Suse (Élam)

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Suse
Shushan, Shush
Ruines du palais royal achéménide de Suse, avec en arrière-plan le château construit par Jacques de Morgan.
Ruines du palais royal achéménide de Suse, avec en arrière-plan le château construit par Jacques de Morgan.
Localisation
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Province Khuzestan
Coordonnées 32° 11′ 21″ nord, 48° 15′ 28″ est
Altitude 50 m

Géolocalisation sur la carte : Iran

(Voir situation sur carte : Iran)
Suse
Suse
Suse *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Subdivision Khuzestan
Type Culturel
Critères (i)(ii)(iii)(iv)
Superficie 350
Zone tampon 600
Numéro
d’identification
1455
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 2015 (39e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Suse ou Chouchan dans la Bible (en élamite :Šušan) (en persan : شوش) est une ancienne cité de la civilisation élamite, devenue au Ve siècle av. J.-C. la capitale de l'Empire perse achéménide, située dans le sud-ouest de l'actuel Iran à environ 140 km à l'est du fleuve Tigre. Elle ne présente plus aujourd'hui qu'un champ de ruines. La petite ville iranienne de Shush qui se trouve à proximité, a pris sa continuité.

Suse a été fondée vers 4000 av. J.-C. sur un point de passage qui relie la vallée du Tigre au plateau iranien. La ville est mentionnée dans la Bible. C'est l'une des plus anciennes cités de la région ; elle a été occupée jusqu'au XIVe siècle, soit une période de plus de 5000 ans. C’est donc une ville très importante pour saisir l’histoire du Moyen-Orient au cours de ces millénaires.

Le site[modifier | modifier le code]

Plan du site de Suse.

La partie la plus importante de la Suse antique est une zone d'environ cent hectares divisée en trois parties, qui surplombe une petite rivière, la Chaour. La première est l'Apadana, du nom du grand palais que Darius Ier a construit à cet endroit, sur les ruines de constructions élamites. La seconde est l'Acropole, la partie la plus élevée du site, sur laquelle se trouvait un fort achéménide, qui est en fait la première zone habitée de la ville, et son centre à l'époque élamite. En contrebas se trouve la Ville royale, zone résidentielle, tell constitué par les différentes couches dues à l'ancienneté de l'occupation de cette partie. Ce grand ensemble est celui qui a été peuplé en premier, dès la fin du Ve millénaire. C'est là que se trouvait la Suse élamite. Il était ceinturé d'un glacis qui servait de système de défense (il n'y avait pas de murailles). La ville s'est ensuite étendue vers l'est aux périodes plus tardives, dans la « ville des artisans », où se trouvait la ville à l'époque islamique. Les deux ensembles étaient séparés par un fossé, et par les eaux de la Chaour qui avaient été détournées.

Historique des fouilles[modifier | modifier le code]

Le site de Suse n'a jamais été oublié. La ville est restée dans les mémoires locales par la présence du tombeau du prophète Daniel, qui en fait un lieu de pèlerinage. Elle est également restée dans les mémoires des européens par le livre d'Esther, dont l'histoire se déroule dans cette cité appelée aussi "Chouchan". Benjamin de Tudèle, qui visite la ville au XIIe siècle, peut ainsi l'identifier aisément.

Premières explorations du site[modifier | modifier le code]

Le premier archéologue à effectuer des relevés sur le site sera W.K. Loftus, au milieu du XIXe siècle[1]. Il identifie le site grâce à une inscription retrouvée dans le palais d’Artaxerxès situé sur les bords du Chaour.

Fouilles des époux Dieulafoy[modifier | modifier le code]

Les premiers à fouiller le site sont les époux Marcel et Jane Dieulafoy, de 1884 à 1886, dont la vocation principale était de trouver d'imposants trophées (la colonne d'Apadana) pour les apporter en France et cela au pris des méthodes invasives au mépris du monument lui même. Les fouilles restent cependant limitées.

Les débuts de la délégation archéologique française[modifier | modifier le code]

Stèle du Code de Hammurabi, originaire de Sippar et ramenée à Suse par Shutruk-Nahhunte où elle a été exhumée par les équipes de Jacques de Morgan en 1901

Fouilles de J. de Morgan[modifier | modifier le code]

Le Château de Morgan.

Il faut attendre l'arrivée sur le site de Jacques de Morgan en 1897 pour que les fouilles débutent réellement. Ayant pour but de retrouver les origines de la civilisation, ingénieur des mines partisan d'une méthode de recherche qu'il qualifie lui-même d'« industrielle », de Morgan ne se préoccupe que très peu des bâtiments qu'il rencontre (du reste il ne connaît pas la méthode pour reconnaître les briques crues), et se concentre avant tout sur la découverte d'œuvres d'art, destinées à être ramenées en France, et la recherche des preuves de ce qu'il pense être le site des origines de la civilisation. Il érige un château en plein milieu du site avec des briques prises sur place, ce qui contribue à dégrader le tell. Afin d'arriver plus rapidement aux périodes anciennes, de nombreux niveaux archéologiques de l'Acropole sont rasés, entraînant ainsi la perte d'informations sur les périodes élamites. Pour ce faire, il va jusqu’à employer environ 1 200 travailleurs sur le site, et fait faire un petit chemin de fer pour évacuer la terre dégagée plus rapidement. Les monuments des époques antérieures à la période protohistorique n'ont pas fait l'objet de relevés ou alors de relevés sommaires, et sur ce point les fouilles de Morgan souffrent la comparaison par rapport à celles conduites par les fouilleurs allemands à Babylone, qui ont débuté en même temps. Au moins les découvertes d'objets d'arts sont fructueuses, et sont des apports inestimables pour la connaissance de l'histoire de la Susiane et la Mésopotamie : notamment la stèle du Code de Hammurabi et celle de Naram-Sîn d'Akkad, et par la suite les nombreux objets de la période protohistorique, dont les tablettes proto-élamites, qui est une période en général mal documentée sur les principaux sites proche-orientaux où les fouilleurs se sont concentrés sur les périodes historiques. Un autre des mérites des fouilles de Morgan est sa volonté de mobiliser d'autres disciplines scientifiques à l'archéologie dans son projet de redécouverte des origines de la civilisation.

Fouilles de R. de Mecquenem[modifier | modifier le code]

En 1903, de Morgan est rejoint par Roland de Mecquenem, qui devient directeur des fouilles après son départ en 1908, et qui poursuit selon les mêmes méthodes. Jusqu'en 1913, il s'attèle à dégager l'apadana. Il revient après la guerre, en 1920, et continue d'explorer le site, puis fouille d'autres tells dans la région, avant de découvrir Chogha Zanbil en 1935.

Depuis le début de ces campagnes de fouilles, les résultats de celles-ci sont publiés dans la série intitulée Mémoires de la délégation de Perse (abrégée en MDP).

Fouilles de R. Ghirshman[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, c'est Roman Ghirshman qui fouille le site avec la volonté d'en découvrir plus sur la période élamite, avec des méthodes plus conventionnelles. Puis il explore les niveaux des périodes plus récentes jusqu'en 1951, date à laquelle il part pour Chogha Zanbil. Il revient en 1961, secondé par Herman Gasche, et oriente ses recherches vers la période médio-élamite.

Fouilles de J. Perrot[modifier | modifier le code]

En 1967, Jean Perrot arrive pour diriger les fouilles dans la région. Lui et son équipe entreprennent de tenter de sauver ce qui peut l'être des fouilles de l'Acropole de la première moitié du XXe siècle, et réussissent à établir une périodisation du site sur les quelques espaces ayant été épargnés, grâce à la réalisation d’un sondage. Ils travaillent beaucoup sur les niveaux restant, ceux de la période protohistorique, renseignant notamment sur les débuts de l'écriture. Les fouilles s'arrêtent en 1979, à cause de la guerre Iran-Irak. Ces dernières explorations ont permis la mise au jour de nouvelles œuvres d'art, comme la statue égyptienne de Darius Ier, et ont donné plus de renseignements sur les différentes périodes d'occupation de Suse.

Les premières phases : les débuts de l'urbanisation[modifier | modifier le code]

La Susiane d'avant Suse connaît déjà quelques agglomérations fondées à la fin du VIe ou au début du Ve millénaire : chronologiquement Jafarrabad, Jowi et Bendebal, puis Chogha Mish[2]. Suse naît donc dans une région déjà avancée dans le processus des débuts de l'urbanisation, et ce site illustre un nouveau stade dans l'affirmation du fait urbain et la marche vers l'apparition de l’État. Elle balance entre les influences de la Basse Mésopotamie voisine, qui est alors une région motrice dans le développement des institutions étatiques, de l'urbanisation, de l'écriture, et les cultures du plateau Iranien qui connaissent des évolutions similaires.

La période protohistorique de Suse, correspondant plus précisément à des périodes pré-historiques (sans écriture) et proto-littéraires (avec les premiers systèmes d'écriture), est divisée en trois périodes :

  • Suse I (fin du Ve millénaire), jusqu'à environ 3700 ;
  • Suse II, de c. 3700 à c. 3100, correspondant à la période d'Uruk en Mésopotamie) ;
  • Suse III, correspondant à la période dite « proto-élamite » jusqu'à c. 2800.

Suse I[modifier | modifier le code]

La période de Suse I, qui débute à la fin du Ve millénaire av. J.‑C., présente deux lieux d'occupation du site : un sur le tell de l'Acropole (environ 7 hectares), et un autre sur le tell de l'Apadana (un peu plus de 6 hectares). Sur le second, ont été identifiés des restes d'un mur en pisé qui devait enserrer l'espace habité. L'architecture monumentale se développe dès cette époque, avec d'abord la construction sur l'Acropole du « massif funéraire », édifice rectangulaire qui pu avoir une base de 7 × 14 mètres, sous et dans lequel se trouvaient de nombreuses sépultures (peut-être jusqu'à 2 000), sans que l'on sache s'il s'agissait d'une nécropole utilisée sur plusieurs générations ou bien résultant d'un événement particulièrement meurtrier. Lui succède la « haute terrasse » sur l'Acropole, édifice dont un seul côté a été dégagé, qui s'élevait peut-être à 10 mètres de hauteur et son côté sud (le seul dégagé) se prolongeait sur environ 80 mètres. Des constructions avaient été érigées sur la terrasse, peut-être un sanctuaire[3]. Sur l'Apadana, la « Bâtiment de Suse I », également dégagé seulement sur une petite portion, semble avoir été un autre édifice monumental, aux murs en pisé épais (plus de 2 mètres de large), recouvert d'un plâtre rosacé. Le développement rapide d'une agglomération d'une taille excédant largement celle des autres villages voisins, avec une telle architecture monumentale, a été mis en parallèle avec le déclin concommitant du site de Chogha Mish (27 km à l'ouest de Suse), qui était jusqu'alors le plus important dans la région et est en partie détruit dans un incendie à la même époque, et l'abandon de plusieurs autres villages de Susiane. Il a été proposé que Suse soit une fondation délibérée succédant à des événements ayant entraîné la désertion des autres sites voisins. Quoi qu'il en soit elle fonctionne manifestement comme une capitale, politique et/ou rituelle, pour la région. Dans la glyptique de la période apparaît une figure que P. Amiet a qualifié de « proto-royale », ce qui, en plus de l'apparition de l'architecture monumentale, semblerait refléter une plus forte hiérarchisation sociale et une concentration du pouvoir entre les mains d'une élite, témoignant d'une forme politique de « chefferie », prélude à l'apparition de l'État[4].

La cité possède de nombreux points communs avec celles du sud mésopotamien des cultures dites d'el Obeid (du moins jusqu'à la fin du Ve millénaire) et de l’Uruk ancien, qui s'épanouissent à la même époque, mais présente également des éléments qui la rattachent au monde du plateau iranien, notamment par sa céramique et sa glyptique[5].

