Bosnien

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la langue bosnienne dite aussi langue bosniaque. Pour les articles homonymes, voir Bosnien (homonymie). Pour l'ethnonyme Bosniaque, voir Bosniaques.
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Bosnien
Bosanski
Pays Bosnie-Herzégovine, Serbie, Kosovo, Croatie, Monténégro, Macédoine, Slovénie, Turquie
Nombre de locuteurs 2,2 millions[1]
Typologie SVO + ordre libre, flexionnelle, accusative, accentuelle, à accent de hauteur
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine, Drapeau du Monténégro Monténégro, localement en Serbie (Sandjak), Drapeau du Kosovo Kosovo (langue à statut local)
Codes de langue
ISO 639-1 bs
ISO 639-2 bos
ISO 639-3 bos
Étendue langue individuelle
Type langue vivante
IETF bs
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Član 1.

Sva ljudska bića rađaju se slobodna i jednaka u dostojanstvu i pravima. Ona su obdarena razumom i sviješću i treba da jedno prema drugome postupaju u duhu bratstva.

Le bosnien (bosanski jezik), parfois appelé bosniaque, est une langue indo-européenne de la branche des langues slaves, groupe méridional de ces langues, sous-groupe occidental de celles-ci. Du point de vue de la sociolinguistique, c’est une langue Ausbau, c’est-à-dire une langue à part ayant son propre standard. Celui-ci a pour base le dialecte chtokavien de l’entité linguistique appelée « langue serbo-croate » à l’époque de l’ancienne Yougoslavie. Du point de vue de la linguistique comparée, c’est l’une des variantes standards d’une seule et même langue, les autres, basées sur le même dialecte chtokavien étant le serbe, le croate et le monténégrin[2].

Controverses autour de l’existence et de l’appellation de la langue bosnienne[modifier | modifier le code]

Il y a des linguistes, surtout serbes mais aussi croates, qui ne prennent pas en compte une langue qu’on puisse appeler « bosnienne ». Le linguiste serbe Pavle Ivić, par exemple, affirme que « la langue parlée par les Serbes est le plus souvent appelée serbo-croate dans la science. Elle est utilisée, en dehors des Serbes, par les Croates et les musulmans de Bosnie-Herzégovine. […] Cette langue est appelée croate par les Croates et serbe par les Serbes »[3]. Selon la linguiste croate Snježana Kordić aussi, on ne peut parler de manière scientifique que d’une langue unitaire serbo-croate (avec cette appellation traditionnellement adoptée par les milieux académiques), indépendamment de la façon dont l’appellent ses locuteurs, ou du fait que, pour des raisons nationalistes, on parle de quatre langues différentes[4].

La notion de langue bosnienne a été reprise après le démembrement de la Yougoslavie et la formation de l’État indépendant Bosnie-Herzégovine. L’un des argument de ceux qui la soutiennent est qu’elle a déjà existé au Moyen Âge. Elle se référait à la langue slave du sud parlée par tous les habitants de la Bosnie et on l’a utilisée avec des interruptions jusqu’à la standardisation du serbo-croate, lorsqu’on a considéré que les Bosniaques musulmans aussi parlaient cette langue. Ils ne nient pas que les Bosniaques, les Serbes et les Croates ont en commun le diasystème slave du centre-sud, mais les Serbes l’appellent « serbe » et les Croates « croate », des standards à part existant pour ceux-ci. C’est pourquoi un autre argument des Bosniaques est que, n’étant ni Serbes ni Croates, eux aussi ont le droit d’appeler leur langue à leur manière, ce qui donne selon eux « bosnien », et ils entendent par cela « la langue des Bosniaques et de tous ceux qui la ressentent comme leur avec cette appellation »[5].

L’appellation de la langue met devant un dilemme les autorités de Bosnie-Herzégovine, ce qui se reflète, par exemple, dans les documents du système de l’enseignement public, dans lesquels on utilise en tant que nom de discipline parfois bosanski jezik « langue bosnienne »[6], d’autres fois bosanski, hrvatski, srpski jezik (abrégé BHS jezik ou B/H/S jezik) « langue bosnienne, croate, serbe »[7].

