Prostitution au Tibet

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Selon le gouvernement tibétain en exil, la prostitution en tant qu'industrie était pratiquement inexistante avant l'occupation chinoise du Tibet[1]. Selon l'Association des femmes tibétaines en exil, « Dans le passé, au Tibet, il n'y avait pas de bordels »[2]. Le juriste tibétain Lobsang Sangay reconnaît l'existence de la prostitution avant l'arrivée des Chinois, mais il affirme que le phénomène était minime par rapport à son extension actuelle[3]. Selon l'écrivain britannique Christopher Hale, du fait de la pratique de la polyandrie, beaucoup de femmes ne trouvaient pas de mari et gagnaient villages et villes, où elles tombaient dans la prostitution. Leur clientèle : les caravaniers qui traversaient le plateau du Tibet, mais aussi les monastères.

Depuis les années 1980, la prostitution en République populaire de Chine, bien qu'officiellement illégale, se développe à nouveau[4]. Selon le sociologue et historien des religions Frédéric Lenoir, les quartiers commerçants traditionnels de Lhassa, le chef-lieu de la région autonome du Tibet, laissent place aux bars, karaokés, salles de jeux et maisons closes. Ainsi Lhassa aurait compté plus de 300 maisons closes en 2008[5]. Ces établissements sont situés dans l'île de Jamalinka ou dans le quartier du Shol, à proximité du Palais du Potala.

Pourtant, en voyage dans la région autonome du Tibet en 2004, Jean Dif déclare à propos de Lhassa : « on rencontrerait plus de 4 000 prostituées dans la cité, mais je n'en ai pas vues »[6].

Historique[modifier | modifier le code]

Avant 1950[modifier | modifier le code]

Selon l'Association des femmes tibétaines en exil, « dans le passé, au Tibet, il n'y avait pas de bordels, de drogue, et l'usage immodéré d'alcool était faible »[2]. Pour sa part, le gouvernement tibétain en exil affirme que la prostitution en tant qu'industrie était pratiquement inexistante avant l'occupation chinoise du Tibet[1]. Si le juriste tibétain Lobsang Sangay déclare qu'on ne peut pas dire que la prostitution n'existait pas avant l'arrivée des Chinois, qu'elle existait effectivement, il fait cependant remarquer que le phénomène était minime par rapport à son extension actuelle[3]. Le tibétologue Robert Barnett signale que les bordels étaient courants dans les environs du Potala au moins depuis le XVIIe siècle et que la seule différence, c'est que les prostituées et les proxénètes sont en majorité chinois[7].

Dans sa relation de l'expédition allemande au Tibet de 1938-1939, l'écrivain britannique Christopher Hale, se fondant sur les carnets d'Ernst Schäfer, fait état de la prostitution à Lhassa : dans les rues grouillantes de monde, les femmes sont plus nombreuses que les hommes et nombre d'entre elles sont des prostituées. Du fait de la pratique de la polyandrie, beaucoup de femmes ne trouvent pas de mari et gagnent les villages et les villes où elles tombent dans la prostitution. Leur clientèle : les caravaniers qui traversent le plateau du Tibet, mais aussi les monastères[8]. Il ajoute que, pendant la majeure partie de la durée de leur séjour à Lhassa, la résidence des Allemands, Tredilingka, était fréquemment assiégée de prostituées cherchant à séduire leurs occupants[9][non pertinent].

L'alpiniste autrichien Heinrich Harrer, qui séjourna à Lhassa de 1944 à 1950, signale dans ses mémoires qu'au Barkhor, « des dames de petite vertu y exercent leur profession »[10].

Selon Bradley Mayhew et al., le quartier la prostitution à Lhassa était l'ancien village de Shöl dont l'enceinte s'étire au sud du Potala[11]. S'y trouvait l'auberge censée avoir été fréquentée par le 6e dalaï-lama, le jeune Tsangyang Gyatso (1683-1706) dont le journaliste Thomas Laird, dans son livre d'entretiens avec le 14e dalaï-lama, dit qu'il refusait de prendre ses vœux et « passait ses nuits à boire dans les bordels »[12].

