Mogontiacum

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Plan de Mogontiacum.

Mogontiacum est le nom latin (d'origine celtique) de l'actuelle ville de Mayence, fondée officiellement en -13/-12 par Nero Claudius Drusus, capitale de Germanie supérieure à partir de 40.

Le site était cependant occupé bien avant l'arrivée des Romains.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le toponyme Mogontiacum est probablement d'origine celtique, formé de trois éléments : la racine Mog- de sens obscur, le suffixe celtique (?) connu par ailleurs -ontiu- (Cf. Besançon < Vesontio, sur préindoeuropéen *ves montagne ; Ressons < Rosontium; Lyons-la-Forêt < *Licontium) et le suffixe celtique à valeur localisante *-āko- devenu -acum, très répandu.

Durant la deuxième moitié du Ier siècle av. J.-C., les Celtes constituaient la principale force sur les rives du Rhin supérieur. Ils peuplaient également la région de Mayence et nommèrent peut-être cette fondation d'après l'un de leurs dieux Mogo(n).

Géographie[modifier | modifier le code]

Urbanisation militaire et extension civile[modifier | modifier le code]

De très bonne heure, dès les premières années de notre ère, au moins, un établissement civil s'était développé à l'ombre du camp. Le noyau en fut, peut-être, l'ancienne agglomération indigène. Puis, le long de la route qui du camp menait au pont du Rhin, s'élevèrent les boutiques et les auberges des mercantis qu'une troupe attire nécessairement dans son village. Un peu plus au nord, vers l'emplacement du port fluvial actuel, qui n'a fait que succéder au port fluvial romain, durent se grouper des comptoirs de navigation et des maisons de commerce plus importantes. La batellerie rhénane prit en effet, dès le début, une place considérable dans la vie mayençaise. La preuve nous en est fournie par un monument funéraire remarquable datant, suivant toute vraisemblance, du milieu du Ier siècle de notre ère, la stèle de Blussus le marinier (original aujourd'hui musée du Land (Inv. Nr. S 146))[1]. En 1848, ce monument fut découvert à Mainz-Weisenau.

Tenant à la main une bourse rondelette. Blussus trône à côté de sa femme, matrone importante couverte de bijoux ; derrière eux se voit le buste de leur fils Primus. Au revers de la stèle, une barque chargée navigue sur le Rhin. Blussus, fils d'Atusirus, Gaulois, par conséquent, a peut-être débuté comme simple marinier, mais il est devenu patron ; visiblement il a fait fortune. Il est mort à soixante-quinze ans. Ses premiers voyages sur le Rhin remontent donc jusqu'à l'époque de Drusus. Il représente la première génération des navigateurs rhénans[2].

Citations[modifier | modifier le code]

  • Ammien Marcellin, auteur du IVe siècle cite Mogonciacum parmi les villes municipales de Germanie première[3].
  • « À Trêves, colonie civile, capitale de la Gaule Belgique, puis de l'Occident, s'oppose Mayence, fondation militaire, quartier général de l'armée de Germanie Supérieure et, plus tard, capitale de cette marche-frontière. La civilisation de Trêves fut celle de l'ensemble de la Gaule romaine ; on reconnaît, dans celle de Mayence, l'empreinte de l'armée romaine du Rhin. »
Albert Grenier, historien et archéologue français, spécialiste de l'histoire des Gaulois, des Romains et des Celtes[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Congrès archéologique de France : séances générales tenues … par la Société française pour la conservation des monuments historiques.
  2. Robert Bedon, Alain Malissard , La Loire et les fleuves de la Gaule romaine et des régions voisines.
  3. Ammien Marcellin, Histoire de Rome, livre XV, XI, 8.
  4. Les monuments romains de Trêves et de Mayence, Congrès archéologique de France, Session tenue en Rhénanie en 1922 par la Société française d'archéologie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marion Witteyer, « Une voie pour les vivants et pour les morts. La nécropole de Mainz-Weisenau » dans « Rome et ses Morts. L’archéologie funéraire dans l’Occident romain », Les Dossiers d’archéologie no 330, 2008, p. 114-119.
  • Marion Witteyer, « Mayence - Mogontiacum, Rhénanie-Palatinat, Allemagne » dans Michel Reddé/ R. Brulet/ Rudolf Fellmann/ J. K. Haalebos/ S. von Schnurbein, Les Fortifications militaires. L’architecture de la Gaule romain. DAF 100, Bordeaux 2006, p. 324-329.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]