Parmi les linguistes non bosniaques qui ont désormais accepté l’idée de quatre standards différents, il y en qui contestent le nom que les linguistes bosniaques (de religion musulmane ou sans religion mais à ascendance musulmane) donnent à leur langue, bosanski jezik « bosnien », terme en relation avec le nom Bosanac « Bosnien »[8]. Ce terme est utilisé également par les Serbes de Bosnie pour s’auto-identifier, à côté du mot Srbin « Serbe », c’est pourquoi, selon eux, on ne peut appeler cette langue que bošnjački[9], terme dérivé de l’ethnonyme Bošnjak « Bosniaque », appliqué seulement au Musulmans[10]. Les organisations internationales, elles, ont adopté en anglais le terme Bosnian language correspondant à bosanski jezik[11].

Répartition géographique et statut[modifier | modifier le code]

Il n’y pas de données exactes sur le nombre de Bosniaques ni de locuteurs de bosnien. Le nombre de Bosniaques dans le monde est estimé 1.516.790 par Ethnologue[12] mais, en additionnant les données des recensements, on arrive à 2,2 millions, sans compter la diaspora bosniaque. Même concernant la Bosnie-Herzégovine il n’y a que des estimations. En Serbie, au Monténégro, en Croatie, en République de Macédoine et au Kosovo, ils sont présents dans les statistiques des recensements. Parmi ces pays, en Serbie et au Monténégro on indique séparément le nombre de personnes d’ethnie bosniaque et de personnes d’« ethnie musulmane »[13]. Le nombre de locuteurs de bosnien apparaît dans les statistiques de Serbie, du Monténégro et de Croatie, et il y a des différences parfois notables entre ces données et celles concernant l’ethnie, ce qui dénote qu’il y a des Bosniaques qui ont déclaré le serbe ou le croate comme langue maternelle.

Pays Nombre de personnes Statut des personnes
Bosnie-Herzégovine 1 871 654 d’ethnie bosniaque[14]
Serbie 145 278 d’ethnie bosniaque[15]
22 755 d’ethnie musulmane[15]
138 871 de langue maternelle bosniaque[16]
Monténégro 53 605 d’ethnie bosniaque[17]
33 077 de langue maternelle bosnienne[18]
19 906 de langue maternelle bosniaque[18]
Croatie 31 479 d’ethnie bosniaque[19]
16 856 de langue maternelle bosnienne[20]
Slovénie 21 542 d’ethnie bosniaque[21]
10 467 d’ethnie musulmane[21]
République de Macédoine 17 018 d’ethnie bosniaque[22]
Kosovo 27 533 d’ethnie bosniaque[23]

En nombre inconnu, il y a aussi des Bosniaques vivant en émigration. La plupart sont partis en Turquie vers la fin du XIXe siècle et surtout vers le milieu du XXe siècle[24].

Le bosnien a des statuts officiels de différents niveaux dans quelques pays :

  • En Bosnie-Herzégovine il est langue officielle.
  • Au Monténégro, le bosnien est appelé « d’usage officiel »[25].
  • En Serbie également il est d’usage officiel dans les localités où au moins 15 % de la population est bosniaque[26]. C’est le cas dans le Sandžak.
  • Au Kosovo, le bosnien est « langue officielle au niveau municipal à tous les niveaux prévus par la loi »[27].

En Serbie et au Monténégro, le bosnien est une langue minoritaire reconnue dans un autre sens aussi, étant inscrit dans les documents de ratification par ces pays de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires[11].

Histoire externe[modifier | modifier le code]

Les débuts de la langue bosnienne sont liés à l’existence de la Bosnie en tant qu’État pratiquement indépendant, bien que vassal du Royaume de Hongrie, de 1154 à 1463, quand elle a été conquise par les Ottomans et incorporée dans leur empire[28].

L’un des documents les plus anciens écrits dans la langue des Slaves du Sud est un accord commercial entre la Bosnie et Dubrovnik, datant de 1189, écrit par le prince régnant de Bosnie, le ban Kulin. C’est considéré comme la charte de l’existence étatique de la Bosnie et, en même temps, comme la première attestation documentaire de la langue bosnienne. Ce document, comme de nombreux ultérieurs, était écrit avec un alphabet appelé bosančica, dérivé de l’alphabet cyrillique. On suppose que l’écriture bosančica date du Xe siècle ou du XIe siècle. Elle a été utilisée jusqu’au XVIIe siècle, ayant une variante pour les documents officiels et une autre, cursive, pour l’écriture plus rapide.

