Katia Buffetrille

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Katia Buffetrille
Nom de naissance Catherine Buffetrille
Naissance (68 ans)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Anglais, Français
Genres

Œuvres principales

Revisiting rituals in a changing Tibetan world, (2012)
Le Tibet est-il chinois ?, Ouvrage collectif dirigé par Katia Buffetrille et Anne-Marie Blondeau (2002)
Pèlerins, lamas et visionnaires. Sources orales et écrites sur les pèlerinages tibétains, (2000)
Tibétains, 1959-1999, quarante ans de colonisation, Ouvrage collectif dirigé par Katia Buffetrille et Charles Ramble (1998)

Compléments

Directrice de la publication de la revue Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines (EMSCAT)


Katia Buffetrille, née le , est une anthropologue et tibétologue française, spécialiste de la culture tibétaine. Elle est docteur en ethnologie, ingénieur de recherche de l’EPHE (5e section) et directrice de la publication de la revue Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines.

Biographie et thèmes de recherche[modifier | modifier le code]

Katia Buffetrille est une anthropologue et une spécialiste du Tibet[1],[2], parlant et écrivant le tibétain[3].

Sa thèse de doctorat en ethnologie est intitulée Montagnes sacrées, lacs et grottes : lieux de pèlerinage dans le monde tibétain. Traditions écrites. Réalités vivantes[4]. Sa thèse a été présentée en 1996 à l'université Paris-Ouest-Nanterre-La-Défense avec Alexander W. Macdonald comme directeur[5].

Ses domaines d'études sont l'émergence de la modernité (tourisme de masse, mondialisation) sur les rituels et les traditions au Tibet[6], la religion, les rituels, les montagnes sacrées, les pèlerinages, la géographie sacrée, la Chine, le Tibet contemporain et les relations sino-tibétaine[7],[8].

Elle passe plusieurs mois par an au Tibet et au Népal où elle poursuit ses recherches dans ses domaines de compétence[9].

Elle est la première chercheuse occidentale à avoir accompli à trois reprises (en 1990, 1992 et 2002) le pèlerinage d'une semaine à la montagne d'Amnye Machen dans la préfecture autonome tibétaine de Golog dans le Qinghai (ancienne province de l'Amdo). Elle a effectué trois circumambulations autour du Kawagebo (ou Kawakarpo) dans la préfecture autonome tibétaine de Dêqên, deux autour du Kailash et une autour du Tisbri dans le Tibet central. Elle a également pris part à des pèlerinages dans de nombreux autres sites des Tibet central et occidental, dans l'Amdo, les Kham (occidental et oriental), le Népal et l'Inde [10]. Elle est membre du réseau GITPA (Groupe International de Travail pour les Peuples Autochtones) pour l'Asie[11].

En 2012, Katia Buffetrille fait partie des « 80 spécialistes mondiaux du Tibet » qui demandent à Xi Jinping d'intervenir pour sauver la langue tibétaine[12].

Activités éditoriales et d'enseignement[modifier | modifier le code]

En 2002, elle est coéditrice, avec Anne-Marie Blondeau, du livre Le Tibet est-il chinois ?, qui comporte des réponses de tibétologues occidentaux à un ouvrage de tibétologues chinois, Le Tibet, cent questions et réponses (100 questions about Tibet), publié sous la direction de Jing Wei et paru en 1988 aux éditions Beijing Review Press. Le Tibet est-il chinois ? fait l'objet, en 2008, d'une édition, actualisée, en langue anglaise, sous le titre Authenticating Tibet: Answers to China’s 100 Questions[13].

Elle participe au programme « Rituels » dans le cadre du Centre de recherches sur les civilisations chinoise, japonaise et tibétaine (UMR 8155) et est directrice, depuis 2004, de la revue Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines (EMSCAT)[14] (Études mongoles et sibériennes jusqu'à cette date)[15].

En tant que spécialiste du Tibet, Katia Buffetrille intervient dans les médias à l'occasion d'événements spécifiques.

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Concernant l'ouvrage Le Tibet est-il chinois ?, l'universitaire Fabienne Jagou considère que « tout lecteur désireux d’approcher l’histoire du Tibet sera comblé de trouver une analyse et une réflexion historiques sur un aussi grand nombre de thèmes, en contrepoint des rhétoriques de la propagande chinoise sur le Tibet »[16].

Françoise Aubin indique que la connaissance du « tibétain parlé autant que littéraire » par Katia Buffetrille lui a permis de « saisir dans son ensemble le phénomène de l’espace sacré, à la fois siège des dieux du terroir, yul lha, et des divinités tantriques, elle s’est adressée aussi aux textes littéraires oraux et écrits, selon une démarche globalisante encore assez rare dans les études tibétaines »[17].

Marie Lecomte-Tilouine, directeur de recherche au CNRS, recommande à tous les tibétologues et himalayistes la lecture de Pèlerins, lamas et visionnaires. Sources orales et écrites sur les pèlerinages tibétains[18].

L'historien Vincent Goossaert[19] considère que Katia Buffetrille a contribué à la connaissance des pèlerinages tibétains[20].

Jean-Paul Ribes, président du comité de soutien au peuple tibétain, considère que la lecture de la revue Tibétains, 1959-1999, quarante ans de colonisation, est enrichissante pour ceux qui s'intéressent à la culture du Tibet[21].