Les tombes de la nécropole de l'Acropole ont livré de nombreux objets permettant de connaître l'art de la Susiane de cette période. Cette époque est avant tout caractérisée par sa céramique peinte fine, connue par des centaines d'exemplaires (au moins 2 000 complets ou fragmentaires, répertoriés au Louvre et dans les musées iraniens, selon l'estimation de F. Hole). Elle est en général réalisée sans tour, avec une argile blanche et fine, avec un décor peint avec d'un engobe foncé (brun, noir). Sont représentés des formes géométriques (lignes simples, chevrons, triangles, carrés) ainsi que quelques figures d'animaux stylisés (bouquetins aux cornes démesurément longues, oiseaux aux ailes allongées, sloughis en pleine course). Les formes les plus courantes sont les coupes, les jarres (souvent carénées), les gobelets et boisseaux, grands vases à fonds coniques, souvent associés dans les tombes. La production de qualité est marquée par une individualisation des décors (certes à partir de motifs récurrents), excluant une production de masse, qui témoignent de la présence d'une élite sociale dans la société susienne de la période qui se distinguent par la possession d'objets jugés luxueux. D’autres céramiques sont plus frustes, et proviennent de tombes plus pauvres[6]. Les tombes les plus riches se caractérisaient par ailleurs par la présence d'objets en cuivre (dont le minerai est alors importé depuis les mines de l'Iran central), notamment des haches plates, ainsi que des disques plats (des miroirs, ou bien des ornements de prêtres)[7],[8].

Les fouilles ont par ailleurs fourni un assez grand nombre de sceaux ou d’empreintes de sceaux-cachets de forme circulaire, servant notamment à sceller des jarres et des portes, afin d'assurer le contrôle de la circulation des biens. Du point de vue artistique, ils représentent des scènes souvent complexes, reflétant un arrière-plan mythologique ou rituel qui nous échappe en grande partie ; on y rencontre notamment la figure du « Maître des animaux », personnage anthropoïde avec des attributs animaux (parfois une tête avec des cornes de bouquetins, peut-être un masque) tenant dans ses deux bras des animaux, courante dans l’Iran du IVe millénaire[9]

Période d'Uruk (Suse II)[modifier | modifier le code]

La période de Suse I semble s'achever par une destruction, attestée par des traces d'incendie sur la haute terrasse et les constructions contemporaines de l'Apadana. La seconde moitié du IVe millénaire av. J.‑C., correspondant à la phase de Suse II, contemporaine des périodes d'Uruk moyen et récent de Basse Mésopotamie, voit une évolution s'amorcer dans la culture locale : Suse et les autres grand centres de la région (Chogha Mish qui est redevenue importante, Abu Fanduweh, Deh-e Now) semblent prendre leurs distances avec l’univers culturel iranien, et adoptent les marqueurs matériels de la civilisation « urukéenne ». Cela se voit dans le changement des types de céramiques et l'abandon de la céramique peinte, avec l’adoption de formes très proches de celles de Basse Mésopotamie. Cette phase correspond à celle d'un phénomène reconnu sur d'autres sites du Moyen-Orient, celui des l'expansion de la culture « urukéenne » originaire de Basse Mésopotamie. Les modalités de celle-ci sont discutées, en particulier pour le cas de Suse : G. Algaze a proposé que se serait alors produite une conquête/colonisation depuis la Basse Mésopotamie, dans un modèle d'analyse globale ; tandis que l'analyse de P. Amiet, reposant sur une observation sur le long terme de la Susiane seule qu'il considère comme mixte culturellement et ethniquement, marquée par la dualité entre gens de la plaine liés à ceux de Basse Mésopotamie et gens des montagnes liés au monde iranien, postule que la période voit le premier élément prendre le dessus sur le second, sans apport extérieur. D. Potts propose plutôt que la situation culturelle résulte d'une migration importante depuis la Basse Mésopotamie, sans contrôle politique étant donné qu'aucune tablette administrative avec des pictogrammes similaires à celles que l'on trouve dans cette région ne sont attestées en Susiane. La chronologie de la période est néanmoins mal comprise aussi bien à Suse qu'en Basse Mésopotamie, rendant complexe l'analyse des relations entre les deux, et l'évolution de l'influence mésopotamienne. En tout état de cause, le développement des instruments de gestion, ainsi que la présence dans la glyptique de l'époque de la figure monarchique que P. Amiet a qualifiée de « roi-prêtre » indiquent un renforcement du pouvoir politique, qui atteint alors un stade de développement qui peut le voir qualifié d'« État » ou « proto-État ». Cela pourrait faire de Suse la capitale d'un des premiers États du Moyen-Orient, à moins qu'elle ne soit dominée par une entité politique extérieure[10].

Statuette d'orante en albâtre, période d'Uruk finale, « premier dépôt » de l'Acropole[11].

L'occupation du site a apparemment connu dans un premier temps une phase de repli autour de l'Acropole, pour s'étendre ensuite[5]. Les secteurs de la Ville Royale et le Donjon commencent à être peuplés à la fin de la période, et la surface habitée du site pourrait s'être étendue jusqu'à 25 hectares. Peu de bâtiments sont connus pour cette époque.

Dans le domaine de l'artisanat, le style de la céramique devient plus minimaliste, avec le développement de la céramique non peinte produite en masse. L'art de cette période est notamment connu grâce à la découverte sur le tell de l'Acropole de deux dépôts cultuels sans doute constitués à l'époque proto-élamite mais contenant essentiellement des objets datables de la période d'Uruk finale, notamment une série de statuettes d'orants et des représentations d'animaux[12]. La glyptique connaît par ailleurs une évolution radicale avec l'apparition du sceau-cylindre, qui remplace complètement le sceau-cachet : ce nouveau type de sceau s'applique par déroulement sur une tablette, ce qui offre de nouvelles opportunités artistiques. Les scènes les plus courantes de la glyptique susienne sont des activités de la vie courante (ensilement de blé, activités artisanales), tandis que la figure du roi-prêtre et les scènes rituelles sont moins courantes qu'à Uruk pour la même époque ; les représentations d'animaux réels ou imaginaires sont également récurrentes[13].

Les niveaux de la seconde moitié du IVe millénaire av. J.‑C. de l'Acropole ont par ailleurs livré des traces des premiers développements des systèmes de comptabilité et de l'écriture à cette période. La résidence du niveau 18 du sondage de l'Acropole a livré des bulles d'argile destinées à contenir des calculi, jetons de différentes formes qui servaient manifestement à comptabiliser divers types de marchandises, dont on enregistrait ainsi le mouvement ; sur certaines de ces bulles sont déroulés des sceaux-cylindres, tandis que d'autres portent des encoches interprétées comme des signes correspondant aux jetons qu'elles contiennent, la bulle pouvant être cassée en cas de litige sur ce qui est inscrit à sa surface. Des tablettes numériques sont également attestées pour ce niveau. Suivant la reconstitution proposée par A. Le Brun et F. Vallat[14], les bulles simples sont le type le plus ancien, les bulles portant des inscriptions apparaissant ensuite, et marquerait une transition vers l'apparition des tablettes numériques, qui sont attestées : on se débarrasse alors des jetons pour simplement noter les signes, il n'est alors plus nécessaire d'avoir une bulle, le support d'argile est donc applati (les tablettes ayant en fait une forme bombée). Au niveau 17 il n'y a plus qu'une seule bulle et plusieurs tablettes numériques. La phase suivante, avec l'apparition de l'écriture pictographique, n'est pas attestée à Suse, étant donné que le niveau suivant, le 16, est celui des tablettes en écriture proto-élamite : cela semble indiquer qu'il manque une étape antérieure, correspondant à la période d'apparition des premières tablettes avec des pictogrammes sur les sites de Basse Mésopotamie (l'écriture « proto-cunéiforme »), en particulier Uruk, puisque l'écriture proto-élamite correspond à une phase postérieure à ces dernières[15]. Cette reconstitution ne fait cependant pas l'unanimité, notamment en raison des manques et doutes dans la séquence, concernant les phases antérieures (les niveaux 21 à 19 n'ont pas livré d'informations sur ce point) et postérieures (le possible hiatus) à celles étudiées, et également parce que les premiers signes pictographiques ne correspondent pas à la forme des jetons, faisant douter du lien entre les deux[16].

Période proto-élamite (Suse III)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Civilisation proto-élamite.

La phase suivante, Suse III, débute dans un contexte de rupture : pour ses premières périodes elle est uniquement attestée sur l'Acropole (niveau 16 à 14), ce qui semble refléter un recul de l'occupation du site par rapport à la phase précédente, et voit l'apparition d'une culture matérielle différente après un laps de temps impossible à déterminer, notamment en raison d'un hiatus dans la stratigraphie de l'Acropole entre les phases Suse II et III[17]. Cette phase correspond à un reflux de l'influence urukéenne en Susiane, qui se fait au profit de la domination de la culture, dite « proto-élamite » (quoi qu'il n'y ait aucune preuve qu'elle soit effectivement « élamite »), venue des hauts pays du Sud-Ouest iranien, autour d'une cité émergeant à cette période, sur le site de Tell-e Malyan (connu aux époques historiques sous le nom d'AnshanAnzan). Dans le contexte plus large du Moyen-Orient, elle coïncide avec la phase de reflux de l'influence de la Basse-Mésopotamie urukéenne sur les régions voisines, et la régionalisation culturelle qui s'ensuit[18]. Il est possible que la Susiane ait connu une émigration vers la région d’Anshan, ou bien vers la Mésopotamie[19]. La ville de Suse connaît un renouveau dans la seconde partie de la période, et s'étend vers l'est. Elle couvre alors environ 11 hectares (contre 45 à 50 hectares pour Anshan). Du point de vue commercial, la ville conserva son statut de relais entre la Mésopotamie et l'Iran, et profita même de l'intensification des échanges sur le plateau iranien.

Cette période est en particulier connue pour les plus de 1 600 tablettes et fragments de tablettes rédigées dans une écriture désignée comme « proto-élamite » (c'est du nom de cette écriture que dérive de nom de la période), mises au jour à Suse, qui est de loin le site qui a fourni le plus de documentation sur cette forme d’écriture spécifique à cette période et qui ne ressemble pas à celle de Mésopotamie. Cette écriture n'est pas déchiffrée, même si le sens de certains signes et les principes des textes sont compris : il s’agit de tablettes administratives comptables ayant une fonction similaire aux tablettes de même types mises au jour sur les sites mésopotamiens contemporains, associant des signes numériques et des signes logographiques désignant des produits et des personnes, afin d'enregistrer des opérations de mouvement ou de stockages de ces biens effectuées par des maisonnées ou institutions. Ces textes témoignent donc d'un essor de l'administration à Suse, similaire à celui observé à Uruk en Mésopotamie. Cette forme d'écriture n'a cependant pas de postérité, disparaissant au début du IIIe millénaire av. J.‑C.[20]

La phase proto-élamite a vu le développement d'un artisanat assez avancé, très créatif artistiquement, réalisant notamment de remarquables armes en bronze et des statuettes en métal d'une grande qualité d'exécution, provenant de fouilles clandestines sur des sites non déterminés. L'art de cette période est surtout connu par les impressions de sceaux-cylindres des tablettes proto-élamites, qui ont permis d'en définir les traits, et de dater les statuettes de la même époque au regard de leurs similarités. Dans cet art, les animaux (lions, taureaux, capridés, etc.) remplacent les humains comme sujets principaux des représentations, parfois dans des postures humaines qui font qu'ils peuvent être identifiés comme des sortes de génies ou démons. Plusieurs sceaux témoignent d'un souci prononcé de représentation du paysage dans lequel ils évoluent, ou bien représentent des « rondes », files d'animaux des registres horizontaux[21].

Les époques élamites[modifier | modifier le code]

Article connexe : Élam.

L'entrée de Suse dans la période historique à proprement parler, avec des textes permettant d'approcher de mieux en mieux sa situation politique et culturelle, indique qu'elle est à partir du IIIe millénaire av. J.‑C. au moins (le début de la période dite « paléo-élamite ») inclue dans un ensemble politico-culturel que les cités mésopotamiennes, d'où nous vient l'essentiel de la documentation écrite, désignent sous le nom d'Elam, dont Suse est une des composantes les plus importantes tout le long de son histoire[22].

