Antiochos VII

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Antiochos.
Antiochos VII Evergète Sidêtês
Image illustrative de l'article Antiochos VII
Titre
Roi de Syrie
Prédécesseur Diodote Tryphon
Successeur Démétrios II Nicator
Biographie
Dynastie Séleucide
Date de décès
Père Démétrios Ier
Mère Laodicé V
Conjoint Cléopâtre Théa
Enfants Antiochos IX Laodice VIII Laodice IX

Antiochos VII Evergète (« Le Bienfaisant »), surnommé Sidêtês : roi séleucide de -138 à -129. Fils cadet de Démétrios Ier Sôter et probablement de Laodicé V, sa date de naissance est inconnue.

Sources[modifier | modifier le code]

La vie et le règne d'Antiochos VII nous sont connus par les sources romaines, principalement l'historien Justin, compilateur de sources plus anciennes, Trogue-Pompée notamment[1], et par les sources juives, le premier livre des Macchabées; divers fragments de Flavius Josephe et d'Appien complètent le portrait de ce roi séleucide[1].

Les sources, notamment Trogue-Pompée, le présentent comme un roi volontaire, actif et entreprenant, créant ainsi un fort contraste avec son père Démétrios I et son frère Démétrios II[2]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est envoyé par son père dans la ville de Sidé, en Pamphylie, pour y être mis à l'abri et y gagne son surnom de Sidètès.

Accession au trône[modifier | modifier le code]

Roi en Syrie[modifier | modifier le code]

En -139, son frère Démétrios II est fait prisonnier par le roi des Parthes Mithridate. Menacée par l'usurpateur Tryphon, sa belle-sœur Cléopâtre Théa lui propose la couronne et sa main.

Apprécié de ses sujets syriens, il est sincèrement pleuré en Syrie lors de l'annonce de sa mort, selon Trogue-Pompée[3].

Débuts du règne[modifier | modifier le code]

Antiochos VII a des débuts heureux et restaure l'autorité de sa dynastie : Il vainc définitivement Tryphon, chassé puis tué. Antiochos VII s'impose également aux Juifs, révoltés depuis une trentaine d'années. Contrairement à son père et à son frère, il semble avoir été apprécié des habitants d'Antioche, notamment pour sa magnificence[4].

Reconquête des Hautes-Satrapies[modifier | modifier le code]

Subissant le même tropisme que son frère pour l'Orient séleucide perdu depuis les années 150 et désireux de restaurer la puissance séleucide dans les Hautes satrapies[5], il est le dernier souverain de la dynastie séleucide à être en mesure de reprendre pied sur l'Euphrate contre les Parthes. Cependant, en dépit des moyens utilisés, sa tentative se solde par un échec, à la suite de quoi les souverains séleucides renoncent définitivement à toute reconquête des anciennes Hautes-Satrapies contrôlées par leurs ancêtres[6].

Son expédition, très documentée, est menée durant les années 134-129[7]. Il tente ainsi non seulement de reconquérir la Babylonie et les Hautes satrapies, mais aussi de s'opposer aux interventions de Phraate II dans les querelles dynastiques séleucides[N 1] , [8].

Premiers succès[modifier | modifier le code]

Il mène la seconde et dernière campagne de reconquête séleucide de la région de l'Euphrate, faisant de la Babylonie un champ de bataille[9]. Dans un premier temps, il remporte des succès importants et reconquiert la Babylonie et la Médie en 130, ayant reçu le soutien de la cité de de Séleucie du Tigre[10] et de roitelets locaux[8].

Ces opérations sont rapidement menées, mais occasionnent de nombreux dommages, notamment la destruction du dernier temple du grand complexe cultuel de l'Irigal situé à Uruk[7].

Mais les négociations avec le roi Phraatès II échouent en raison des exigences excessives d'Antiochos VII. En effet, Trogue-Pompée rapporte qu'il aurait exigé des Parthes l'évacuation des territoires anciennement séleucides sous leur contrôle et leur retour en Parthyène[11].

Phraatès II libère Démétrios II pour semer la discorde parmi les Séleucides.

Moyens mis en œuvre[modifier | modifier le code]

Trop importante, l'armée d'Antiochos VII vit aux dépens des populations libérées des Parthes. Mécontentes, elles se détournent d'Antiochos VII dont l'expédition s'achève en désastre.

Son armée, très entraînée, est cependant très lourde, et semble vivre dans le luxe : Trogue-Pompée évoque 300 000 boulangers pour 80 000 soldats luxueusement équipés et chaussés avec des souliers aux clous d'or[8].

Échec final[modifier | modifier le code]

Contraint de faire cantonner son armée en Babylonie et en Hyrcanie, il s'attire la vindicte des cités sur le territoire desquels ses troupes hivernent[3]. En 129, peu soutenu par des troupes amollis par l'inaction, il trouve la mort au combat, dès le premier engagement avec les troupes parthes[3].

D'après certaines sources, le roi des Parthes aurait insulté son cadavre, lui reprochant son intempérance. Selon d'autres sources, il aurait au contraire offert à son courageux adversaire mort au combat des obsèques royales[3].

Bilan du règne[modifier | modifier le code]

Débuté sous de bons augures, le règne d'Antiochos se révèle un échec dont la dynastie séleucide ne se relève pas, les successeurs d'Antiochos VII se montrant incapables, à la fois de maintenir l'unité de leur royaume syrien et de reconquérir un royaume étendu.

La fin du pouvoir séleucide unifié[modifier | modifier le code]

L'échec de la reconquête des hautes satrapies par Antiochos remet en cause l'unité du cœur du royaume syrien. En effet, ses descendants se déchirent les restes du royaume avec les descendants de son frère et prédécesseur[12].

L'abandon des projets de reconquête de la Babylonie[modifier | modifier le code]

Descendance[modifier | modifier le code]

En neuf ans de mariage, Cléopâtre Théa lui donne au moins trois enfants : le futur Antiochos IX Philopator Cyzicène et deux filles, peut-être mortes en bas âge et dont on sait peu de choses : Laodice VIII et Laodice IX.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens internet[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Depuis 139, Démétrios II, le frère et prédécesseur d'Antiochos, est prisonnier du roi parthe.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lerouge-Cohen 2005, p. 218.
  2. Lerouge-Cohen 2005, p. 233.
  3. a, b, c et d Lerouge-Cohen 2005, p. 248.
  4. Lerouge-Cohen 2005, p. 222, note 17.
  5. Capdetrey 2007, p. 22.
  6. Lerouge-Cohen 2005, p. 217.
  7. a et b Clancier 2007, p. 62.
  8. a, b et c Lerouge-Cohen 2005, p. 247.
  9. Clancier 2007, p. 60.
  10. Lerouge-Cohen 2005, p. 234.
  11. Lerouge-Cohen 2005, p. 249.
  12. Capdetrey 2007, p. 17.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]