ahl Al Bayt, jusqu'à maintenant, en bannissant toute différence parmi la postérité des Gens de la maison.

D'après la tradition Sunnite, toutes les femmes du Prophète sont membres à part entière des Gens de la maison. Certains des membres de la postérité des Gens de la maison ont pour tradition de porter un Turban vert, en souvenir de leurs ancêtres (le vert était la couleur du turban des quatre premiers Calife et était la couleur préférée du Prophète).

Certaines personnalités sont des membres des Gens de la Maison par alliance c'est-à-dire qui se sont unis à eux par la voie du mariage. Parmi eux, nous pouvons citer :

  • Hazrat Sayyid Omar Ibn Al Khattab, 2e Calife, marié à Umm Khulthumm Bint Ali
  • Hazrat Sayyid Othman Ibn Affan, 3e Calife, marié à Rukaya Bint Muhammad

Information sans preuve, nous retenons de nos jours plusieurs informations inventées de personnes se disant descendantes du prophète de l'Islam comme le Roi du Maroc ou de Jordanie.

Point de vue chiite[modifier | modifier le code]

Les Chiites s'appuient sur ce verset pour démontrer que les épouses du Prophète ne font pas partie des Ahlulbayt contrairement à ce que pourrait laisser croire le verset :

Le verset en entier, qui est un verset composé dit : « (1) Restez avec dignité dans vos foyers ! N'étalez pas avec coquetterie votre beauté à la manière des femmes de l'époque antéislamique ! Observez la salât ! Acquittez la zakât ! Obéissez à Dieu et à Son Prophète ! (2) O vous, les Gens de la Maison! Allah veut seulement éloigner de vous la souillure, et vous purifier totalement.» (Sourate al-Ahzâb, 33 : 33)

Si la première partie de ce verset est au féminin, il n'en est pas de même du reste du verset qui retourne exclusivement au masculin (en arabe 'ankum = de vous) et Yotahirrukum = vous purifier), ce qui prouve la séparation entre les deux parties.

Car s'il s'agissait effectivement des épouses du Prophète, le verset se serait adressée à elles en employant le féminin en arabe: 'ankun-na = de vous [épouses du Prophète], et Yotahirkun-na = vous purifier [vous, les épouses du Prophète].

Les chiites se réfèrent donc aux hadith communs aux sunnites et chiites pour en conclure qu'il ne peut s'agir que des personnes cités dans les hadiths suivant, puisque l'expression 'Gens de la Maison' est au singulier, donc ils en concluent qu'il faudrait prouver que les épouses habitent dans la même maison qu'Ali, Fatima, Hassan et Hussein, chose qu'ils refusent catégoriquement :

Dans un hadith rapporté par Al-Tirmidhi dans son recueil, Om Salamah aurait ensuite demandé à être couverte par le manteau. Mouhammed (aleyhissalam) lui aurait répondu que c'était réservé aux gens de la maison.

"Le Prophète appela Fâtima, al-Hassan, al-Hussein et Ali. Il les plaça derrière son dos, les couvrit d'un manteau et dit : « O Allah! Ce sont les Gens de ma Maison (Ahl-ul Bayt), éloigne donc d’eux la souillure et purifie-les totalement »”. Om Salamah demanda alors : « Et moi, suis-je avec eux, O Prophète d'Allah ? ». Le Prophète répondit: Tu possèdes ta position propre en bonté et bienfait ». Om Salamah ajouta : «J'ai alors levé le voile pour entrer avec eux, mais le Prophète l'a retiré de ma main en me disant : Tu restes à ta place et tu es bien là" [3]

Selon les sources sunnite comme Muslim, `Aicha raconte que le messager de Dieu est sorti un matin avec manteau à rayures fait de la laine d'un chameau noir lorsque Hasan ben Alî arriva. Il l'enveloppa dans son manteau, alors Husayn arriva. Il l'enveloppa dans son manteau avec l'autre. Alors Fatima arriva et il l'a mise sous son manteau, enfin Alî arriva et il le prit aussi sous son manteau. Il dit alors « Dieu ne désire que vous tenir à l'écart de toute impureté, Ô ! « gens de la maison », et de vous purifier totalement[4] ».

« Il nous est aussi rapporté dans plusieurs ouvrages que le Prophète (aleyhissalam) pendant six mois, s'arrêta au niveau de la porte de Alî et de Fâtimah, pour dire : 'La prière ! O Ahl-ul-Bayt ! Allah veut éloigner de vous la souillure et vous purifier totalement.'" [5]. »

Les chiites en déduisent que les gens de la maison purifiés sont :

Suivis des imams, ce qui pour les duodécimains signifie :

Ces « gens de la maison » sont appelés les « quatorze infaillibles ».

La jurisprudence chiite prévoit que ni les « gens de la maison » ni les descendants directs de Mahomet par l’un des douze imams (Sayyid) ne peuvent percevoir d’aumône (Zakat). Ils peuvent percevoir l’aumône de fin du Ramadan (Zakat al-Fitr) d’un autre sayyid. Ils peuvent recevoir une part du (Khums) avec l’autorisation des Marja`-e Taqlid.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe: ahl al-bayt, أهل البيت, les gens de la maison
  2. rapporté par Muslim (2408)- Maison d'Ennour-ISBN 2-7524-0052-7
  3. Al-Tirmidhi Tafsir Al-Qur’an no. 3129
  4. Muslim Chapitre 9, livre 31, n°5955
  5. al-Hâkim dans Al-Mustadrak, tome III, p. 158

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]