En fait l'Elam n'est pas un royaume à proprement parler aux hautes époques, puisqu'il s'agit plutôt d'une sorte de confédération aux contours flous d'entités politiques, dominées épisodiquement par un pays en particulier (Awan et Simashki). La Susiane est néanmoins constamment tiraillée durant ce millénaire comme le précédent entre les influences du plateau iranien et celles de la Basse Mésopotamie voisine, notamment parce qu'elle passe à deux reprises sous la coupe d'empires mésopotamiens (Akkad et Ur III). À partir du début du IIe millénaire av. J.‑C. (la dernière phase de la période paléo-élamite), elle est cependant en permanence dans l'ensemble politique élamite, dont elle est une des capitales. L'Elam devient alors plus cohérent politiquement et s'affirme comme une des grandes puissances politiques du Moyen-Orient sous la dynastie des Sukkalmah, même si sa culture reste fortement marquée par l'influence mésopotamienne.

Dans la seconde moitié du IIe millénaire av. J.‑C. (la période médio-élamite), qui marque l'apogée de la puissance élamite, elle devient de plus en plus élamite culturellement, comme l'indique la forte croissance numérique des textes écrits en langue élamite. Cela résulte en partie de l'action des souverains d'Elam, qui se présentent alors souvent comme les « rois d'Anshan et de Suse », unissant les traditions du haut pays élamite organisé autour de la ville d'Anshan/Anzan (le site de Tell-e Malyan dans le Fars) et un bas-pays organisé autour de Suse, consécration officielle de la dualité culturelle du sud-ouest iranien de la Haute Antiquité entre les influences de la plaine et de la montagne, dans laquelle Suse a toujours eu une place éminente attachée à son importance et son prestige.

La dernière phase de l'époque élamite, la période « néo-élamite » (première moitié du Ier millénaire av. J.‑C.), voit le haut pays d'Anshan passer sous la coupe des Perses, l'ensemble élamite se confondant alors progressivement avec la Susiane. La conquête de Suse par les Perses marque la fin de l'existence des royaumes élamites, sans pour autant mettre fin à la culture élamite.

La période paléo-élamite[modifier | modifier le code]

Entre l'Élam et la Mésopotamie au IIIe millénaire[modifier | modifier le code]

La période Suse IVA, couvrant le laps de temps allant de la fin de la période proto-élamite vers 2700 jusqu'au milieu du IIIe millénaire av. J.‑C., est très mal connue et semble conserver les traits des phases proto-littéraires, bien qu'il y ait très peu de traces de pratique de l'écriture à Suse. Le secteur du Donjon a été le lieu des découvertes les plus intéressantes pour cette époque, notamment plusieurs tombes dégagées par de Mecquenem, dont une dans laquelle le défunt, d'un statut social manifestement élevé, était accompagné d'un char à quatre roues, mais la piètre qualité des relevés archéologiques rend une nouvelle fois leur analyse difficile[23].

Du point de vue artistique, on remarque un retour de l'influence mésopotamienne, comme l'attestent la plaque perforée portant un bas-relief, objet votif typique de la Mésopotamie archaïque, ou les statuettes d'orants. Quelques sceaux portant des signes cunéiformes semblent par ailleurs montrer que l'écriture mésopotamienne a été adoptée à Suse. La céramique polychrome et monochrome qui se répand à cette période, dite du « IIe style », décorée de motifs géométriques, végétaux, ou des oiseaux stylisés, semble en revanche plutôt liée aux traditions montagnardes. Elle se retrouve aussi au Lorestan, et ne présente pas de parallèles avec la production mésopotamienne de la même époque. De la période Suse IVA date la trouvaille du « vase à la cachette », jarre du IIe style fermée par un bol caréné, comprenant notamment : plusieurs sceaux, le plus récent, d'origine mésopotamienne et datable des alentours de 2450 av. J.-C., permettant de dater approximativement l'enfouissement ; des vases en albâtre blanc et jaune rubané, probablement venus de l'Iran oriental ; des vases, armes et outils en cuivre (métal désormais importé d'Oman) ; des perles et anneaux en or[24]. L'origine diverse des objets atteste de l'intégration de Suse dans des réseaux d'échanges avec la Mésopotamie, le Golfe et le plateau Iranien. Cela est confirmé par la présence dans les tombes contemporaines de vases en chlorite gravés (style « interculturel »), provenant du Kerman et très populaires dans le Moyen-Orient à cette période. Les Susiens semblent avoir voulu imiter le style de ces objets en sculptant dans de la pierre bitumeuse (ou « mastic de bitume ») des vases, statuettes et supports d'offrandes avec des bas-reliefs similaires[25].

Pour la seconde moitié du IIIe millénaire av. J.‑C. (Suse IVB), les sources écrites plus développées permettent de mieux connaître la situation politique de Suse, essentiellement vis-à-vis des royaumes mésopotamiens d'où provient l'essentiel de la documentation textuelle. La ville n'apparaît néanmoins quasiment pas dans les premières mentions de conflits entre cités mésopotamiennes et royaumes du sud-ouest iranien (elle fait cependant partie des villes qu'E-anatum de Lagash proclame avoir vaincues), qui impliquent d'autres entités politiques, notamment Awan, située quelque part au nord de Suse[28]. Peut-être dominée par les rois élamites d’Awan au début du XXVe siècle av. J.-C., Suse est conquise après 2340 par le roi Sargon d'Akkad, qui l’incorpore dans son Empire. S'y installe alors une administration mésopotamienne, introduisant les pratiques gestionnaires de cette région, comme en témoignent les tablettes de cette période montrent l’activité du gouverneur de la cité, ainsi que celles de marchands agissant pour le compte de l’État. Les personnes mentionnées dans les textes portent essentiellement des noms akkadiens[29]. La culture matérielle de la ville est en tout cas similaire à celle de la Basse Mésopotamie contemporaine. Elle a alors repris une phase de croissance, son étendue étant d'approximativement 46 hectares vers la fin de la domination akkadienne et les décennies suivantes[30].

Lors des années de disparition de la dynastie d'Akkad vers la fin du XXIIIe siècle, Suse est dominée par un souverain qui est peut-être d'origine locale, Puzur-Inshushinak, qui se proclame par ailleurs roi d'Elam et d’Awan[31]. Le souverain patronne un art élamite spécifique, qui va notamment produire la première statuaire monumentale attestée à Suse, représentée en particulier par une statue de la déesse Narundi assise[32]. Ses inscriptions officielles sont rédigées en akkadien ainsi que dans une écriture originale sans doute mise au point sous son règne, appelée élamite linéaire, non traduite à ce jour. Ces textes indiquent que le souverain a fait restaurer et décorer plusieurs temples.

Le règne de Puzur-Inshushinak s'achève par sa défaite face à Ur-Nammu, roi de la cité sumérienne d'Ur. Suse retombe donc sous la coupe d'un empire mésopotamien, celui de la troisième Dynastie d'Ur, qui y installe un gouverneur. Shulgi a laissé des inscriptions de fondation témoignant du fait qu'il a construit ou restauré deux temples, un dédié à Inshushinak, l'autre à Ninhursag. Suse est cependant une des cibles d'une campagne militaire de ce souverain vers la fin de son règne, témoignant de la difficulté qu'il a à tenir les pays élamites et leur voisinage. De la période de domination d'Ur date un lot de tablettes mis au jour dans les années 1960 dans le Chantier B de la Ville Royale, une archive privée d'un individu nommé Igibuni[33]. Une autre campagne similaire a lieu sous Ibbi-Sîn, dernier roi de la troisième dynastie d'Ur. Peu de temps après, Suse passe sous la domination du pays de Simashki, une sorte de confédération de pays rattachés à la nébuleuse élamite, qui fait dans la foulée tomber le royaume d'Ur[34]. Des niveaux de cette période ont été dégagés dans le chantier B de la Ville Royale à l'époque de R. Ghirshman. Le niveau VII, qui correspondrait au XXIe siècle av. J.-C., présente des traces de destruction et de nombreuses balles en argile servant pour de projectiles de frondes, ce qui correspondrait aux conflits accompagnant la fin de la domination de la dynastie d'Ur[35].

L'art présent dans les tombes de cette période consiste quelques armes en bronze, et de nombreuses figurines en terre cuite, représentant surtout des déesses nues, diverses sculptures en métal et pierre, et des objets en roche bitumeuse[35]. Ainsi on connait pour cette période plusieurs coupes en « mastic de bitume » sculpté, avec des éléments zoomorphes, dont une remarquable coupe tripode dont les pieds ont la forme d'ibex mise au jour dans une tombe du tell de l'Apadana[36],[37]. L'artisanat du métal de cette période produit des pièces remarquables, comme la statuette en cuivre d'un dieu, à l'origine entièrement recouverte d'or, qui ne reste qu'au niveau de sa main gauche[38]. Cette période se traduit par l'essor du travail du bronze aux dépens du cuivre[8].

L'essor de Suse sous les Sukkalmah[modifier | modifier le code]

Vers 1900 av. J.-C., les souverains élamites prennent le titre de Sukkalmah (parfois traduit par « grand régent »), qui sert à désigner cette période et la dynastie régnante (bien qu'il ne soit pas sûr qu'elle soit différente de la précédente). On trouve par ailleurs d'autres titres portés par ces souverains ou d'autres hauts personnages, tel celui de « sukkal de Suse », dont la fonction exacte reste à éclaircir[41]. Cette longue période dure environ 4 siècles, et est l'une des mieux documentées des phases élamites.

Suse connaît à partir du XVIIIe siècle un développement considérable, sa surface est estimée à 85 hectares contre 46 pour la fin du IIIe millénaire. La campagne entourant la ville semble elle aussi connaître un développement démographique fort, et les textes de la période montrent la présence de plusieurs villages et bourgs aux alentours de la grande cité. Une partie de l'essor démographique de la région pourrait résulter de migrations, puisqu'il a été proposé que le fait que les textes de l'époque mentionnent essentiellement des gens portant des noms akkadiens soit dû à des mouvements de populations depuis la Basse Mésopotamie (notamment les provinces de Lagash et Umma) vers la Susiane[42]. En tout cas, Suse est alors une place commerciale de niveau international, servant au commerce entre le plateau iranien et la Mésopotamie, notamment pour le commerce de l’étain[43]. Les rois élamites en tirent un grand profit politique dans leurs rapports avec leurs voisins, et l'Elam devient alors une des grandes puissances politiques du Moyen-Orient[44]. Les textes de cette époque donnent l'image d'une capitale active, marquée par l'activité des souverains et des élites dirigeantes.

Les souverains élamites ont laissé plusieurs inscriptions témoignant de leur activité de bâtisseurs à Suse, même si une nouvelle fois ces travaux n'ont pas pu être constatés lors des fouilles. Le grand temple du dieu poliade Inshushinak fait l'objet de plusieurs restaurations, et une autre inscription mentionne la construction d'un temple à Ishme-karab[45].

Plan de la grande résidence du niveau XIV du chantier A de la Ville Royale.

