Temps (grammaire)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Temps (homonymie).
Page d'aide sur les redirections Pour le « temps verbal » de la grammaire scolaire traditionnelle, voir Tiroir verbal.

Le temps est un trait grammatical permettant de situer un fait (qui peut être un état ou une action, parfois appelé procès) dans l'axe du temps de l'énonciation par rapport à trois jalons : passé, présent, futur, lesquels peuvent ensuite être sous-divisés. Les indications temporelles sont souvent accompagnées d'indications aspectuelles qui lui sont plus ou moins liées.

La grammaire scolaire appelle traditionnellement temps ou temps verbal un sous-ensemble de la conjugaison amalgamant la temporalité avec d'autres traits, raison pour laquelle la linguistique préfère aujourd'hui pour cette notion la dénomination de tiroir verbal, en la dissociant du temps grammatical.

Dans la plupart des langues indo-européennes, le temps est dénoté principalement (mais pas exclusivement) par le verbe lors de sa conjugaison. Dans d'autres langues, le temps du procès est indiqué exclusivement par des adverbes (ce qui est courant dans les langues isolantes comme le mandarin), ou par les adjectifs qualificatifs (en japonais, par exemple, quand le mot de qualité est prédicatif).

Exemples :
  • français : il mange → temps présent, c'est-à-dire que le procès (« action ») de manger se déroule dans le présent de l'énonciateur (qui peut être le passé du lecteur-récepteur – lecteur d'un dialogue dans un récit au passé, auditeur d'une bande enregistrée – dans le cadre de la situation de communication) ;
  • mandarin : 我們見過面了 wǒmen jiàn-guo miàn le « Nous nous sommes (déjà) rencontrés », énoncé au passé, ce qu'indique la particule-guo, dénotant un passé (d'expérience) ; le verbe, 見 jiàn « voir » (ici dans l'expression 見面 jiàn miàn « voir le visage » → « se rencontrer ») ne dénote à lui seul aucune notion temporelle ;
  • japonais : 寒い(です)。 samu-i, « j'ai froid » (ou « il fait froid », selon le contexte) ~ 寒かった samu-katta, « j'avais froid ». Ici samu-i est un mot de qualité (terme plus convenable qu'adjectif qualificatif, l'énoncé ne comprenant ni verbe ni sujet, ni mot nominal auquel il puisse être adjecté).