Les alphabets utilisés pour le bosnien : bosančica (en haut), arabe (en bas) et latin moderne

Au début de la période ottomane, qui a duré jusqu’en 1878, une partie de la population de la Bosnie, catholiques et orthodoxes, est devenue musulmane, ce qui a fortement influencé la culture de cette population et, dans une certaine mesure, sa langue aussi. L’écriture bosančica cursive a continué dans deux variantes, l’une appelée manastirska « de monastère », utilisée par les moines franciscains, et l’autre, nommée begovica « celle des bey, employée par l’élite musulmane. En parallèle, on a aussi utilisé l’alphabet arabe adapté à l’écriture du bosnien.

Les lettrés musulmans écrivaient des ouvrages religieux et scientifiques en arabe, des œuvres littéraires en perse et aussi, dans une moindre mesure, en turc, les documents officiels étant rédigés en turc également. Dans le même temps, pendant trois siècles et demie il a existé une littérature en bosnien écrit avec l’alphabet arabe, consistant surtout en poèmes religieux, mais aussi en œuvres inspirées de la littérature orale du peuple. L’un des représentants importants de cette littérature était Muhamed Hevaji Uskufi, qui est aussi l’auteur du premier travail lexicographique bosnien, un glossaire bosnien-turc rimé, datant de 1631.

Le glossaire bosnien-turc de Muhamed Hevaji Uskufi (1631)

1878 est l’année de début de la domination de l’Empire Austro-Hongrois sur la Bosnie-Herzégovine. C’est alors qu’on a entrepris de manière systématique les premières tentatives de créer une nationalité bosniaque et, en parallèle, de standardiser le bosnien. Par exemple, une grammaire du bosnien est paru en 1890[29]. Les écrivains de cette période, groupés sous la dénomination de « Renaissance bosniaque » (les poètes Safvet-beg Bašagić et Musa Ćazim Ćatić, le conteur Edhem Mulabdić, etc.) écrivaient dans une langue plus proche du croate que du serbe. À cette époque, c’est l’alphabet latin employé pour le croate qui s’est généralisé pour le bosnien aussi.

Grammaire du bosnien de 1890

Après la Première guerre mondiale, à l’époque yougoslave, les Bosniaques n’ont pas été considérés comme une narod « nation » à part, comme l’étaient les Serbes et les Croates, jusqu’en 1971. Alors on leur a attribué ce statut sous le nom de Muslimani, mais officiellement leur langue aussi était le serbo-croate. À partir des années 70, dans un contexte où des intellectuels croates commençaient à mettre en question l’idée de langue serbo-croate, chez des intellectuels bosniaques aussi on a vu apparaître la revendication de certaines spécificités liées à la tradition culturelle musulmane.

Après la dissolution de la Yougoslavie et la création de l’État Bosnie-Herzégovine, le bosnien est devenu langue officielle et on a entrepris des actions pour sa standardisation[30]. L’écriture du bosnien avec l’alphabet latin est même devenu officielle conformément à la constitution de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine[31].

La dénomination « langue bosnienne »[modifier | modifier le code]

L’un des arguments de ceux qui considèrent le bosnien comme une langue à part est l’utilisation de la dénomination bosanski jezik au cours de l’histoire. En effet, elle a longtemps été utilisée pour la langue parlée par la population de l’actuelle Bosnie-Herzégovine, puis abandonnée pendant quelque temps, pour réapparaître, redisparaître et réapparaître de nouveau.

On trouve une attestation de ce terme par exemple dans l’ouvrage Histoire des langues écrites du voyageur byzantin Constantin Philosophe, de 1300. Un autre document, de 1436, mentionne un duc de la région de Kotor qui amena une jeune fille décrite comme « une femme bosniaque, hérétique, appelée en langue bosnienne Djevena ». Les lettrés bosniaques qui écrivaient en d’autres langues affirmaient que leur langue maternelle était le bosnien. Les lettrés catholiques aussi utilisaient cette dénomination. On en voit un exemple sur la page de titre d’un manuel scolaire de calcul de 1827, traduit du latin par un moine franciscain.