L'essor de Suse au début du IIe millénaire av. J.‑C. se voit par ailleurs dans le développement de nouveaux quartiers d'habitations, connus grâce aux fouilles de R. Ghirshman, surtout dans la partie nord de la Ville royale sur un espace d'un peu moins d'1 hectare, le « chantier A », et secondairement sur le « chantier B », plus petit et plus brièvement fouillé, dans la partie sud-ouest du même tell[46]. Les niveaux XV à XII du chantier A et le V du B peuvent être attribués à l'époque des Sukkalmah (au regard des trouvailles épigraphiques), permettant d'analyser l'évolution du quartier sur plusieurs siècles[47]. Le réseau de rues de ce quartier s’organise autour de deux voies larges desservant d’autres qui sont plus petites, dont le tracé reste similaire sur la période, tandis que l'organisation interne des blocs de bâtiments, en général tassées, varie entre les périodes. Le quartier apparaît au niveau XV, et est alors organisé autour de plusieurs petites résidences, et d'un petit lieu de culte, où a été dégagé le saint des saints, une niche voutée disposant d'un autel bien conservé[48]. Par la suite apparaissent des résidences plus cossues. Au niveau XIV, le quartier est réorganisé autour d'une résidence riche (la « maison de Rabibi », du nom d'un de ses occupants), dont le premier occupant a apparemment racheté progressivement les résidences du niveau antérieur ainsi que le sanctuaire (ce qui a dû lui causer des difficultés), puisqu'elles ont été vidées de leur matériel. La résidence était organisée autour d'une grande cour dallée, donnant sur une longue pièce de réception rectangulaire voûtée, organisée en trois espaces par quatre pilastres disposés par paire face à face sur les côtés longs (la « salle à quatre saillants », courante dans l'Iran et la Mésopotamie antiques, se retrouvant plus tard dans des salles du trône[49]). Les tablettes qui y ont été mises au jour indiquent qu'un de ses propriétaires, un dénommé Temti-wartash, disposait de nombreuses terres et têtes de bétail, et se livrait à l'usure et au commerce international (une lettre indique qu'il a un débiteur à Dilmun, aujourd'hui Bahreïn)[50]. Aux niveaux XIII-XII, la grande résidence disparaît et est remplacée par un espace vacant et un « grand bâtiment central » de fonction non déterminée, peut-être un autre temple, ou bien un cabaret en lien avec la prostitution (sacrée ?) si l'on en juge par le grand nombre de plaques de terre cuites érotiques retrouvées dans l'espace vacant (une « fosse » ?)[51]. La principale résidence du quartier est alors la « maison d'Attar-uktuh » située plus à l'est près de fortifications internes, plusieurs fois remaniée ; y ont été identifiées des cours internes, une salle d'eau, une latrines, des cuisines, des magasins, des espaces destinés à l'apprentissage des scribes (voir plus bas), ainsi que des cheminées soigneusement exécutées, caractéristiques des résidences susiennes de l'époque[52]. Des espaces artisanaux ont également été repérés ailleurs : des fours de potiers dans le niveau XIII du chantier A, témoignant de la diversité des fonctions exercées dans la ville[53]. Les niveaux XII et XI voient l'apparition d'un autre bâtiment important, la « Bâtiment T », de forme grossièrement carrée ; cette période marque la transition entre la dynastie des Sukkalmah et la suivante, celle des Kidinuides, comme l'indique une archive de cette période retrouvée dans une bâtisse située à l'est du chantier A[54].

La période des Sukkalmah a aussi livré plusieurs corpus de documents administratifs, économiques et juridiques privés découverts au début du XXe siècle (notamment dans la Ville Royale par de Mecquenem) puis lors des fouilles des années 1960 des chantiers A et B de la Ville Royale, des centaines de textes relatant les activités de familles de riches propriétaires susiens de cette époque (notamment les résidents des grandes maisons fouillées), ainsi que les pratiques juridiques de la Susiane ancienne (une partie des archives provient peut-être du bureau du teppir, personnage qui dirige l'administration judiciaire susienne). Ces textes sont écrits en majorité en akkadien, et les noms de personnes sont en général en akkadien. Leurs sujets sont divers : on trouve des actes de mariage, de divorce, testaments, d'adoption, de vente, de prêt, des donations, des compte-rendus de procès. Les serments sont souvent placés sous les auspices des dieux, avant tout Inshushinak, ou bien sous l'égide du souverain. Divers termes inconnus rendent parfois très difficile la compréhension des particularités juridiques de ces documents. La justice est tantôt présentée comme émanant des dieux ou des souverains, selon les textes. On saisit mal cette imbrication entre les deux, qui est une originalité du droit susien. Les pénalités en cas de non-respect d’un contrat sont diverses : amendes, main ou langue coupées, mort, ordalie dans une rivière. Bien que la société soit patriarcale, on a noté dans ces textes que les femmes avaient une situation meilleure que celles de la Mésopotamie : elles peuvent témoigner, ester en justice, héritent à part égales avec leurs frères, et dans certains cas sont désignées comme héritières principales devant leurs frères par leur père, ou par leur mari, charge à elle de reprendre le culte des ancêtres familiaux (fonction masculine normalement). Du point de vue économique, les principaux acteurs paraissent être la famille royale et les temples, ainsi que des grandes familles liées au pouvoir. Certaines possèdent de grands domaines ruraux, mais également des biens-fonds urbains, et font des prêts, souvent assortis de gages, qui portent sur des terres ou du bétail, mais jamais sur des personnes à la différence de la Mésopotamie contemporaine[55].

Des lieux d'apprentissage se trouvaient également dans ce quartier, comme indiqué par la trouvaille de nombreuses tablettes scolaires dans ces niveaux, qui ont permis de constater que les jeunes scribes susiens étaient formés suivant un cursus similaire à celui de la Mésopotamie contemporaine (comme observé à Ur et Nippur), pour apprendre l'akkadien et le sumérien, et non pas l'élamite[56]. On a également retrouvé des tablettes montrant des activités de divination, des textes littéraires[57] (en fait sans doute là encore des tablettes d'apprentissage), des tablettes mathématiques[58], une liste dynastique des rois d'Awan et de Simashki[59], ce qui indique la présence d'activités intellectuelles variées, à l'image de ce qui s'observe dans les grandes villes mésopotamiennes contemporaines.

Les pratiques funéraires de Suse à la période des Sukkalmah sont bien connues par les fouilles de la Ville Royale. Les morts pouvaient être enterrés sous les résidences ou leurs cours, ou bien dans des caveaux collectifs voûtés en briques ou bien individuellement dans des jarres, ou sous des sortes de baignoires en terre cuite retournées comme une cloche, ou encore dans de simples fosses. Les résidences les plus cossues n'ont pas livré de sépultures, ce qui indique que leurs occupants devaient se faire enterre ailleurs, peut-être dans des nécropoles. On note aussi une particularité qui semble d'origine élamite, se développant à cette période et attestée jusqu'au début de la suivante, qui consiste dans certaines tombes (peu nombreuses) à enterrer des têtes de terre peintes avec les morts, sans doute une effigie les représentant. Ce phénomène peut toutefois être rattaché à des pratiques funéraires assez similaires dans le Kerman au IIIe millénaire (notamment à Shahdad)[46]. Un groupe de sept textes à finalité funéraire peut-être daté de la fin de cette période ou de la suivante. Leur sens exact est débattu, mais il se pourrait que certains fassent référence à une croyance en un jugement après la mort conduite par le dieu Inshushinak et ses acolytes[60],[61].

Parmi les productions artistiques de cette période, les figurines et plaques en terre cuite moulées connaissent un essor. Le thème le plus représenté est celui des femmes nues. On peut distinguer parmi ce groupe des femmes plus fines avec leurs mains jointes sous les seins, parées de bijoux et parfois d'un baudrier, et un autre représentant des femmes plus charnues soutenant leurs seins de leurs mains. Selon les conclusions de R. Ghirshman et A. Spycket le premier groupe serait plus populaire sous les Sukkalmah, et le second prendrait son essor vers la fin de la période et serait plus populaire à l'époque suivante, mais cela a été contesté[62],[63]. On trouve par ailleurs des figurines de musiciens vêtus, de plaques en forme de lit sur lequel est allongé une femme. Cet art est difficile à analyser : il s'agit manifestement d'une forme « populaire », peut-être associée à des rituels domestiques. La glyptique de cette période est inspirée de celle de la Mésopotamie. Y figure alors la figure du « dieu au serpent », divinité trônant sur un serpent, spécifique à l'Élam (il apparaît par ailleurs dans le relief rupestre paléo-élamite de Kurangun), dont l'identité n'est pas déterminée : il pourrait s'agir d'Inshushinak, ou bien du grand dieu du haut-pays élamite, Napirisha[64].

La période médio-élamite[modifier | modifier le code]

La période médio-élamite constitue l'apogée de l'Élam. Après la dynastie dite des Kidunuides (XVe siècle)[65], c'est celle des Igehalkides qui prend le relais (XIVe – XIIIe siècles), dominée par la figure du roi Untash-Napirisha, un des plus grands bâtisseurs de l'histoire élamite[66]. Anshan reste privilégiée par le pouvoir royal, et d'autres villes importantes mais éphémères apparaissent en Susiane : Kabnak (Haft-Tappeh) sous les Kidinuides et Dur-Untash (Chogha Zanbil) fondée par Untash-Napirisha. On sait nénamoins par les inscriptions de fondations de ce dernier retrouvées à Suse qu'il y construisit, restaura ou décora avec des statues au moins une dizaine d'édifices religieux[67]. Cette période semble voir une « élamitisation » de la Susiane, initiée par le pouvoir royal qui implante en Susiane le culte de divinités originaires d'autres pays élamites, comme le grand dieu Napirisha, et les inscriptions royales sont désormais rédigées en élamite et plus en akkadien.

Plusieurs œuvres d'art du règne d'Untash-Napirisha ont été mises au jour dans le secteur de l'Acropole, dont la statue en bronze grandeur nature de son épouse, la reine Napir-asu, retrouvée dans le temple de Ninhursag, qui est, en dépit de son état fragmentaire, une des plus remarquables œuvres que nous ait laissées l'art élamite, à côté d'autres fragments de statues et de stèles[68].

Le quartier A de la Ville Royale reste peuplé au début de la période médio-élamite (niveau XI, sans doute sous la dynastie des Kidinuides), puisqu'on continue à y trouver des résidences cossues, dont la « maison d'Attar-uktuh » remaniée, et le « bâtiment T », qui a livré des figurines en terre cuite[69]. Pour les périodes suivantes du chantier A (niveaux X et IX) la situation est moins claire : les niveaux contiendraient surtout des sépultures, dont certaines de période néo-élamite, peu de constructions. Certaines sépultures de ces niveaux ont livré des effigies funéraires similaires à celles des niveaux précédents, mais plus finement exécutées ; d'autres de la même époque avaient auparavant été mises au jour par de Mecquenem, et la pratique pourrait s'être poursuivie jusqu'à la fin de la période médio-élamite[70].

L'art de la terre cuite continue d'être très répandu, dans la droite ligne de la période précédente. Les figurines de femmes nues, mains jointes sous la poitrine ou bien se soutenant les seins, sont toujours les plus populaires. Les représentations de couples enlacés sur un lit se développent, et les figurines de musiciens évoluent vers la représentation de personnages nus, aux traits plus grotesques. On trouve par ailleurs des représentations de mères portant un enfant[71],[63].

Brique de Shilhak-Inshushinak portant une inscription élamite relative à la décoration en briques émaillées de Suse.

Sous la dynastie des Shutrukides (XIIe siècle), l'Élam atteint son apogée politique sous les règnes de Shutruk-Nahhunte (1185-1155 av. J.-C.) et de ses fils Kutir-Nahhunte III (1155-1150) et Shilhak-Inshushinak (1150-1120), qui mènent plusieurs expéditions victorieuses en Babylonie, où ils s'emparent de plusieurs grandes villes, notamment Babylone, qui sont pillées. Ces souverains sont aussi d'ardents bâtisseurs qui ont laissé de nombreuses inscriptions de fondation. Shilhak-Inshushinak est le plus actif à Suse : il érige ou restaure plusieurs sanctuaires, dont le secteur du temple d'Inshushinak et celui du palais (sur le tell de l'Apadana) où il érige un temple (kumpume kiduya)[72]. Celui-ci était décoré par des façades en briques émaillées, qui ont été retrouvées sur le tell de l'Apadana où ils avaient servi à l'époque achéménide pour faire les murs d'une canalisation. Le bas-relief qui y est sculpté représente en alternance deux types de figures protectrices : les déesses-lama et les hommes-taureaux, protégeant des palmiers[73].

De l'ère shutrukide datent plusieurs objets à finalité rituelle mis au jour sur l'Acropole, dont la remarquable maquette du rituel du « lever de soleil » (ṣit-šamši), retrouvée dans le « temple de Ninhursag », représentant un rituel religieux exécuté par deux prêtres au sein d'un paysage dans lequel on peut reconnaître des éléments caractéristiques de la religion susienne (ziggurat, autel, bassin cultuel, bosquet sacré représenté par un arbre)[74]. La richesse de cette période est également attestée par deux trouvailles d'objets, peut-être à l'origine des offrandes, ou un dépôt de fondation de temple. La première, le dépôt du temple d'Inshushinak, a livré plusieurs bijoux, des statuettes d'orants en bronze, ainsi que deux statuettes en calcaire d'animaux, un lion et un hérisson, chacun sur un chariot en pierre bitumeuse[75]. La seconde, la trouvaille de la statuette d'or, a livré comme son nom l'indique une statue d'orant en or, avec une réplique à l'identique en argent, ainsi que des statuettes d'orants en « faïence », et d'animaux en agate et lapis-lazuli[76].