Pour le professeur de droit international Barry Sautman, alors qu'aucun pays ne reconnaît le Tibet comme État, colonie ou territoire occupé, des ouvrages comme le livre de Katia Buffetrille et Charles Ramble, Tibétains, 1959-1999, quarante ans de colonisation, sont du même tonneau que la littérature de guerre froide sur le « colonialisme soviétique » : on y trouve peu de preuves crédibles, voire aucune, de pratiques colonialistes ; en fait le but recherché est d'inciter au séparatisme[22].

Publications[modifier | modifier le code]

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Ouvrages[modifier | modifier le code]

Ses ouvrages ont été publiés à travers le monde dans 9 pays dont l'Inde, l'Australie, les États-Unis, l'Allemagne, le Japon[23].

Préface[modifier | modifier le code]

  • Fascination tibétaine : du bouddhisme, de l'Occident et de quelques mythes, de Donald Lopez, traduit de l'anglais par Nathalie Münter Guiu, Paris, Éditions Autrement, 2003.

Articles de revue à comité de lecture[modifier | modifier le code]

Journaux[modifier | modifier le code]

Lectures critiques[modifier | modifier le code]

Autres publications[modifier | modifier le code]

Colloques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’histoire du Tibet du XVIIe au XXIe siècle Site du Sénat, 2012
  2. Quand les Tibétains s’immolent. Rencontre avec Katia Buffetrille Sciences humaines (revue), 24 octobre 2012
  3. Isabelle Charleux Buffetrille, Katia, Pèlerins, lamas et visionnaires. Sources orales et écrites sur les pèlerinages tibétains « Les textes sont donnés dans leur version tibétaine avec la traduction française en regard. Le tibétain est corrigé, l’orthographe originale étant restituée en note, ce qui permet à un Tibétain de le lire facilement. Les notes en bas de page, très fournies, font prendre pleinement conscience de l’ampleur du travail et de l’érudition de l’auteur. »
  4. (Num. national de thèse : 1996PA100065).
  5. Montagnes sacrées, lacs et grottes : lieux de pèlerinage dans le monde tibétain : traditions écrites, réalités vivantes par Katia Buffetrille
  6. Katia Buffetrille : Ingénieur de recherche, École pratique des hautes études
  7. Katia Buffetrille sur The eurasianne Directory « Popular religion; Rituals; sacred mountains; pilgrimages; pilgrimage literature; Sacred Geography; contemporary Tibet »
  8. Katia Buffetrille Les Expertes
  9. L’émission du mercredi 23 avril 2008, Ce soir (ou jamais !), France 3,
  10. (en) The Lessons of the Buddha, sur le site npr, January 23, 2006 : « Walking alongside Tibetan pilgrims, she is the first Western scholar to complete the week-long pilgrimage to Amnye Machen mountain (Amdo) on three different occasions, in 1990, 1992 and again in 2002. She did three circumambulations around Kawakarpo, two around Kailash and one around Tsibri in central Tibet. She also participated in pilgrimages at many other sites in central and western Tibet, Amdo, Khams, Nepal and India. »
  11. Liste des experts Asie du réseau GITPA
  12. Sarah Halifa-Legrand Tibet. "Une langue et une culture menacées de disparition" L'Obs, 7 décembre 2012
  13. Quentin Ludwig, Le Bouddisme, Éditions Eyrolles, 2012, (ISBN 2212553242 et 9782212553246)
  14. Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines.
  15. (en) Message de Frank Mahoney en date du 13 janvier 2004 sur le site H-net.
  16. Anne-Marie Blondeau, Katia Buffetrille éd., Le Tibet est-il Chinois ? : Présentation de Fabienne Jagou Revue Perspectives chinoises, 2006
  17. Françoise Aubin, « Buffetrille (Katia), Pèlerins, lamas et visionnaires. Sources orales et écrites sur les pèlerinages tibétains », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 114 | avril-juin 2001, document 114.61, mis en ligne le 19 août 2009, consulté le 19 avril 2015. URL : http://assr.revues.org/20864
  18. Notes de lecture de Marie Lecomte-TilouineRevue française d’anthropologie, Édition EHESS, L'Homme, 2002.
  19. Biographie de Vincent Goossaert
  20. K. Buffetrille. Pèlerins, Lamas et Visionnaires. Sources orales et écrites sur les pèlerinages tibétains, Persée. Revue de l'histoire des religions, 2003.
  21. Notes de lecture de Jean-Paul Ribes, 2003.
  22. (en) Barry sautman, Colonialism, Genocide and Tibet, in Asian Ethnicity, Vol. 7, Issue 3, pp. 243-265, p. 247 : « Although no country recognizes Tibet as a state, colony or occupied country, Western works on Tibet and colonialism (Steckel, 1993; Buffetrille & Ramble, 1998) are of a piece with Cold War literature on 'Soviet Colonialism'(IILR, 1954; ISUSSR, 1961) : little or no credible evidence of colonial practices is offered and the aim is to incite separatism ».
  23. Fichier d'autorité international
  24. « L'immolation est, pour les Tibétains, le seul moyen de s'exprimer » Le Monde, 9 février 2012
  25. Les toponymes tibétains sont associés à des traditions que la sinisation supprime

Scientific commons[modifier | modifier le code]

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