Manuel de calcul de 1827[32]

Vers le milieu du XIXe siècle, quand l’idée yougoslave est apparue et celle de la standardisation de la langue commune des Bosniaques, des Croates, des Serbes et des Monténégrins, le terme « langue bosnienne » a été abandonné. Il a été repris et utilisé systématiquement dans la période de la domination austro-hongroise, puis réabandonné à l’époque de la première Yougoslavie et de la Yougoslavie communiste, pour être de nouveau employé à partir des années 90 du XXe siècle.

Particularités du bosnien par rapport au serbe et au croate[modifier | modifier le code]

L’idée de langue bosnienne a amené celle de la nécessité de sa standardisation en une forme qui l’individualise autant que possible par rapport au serbe et au croate. La standardisation n’est pas achevée, étant un processus complexe à cause de certaines divergences entre linguistes concernant les particularités du bosnien à introduire dans le standard, ainsi que du manque de coordination dans leur activité. Il y a aussi une opinion selon laquelle la réalité de l’usage de la langue, qui ne tient pas compte des standards, est négligée, et que certains linguistes se rendent coupables d’un purisme injustifié lors de l’élaboration du standard[33].

Généralement, les traits structurels (phonologiques, morphologiques et syntaxiques) du bosnien sont communs avec le croate, avec le serbe ou avec les deux, tous les trois étant basés sur le dialecte chtokavien du diasystème slave du centre-sud. La standardisation du bosnien se fait à partir de l’usage langagier des Bosniaques. Damir Mustabašić constate que par rapport au serbe et au croate, c’est cet usage qui est le plus proche du serbo-croate[34].

Selon le linguiste Dževad Jahić, on peut considérer comme des particularité bosniennes[35]:

  • des traits dialectaux, ceux des dialectes chtokaviens de Bosnie-Herzégovine (notés ci-après par D) ;
  • des traits du registre familier des Bosniaques (F) ;
  • des traits de la langue littéraire des écrivains bosniaques (L) ;
  • des traits communs aux Bosniaques en général (C).

Phonétique et prosodie[modifier | modifier le code]

Seraient typiquement bosniens les traits phonétiques suivants :

  • (C) La consonne [h] est fréquente, conservée dans les mots d’origine turque, contrairement au serbe et au croate qui l’ont perdue dans les mêmes mots. Les Bosniaques l’introduisent dans des mots slaves aussi. Exemples :
mahrama « foulard » (mot turc), (sr) (hr) marama ;
hudovica « veuve » (mot slave), (sr) (hr) udovica ;
hrvati se « se battre » (mot slave), (sr) (hr) rvati se ;
mehko « mollement » (adverbe) (mot slave), (sr) (hr).
ćetiri « quatre », (sr) (hr) četiri ;
đemper « pull », (sr) (hr) džemper.
  • (D, L) Les consonnes géminées des mots orientaux sont conservées : Allah, Muhammed.
  • (D) Les groupes de consonnes dn, dnj et dl se réduisent à la deuxième consonne, qui peut ou non devenir géminée :
glan(n)a « affamée », (sr) (hr) gladna ;
zanj(nj)i « de derrière », (sr) (hr) zadnji ;
ol(l)eti « (il/elle) s’envove », (sr) (hr) odleti.
  • (D) Le groupe št devient šć: kliješća « pince », (sr) klešta, (hr) kliješta[36].
  • (D) Il y a des formes non palatalisées par rapport à leurs variantes serbes et croates :
pojti « partir », (sr) (hr) poći;
dojde « (il/elle) vient », (sr) (hr) dođe.

En prosodie, on remarque les phénomènes suivants :

  • (C) Dans les syntagmes à préposition, le passage de l’accent sur la préposition est plus fréquent en bosnien qu’en serbe et en croate : u Bosni « en Bosnie » prononcé ['ubosni] au lieu de (sr) (hr) [u'bosni][37].
  • (C) Les voyelles posttoniques (situées après la syllabe accentuée) longues, prononcées autrefois comme telles dans tout le diasystème slave du centre-sud, se conservent en bosnien, par rapport au serbe et au croate, où elles ont tendance à se raccourcir :
momaka [mo'ma:ka:] « des gars » (génitif), (sr) (hr) [mo'ma:ka] ;
pjeva [pjeva:] « (il/elle) chante », (sr) [peva] (hr) [pjeva].
  • Les voyelles posttoniques brèves, surtout i et u, ont tendance à tomber : Zenca, (sr) (hr) Zenica[37].