C'est aussi à cette époque que de nombreuses œuvres mésopotamiennes sont amenées à Suse à la suite des expéditions en Basse Mésopotamie. C'est la raison pour laquelle plusieurs oeuvres constituant des témoignages majeurs sur l'art et la culture mésopotamiens ont été mis au jour à Suse : la Stèle de la victoire de Naram-Sin d'Akkad et d'autres stèles et statues de la période d'Akkad, la célèbre stèle du Code de Hammurabi, des kudurrus kassites, etc. Ces prises de guerre ont été mises au jour sur l'Acropole dans le secteur situé au sud du temple d'Inshushinak, dans un bâtiment ou un groupe de bâtiments dont la fonction n'a pas été déterminée[78].

Cette période faste fut de courte durée, car Hutelutush-Inshushinak, fils de Shilhak-Inshushinak, fut vaincu par le roi babylonien Nabuchodonosor Ier, et Suse est pillée à cette occasion. Elle s'enfonce alors avec l'Élam dans une période obscure de près de quatre siècles[79].

La période néo-élamite[modifier | modifier le code]

Suse ne redevient prospère que vers la fin du VIIIe siècle, après un déclin très marqué. Les sources textuelles sont muettes sur la situation politique de l'Elam durant la majeure partie des deux premiers siècles du Ier millénaire av. J.‑C.[80]. Suivant le sondage réalisé par P. de Miroschedji sur la Ville Royale (« Ville Royale II »)[81], il faudrait distinguer au regard des types de céramique une phase I de 1000 à 725/700 av. J.-C., et une phase II par la suite, mais cette périodisation ne correspond pas à ce qui peut être constaté sur le plan historique ou épigraphique[82].

Il semble en tout cas que les premiers siècles du Ier millénaire av. J.‑C. aient vu une diminution de la population sédentaire de la Susiane, avant une reprise à partir du VIIIe siècle av. J.-C. C'est vers la fin de ce siècle qu'un roi nommé Shutruk-Nahhunte (II) érige un petit temple carré sur l'Acropole, décoré de carreaux émaillés polychromes représentant des animaux réels ou imaginaires, décorés de pommeaux en formes d'animaux ; ce roi a par ailleurs laissé plusieurs inscriptions attestant de son activité sur le site[83]. Les fouilles des autres parties de Suse n'apportent que peu d'informations sur la situation de la ville à l'époque néo-élamite. Le chantier A de la Ville Royale n'a ainsi livré que quelques tombes de cette époque. Un autre chantier de fouilles, le « Village perse achéménide », fouillé sur le rebord ouest du tell des Artisans, où se trouvait un grand bâtiment de fonction indéterminée qui a livré des objets d'époque néo-élamite, pourrait avoir été fondé aux alentours de 700, mais sa chronologie est mal établie, et il pourrait seulement dater de la fin de la période[84].

Destruction de Suse par Assurbanipal en 648 av. J.-C.

La puissance élamite réapparaît dans les sources mésopotamiennes à partir de la fin du IXe siècle av. J.-C., devenant un adversaire des Assyriens dans leur entreprise de domination de la Babylonie, tout en restant hors de portée pour un temps. Par ailleurs, si Suse reste une ville importante lors de cette période, d'autres cités royales élamites figurent dans les textes assyriens de la première moitié du VIIe siècle av. J.-C. : Hidalu et Madaktu. La question de savoir s'il s'agit de résidences royales d'un même royaume élamite, ou bien d'entités politiques élamites distinctes est discutée[85]. Quoi qu'il en soit, l'affrontement entre Elam et Assyrie connaît une conclusion funeste pour Suse, qui est prise et détruite en 648 par les troupes assyriennes d'Assurbanipal, qui décrit longuement dans ses annales royales le traitement impitoyable infligé à la cité[86].

Cette campagne ne marque cependant pas la fin de Suse, où aucune rupture n'apparaît dans la culture matérielle ni de l'Elam, puisque des entités politiques élamites ont manifestement existé dans la seconde moitié du VIIe siècle av. J.-C. et la première moitié du suivant, même si la chronologie de la période, et notamment l'identité des souverains ayant alors régné, est très discutée. Les inscriptions royales des souverains qui ont apparemment vécu à cette époque indiquent des travaux sur l'Acropole, comme ceux de Tepti-Humban-Inshushinak dans le secteur du temple d'Inshushinak. De cette dernière période date notamment un groupe de 298 textes administratifs et économiques mis au jour sur l'Acropole, peut-être issus de l'activité d'un palais royal, et dans lesquels apparaissent des personnes portant des noms iraniens, donc sans doute des Perses qui sont installés à cette époque dans le pays d'Anzan, la future Perse. Les sceaux-cylindres déroulés sur ces tablettes illustrent une évolution de l'art, avec notamment des scènes de chasses témoignant d'un sens du mouvement inconnu auparavant, annonçant la glyptique achéménide[87].

Plusieurs stèles de souverains néo-élamites tardifs ou bien de dignitaires ont été mises au jour, mais leur datation est compliquée par les débats sur la chronologie des règnes (traditionnellement ils sont assignés à la période antérieure à la prise de la ville par les Assyriens, mais les partisans d'une renaissance élamite après celle-ci les datent plutôt de cette seconde phase). C'est le cas d'une stèle fragmentaire en calcaire d'Adda-Hamiti-Inshushinak, qui se proclame « roi d'Anzan et de Suse »[88], ou encore de la stèle de Shutruru, un personnage revendiquant plusieurs conquêtes militaires[89].

Les monuments de la Suse élamite[modifier | modifier le code]

Article connexe : Religion élamite.

Les principaux monuments de Suse étaient les sanctuaires érigés sur l'Acropole, et le palais royal qui se trouvait sur le tell de l'Apadana. Etant donné que les relevés archéologiques issus des fouilles de l'Acropole des campagnes de de Morgan et Mecquenem sont peu fiables, et qu'il ait été d'entreprendre des fouilles d'ampleur des niveaux élamites de l'Apadana, recouverts par le palais perse, l'analyse de ces édifices repose essentiellement sur les inscriptions laissées par les souverains élamites lorsqu'ils ont construit ou restauré ces édifices[91]. Les connaissances sont meilleures pour la période médio-élamite, en particulier la dynastie des Shutrukides pour laquelle l'activité monarchique est la mieux documentée, même s'il est parfois problématique de comprendre le vocabulaire concernant les lieux de culte élamites.

Dans les textes élamites, le secteur de l'Acropole est désigné par le terme alimelu, manifestement dérivé de l'akkadien alū elû signifiant « ville haute » ou « ville élevée ». C'est le domaine de la divinité tutélaire de Suse, Inshushinak, parfois désigné comme le « Seigneur de l'Acropole » (temti alimelu), où se trouve son temple principal. Le secteur sacré de l'Acropole est également désigné sous le terme de kizzum. Il a probablement une dimension sacrée dès les temps pré-historiques, si on estime que la haute terrasse de la période Suse I était un édifice religieux[92].

Statue de lion couché, mise au jour dans le secteur du temple d'Inshushinak, période médio-élamite (v. XIVe siècle av. J.-C.).

Le panthéon de Suse est donc dominé par la figure d'Inshushinak, littéralement « le Seigneur ((N)IN) de Suse (ŠUŠINAK) » en sumérien. Il est présenté comme celui qui pourvoit la royauté au souverain dominant Suse, et de nombreux souverains portent un nom théophore composé à partir de ce dieu. Son temple principal est situé sur le rebord ouest de l'Acropole, sans doute adossé à la muraille qui devait protéger ce secteur de la ville. Les relevés archéologiques, difficiles à analyser, indiqueraient que l'édifice avait pour dimensions environ 40 × 20 mètres, avec une entrée donnant sur un parvis situé au centre du tell, située sur son côté sud-est ou est, où ont été mis au jour les restes d'une porte décorée de reliefs de briques à glaçure, tandis qu'une esplanade pavée le bordait au sud[93]. Les inscriptions de fondation mentionnent plusieurs restaurations d'un temple à Inshushinak, depuis l'époque de Shulgi, mais on ne sait pas s'il s'agit toujours de ce temple principal où d'autres édifices consacrés à ce dieu, puisqu'il est certain qu'il en a existé d'autres à Suse même. Des inscriptions d'époque paléo-élamite indiquent le nom cérémoniel du temple, en sumérien : é-ki-kù-an-na, « Maison, lieu pur du Ciel » ou é-ki-kù-nun-na, « Maison, lieu pur du Prince ». À côté de ce temple se trouvait une ziggurat (en élamite zagratume ou kunukkum), construite ou restaurée par Untash-Napirisha au XIVe siècle av. J.-C., mais peut-être présente dès le début du IIe millénaire av. J.‑C., dédiée elle aussi à Inshushinak, qui n'a pas été retrouvée car elle a sans doute été détruite, mais pourrait s'être trouvée à l'ouest du temple d'Inshushinak, séparant celui-ci du temple de Ninhursag. Un autre édifice lié au culte d'Inshushinak qui est mentionné dans les textes, apparemment associé à la ziggurat, est appelé haštu, qui pourrait être lié au rôle funéraire du dieu. Le secteur sacré de l'Acropole comprenait également des bosquets sacrés (husa en élamite), les textes médio-élamites mentionnant des « temples du bosquet », tandis que le récit de la destruction de Suse par Assurbanipal évoque également des bosquets secrets dédiés aux divinités élamites. Le sanctuaire d'Inshushinak devait par ailleurs abriter le culte d'autres divinités, notamment celles couramment associées à ce dieu dans les textes, Ishme-karab (ou Ishni-karab) et Lagamal (ou Lakamar)[94].

« Moi, Shilhak-Inshushinak, fils de Shutruk-Nahhunte, serviteur bien-aimé d'Inshushinak, roi d'Anzan et de Suse : les rois, mes prédécesseurs, avaient construit un temple du Bosquet en briques crues - et qui l'avait construit, je ne le sais pas -, et, une fois déblayé, je l'ai (re)construit en briques cuites ; et pour ma vie, pour celle Nahhunte-Utu, de Hutelutush-Inshushinak, de Shihina-hamru-Lakamar, de Kutir-Huban, d'Ishnikarab-huhun, d'Urutuk-El-halahu et d'Utu-ehihi-Pinigir, c'est à cette intention que pour notre sauvegarde d'en ai fait don à Inshushinak, à Lakamar, mon dieu. »

— Inscription de fondation de Shilhak-Inshushinak troisième quart du XIIe siècle av. J.-C.) sur la restauration d'un temple du bosquet à Inshushinak et Lakamar, avec des bénédictions pour la famille royale[95].

Un autre sanctuaire important mis au jour sur l'Acropole a été attribué par les fouilleurs à la déesse sumérienne Ninhursag, sur la foi d'une inscription du roi Shulgi retrouvée en plusieurs exemplaires sur le lieu, sur des tablettes et statuettes[96], mais plus mentionné dans les textes postérieurs. Il s'agit d'un ensemble d'édifices situé au centre du tell, sur une terrasse carrée d'environ 25 mètres de côté, avec un bâtiment principal mesurant peut-être 16 × 8 mètres, la cella pouvant avoir été la pièce de 6 m² située sur son côté nord, où a été mise au jour la statue de la reine Napir-asu. Les constructions s'étendaient apparemment plus au nord encore, où se trouvaient des pièces ayant d'autres dépôts votifs (notamment la maquette du rituel du « lever de soleil »)[97].