En 1946, on calomnia le régent Taktra en disant qu'il « avait une liaison avec une prostituée de haut vol du nom de Nyi-a-sung »[13].

Selon l'écrivain et journaliste Claude Arpi, directeur du pavillon tibétain d'Auroville, Zhao Erfeng, le seigneur de guerre chinois qui créa la province (aujourd'hui disparue) du Xikang comprenant la plus grande partie de la région tibétaine du Kham[14], incitait les soldats chinois, par l'octroi de terres et de capitaux, à se marier avec des Tibétaines, celles-ci, selon Laurent Deshayes, « se retrouvaient souvent dans les maisons closes à soldats » bien que l'abandon d'une épouse tibétaine fût sévèrement puni par Zhao[15].

Après 1950[modifier | modifier le code]

En 1962, le 10e Panchen Lama dans la Pétition en 70 000 caractères expliquait que quiconque manifestait sa foi religieuse au Tibet était persécuté et accusé de superstition. Les communistes obligeaient les moines et les nonnes à avoir des relations sexuelles. La direction des monastères était confiée à des personnages au comportement dissolu qui « fréquentaient des prostituées, buvaient excessivement », discréditant ainsi les monastères aux yeux des Tibétains[16].

Selon Tibet Justice Center, une organisation liée au Gouvernement tibétain en exil[17], des responsables chinois ont commis des violences contre les femmes tibétaines en les forçant à la prostitution. Des adolescentes tibétaines, croyant rejoindre l'Armée de Libération du Peuple ont rapporté avoir subi de multiples viols, entraînant des grossesses pour lesquelles elles subirent des avortements forcés. Ce type de traitement serait, selon le Tibet Justice Center, la norme pour les filles tibétaines au sein de l'armée chinoise[18],[19].

Aux dires de l'écrivain dissident chinois Wang Lixiong, qui réside à Pékin, ces propos sont très exagérés et il ne s'agit que de cas individuels. Dans son livre Funérailles célestes - le destin du Tibet, paru en 1998, il écrit : « En Occident, les persécutions subies par les Tibétains de la part des communistes chinois sont très exagérées, à savoir que les soldats de l'APL forçaient les lamas et les nonnes à avoir publiquement des rapports sexuels, que les gardes rouges violaient les femmes partout, tout cela, évidemment, est très loin de la vérité. Comme les gens qui ont vécu cette époque le savent bien, à l'époque (maoïste) les rapports sexuels étaient vus comme des mœurs très répréhensibles, les soldats de l'APL et les gardes rouges, qui étaient plus forts idéologiquement, n'avaient pas la possibilité de faire ce genre de choses. S'agissant de quelques cas individuels, on ne peut qu'accuser la personne même (aucune population n'en est exempte)[20]. »

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Selon le gouvernement tibétain en exil, la prostitution au Tibet se développe rapidement. L'introduction à grande échelle de la prostitution, particulièrement à Lhassa et Tsetang, a eu lieu en 1990 du fait de l'afflux d'une population ouvrière majoritairement masculine, s'ajoutant à l'importante population de soldats chinois déployée au Tibet[1]. Selon le Tibet Times, journal bimensuel ayant son siège à Dharamsala et lié aux Tibétains en exil, il y avait environ 8 890 prostituées à Lhassa, soit 9 % de la population féminine en 1998[21]. Cet article rapporte qu'il y a 1 270 maisons closes à Lhassa, principalement déguisées en salons de coiffure, et en moyenne, 7 prostituées par maison close. Le Tibet Times déclare avoir obtenu ces chiffres par ses propres investigations directes[22].

Lhassa étant une ville sainte pour les Tibétains, la prostitution y est particulièrement mal considérée par la population tibétaine à ce qu'affirme Lobsang Sangay[23].