Grammaire[modifier | modifier le code]

(D, F) Dans le domaine de la déclinaison, on peut remarquer le génitif avec la préposition s au lieu de l’instrumental :

s vode « avec de l’eau », (sr) (hr) s vodom ;
s nje « avec elle », (sr) (hr) s njom.

Il y a certaines formes et utilisations spécifiques de pronoms, par exemple :

Dans le domaine du verbe :

  • (D, F) la forme brève de l’infinitif utilisée non seulement pour former le futur, mais aussi indépendamment : radit « faire », (sr) (hr) raditi ;
  • (D, L) certaines formes au présent de l’indicatif : znadem « je sais », (sr) (hr) znam ;
  • (D, F) une forme spécifique du conditionnel passé utilisée pour exprimer une action fréquente : ja bih uradi « je faisais », (sr) (hr) ja bih uradio ;
  • l’utilisation du passé simple plus fréquente qu’en serbe et en croate : Odoh! « Je m’en vais ! », Rekoh ti ja! « Je te l’avais bien dit ! »[38].

(D, L) Des adverbes spécifiques :

namah « aussitôt », (sr) (hr) odmah ;
vazda « tojours », (sr) uvek (hr) uvjek.

Lexique[modifier | modifier le code]

Il y a certaines particularités lexicales communes aux Bosniaques. La plus importante est la quantité d’emprunts au turc (certains arabes ou perses à l’origine) plus grande qu’en serbe et surtout qu’en croate. De tels mots sont, par exemple, zar « voile » (porté par les femmes musulmanes), avlija « cour », ćilim « tapis ».

Les Bosniaques conservent aussi des mots slaves devenus archaïques en serbe et en croate :

hititi « jeter », (sr) (hr) baciti ;
turiti « mettre », (sr) (hr) staviti ;
dosle « jusque-là » (adverbe de temps), (sr) (hr) dosada.