Les autres sanctuaires susiens sont connus par des inscriptions de fondations. Plusieurs évoquent ainsi un temple dédié à la déesse Inanna (Ishtar) à l'époque paléo-élamite, dont une qui la qualifie de « Dame de l'Acropole », ce qui indique que son temple se trouvait sur ce lieu, et que la déesse était sans doute vue à cette époque comme la parèdre d'Inshushinak, le « Seigneur de l'Acropole ». La déesse élamite Pinigir disposait d'un temple sur l'Acropole à l'époque médio-élamite. D'autres textes mentionnent des lieux de culte ou parties de lieux de culte (notamment des portes) dédiés aux divinités mésopotamiennes Adad, Nabû, Shala, Annunitum, ou aux divinités élamites Narundi, Napirisha, Kiririsha, Nahhunte, Shimut, Manzat, Ruhuratir, etc.[98]

Enfin, l'autre monument majeur de Suse, le palais (hiyan) des rois élamites, se trouvait sur le tell de l'Apadana, où lui a succédé le palais perse de Darius Ier, rendant ainsi impossible toute fouille d'envergure des niveaux élamites, seuls quelques sondages ponctuels ayant permis des trouvailles pour ces périodes, si tant est que les niveaux principaux n'aient pas disparu lors des travaux de terrassement liés à la construction du palais perse. Les découvertes archéologiques de ce secteur ont surtout dégagé des restes liés au sanctuaire qui s'y trouvait, la « chapelle extérieure » (kumpun kiduya) évoquée plus haut[99]. Il s'agit d'un autre temple dédié à Inshushinak, identifié notamment par la présence sur place de bas-reliefs en briques moulées d'époque médio-élamite, et d'inscriptions de fondation de la même époque[100].

Une résidence royale achéménide[modifier | modifier le code]

Lancier, détail de la frise des archers du palais de Darius. Bas-relief de briques émaillées, vers 510 av. J.-C.

Histoire et peuplement de Suse sous les Achéménides[modifier | modifier le code]

Vers 539, le roi Perse Cyrus II met la main la Susiane, dans des conditions qui nous échappent. La ville tombe alors sous la coupe des Achéménides. Sous Cyrus II et Cambyse, Suse n'est que la capitale de la satrapie d'Élam. Mais Darius Ier (521-485) en fait une de ses résidences (avec Persépolis et Pasargades ; il n'y avait pas à proprement parler de capitale dans l'empire achéménide puisque la cour était itinérante) et y entreprend la construction d'un palais royal. La ville put alors connaître une des périodes les plus prestigieuses de sa très longue histoire. C'était peut-être la plus active des résidences royales perses, puisque les écrits grecs en rapport avec les rois achéménides les situent en général à Suse, et louent la splendeur de son palais. Elle fut complètement réaménagée, et de nouveaux monuments furent érigés, recouvrant les ruines élamites. La topographie de Suse fut modifiée, par le terrassement des tells de l'Apadana et de la Ville Royale, tout cela étant renforcé par un solide glacis qui enserrait les trois tells principaux de la ville, qui ne disposait apparemment pas de muraille. Deux portes au moins sont érigées sur le tell de la Ville Royale : une première porte à l'est pour accéder au tell, une seconde, les « Propylées », pour l'accès au tell du palais. Par la suite les rois achéménides continuèrent à séjourner régulièrement à Suse, comme indiqué notamment par des tablettes cunéiformes de Babylonie. Artaxerxès II fut le plus actif sur le site après Darius, puisqu'il rebâtit le grand palais, et se fit construire un palais en contrebas de la ville sur le bord du Chaour, et organisa dans la ville les négociations préparant la paix d'Antalcidas (387/6 av. J.-C.)[101],[102].

Néanmoins, Suse ne paraît pas connaître de développement urbain conséquent malgré ce rôle, et la population sédentaire de Susiane semble faible[103]. Peu de zones urbanisées ont pu être identifiées pour la période achéménide de Suse ; dans la « Ville des artisans » à l'écart des secteurs monumentaux, le « Village perse achéménide » serait mal nommé puisqu'il n'aurait en fait été réoccupé qu'à la toute fin de cette époque et au début de la suivante[104]. Mais y a tout de même été retrouvée une tablette datée du règne d'un des souverains nommé Artaxerxès, qui fait partie des la poignée de tablettes retrouvées à Suse pour cette période, mentionnant notamment la présence de gens ayant des noms égyptiens, peut-être descendants de personnes déportées là du temps de la conquête de leur pays par Cambyse ou pour la construction du palais de Darius[105].

Devant cette quasi-absence de preuves matérielles de l'occupation des tells susiens en dehors de l'Apadana (et des deux portes de la Ville Royale) pour l’époque achéménide, des hypothèses ont été formulées : il est possible que l’habitat ait été constitué de matériaux peu solides, vite périssables, qui n’ont laissé aucune trace archéologique, ou bien qu'il ait été très dispersé, avec de grands espaces non bâtis. Si cela est vrai, il devait y avoir un fort contraste dans le paysage urbain entre l’ampleur et la solidité des constructions des rois perses et la faiblesse des constructions privées. Mais la possibilité demeure que ces dernières aient disparu à la suite de nouveaux aménagements aux époques postérieures, sans pour autant avoir été des bâtiments de faible qualité ... Quoi qu’il en soit, le résultat est que ce sont les constructions royales qui sont de loin les éléments les mieux connus de la cité pour les Ve – IVe siècles[101].

Le palais royal[modifier | modifier le code]

Statue égyptienne de Darius Ier, disposée à l'entrée de l'esplanade du palais royal.

Le monument principal de la période achéménide est le palais de Darius Ier[106]. Le roi l'a fait bâtir au début du Ve siècle av. J.-C., et l'édifice a fait l'objet d'une restauration sous Artaxerxès II au début du IVe siècle av. J.-C.[107]

Le palais fut érigé sur une terrasse artificielle de 12 hectares, la « terrasse de l'Apadana » des fouilleurs de Suse, qui était sans doute à l'origine l'emplacement du secteur palatial élamite, la fonction de cette zone n'étant donc pas modifiée par les Perses. L'accès vers le palais depuis le tell voisin de la Ville Royale (à l'est) se faisait par une rampe de briques crues longue d'une quarantaine de mètres, ouverte par une avant-porte ou propylée, une construction carrée de 24 mètres de côté constitué d'un passage axial de deux salles entouré de petits portiques, située en contrebas et conduisant à une porte monumentale à l'entrée du tell de l'Apadana. La grande porte en elle-même est un vaste bâtiment de 40 mètres de longueur sur 28 de large, disposée autour d’une salle carrée à quatre colonnes. Elle repose sur des fondations dont la réalisation est un véritable exploit technique. Un grand remblai a été réalisé, avec en plus l’adjonction de grands murs de fondation pour supporter les édifices de la terrasse palatiale[108]. On a retrouvé une grande statue de Darius Ier, venue d'Égypte, qui était à l’origine une des deux statues colossales gardant l'entrée du côté de la vaste esplanade carrée ouvrant sur le palais[109].

Une esplanade permettait d’accéder à la résidence royale. Cet édifice est un vaste quadrilatère de 246 × 155 mètres, couvrant 38 000 m2. L’entrée se fait à l’est, par une double salle de garde. Vers l'ouest, on accède à une série de trois cours intérieures, et de salles plus petites. La première cour, à l'est, est la plus vaste (64 × 55 mètres), et était ornée d’une « frise des Lions » dégagée par Marcel Dieulafoy. Elle ouvrait au nord sur l'Apadana, et à l'ouest sur la cour centrale, mesurant 36 × 33 mètres, puis encore à l'ouest sur une troisième cour, ou cour d'honneur (36 × 31 mètres). Elle est la plus richement décorée, et a un sol pavé de grands carreaux de briques cuites. Au sud de celle-ci se trouverait la zone résidentielle du roi, à laquelle on accédait par un vestibule, puis une antichambre de 35 × 9 mètres chacuns, conduisant à la chambre royale (70 m²). Sur les côtés est et ouest de ces unités sont disposées des petites pièces, interprétées comme un ensemble de magasins et de bureaux de la chancellerie. Au sud des appartements royaux, un petit passage permettait d'accéder à un groupe de cinq appartements qui pourraient avoir été ceux des épouses royales. Tout à l'ouest du bâtiment, une petite cour ouvre sur une petite porte offrant une autre sortie de l'édifice[110]. L'organisation et la fonction des parties situées au nord de la cour d'honneur n'est pas claire : il pourrait s'agir d'autres appartements ; on pourrait trouver au nord-ouest de l'édifice d'autres unités organisées autour de cours internes, peut-être bâtis plus tardivement, sous Artaxerxès II, mais cela n'est pas clair. La présence d'un étage au-dessus des appartements royaux est également débattue[111].

Le palais royal de Suse est notamment connu pour ses frises de briques glaçurées en pâte silicieuse, retrouvées en grand nombre sur le tell de l'Apadana, type de décor qui a déjà une longue histoire à Suse, mais qui puise ici surtout dans le répertoire iconographique mésopotamien[112]. Seule la « frise des lions », mise au jour lors des campagnes des Dieulafoy, a un contexte de découverte assuré, à savoir la grande cour orientale. Elle était disposée sur le haut du mur, surmonté par des créneaux dont la forme apparaît encore, et représente comme son nom l'indique une frise de lions passant, encadrés de frises secondaires de rosettes, lotus et motifs géométriques[113]. D'autres frises représentaient des animaux hybrides : taureaux ailés, chimères. L'autre type de décor est la « frise des archers », reconstituée à partir de briques éparpillées sur tout le site, et dont on ignore l'emplacement originel[114]. Elle représente des files de soldats armés d'une lance, d'un arc et d'un carquois, vêtus de la tunique d'apparat perse, encadrés eux aussi de frises secondaires. Par ailleurs une autre frise de briques glaçurées, sans doute disposée dans l'Apadana, représentait en relief des soldats armés d'une seule lance. Le décor du palais comprenait également des briques non glaçurées, représentant en relief des animaux ou des soldats.

L’Apadana à proprement parler, salle d’audience royale caractéristique de l'architecture des grands palais perses, a été construit au nord du palais, autour de jardins. Il s’agit d’un grand édifice de base carrée (109 mètres de côté). Il s’organise autour d’une salle centrale carrée (58 mètres de côté), dont le plafond (en bois) est supporté par six rangées de six colonnes (donc trente-six en tout), qui ont une base carrée, et devaient s’élever à plus de 20 mètres de hauteur. Les côtés ouest, nord et est de l'Apadana permettaient d'accéder par des portes à double battants à trois portiques (avec chacun deux rangées de six colonnes). Les colonnes étaient couronnées d’un chapiteau à double protomé de taureau (d'inspiration mésopotamienne) précédées par des volutes (de type grec), où s’encastraient les poutres du plafond. Leurs bases étaient carrées dans la salle d'audience, campaniforme à décor géométrique ou floral (renvoyant à des modèles égyptiens) sous les portiques. Quatre tours avaient été bâties aux angles de l’édifice[115].

Le palais d’Artaxerxès II[modifier | modifier le code]

À l'ouest de Suse, sur la rive occidentale du Chaour, en face du Palais de Darius, Artaxerxès II a érigé un palais au début du IVe siècle. Ce bâtiment était inclu dans un ensemble de 220 mètres de longueur sur 150 de large, les corps de bâtiments principaux étant probablement entouré par un jardin. Il comprenait une grande salle hypostyle dans le même style que dans les autres palais achéménides, avec des dimensions plus modestes (37,50 × 34,60 mètres), où des fragments de peintures murales représentant des végétaux et personnages ont été retrouvés. Quatre portiques avaient été bâtis sur ses côtés, et quatre tours à ses angles. Au nord du jardin, on accédait à un bâtiment organisé autour d’une petite salle hypostyle à quatre colonnes, construit sur une terrasse de deux mètres de hauteur. Dans l'ensemble, les techniques de construction ont peu évolué durant le siècle séparant la construction du palais du tell et de celui-ci. La fonction de cet édifice est inconnue : espace plus privé que le grand palais, servant pour le repos du Rois des rois, ou bien lieu de résidence provisoire pendant une restauration de l’autre palais ?[116]

Objets d'époque achéménide[modifier | modifier le code]

En dehors des secteurs palatiaux, la principale découverte archéologique de la période achéménide est une tombe mise au jour par de Morgan en février 1901 sur l'Acropole. Le défunt ou la défunte, dont l'identité est inconnue, reposait dans un sarcophage en terre, accompagné d'un matériel funéraire riche, qui indique son statut social élevé. Les bijoux témoignent du goût des élites perses de l'époque pour l'orfèvrerie, mêlant or et pierres semi-précieuses. Un bol en argent et une paire d'alabastres en albâtre on également été retrouvés dans le cercueil, ainsi que deux pièces de monnaie datées de 350 et 332 av. J.-C., permettant de dater la sépulture de la toute fin de la période achéménide[117].