Le comparateur de voyage Easyvoyage.com mentionne que la partie ouest de Lhassa ressemble à toutes les villes chinoises récentes, avec son architecture en béton, ses magasins, ses karaokés et même sa prostitution[24].

Un documentaire de Marie Louville a été consacré à ce sujet[25]. L'augmentation de la prostitution induit une augmentation de la transmission du SIDA au Tibet[26]. Selon Frédéric Lenoir Lhassa comptait en 2008 plus de 300 maisons closes[27], soit un des taux les plus élevés des villes chinoises au regard de la population.

L'historien et journaliste anglais Patrick French indique que la prostitution à Lhassa « fait l'objet d'une ségrégation ethnique » il y a très peu de prostituées tibétaines, la majorité étant chinoises, originaire du Sichuan ou du Qinghai. Le commerce du sexe étant « contrôlé par des gangs chinois bénéficiant de protections politiques » [28]. Selon le journaliste Jean-Paul Mari les financements des activités de la prostitution, dans l'île de Jamalinka, ont pour origine la mafia de Macao[29].

Le terme « bordel » recouvrirait des activités de prostitution ayant pour paravent certains salons de coiffure, instituts de beauté, salons de massage, bars à hôtesses, salles de karaoké[30],[31],[32],[33],[34],[35]. Ceux sont les lumières colorées des clubs, des petits hôtels, des bars et des salons de massage, et les filles qui y logent, qui attirent l’attention[36].

En voyage en Région autonome du Tibet en septembre-octobre 2004, le poète Jean Dif déclare ne pas avoir vu de prostituées à Lhassa[6].

Estimations[modifier | modifier le code]

Des estimations chiffrées concernant le nombre de « bordels » à Lhassa ont été données par des organisations proches du Gouvernement tibétain en exil, par Ngawang Choephel ou encore par Frédéric Lenoir et Patrick French. Les chiffres donnés vont de 300 à 1806 selon les sources.

Selon les Tibétains en exil[modifier | modifier le code]

En 1998, Ngawang Choephel, correspondant de la Voix de l'Amérique, fait état de l'existence de plus de 1 806 « bordels chinois » à Lhassa[37]. En 1999, le Tibet Information Network (TIN), basé à Londres, a réalisé une étude révélant « au moins 658 bordels » à Lhassa[38]. En 2000 et 2002, le chiffre de 1 000 établissements de prostitution est avancé dans un exposé présenté à l'ONU et un article du Boston Globe citant le même organisme[39]. Entre 1998 et 2005, selon l'Association des femmes tibétaines en exil, le nombre de bordels a augmenté pour atteindre 1 600[40]. En 2007, le dalaï-lama a affirmé que Pékin utilisait la récente liaison ferroviaire reliant la Chine au Tibet pour envoyer des jeunes filles incultes des campagnes « s’installer comme prostituées » à Lhassa, ce qui « augmente le danger de la propagation du sida », selon lui[41]. Dans un rapport présenté en 2009 au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, l'Association des femmes tibétaines en exil affirme que la dernière décennie a vu la prostitution augmenter dans certaines des grandes villes du Tibet. Les causes en sont la discrimination pour l'éducation et l'emploi des femmes tibétaines, en concurrence avec les Chinois, ainsi que l'augmentation du tourisme, mais le facteur le plus important est l'afflux de soldats dans cette région stratégiquement importante[42].

Selon des observateurs[modifier | modifier le code]

Patrick French de retour d'un voyage au Tibet en 1999, indique avoir constaté à Lhassa l'importance du phénomène : « Ce sont aujourd'hui des centaines de bordels » qui s'alignent le long du Lingkhor, « la voie extérieure de Lhassa vouée aux pèlerins »[43]. Toujours pour 1999, Katia Buffetrille avance un nombre de 600 bordels[44]. Pour 2005, le média libanais L'Orient-Le Jour évoque un millier de bordels uniquement à Lhassa[45].