Selon le linguiste Ibrahim Čedić, les Bosniaques utilisent des mots en deux variantes, serbe et croate, et le standard bosnien devrait retenir les deux : (sr) takođe(hr) također « aussi », (sr) intervenisati(hr) intervenirati « intervenir », (sr) porodica(hr) obitelj « famille »[39].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Donnée représentant la somme des données des recensements où on a pris en compte les Bosniaques.
  2. Voir au sujet des discussions autour du statut de ces langues et de leur dénomination, l’article Serbo-croate.
  3. (sr) Književni jezik kao instrument kulture i produkt istorije naroda [« La langue littéraire en tant qu’instrument de la culture et produit de l’histoire de la nation »] (consulté le 27 février 2016).
  4. (hr) Jezik i nacionalizam [« Langue et nationalisme »], Zagreb, Durieux, 2010, ISBN 978-953-188-311-5 (consulté le 27 février 2016).
  5. Charte de la langue bosnienne.
  6. Par exemple dans Nastavni plan i program (…) za škole koje realiziraju nastavu na bosanskom jeziku (Plan et programmes d’enseignement pour les écoles qui effectuent l’enseignement en bosnien), Travnik, Ministère de l’éducation, de la science, de la culture et des sports du Canton de Bosnie centrale, 2014, chapitre « Langue et littérature bosniennes », p. 13 (consulté le 27 février 2016).
  7. Par exemple sur le site de la Faculté de l’éducation de l’Université de Travnik (consulté le 27 février 2016).
  8. (bs) La Constitution de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, partie du pays qui est majoritairement bosniaque et croate, stipule à l’article 6 : Službeni jezici Federacije su bosanski jezik i hrvatski jezik « Les langues officielles de la Fédération sont le bosnien et le croate » (consulté le 27 février 2016).
  9. (sr) Tri pitanja i tri odgovora [« Trois questions et trois réponses »], Résolution de la Commission pour la standardisation de la langue serbe n° 1 du 16 février 1998 (consulté le 27 février 2016).
  10. Pour éviter d’utiliser l’un ou l’autre des termes, la Constitution de la République serbe de Bosnie formule comme ceci: Službeni jezici Republike Srpske su: jezik srpskog naroda, jezik bošnjačkog naroda i jezik hrvatskog naroda « Les langues officielles de la République serbe sont : la langue du peuple serbe, la langue du peuple bosniaque et la langue du peuple croate. » (consulté le 27 février 2016).
  11. a et b (en) Languages covered by the European Charter for Regional or Minority Languages (Langues couvertes par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires) (consulté le 27 février 2016).
  12. Ethnologue, Bosnian (consulté le 27 février 2016).
  13. La notion d’« ethnie bosniaque » n’est utilisée que depuis l’indépendance de la Bosnie-Herzégovine. Auparavant, en ex-Yougoslavie, c’est la notion de « nation musulmane » qui était officielle, c’est pourquoi certains Bosniaques se déclarent d’ethnie musulmane.
  14. Cf. The World Factbook, CIA, 2016, où la donnée apparaît sous la forme 48,4% de la population totale estimée en 2015 à 3 867 055 d’habitants (consulté le 27 février 2016).
  15. a et b Données du recensement de 2011, p. 21 (consulté le 27 février 2016). À noter que le recensement n’a pas été effectué par les autorités serbes au Kosovo aussi. Il y a été fait par les autorités locales.
  16. Données du recensement de 2011, p. 16 (consulté le 27 février 2016).
  17. Données du recensement de 2011, p. 6 (consulté le 27 février 2016).
  18. a et b Données du recensement de 2011, auquel on a pu déclarer la langue maternelle par l’une ou l’autre dénomination (p. 10) (consulté le 27 février 2016).
  19. Données du recensement de 2011 – La population par ethnie (consulté le 27 février 2016).
  20. Données du recensement de 2011 – La population par lanque maternelle (consulté le 27 février 2016).
  21. a et b Données du recensement de 2002 (consulté le 27 février 2016).
  22. Données du recensement de 2002, p. 34 (consulté le 27 février 2016).
  23. Données du recensement de 2011 (consulté le 27 février 2016).
  24. Jahić 1999, p. 81.
  25. Cf. la Constitution du Monténégro, art. 13 (consulté le 27 février 2016).
  26. Cf (sr) Loi concernant l’usage officiel des langues et des écritures, art. 11 (consulté le 27 février 2016).
  27. Cf. la (fr) Constitution du Kosovo, art. 5 (consulté le 27 février 2016).
  28. Section d’après Ustamujić, s.a.
  29. Gramatika bosanskoga jezika (Grammaire du bosnien) de 1890. (consulté le 27 février 2016).
  30. Par des ouvrages tels que : Senahid Halilović, Pravopis bosanskoga jezika [« Orthographe de la langue bosnienne »], Preporod, Sarajevo, 1996 (consulté le 27 février 2016) ; Senahid Halilović, Bosanski jezik [« La langue bosnienne »], Baština, Sarajevo, 1998 ; Alija Isaković, Rječnik karakteristične leksike u bosanskome jeziku [« Dictionnaire du lexique spécifique de la langue bosnienne »], Wuppertal, Bambi, 1993 ; Dževad Jahić, Gramatika bosanskoga jezika [« Grammaire de la langue bosnienne »], Dom štampe, Zenica, 2000, etc.
  31. Constitution de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, art. 6.
  32. Calcul pour la première et la deuxième année d’école, traduit du latin en bosnien par le père Ambroz Matić de l’Ordre de Saint François […]
  33. Selimović 2015.
  34. Mustabašić 2011, p. 37.
  35. Section d’après Jahić 1999, p. 219-220, sauf les informations de sources mentionnées à part. Les exemples serbes et croates proviennent de dict.com, Lingea (consulté le 27 février 2016), et de Hrvatski jezični portal (Portail linguistique croate) respectivement (consulté le 27 février 2016).
  36. Mustabašić 2011 (p. 38) remarque que chez les Bosniaques on trouve les deux variantes.
  37. a et b Browne 2004, p. 17.
  38. a et b Midhat Riđanović, cité par Mustabašić 2011, p. 22.
  39. Cité par Mustabašić 2011, p. 16.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]