Une ville provinciale[modifier | modifier le code]

Époque hellénistique[modifier | modifier le code]

Les noces de Suse, gravure d'André Castaigne (1898-1899).

Parmi les étapes d’Alexandre le Grand en Perse, celle qui concerne Suse est bien plus pacifique que la destruction de Persépolis. Le roi macédonien y organise en effet de grandes noces en 324 : il épouse lui-même deux filles de Darius III, alors qu’il marie ses proches officiers avec des femmes de la haute société perse. Il cherche ainsi à symboliser l’union qu’il souhaite voir se réaliser entre Grecs et Perses pour diriger son Empire. Durant les conflits opposant après sa mort ses anciens généraux, les Diadoques, Suse est un enjeu important, car on y trouve un important trésor. À l'issue de cette période troublée, en 311, la Susiane passe sous la domination de Séleucos Ier. Dans cet ensemble politique, la ville n’est plus une capitale impériale, comme l'illustre le fait que le palais royal de l'Apadana est vite délaissé. Mais elle reste une cité importante, disposant notamment d'un important atelier monétaire, très actif durant les premières années de la domination séleucide. Elle devient une cité grecque au plus tard à la fin du IIIe siècle, sous le nom de Séleucie de l’Eulaios, d'après le nom grec de la Karkeh, et une importante communauté grecque y est implantée. Tout indique en effet que Suse connaît un renouveau dans la seconde moitié de ce siècle, notamment les fouilles de la Ville Royale qui indiquent une reprise de l'urbanisation du quartier (voir plus bas). Elle est alors la capitale d'une satrapie, dirigée par un stratège, comme le Diogène qui défend la ville lors de la révolte de Molon sous le règne d'Antiochos III. D'autres administrateurs mentionnés dans les inscriptions en langue grecque mise au jour sur le site pour cette période : préposé aux trésor, épistate, chréophylaque. Par ailleurs on sait par les inscriptions de militaires qu'une une garnison était installée dans la ville (mais rien n'indique qu'il s'agissait à l'origine d'une colonie militaire). Parmi le corpus de textes du IIe siècle av. J.-C., on trouve plusieurs actes d'affranchissement, par lesquels des notables grecs vouent leurs esclaves à une divinité ; dans plusieurs cas il s'agit de la déesse Nanaya, d'origine mésopotamienne (assimilée à Artemis), qui semble être devenue une des principales divinités de la ville, et dont le temple doit se trouver dans le secteur du Donjon si on en juge par le fait que les inscriptions y sont surtout localisées[118]. On ne trouve en revanche plus de mentions de culte des anciennes divinités susiennes[119].

Des niveaux d'époque séleucide ont été mis au jour au nord de la Ville Royale, dans le chantier A (niveau VII) et un chantier voisin postérieur. Ce quartier était voisiné à l'ouest par les Propylées du palais royal achéménide, qui tombent progressivement en ruines durant la période et dont les briques sont réemployées dans les constructions séleucides, datables de la seconde moitié du IIIe siècle av. J.-C., qui est apparemment la période durant laquelle le quartier fut réoccupé. Le principal édifice connu pour ce niveau est une maison de forme grossièrement carrée, d'environ 26 mètres de côté. Elle disposait d'une cour à péristyle, et les restes de sa toiture indiquent qu'elle était à double pente, couverte de tuiles et décorée par des antéfixes et des frises en forme de méandres, ce qui en fait une demeure de type grec. Une autre vaste maison moins bien connue se trouvait au nord-ouest[120]. Les autres secteurs sont moins bien connus, car ils intéressaient peu les fouilleurs du site, même s'il est manifeste qu'ils ont rencontré une couche d'occupation séleucide lors du décapage des niveaux supérieurs du tell de l'Acropole, où ils ont mis au jour des fragments de frises et antéfixes en terre cuite qui devaient orner des édifices[121].

Époque parthe et élyméenne[modifier | modifier le code]

Inscription en grec, copie d'une lettre du roi Artaban III aux citoyens de Suse.

La domination séleucide sur la Susiane commence à s'effriter dans la première moitié du IIe siècle av. J.-C., face à l'arrivée des Parthes qui conquièrent l'Iran puis la Mésopotamie. Cette période est également marquée par l'émergence d'une nouvelle entité politique dans le voisinage de Suse, l'Élymaïde, qui semble dériver de l'Elam. Profitant du chaos causé par les guerres entre les Parthes et les Séleucides, un de ses souverains s'empare peut-être de Suse en vers 147, mais il ne la tient pas face aux Parthes qui prennent la ville vers 140. Dans les années qui suivent, les Élyméens la reprennent, puis les Séleucides sous Antiochos VII, mais ils sont finalement chassés. L'Élymaïde reste cependant une entité semi-indépendante vassale des Parthes, dominant la partie orientale de la plaine susienne ainsi que les montagnes qui la surplombent, et parviendrait à partir de 45 de notre ère à placer Suse sous sa coupe, et peut-être en faire sa capitale. L’atelier monétaire de la ville s’arrête en tout cas d’émettre des monnaies parthes, sans doute pour frapper les monnaies élyméennes qui sont attestées en abondance sur le site. Une inscription de 215 de notre ère indique qu'un satrape du roi parthe Artaban IV est établi à Suse, ce qui est en général interprété comme indiquant que la ville est repassée sous la domination parthe à cette période, mais il n'est pas assuré que ce satrape ne jouisse pas d'une autonomie. Quoi qu'il en soit, cette situation fait long feu puisque les Perses Sassanides s'emparent de l'empire parthe au début des années 220, faisant tomber au passage l'Élymaïde[122].

Suse connaît sous la domination parthe une phase d’expansion, attestée par l'expansion de l'habitat, des zones de sépulture, également les nombreuses trouvailles monétaires et céramiques, au moins jusqu'à la fin du Ier siècle de notre ère[123]. De nouvelles constructions sont attestées en divers endroits de la Ville Royale, qui semble alors habitée dans son intégralité. Ces demeures semblent grandes, bien construites, avec des murs larges. Dans le chantier A (niveaux VI et V), la grande maison à cour hypostyle séleucide est ainsi remplacée vers le milieu du IIe siècle av. J.-C. par une demeure plus grande de plan cruciforme d'une vingtaine de pièces au sol, et qui disposait probablement d'un étage. D'autres résidences furent bâties vers le début du Ier siècle av. J.-C., accolées à cette maison, chacune organisée autour d'une cour centrale jouxtant une pièce de réception allongée. La grande résidence cruciforme disparaît au Ier siècle de notre ère, les petites maisons semblant subsister, avant qu'une nouvelle construction importante n'apparaisse au siècle suivant (niveau IV), le supposé mithraeum de Ghirshman (voir plus bas). D'autres zones résidentielles ont été repérées dans le sud de la Ville Royale, notamment lors des fouilles de de Mecquenem, qui semble avoir exploré des résidences parthes, et un atelier de potiers, sans prendre de relevés mais en y trouvant de nombreux objets de l'époque. Les inscriptions du secteur du Donjon de cette époque semblent indiquer que le temple de Nanaya y est toujours actif[124]. Ces chantiers ont également mis au jour de nombreuses sépultures, en particulier dans la Ville des Artisans. On y trouve des tombes à jarres dans lesquelles sont inhumés les enfants, des sarcophages anthropoïdes, ainsi que des chambres funéraires[125].

La communauté et les institutions grecques restent en place en dépit de la fin de la domination séleucide, comme l'indiquent les inscriptions trouvées dans la ville pour cette période[126]. La cité de Suse est « refondée » par le roi Phraartes IV en 31/30 av. J.-C., et renommée « Ville des Phraartéens de l'Eulaios », et obtient pour quelques années le droit de frapper de la monnaie à son propre nom. Des inscriptions mentionnent la présence d'épistates, et de « stratèges » durant la première période de la domination parthe, dont Zamaspes, qui s'était illustré en entreprenant des travaux d'irrigation aux alentours de Suse, avant d'être élevé à ce rang par le roi. Une autre inscription est une copie d'une lettre adressée par le roi Artaban II à la communauté civique susienne, vers 21/22 de notre ère, confirmant l'élection du trésorier de la ville, Hestiaios, qui semble par ailleurs être un proche du souverain qui lui a octroyé le titre d'« Ami de premier rang ». Par ailleurs, l'hellénisme susien se voit aussi dans le fait que la ville dispose d'un gymnasiarque, donc d'un gymnase, et un de ses citoyens, Nikolaios, est surnommé « stéphanite », ce qui indique qu'il a triomphé lors d'un des plus prestigieux concours grecs. D'autres inscriptions comportent des poèmes en grec, témoignages de l'existence d'une activité littéraire dans la cité[127].

L'art de la période parthe, et aussi de la période séleucide précédente (il est très difficile de distinguer les deux) sont fortement marqués par les influences grecques. Cela se voit en particulier dans les nombreuses figurines en terre cuite de la période, où on trouve par exemple des représentations de dieux grecs (en premier lieu Héraclès et Eros), mais aussi des éléments issus des traditions locales, notamment les figurines de femmes nues se soutenant les seins, dans la continuité des époques antérieures[128]. En gros la moitié de celles connues pour de ces deux époques suivent une iconographie grecque, et l'autre moitié orientale. Les artisans coroplathes étaient vraisemblablement d'origine indigène et s'adaptaient aux attentes de la clientèle grecque ou hellénisée de Suse[129].

Époque sassanide[modifier | modifier le code]

Ardashir, le fondateur de la dynastie perse sassanide, prend Suse au gouverneur parthe de la cité, resté loyal à son maître Artaban IV. La cité entre donc brutalement sous la coupe du grand empire qui se constitue alors. Suse sert apparemment de résidence impériale sassanide à certains moments au début de la période. Après la victoire de Shapur Ier contre l’empereur romain Valérien en 260, des prisonniers romains sont installés en Susiane, dont des chrétiens, qui constituent une communauté dans cette province, Suse devenant le siège d'un évêché. Les persécutions contre les communautés chrétiennes (surtout nestoriennes) de Susiane, sous le règne de Shapur II à partir de 339, sont rapportées dans les Actes des martyrs perses, qui constituent une source importante pour la reconstitution de l'histoire de la période. En particulier, une révolte de la communauté chrétienne de Suse survient face à cela, et est matée férocement par le roi perse, avec une armée forte de 300 éléphants selon la tradition, faisant subir de nombreuses destructions à la ville. Une vingtaine d'années plus tard, Shapur fonde à une vingtaine de kilomètres au nord de Suse une ville nouvelle, Iwan-e Karkheh, fouillée par R. Ghirshman[130].

La Susiane est une région importante de l’Empire, faisant partie de ses provinces centrales, les « pays d'Iran » (Ērānšahr), figurant parmi les premières provinces cités dans l'inscription de la Ka'ba-ye Zartosht laissée par Shapur Ier, qui est essentielle pour reconstituer l'organisation provinciale de l'empire sassanide. Les rois sassanides y conduisent des aménagements d'irrigation afin de dynamiser l'agriculture, fondent ou refondent plusieurs villes importantes où ils implantent des populations déportées de force (par exemple des artisans venant de l'empire romain, spécialisés dans les soieries) : Ahwaz, Gundishapur, Shushtar, puis Iwan-e Karkheh après la destruction de Suse en 339[130]. Ces fondations viennent concurrencer Suse, qui cesse de jouer un rôle important à l'échelle régionale après le IVe siècle, et sans doute accentuer son déclin, en même temps que la répression de la révolte, dont l'impact réel dans ce phénomène est dur à évaluer[131].