Selon les autorités chinoises[modifier | modifier le code]

Le gouvernement chinois n'indique pas d'estimation de ces établissements, la prostitution étant officiellement interdite en Chine.

Réactions vis-à-vis de la prostitution[modifier | modifier le code]

Dans Lhassa la mort dans l'âme, un article paru en 1994, William Hanks rapporte les paroles d'un moine : « C'est une honte, murmure un bonze rencontré à la porte d'un monastère. Nous voulons que les bars ferment, car ils contribuent à la destruction programmée de la culture tibétaine »[46]. L'interprète français du dalaï-lama, Mathieu Ricard, affirme que « la ville tibétaine disparaît sous les néons des karaokés... les Chinois imposent leurs mœurs, l'alcool, les karaokés, les bordels... la Chine, elle, impose ses dogmes et écrase cette culture ! »[47].

Selon l'Agence France-Presse, en l'an 2000, Sun Jiazheng, Ministre de la Culture de la République populaire de Chine entre 1998 et 2008, a mis en garde contre le risque que l'industrie du spectacle ne se développe en commerce du sexe du fait de la concurrence, et a lancé une campagne nationale contre ce risque et a accusé des services du gouvernement de prendre part à ce commerce[48].

À l'approche du 60e anniversaire de l'arrivée au pouvoir des communistes en Chine, la police chinoise a lancé, le 1er octobre 2009, une campagne nationale, annoncée par le vice-ministre de la Justice tendant à fermer des bars de nuit et salons de massage[49].

Risque de transmission de maladies sexuellement transmissibles[modifier | modifier le code]

En 2003, le Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie, une ONG dont le dalaï-lama est le mentor[50], avance une estimation de 7 000 filles tibétaines dans 1 000 bordels à Lhassa en l'an 2000, et dénonce le manque d'hygiène et de mesures de protection, l'arrivée de prostituées de Chine continentale où le SIDA serait plus répandu, l'absence de programme d'éducation préventive et l'absence de dépistage[51].

Wangdu, ancien moine tibétain, s'est engagé dans la lutte contre le VIH/SIDA en travaillant avec des institutions australiennes (le AusAID, puis le Burnet Institute) impliquées depuis 2001 dans la prévention à Lhassa, notamment auprès des prostituées. Il a été arrêté le 14 mars 2008, au moment des manifestations à Lhassa, auxquelles il n’a pas pris part, il est condamné à la prison à vie, accusé d’espionnage et de transfert d’informations à l’étranger[52],[53],[54]. Selon l'association Étudiants pour un Tibet libre, son emprisonnement montre jusqu'où le gouvernement chinois peut aller pour faire taire ceux qui travaillent pour la santé et le bien être des Tibétains[55].

Une menace pour la « culture tibétaine » ?[modifier | modifier le code]

