Koush

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Koush, Kouch ou Cush, de l'hébreu כּוּשׁ (kûš), est un personnage de la Genèse dans la Bible. Il est le fils de Cham et petit-fils de Noé, il est le père de Seba, Havilah, Sabtah, Raamah, Sabteca et Nemrod[1].

Dans la Bible[modifier | modifier le code]

Koush est l’ancêtre éponyme des Kouchites, associés dans la Bible au Royaume de Koush situé au sud de l’Égypte et à l’Éthiopie. C'est aussi l’ancêtre de groupes mésopotamiens, puisqu'il est le père de Nimrod. Il est donc vu comme l'ancêtre des Kassites de Babylonie. Séphora, la femme de Moïse, est présentée comme une koushite[2].

Un autre personnage nommé Koush apparaît dans le Psaume 7. Il est décrit comme un benjamite qui inspira la rédaction du psaume. Il peut s'agir d'un ennemi du roi David ou du messager qui annonça au roi la mort de son fils Absalon[3],[4].

Le Pays de Kouch[modifier | modifier le code]

Le pays de Koush est mentionné dans la Genèse avant le personnage éponyme. Sa localisation, voisine de l'Éden, est discutée par des spécialistes. Le cœur du pays de Kouch se situe selon l'Ancien Testament au sud de la Haute-Égypte et s'étendrait jusqu'au nord de la Nubie. Dans les sources égyptiennes, à partir de la XIIe dynastie égyptienne, la terme sert à désigner une région située au sud de la 2e cataracte. La XXVe dynastie, d'origine nubienne, a laissé une forte impression et a influencé les récits des rédacteurs bibliques. Pour faire parvenir la nouvelle de la mort d'Absalon, le général Joab emploie un messager koushite, ces derniers étant réputés pour leur qualité de coureurs rapides. Les conquêtes de Taharqa sont rapportées dans le Deuxième livre des Rois (19.9). Une autre invasion, inconnue par ailleurs, est mentionnée de manière anachronique dans le Deuxième livre des Chroniques (14.9) sous le règne du roi de Juda Asa[4].

Josèphe rend compte de la nation de Koush, fils de Cham et petit-fils de Noé: "Des quatre fils de Cham, le temps n'a pas fait du mal au nom de Koush, car les Éthiopiens sur lesquels il a régné sont encore là à ce jour, par eux-mêmes et par tous les hommes d'Asie, appelés Kouchites". (Antiquités des Juifs 1.6).

Au cours du 5ème siècle après JC, les écrivains syriens ont décrit les Himyarites d'Arabie du Sud comme des Couchites et des Éthiopiens[5].

Le géographe Arabe Al-Mas'ûdî (896-956) considérait les peuples couchitiques, qui comprennent aujourd'hui les Somalis, les Afars, les bedjas, les Agews, les Oromos, et plusieurs autres tribus, comme la progéniture de Koush dans Prairies d'or et mines de pierres précieuses[6].

L'explorateur James Bruce, qui a visité les Highlands éthiopiens vers 1770, décrit «une tradition des Abyssins, qu'ils disent avoir depuis des temps immémoriaux», que dans les jours qui suivirent le déluge, Koush, fils de Ham, voyagea avec sa famille sur le Nil jusqu'à la plaine d'Atbara , alors encore inhabitées, d'où ils pouvaient voir le plateau éthiopien. Là, ils montèrent et construisirent Aksoum, et retournèrent plus tard dans la plaine pour y construire Meroë. Il affirme également que les savants européens de son temps avaient rejeté sommairement ce récit en raison de leur théorie établie selon laquelle Koush devait être arrivé en Corne de l'Afrique via l'Arabie et le Bab el Mandeb, un détroit situé entre le Yémen (péninsule arabique) et Djibouti et l'Erythrée (Corne de l'Afrique)[7].

La Septante traduisit uniformément Koush et Éthiopie.

