Élamite linéaire

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Élamite linéaire
Image illustrative de l’article Élamite linéaire
Cône portant une inscription en élamite linéaire (Musée du Louvre).
Caractéristiques
Type Phonogrammes (écriture syllabique)
Langue(s) Élamite
Direction Droite à gauche
Historique
Époque De 2300 à 1850 av. J-C.
Système(s) apparenté(s) Proto-élamite

L'élamite linéaire est un système d'écriture utilisé dans le royaume d'Élam, attesté essentiellement par des textes trouvés dans la ville de Suse (dans le sud-ouest de l'Iran) et utilisé à partir de 2150 av. J.-C. durant le règne de Puzur-Inshushinak. Le corpus de textes comprend d'autres inscriptions, notamment sur des vases en argent de provenance généralement indéterminée. Les liens de cette écriture avec d'autres attestées en Iran au tout début de l'Antiquité (dont le proto-élamite) sont discutés.

En novembre 2020, François Desset, Gian Pietro Basello, Matthieu Kervran et Kambiz Tabibzadeh[1] annoncent avoir déchiffré cette écriture[2]. L'article décrivant sa découverte est paru en 2022[3].

Inscriptions et signes[modifier | modifier le code]

Cette écriture n'est d'abord attestée que par une vingtaine de textes, souvent très courts, pour la plupart des inscriptions de fondation commémorant une construction entreprise par le roi Puzur-Inshushinak. Plusieurs de ces inscriptions sont bilingues, l'autre écriture étant le cunéiforme akkadien, ce qui permet de connaître le contenu de ces textes, sans pour autant permettre le déchiffrement de la version en élamite linéaire. Puis à partir des années 1960 des vases en argent portant des inscriptions dans cette écriture sont découverts en Iran, avec des contextes d'origine non identifiés clairement, et aussi au Turkménistan (Gonur-depe). Ils relèvent d'une catégorie et sans doute aussi d'une période différentes des premiers textes découverts à Suse[4].

Certains signes de l'élamite linéaire présentent des affinités avec des signes de l'écriture proto-élamite, pratiquées dans la même région autour de 3200-3000 av. J.-C. et au plus tard autour de 2900 av. J.-C. Les relations entre les deux écritures sont discutées[5].

Des liens existent potentiellement avec des objets inscrits mis au jour ailleurs en Iran sur des sites de la même période (notamment Shahdad), mais cela n'est pas assuré. L'écriture découverte à Jiroft dans le Kerman semblerait présenter des affinités avec l'élamite linéaire, mais elle n'est pas encore bien étudiée[6].

Déchiffrement[modifier | modifier le code]

Liste des symboles de l'élamite linéaire, selon Desset et al. (2022)[7].

Au total, on dénombre 40 inscriptions classifiées comme relevant de l'élamite linéaire. De toutes ces inscriptions, on relève entre 50 et 120 symboles (certains pouvant être considérés comme étant des variantes d'un autre), ce qui suggère un système d'écriture syllabique[8].

L'écriture élamite linéaire sert à transcrire la langue élamite[8], une grande partie du vocabulaire de cette langue est déjà connu à partir de l'inscription trilingue de Behistun en Iran, et de nombreuses autres inscriptions bilingues ou trilingues datant de l'empire achéménide, dans lesquelles la langue élamite a été écrite en utilisant l'élamite cunéiforme (vers 400 avant notre ère), qui est entièrement déchiffré[8].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://historia.nationalgeographic.com.es/a/descifrada-escritura-fonetica-mas-antigua-mundo_15993
  2. Bernadette Arnaud, « Un Français "craque" une écriture non déchiffrée de plus de 4000 ans, remettant en cause la seule invention de l'écriture en Mésopotamie », sur Sciences et Avenir, (consulté le ).
  3. (de + en) François Desset, Kambiz Tabibzadeh, Matthieu Kervran, Gian Pietro Basello et Gianni Marchesi, « The Decipherment of Linear Elamite Writing », Zeitschrift fuer Assyriologie und Vorderasiatische Archaeologie, De Gruyter, vol. 112, no 1,‎ , p. 11-60 (ISSN 0084-5299 et 1613-1150, DOI 10.1515/ZA-2022-0003)Voir et modifier les données sur Wikidata
  4. Dahl 2013, p. 257-258.
  5. Dahl 2013, p. 258.
  6. Dahl 2013, p. 258-259.
  7. * (en) François Desset, Kambiz Tabibzadeh, Matthieu Kervran, Gian Pietro Basello et Gianni Marchesi, « The Decipherment of Linear Elamite Writing », Zeitschrift für Assyriologie und vorderasiatische Archäologie, vol. 112, no 1,‎ , p. 11–60 (ISSN 0084-5299, DOI 10.1515/za-2022-0003, S2CID 250118314, lire en ligne)
  8. a b et c (en) François Desset, « BREAKING THE CODE. THE DECIPHERMENT OF LINEAR ELAMITE, A FORGOTTEN WRITING SYSTEM OF ANCIENT IRAN (3RD MILLENIUM BC). », Canal U (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) M. Salvini, « iv. Linear Elamite », dans « Elam », dans Encyclopædia Iranica Online 1998.
  • (en) Jacob Dahl, « Early Writing in Iran », dans Daniel T. Potts (dir.), The Oxford Handbook of Ancient Iran, Oxford, Oxford University Press, , p. 232-262
  • (en) François Desset, « Nine Linear Elamite Texts Inscribed on Silver “Gunagi” Vessels (X, Y, Z, F’, H’, I’, J’, K’ and L’): New Data on Linear Elamite Writing and the History of the Sukkalmaḫ Dynasty », Iran, vol. 56, no 2,‎ (ISSN 0578-6967, lire en ligne)
  • Thomas Cavaillé-Fol, « Élamite linéaire : L'écriture enfin déchiffrée », Science et Vie, no 02578,‎ , p. 102-106 (ISSN 0036-8369).

Articles connexes[modifier | modifier le code]