Pour le juriste Barry Sautman, « les émigrés essaient d'attribuer les « vices » rencontrés dans les villes du Tibet aux effets culturels nocifs de la présence Han. Lhassa, comme bien d'autres villes de par le monde, abonde de lieux où sévissent prostitution, jeu et drogue. » Le directeur de Campagne internationale pour le Tibet, un organisme œuvrant pour l'indépendance du Tibet, se déclare « inquiet du fait que de plus en plus de jeunes Tibétains sont exposés à la tentation des pires aspects de la culture chinoise ». Pourtant, ajoute Sautman, « aucun de ces vices n'est particulièrement « chinois ». Le billard est une invention occidentale, le karaoké est originaire du Japon, et la prostitution et la drogue sont universelles. » Interrogé à propos des discothèques et boîtes de nuit de Lhassa, le vice-président de la région autonome du Tibet les qualifie de partie intégrante du « mode de vie occidental », ajoutant qu'elles contribuent à la diversité des cultures tibétaine et Han telles qu'elles s'expriment localement, mais que les autorités ne manquent pas de dénoncer jeu et prostitution et de lancer des raids pour débarrasser la R.A. du Tibet de ces vices. Sautman affirme que « les « vices » au Tibet dénoncés par les émigrés sont pour la plupart d'entre eux également présents dans des centres religieux comme Dharamsala et Kathmandou et même ne sont pas rares chez les moines bouddhistes de certains pays »[56].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) Environment and Development Desk of the DIIR, Growing sex workers in Tibet: Is It a Part of the Current Development Boom in Tibet?, Tibetan Bulletin, Official journal of the Central Tibetan Administration, mai-juin 2005, vol. 9, issue 3.« Prostitution as an industry was virtually non-existent before Chinese occupation of Tibet. Today, prostitution has become a widespread phenomenon "along with alcoholism, crime, unemployment and increasing levels of divorce and domestic violence" in the wake of the economic reform policy introduced by the Chinese government since 1980s, and it now forms an integral part of the informal economy in urban Tibet. […] Large-scale introduction of prostitution, particularly in Lhasa and Tsethang, took place in 1990. One cursory estimate in 1998 counted 658 brothels in the 18 main streets of Lhasa and 60 brothels in Tsethang. The primary reason for this sudden growth of sex industry in Tibet has been the large influx of predominantly male population. The rapid urbanization characterized by massive construction works in urban areas has attracted a large number of predominantly male Chinese migrant labourers, further adding to the already large population of Chinese soldiers deployed in Tibet. »
  2. a et b (en) « Historically in Tibet there were no brothels, no drugs and little alcohol abuse ». Source : « Report by the Tibetan Women's Association to the United Nations' Human Rights Council »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 20 mars 2007.
  3. a et b (en) Lobsang Sangay, China in Tibet. Forty Years of Liberation or Occupation?, in Harvard Asia Quarterly, Vol. III, No 3 Summer 1999 : « This is not a claim that prostitution never existed in Tibet before the arrival of the Chinese. It did exist, but was very minor in comparison with the more widespread practice today ».
  4. Teresa M. Bentor, Chine : la prostitution à tous les coins de rues, Chine informations, 28/12/2008.
  5. Frédéric Lenoir, Tibet Le moment de vérité, Édition Plon, 2008, page 105.
  6. a et b Jean Dif, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (Suite 3) : « Et, pour le tourisme sexuel, on rencontrerait plus de 4 000 prostituées dans la cité, mais je n'en ai pas vues ».
  7. (en) Robert Barnett (Contemporary Tibetan Studies, University of Columbia), “Violated Specialness”: Western Political Representations of Tibet, in Thierry Dodin and Heinz Raether (eds.), Imagining Tibet – Perceptions, Projections, and Fantasies, Boston, Wisdom Publications, 2001, pp. 269-316 : « In fact, brothels have been reported as commonplace around the Potala since at least the seventeenth century; the difference is that now the prostitutes and procurers are predominantly Chinese. Some depictions of modernity focused on karaoke bars and pop videos (see Christopher Gunness, (1994)). »
