Sarah (Bible)

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Sarah et Abraham (illustration dans une Bible pour enfants).

Sarah ou Sara (en hébreu : שָׂרָה - Princesse ; en arabe : Śāra - سارة) est un personnage de la Genèse, le premier livre de la Bible et du Pentateuque. Elle est l'épouse d’Abraham et la mère d’Isaac.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Sarah, qui est d'abord nommée Saraï (שָׂרַי / שָׂרָי « princesse »), épouse Abraham, qui est d'abord nommé Abram.

Dieu apparaît pendant la visite[1] de trois hommes passant près des chênes de Mambré, à qui Abraham offre l'hospitalité. Abraham demande à Sarah de préparer des gâteaux. L'un des étrangers réitère l'annonciation de la grossesse de Sarah, qui est très âgée et en rit intérieurement à cause de son âge, ce que Dieu reproche à Abraham. Sarah, prise de peur, ment à Dieu en niant avoir ri. Dieu réaffirme simplement le contraire.

Saraï, qui se croit stérile, propose sa servante égyptienne Agar comme femme à Abram, pour avoir par elle des enfants. Lorsqu'Agar tombe enceinte (d'Ismaël), elle méprise et dédaigne Saraï, qui s'en plaint à Abram[2]. Sara est exaucée par Dieu et Isaac, le fils de Sarah, est né.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Selon une interprétation contestée par Thomas Römer[3] qui n'y voit qu'une variante orthographique, le renommage de Saraï en Sarah correspondrait à un glissement sémantique depuis « ma princesse » vers « Princesse ».

Le rapprochement du nom de Sarah avec celui de 
Šarratu,
 titre
 de 
la
 parèdre
 de la divinité lunaire 
Sîn, suggère l'influence de cette divinité dans l'histoire d'Abraham. Ce dernier quitte Ur (cité de Sîn) pour Harran, à la demande de Dieu qui condamne l'idolâtrie lunaire de Térah, son père polythéiste qui adorait sans doute la divinité Sîn. Cette émigration légendaire vers Harran correspondrait au transfert du culte lunaire de la ville d'Ur vers le nord de la Mésopotamie tandis que le rédacteur biblique aurait opéré un syncrétisme entre la divinité lunaire (Abram peut être originellement un dieu lunaire démythologisé dans la Bible) et Yahweh, le dieu d'Abraham[4].

Selon certains commentateurs dont Rachi, Sarah est morte sur le coup après avoir été informée de l’intention d’Abraham de sacrifier leur fils sur ordre de Dieu.

Rachi dit de Sarah qu'elle est « aussi belle à 100 ans qu’à 20 ans et qu’à 7 ans ».

Selon la tradition juive, la grotte de Makpéla où Sarah est enterrée, est en fait située au Tombeau des Patriarches qui est un lieu saint du judaïsme.

Dans l'islam[modifier | modifier le code]

Dans l'islam, Sarah (arabe : سارة, Sarah) est la première femme du prophète Ibrahim (Abraham) et la mère d'Ishaq (Isaac). C'est une femme honorée par sa foi ; mais comme pour Agar, son nom n'est pas mentionné directement dans le Coran, qui y fait référence via l'histoire d'Abraham. Elle vécut avec Abraham pendant toute sa vie et, bien qu'elle fût stérile, Dieu lui promit la naissance prophétique d'un fils Ishaq et d'un petit-fils du nom de Ya`qoûb (Jacob).

Sarah et Abraham n'avaient eu encore aucun enfant car Sarah était stérile. Abraham pria constamment Dieu pour avoir un fils. Sarah lui donna sa servante égyptienne[5], Agar (en arabe : Hagar) afin qu'Abraham la prenne comme seconde épouse. Agar porta Ismaël (en arabe : Isma`îl) alors qu'Abraham avait 86 ans, enfant destiné à devenir également prophète.

Treize ans plus tard, Dieu annonça à Abraham, maintenant centenaire, que Sarah, malgré sa stérilité, allait donner naissance à un deuxième fils, du nom d'Isaac, qui deviendrait également un prophète de Dieu. De même, le Coran cite le moment où Sarah rit lorsque des anges lui annoncent la naissance d'Isaac dont le nom arabe (Ishaq) peut être tiré de la racine "rire" et signifierait elle a ri.

« 69. Et Nos émissaires sont, certes, venus à Abraham avec la bonne nouvelle, en disant : “ Salam ! ”. Il dit : “ Salam ! ”, et il ne tarda pas à apporter un veau rôti. 70. Puis, lorsqu’il vit que leurs mains ne l’approchaient pas, il fut pris de suspicion à leur égard et ressentit de la peur vis-à-vis d’eux. Ils dirent : “N’aie pas peur, nous sommes envoyés au peuple de Lot”. 71. Sa femme était debout, et elle rit alors ; Nous lui annonçâmes donc (la naissance d’) Isaac, et après Isaac, Jacob. 72. Elle dit : “Malheur à moi ! Vais-je enfanter alors que je suis vieille et que mon mari, que voici, est un vieillard ? C’est là vraiment une chose étrange ! ” »

— Coran 11:69-72

Postérité[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Art contemporain[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gn 18,1-15
  2. Gn 16
  3. Thomas Römer, « Le cycle d'Abraham (suite) : alliances, sacrifices et guerres scandaleuses », sur Collège de France,‎
  4. (en) W. F. Albright, « Was the Patriarch Terah a Canaanite Moon-God ? », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 71,‎ 1938, p. 35-40
  5. Muhammad, Martin Lings, Chapter 1. The House of God, Suhail Academy Publishing
  6. Musée de Brooklyn - Centre Elizabeth A. Sackler - Sarah
  7. Judy Chicago, The Dinner Party : From Creation to Preservation, Londres, Merrel 2007. ISBN 1-85894-370-1.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens vers le récit biblique[modifier | modifier le code]

Livre de la Genèse

  • Pharaon enlève Saraï à Abram Ge 12. 10-20
  • Naissance d’Ismaël, fils d’Abram et d’Agar Ge 16
  • Renouvellement de l’alliance, Abram devient Abraham, Saraï devient Sarah, circoncision des mâles Ge 17
  • Chênes de Mamré, annonce de la naissance d’Isaac, annonce de la destruction de Sodome et Gomorrhe Ge 18
  • Sodome, sauvetage de Loth, statue de sel, Inceste de Loth et de ses filles Ge 19
  • Abimélec roi de Guérar, Abraham fait à nouveau passer Sarah pour sa sœur Ge 20
  • Naissance d’Isaac, conflit de Sarah avec Agar et Ismaël, promesses de Dieu envers Ismaël Ge 21
  • Sacrifice d’Isaac, renouvellement de l’alliance Ge 22
  • Mort et sépulture de Sarah Ge 23

Liens vers les sections bibliques[modifier | modifier le code]