L’espace urbanisé de Suse connaît une rétraction continue durant la période sassanide. Les trouvailles archéologiques pour cette période sont de fait moins nombreuses que pour les précédentes[132]. Un « palais » (plutôt une sorte de villa) de petite dimension a été mis au jour sur le tell de la Ville Royale par de Mecquenem. Dans le chantier A, au niveau IV, R. Ghirshman a dégagé plusieurs résidences, organisées autour d'une large avenue, et un important bâtiment organisé autour d'une salle de 14 mètres de côté, où se trouvaient six bases de colonnes reprises du palais de Darius. Le mur d'entrée de la cour était orné d'une fresque représentant une scène de chasse, représentant deux cavaliers au galop au milieu de leur gibier[133]. Le fouilleur a interprété ce bâtiment comme un lieu de culte à Mithra (mithraeum), ce qui est douteux. Le niveau IV s'achève par une destruction, et a livré de nombreuses tombes manifestement creusées à la hâte, dont des jarres funéraires portant le symbole de la croix : probable témoignage de la destruction de la ville par Shapur II, ce qui semble confirmé par le fait que les pièces de monnaies les plus récentes de ce niveau datent de son règne. Les bâtiments qui succèdent à cet événement, au niveau III (à cheval entre la fin de la période sassanide et le début de l'islamique), sont de qualité fruste[130].

On a par ailleurs retrouvé une grande quantité de pièces de monnaie, mais avant tout dans deux trésors : un premier découvert en 1905, comportant 700 pièces datées du règne de Khosro II ; un second exhumé en 1976 au sud du tell de l’Apadana, comprenant 1 171 pièces datant presque toutes du même règne, sauf une au nom de Khosro Ier et deux à celui de Hormizd IV[134]. S'il y a donc eu une accumulation de richesses pour certains, cela n’enlève rien à l’impression d’appauvrissement qu’indiquent les fouilles des niveaux sassanides du site[135].

Par ailleurs, un texte géographique moyen-perse intitulé Les capitales provinciales de l'Iran (Šahrestānīhā ī Ērānšahr), dont la version définitive est des alentours de 800, mais reprend essentiellement des éléments concernant le règne de Khosro II au début du VIIe siècle, rapporte une tradition selon laquelle Suse et Shushtar auraient été bâties par une reine perse nommée Shishindokht, épouse de Yazdgard Ier et fille du « roi des Juifs » (l'exilarque, Resh Galouta)[136].

Époque islamique[modifier | modifier le code]

Fourchettes retrouvées à Suse, bronze moulé, VIIIe – IXe siècles, musée du Louvre

Le Khuzistan est difficilement enlevé par les troupes musulmanes à son gouverneur sassanide Hormuzan, qui se soumet en 642 après le siège de Shushtar. Suse n'a manifestement pas été un point d'étape important pour les conquérants, n'étant plus une ville importante, et elle ne joue pas de rôle politique important par la suite. La période islamique de la ville dure environ six siècles, du VIIe au XIIe siècle. Elle est documentée par les récits de plusieurs géographes et voyageurs médiévaux, dont Al-Maqdisi (Xe siècle), Al-Idrisi et Benjamin de Tudèle (XIIe siècle), qui s'attardent notamment sur la présence du tombeau de Daniel, et de ruines antiques[137]. Les fouilles archéologiques ont par ailleurs dégagé plusieurs quartiers d'habitations, des monuments religieux et des installations artisanales de la période en différents points du site, essentiellement lors des fouilles récentes (missions Ghirshman et surtout Perrot), les plus anciennes ayant largement ignoré cette période[138].

Si les tells de la Ville Royale et de l'Apadana sont toujours peuplés, la ville de Suse connaît une nouvelle expansion dès après la conquête, avec la création d'une ville nouvelle sur le tell de la Ville des Artisans, disposant d'une enceinte de forme carrée d'environ 400 mètres de côté. Y ont été dégagés une grande mosquée, dont on a repéré deux niveaux archéologiques, ainsi qu'un « bâtiment B » identifié comme un couvent (khanqah), avec des cellules disposées autour d'une cour rectangulaire. L'habitat devait du reste rapidement déborder de l'enceinte[139]. Pour la première partie de la période abbasside (à partir de la seconde moitié du VIIIe siècle), des espaces d'habitat ont été repérés entre le tell de l'Apadana et le nord de la Ville Royale, qui succèdent sans doute à des quartiers de la période précédente. Il s'agit d'un habitat tassé caractéristique des villes de la période islamique médiévale, avec des résidences de tailles diverses, où l'on ne trouve pas d'artères principale, celle-ci devant se trouver plus au sud des zones fouillées. Un hammam du Xe siècle a par ailleurs été identifié sur le tell de l'Apadana. Suse s'étend alors sur environ quatre kilomètres carrés, ce qui inclut quatre tells : celui de l’Acropole, celui de l'Apadana, celui de la Ville Royale et celui de la Ville des Artisans. Cette période semble être la plus prospère des phases islamiques[140]. Pour l'époque tardive de la dynastie abbasside (XIIe siècle), une sucrerie a été mise au jour à l'emplacement de l'ancien palais achéménide situé sur la rive ouest de la Chaour (on y a retrouvé des moules servant à réaliser des pains de sucre)[141]. Selon ce que rapporte Benjamin de Tudèle, la ville est alors divisée en deux parties séparées par la rivière et reliées par un pont, une partie ancienne et pauvre et une autre riche et commerçante : il semble au regard des résultats des fouilles que la première corresponde à la Ville Royale et la seconde à la Ville des Artisans, ce qui reviendrait à admettre que la Chaour coulait alors dans la dépression les séparant. La ville nouvelle est donc devenue le nouveau cœur de Suse, et la vieille ville haute a décliné[142].

Bien qu'elle ne soit pas un centre politique important, Suse est donc sous les Abbassides une ville animée, située dans une région agricole prospère, réputée notamment pour ses citrons et sa production sucrière (à partir de canne à sucre). Comme d'autres villes du Khuzistan, on vante également la qualité de ses soieries, et elle dispose d'un atelier de frappe monétaire. Plusieurs communautés religieuses s'y trouvent aux côtés des musulmans : juifs (Benjamin de Tudèle mentionne la présence de quatorze synagogues dans la ville), chrétiens, zoroastriens. Le tombeau de Daniel est un point d'intérêt de la ville pour les géographes et voyageurs qui la décrivent. Il apparaîtrait au VIIe siècle, lors de la redécouverte de la sépulture après la conquête de la ville par les musulmans. Mais il ne s'agit pas du seul lieu revendiquant la présence de la sépulture du prophète, et du reste il ne semble pas que ça ait été un lieu de pèlerinage particulièrement prisé[143].

Suse constitue également un site de première importance pour l'étude de la céramique des débuts de l'Islam, grâce à la découverte de nombreuses céramiques dès les premières campagnes de fouilles, plus de 2 000 exemplaires étant répertoriés au musée du Louvre (mais là encore sans mention du contexte de découverte), tandis que les fouilles plus récentes des niveaux islamiques ont permis d'affiner la chronologie. La céramique islamique de Suse peut être divisée en deux grandes catégories : céramiques non glaçurées et céramiques glaçurées. Les premières sont de loin les plus nombreuses. La vaisselle comprend une grande variété de formes : cruches, pichets, jarres, bols, couvercles, lampes, etc. Le décor peut être obtenu par peignage, incision, estampage, moulage, ou barbotine. Plusieurs couvercles de cruches ont par exemple un décor moulé représentant des motifs floraux et animaliers. D'autres modèles portent des inscriptions en araméen ou arabe (dont deux exemples de correspondance amoureuse) ou pseudo-inscriptions. Par ailleurs des figurines anthropomorphes ont été retrouvées, et des objets divers (jeux et jouets, moules à sucre, cage à mangouste, etc.). Quant à la céramique glaçurée, après une première phase reprenant les modèles sassanides, elle se subdivise entre les faïences, comme les types à décor bleu sur fond blanc, ou ceux à décor jaspé dans lesquels la glaçure colorée a coulé de telle sorte qu'elle forme un décor marbré, et les céramiques lustrées, souvent polychromes dans les premiers temps, puis de plus en plus monochromes, avec un décor qui tend à se simplifier[144].

Suse connaît un déclin après le XIIIe siècle, mais les découvertes de céramiques du XVe siècle indiquent que des quartiers y sont encore occupés à cette époque. Les traces d'occupations disparaissent pour le début de l'époque safavide (début XVIe siècle), qui voit d'une manière générale un déclin des villes du Khuzistan[145].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Représentation du tombeau de Daniel à Suse par Eugène Flandrin, (Voyage en Perse Moderne), 1851.
Article détaillé : Shush.

Le site de Suse est déserté, et lorsque les britanniques Loftus et Layard le visitent dans la première moitié du XIXe siècle, ils le décrivent comme un lieu s'animant seulement lorsqu'il se couvre de prairies durant l'hiver et le printemps, ce qui attire des tribus arabes bédouines de la région qui y résident jusqu'à la saison chaude, quand le lieu devient inhabitable en raison de la chaleur. L'insécurité dans laquelle se déroulent les premières campagnes de fouilles indiquent que la région était mal tenue par le pouvoir perse. Dans les premières années des fouilles de la délégation française, au début du XXe siècle, on ne trouve à Suse que trois bâtiments : la tombe de Daniel avec son dôme en forme de pain à sucre, un mausolée (imamzadeh) un peu plus au nord, et le château de Morgan qui vient d'être érigé. Elle ne se repeuple que dans le courant de la seconde moitié du XXe siècle à partir du secteur du tombeau de Daniel, le long des rives de la Chaour car le site archéologique est non constructible. Sa population atteint les 5 000 habitants vers 1950, puis dépasse aujourd’hui les 50 000 habitants, et l'habitat encercle le site de la ville antique, couvrant la partie orientale de la Ville des Artisans[146].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  7. Harper, Aruz et Tallon (dir.) 1992, p. 30
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  9. Harper, Aruz et Tallon (dir.) 1992, p. 43-46
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  63. a et b Sur cette forme d'art : A. Spycket, Les Figurines de Suse : Vol. I, Les Figurines humaines, IVe-IIe millénaires av. J.-C., Paris, (MDP 52)
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iran antique[modifier | modifier le code]

  • Pierre Amiet, « Le monde de l'Iran », dans Bernard Holtzmann (dir.), L'Art de l'Antiquité, 2. l'Égypte et le Proche-Orient, Paris, Gallimard : Réunion des Musées Nationaux, coll. « Manuels d'histoire de l'art », , p. 352-439
  • (en) Daniel T. Potts, The Archaeology of Elam: Formation and Transformation of an Ancient Iranian State, Cambridge, Cambridge University Press, coll. « Cambridge World Archaeology »,

Généralités sur Suse[modifier | modifier le code]

  • P. Amiet, Suse : 6000 ans d'histoire, Paris, Réunion des musées nationaux,
  • Suse : dernières découvertes, Dijon, coll. « Dossiers Histoire et Archéologie » (no 138),
  • (en) Prudence O. Harper, Joan Aruz et Françoise Tallon (dir.), The Royal City of Susa : Ancient Near Eastern Treasures in the Louvre, New York, The Metropolitan Museum of Art, (lire en ligne)
  • Marie-Joseph Stève, François Vallat, Hermann Gasche, Christelle Jullien et Florence Jullien, « Suse », Supplément au Dictionnaire de la Bible, Letouzey & Ané, no 73-74,‎ 2002-2003, col. 359-652
  • (en) Hermann Gasche et al., « Susa », dans Encyclopædia Iranica Online, 2005-2015 (lire en ligne)

Fouilles[modifier | modifier le code]

Période protohistorique[modifier | modifier le code]

  • Pierre Amiet, L'âge des échanges inter-iraniens : 3500-1700 av. J.-C., Paris, Réunion des musées nationaux,

Période élamite[modifier | modifier le code]

Période achéménide[modifier | modifier le code]

  • (en) Rémy Boucharlat, « Susa iii. The Achaemenid Period », sur Encyclopaedia Iranica,
  • Jean Perrot (dir.), Le palais de Darius à Suse : une résidence royale sur la route de Persépolis à Babylone, Paris, Presses de l'université Paris-Sorbonne, (ISBN 978-2-8405-0681-2)
  • Jean Perrot, « Le palais de Darius. Nouvelles données archéologiques », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 154, no 1,‎ , p. 391-432 (lire en ligne)

Antiquité récente et tardive[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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