  8. (en) Christopher Hale, Himmler's crusade: the Nazi expedition to find the origins of the Aryan race, John Wiley & Sons, 2003, 422 pages : « In Lhasa's crowded streets, women outnumbered men. Many were prostitutes [...]. As a result [of polyandry], many women failed to find a husband and drifted into the villages and towns, where they often turned to prostitution. Their clients came from the trading caravans that always filled the roads crossing the Tibetan plateau – and, it has to be said, from the monasteries. »
  9. Christopher Hale, op. cit. : « For most of the time the expedition stayed in Lhasa, Tredilinka was frequently besieged by prostitutes hoping to seduce the gruff, bearded foreigners. »
  10. (en) Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, E. P. Dutton, 1954; citation : « Ladies of easy virtue are also there (in the Barkhor) professionally ».
  11. (en) Bradley Mayhew, Robert Kelly, John Vincent Belleza, Tibet, Lonely Planet's publications 2008, p. 109 : « Nestled at the foot of Marpo Ri, the former village of Shöl (which means 'at the base of') was once Lhasa's red-light district, as well as the location of a prison, a printing press and some ancillary government buildings. Some of these buildings have been rebuit, including an inn supposedly favoured by the Sixth Dalai Lama and the residence of the monk police chief. »
  12. (en) Thomas Laird, « The Story of Tibet. Conversation with the Dalai Lama, Grove Press, 2007, p. 182, (ISBN 0-8021-4327-X et 9780802143273) : « The teenager (...) went drinking in the brothels ».
  13. (en) Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, 1913-1951: the Demise of the Lamaist State, University of California Press, 1989, 898 p., p. 447 : « his petition also accused his stepmother of having defamed the name of the regent [Taktra] by saying publicly during the Mönlan Prayer Festival that Taktra was having an affair with a high-class prostitute called Nyi-a-sung. 74. Sambo (Rimshi), interview ».
  14. Claude Arpi, Tibet, le pays sacrifié, Calmann-Lévy, 2000, chap. 11, p. 126.
  15. Laurent Deshayes, Histoire du Tibet, Fayard, p. 249 (ISBN 978-2-213-59502-3).
  16. Patrick French, Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, traduit de l'anglais par William Oliver Desmond, Albin Michel, 2005, page 79.
  17. (en) Site Internet.
  18. (en) Commission on the status of women, Forty-second Session, Consideration of Beijing platform for action critical area of concern : violence against women : voir alinéa 13. : « 13. In addition to gender-specific torture, and forced sterilizations and abortions, PRC officials perpetrate violence against Tibetan women by forcing young Tibetan girls into prostitution. Accounts have surfaced of teenage Tibetan girls, who believe they have been offered a great opportunity to join the Chinese People's Liberation Army, and who ultimately are duped into lives that involve multiple rape, pregnancy and abortion. This is said to be the norm for Tibetan girls in the Chinese army. ». Sur le site du Tibet Justice Center, anciennement l'International Committee of Lawyers for Tibet : Version Pdf.
  19. (en) Mary Craig, Tears of blood (A cry for Tibet), London Harper Collins, 1992, pp. 247-251.
  20. «天葬 Tianzang- 西藏的命运le destin du Tibet 一九九九1999 王力雄Wang Lixiong » 十四章 chapitre 14 : 在西方广泛流行的中共对藏人的迫害说法也有许多的夸张,En Occident, les persécutions subies par les Tibétains de la part des communistes chinois sont très exagérées. 如: 解放军强迫西藏和尚与尼姑当众性交,à savoir que les soldats de L'APL forçaient les lamas et les nonnes à avoir publiquement des rapports sexuels, 红卫兵到处强奸妇女的说法,que les gardes rouges violaient les femmes partout, 显然距离事实相当远。tout cela, évidemment, est très loin de la vérité. 经历过那个时代的人都知道,Comme les gens qui ont vécu cette époque le savent bien, 性行为在那时被视为极其肮脏和邪恶的事情,à l'époque (maoïste) les rapports sexuels étaient vus comme des mœurs très répréhensibles, 对於意识形态观念最强的解放军和红卫兵,les soldats de l'ALP et les gardes rouges, qui étaient plus forts idéologiquement, 尤其不可能做出那样的事。, n'avaient pas de possibilité de faire ce genre de choses. 如果个别人有那种行为S'agissant de quelques cas individuels, 只应该归於背後犯罪 (对任何人群而言都免不了)的特例。, on ne peut qu'accuser la personne même (aucune population n'en est exempte).