Interpréations mythiques de Koush[modifier | modifier le code]

Selon les théories élaborées dans le pamphlet anticatholique The Two Babylons d'Alexander Hislop, pasteur protestant du XIXe siècle, Koush est rapproché du personnage d'Hermès, en inventant une étymologie décomposée comme suit[8] :

  1. Her, qui en Chaldéen est synonyme de Hem ou Khem, le brûlé. Comme Her, ou le brûlant, ce nom a servi de point de départ pour identifier d'une manière voilée Ham avec le soleil et pour déifier ainsi le grand patriarche dont le nom a servi à désigner l'Égypte par rapport au soleil. Khem ou Hem sous son propre nom était ouvertement adoré jadis dans le pays de Hem (BUNSEN, tome I, p. 373), mais cela aurait été d'abord trop téméraire. Cependant, grâce à Her, son synonyme, la voie était tracée. Her est le nom de Horus, identique au soleil (BUNSEN, vol. I, p. 607) ce qui montre que l'étymologie réelle du nom vient du verbe auquel je la rattache.
  2. Mes de Mesbeh (ou sans le radical qu'on peut omettre, voir PARKHURST, sub voce, p. 416) produire. En égyptien, nous avons Ms dans le sens de mettre au jour, (BUNSEN vol. I, Signes hiéroglyphiques, Append. b: 43, p. 510) ce qui est évidemment une forme différente du même mot. Au passif, nous trouvons Ms. (BUNSEN, Vocab, Append. I, p. 470, en bas, etc. Ms... né). Le radical de Mesheh, dans le Lexique de Stockius, est en latin extraxit et notre mot extraction, appliqué à la naissance ou à l'origine montra qu'il y a rapport entre le sens générique de ce mot et la naissance. Ce dérivé explique le sens des noms des rois Égyptiens, Ramesses et Thothmes; le premier est évidemment le fils de Ra, ou le Soleil, car Ramesses est Hliou paiz (AMMIEN MARCELLIN, liv. 17, ch. 4, p. 162) le dernier de même veut dire le fils de Thoth. Pour la même raison, Her-mes veut dire le Fils de Her ou Ham le brûlé, c'est-à-dire Koush, l'interprète des Dieux, l'inventeur des nombres, de tous les langages secrets (chiffrés), des mots à double-sens et de toutes les superstitions et par là-même la cause de la confusion des langues qui suivit l'érection de la tour de Babel.

Pour Hislop, Koush est donc symboliquement le seigneur des dissimulations et de la confusion. On l'appelait parfois 'Bēl ou Baal le Confondeur'.

De la même racine que Koush, Hislop tire des mots tels que chaos ou aussi caché : Koush est aussi Khûs, sh en Chaldéen devenant souvent s; et Khus dans la prononciation, devient naturellement Khawos ou Khaos sans digamma[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Gn10.1 « Voici la postérité des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet. Il leur naquit des fils après le déluge. » Gn10.6 « Les fils de Cham furent : Koush, Mitsraïm, Puth et Canaan. » Gn10.8 « Koush engendra aussi Nemrod; c'est lui qui commença à être puissant sur la terre. »
  2. (en) Siegried S. Johnson, « Cush (person) », dans David Noel Freedman (dir.), Anchor Bible Dictionary, vol. 4, Doubleday,
  3. 2 Samuel 18:21–32
  4. a et b (en) Donald B. Redford, « Kush (place) », dans David Noel Freedman (dir.), Anchor Bible Dictionary, vol. 1, Doubleday,
  5. The Encyclopædia Britannica: A Dictionary of Arts, Sciences, and General Literature, vol. 6, C. Scribner's Sons, (lire en ligne), p. 729
  6. Masudi's The Meadows of Gold (947 AD); Wahb ibn Munabbih (738) included among Cush's offspring "the "Qaran", the Zaghawa, the Habesha, the Qibt, and the Barbar".
  7. Bruce, Travels to Discover the Source of the Nile, p. 305
  8. a et b Alexander_Hislop, The Two Babylons, 1853, 1858, édité en 1919