  21. (en) Tibet Times, Dharamsala, Inde, 13 Nov. 1998.
  22. (en) China in Tibet: Forty Years of Liberation or Occupation?, 27 janvier 2006, Harvard Asia Quarterly.
  23. (en) Lobsang Sangay, China in Tibet: Forty Years of Liberation or Occupation?, in Harvard Asia Quarterly, vol. III, No. 3, Summer 1999 : « Since Lhasa is a holy city for Tibetans, this type of immoral encroachment by the Chinese is particularly resented ».
  24. Chine Tibet (Pékin - 1 220 000 km² - 5 800 000 hab.) : « Choisir de résider dans la partie tibétaine de Lhassa, c'est-à-dire le secteur de la Vieille Ville, autour du Jokhang. La partie Ouest de la capitale ressemble à toutes les villes chinoises récentes, avec son architecture en béton, ses magasins, ses karaokés et même sa prostitution. »
  25. Marie Louville, Documentaire, France2, 2003, 30 min, Les trottoirs de Lhassa.
  26. (en) Annual Report, 2000: Enforcing Loyalty, sur le site de l'ONG TCHRD.
  27. Frédéric Lenoir, Tibet Le moment de vérité, Éditions Plon, 2008, page 105.
  28. Patrick French, Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, pp. 253-254, traduit de l'anglais par William Oliver Desmond, Albin Michel, 2005.
  29. Jean-Paul Mari,Tibet. Dans Lhassa interdite, Grands Reporters, août 1999
  30. (en) Tariq El Kashef, Dating Girls and Guys in Lhasa, Tibet, 14 janvier 2007 : « Some streets in Lhasa have no less than thirty hairdressers, beauty salons and massage parlours, a brothel each and every one of them. »
  31. (en) Pankaj Mishra, [people.colgate.edu/vmansfield/Train2Tibet.pdf The Train to Tibet: What will the greatest rail journey on earth do to its destination?], The New Yorker, April 16, 2007 : « thoroughfares lined by (...) massage parlors and hair salons, which are often fronts for brothels. »
  32. (en) Steel Butterflies: Prostitution in Lhasa, Phayul.com, 26 juin 2006 : « these places are "salons and bars by the day" and "by night they are brothels for young prostitutes, with storefronts distinguished by glowing pink neon lights" ».
  33. (en) Lin Caifeng, The distorted image of Tibet (Part III), Tibet Sun, 25 septembre 2008 : « hairdressers on the streets of Lhasa are mostly brothels. »
  34. (en) Vincanne Adams, Karaoke as Modern Lhasa, Tibet : Western Encounters with Cultural Politics, American Anthropological Association : « large and expensive karaoke bars that also serve as brothels ».
  35. (en) Indira A.R. Lakshmanan, Deemed a Road to Ruin, Tibetans Say Beijing Railway Poses Latest Threat to Minority Culture, Boston Globe, 26 août 2002 : « Hairdressers and bars conceal at least 1,000 brothels ».
  36. You’re running out of time to pay for sex in Tibet Public Radio International, 1 juillet 2015
  37. (en) Source : Newsbriefs, compiled by Tashi Choedon Bidhartsang, Chinese brothels in the holy city of Tibet « Copie archivée » (version du 13 juillet 2009 sur l'Internet Archive).
  38. Source : En bref, les droits de l'homme au Tibet, Bureau du Tibet de l'ONU, mars 2002.
  39. « il y aurait approximativement en tout 1 000 maisons de passe dans la municipalité de Lhassa. En outre, les bars, y compris les bars de karaoké, les restaurants et les clubs sont souvent remplis de filles qui proposent ouvertement leurs services sur place, la plupart de ces endroits disposant d'arrière-salles où les prostituées peuvent emmener les clients » [1] ; « Les salons de coiffure et les bars dissimulent au moins 1 000 bordels ». Source : Deemed a Road to Ruin, TEW, 26 août 2002.
  40. (en) Source : TWA's President, Dr. B. Tsering Yeshi, tours North American Colleges Speaking on Violation of Reproductive Rights of Tibetan Women in Tibet, Association des femmes tibétaines en exil, 26 mars - 6 avril 2007].
  41. (en) China rail link destroying Tibet: Dalai Lama.
  42. (en) Association des femmes tibétaines en exil, NGO Alternative Report on the Status of Tibetan Women in Tibet, page 8 : « In the last decade, prostitution has been on the increase in some of Tibet’s major cities. ... Due to a lack of education opportunities for women, and increased competition with the Chinese in the labour market, the number of Tibetan women resorting to prostitution is rising. According to an oral statement made by Dr. B. Tsering Yeshi on the 61st session of the Commission of Human Rights in April 2005, Tibetan woman in Tibet constantly face all kinds of discrimination. They are subjected to gender‐specific forms of violence for openly expressing their political opinions, as well as different kinds of discrimination in education and employment. Physical torture and sexual harassment have been reported to cause the withdrawal of many young girls from their schools. Clearly this causes problems of unemployment for these women, which leads to an increase in the number of those turning to prostitution. Growing tourism is also mentioned as a part of the explanation for the explosion of prostitution in Tibet, but the single and most important factor is the large influx of soldiers into this strategically important region. »
  43. Tibet, Tibet Une histoire personnelle d'un pays perdu traduit de l'anglais par William Oliver Desmond, Albin Michel, 2005, pages 253 et 254.
  44. "Les toponymes tibétains sont associés à des traditions que la sinisation supprime" Le Point, 13 mai 2016
  45. Société - Il existe un millier de bordels uniquement à Lhassa, la capitale Loin de la propagande chinoise, la prostitution s’étend au TibetL'Orient-Le Jour, 7 septembre 2019
  46. Source : Article Lhassa la mort dans l'âme de William Hanks paru en 1994 (mis à jour en 2004) dans le journal L'express.
  47. Emmanuel Tellier, Entretien, Matthieu Ricard : « Après les JO, ce sera fichu, on ne parlera plus du Tibet », Télérama, Paris, 16 avril 2008.
  48. (en) China-prostitution: Crack down on growing sex trade, top Chinese lawmaker urges.
  49. Marc Lebeaupin, Prostitution : Pékin veut « frapper fort », RFI.
  50. (en) « His Holiness the Dalai Lama is the patron of TCHRD », sur le site About TCHRD.
  51. (en) Briefing paper for travellers to Tibet.
  52. (en) Chinese court sentences seven Tibetans between 8 years to life Imprisonment.
  53. (en) Étudiants pour un Tibet libre, « Profiles in courage: Day 7 - March 4th »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 5 mars 2009.
  54. (en) NGO worker sentenced to life imprisonment: harsh sentences signal harder line on blocking news from Tibet
  55. Étudiants pour un Tibet libre, ibid. : « His imprisonment shows the lengths to which the Chinese government will go to silence those who advocate for the Tibetan people’s health and well being. »
  56. (en) Barry Sautman, "Cultural genocide" and Tibet, in Texas International Law Journal, April 1, 2003 : « The emigres try to attribute "vices" found in Tibet's cities to cultural corrosion due to the Han presence. Lhasa, like many cities around the world, has abundant outlets for prostitution, gambling, and drugs.502 The ICT director has stated, "We are concerned that more and more young Tibetans are being tempted by the very worst aspects of Chinese culture." However, none of the "vices" complained of are particularly "Chinese." Billiards is a Western invention, karaoke was born in Japan, and prostitution and drugs are universals. When questioned about Lhasa's discos and nightclubs, the Tibetan vice-chairman of the TAR referred to them as part of "the Western lifestyle" and said that they added diversity to the Tibetan and Han cultures found among local people, although TAR authorities do denounce gambling and prostitution and stage raids in an effort to rid the TAR of those vices. "Vices" in Tibet decried by the emigres are for the most part also present in such religious centers as Dharamsala and Kathmandu and are not uncommon among Buddhist monks in some countries. »