Démographie de la Chine

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Démographie en Chine
Pyramide des âges de la Chine en 2019.
Pyramide des âges de la Chine en 2019.
Dynamique
Population 1 384 688 986 hab.
(2018) [1]
Évolution de la population 0.37 % (2018)[2],[3]
Indice de fécondité 1,6 enfant par [4]
(2018)[5]
Taux de natalité 12,1  (2018)[6],[7]
Taux de mortalité  (2018)[8],[9]
Taux de mortalité infantile 11,8  (2018)[10]
Âges
Espérance de vie à la naissance 75,8 ans (2018)[11]
Hommes : 73,7 ans
Femmes : 78,1 ans
Âge médian 37,7 ans (2018)[12]
Hommes : 36,8 ans
Femmes : 38,8 ans
Structure par âge 0-14 ans : 17,22 %
15-64 ans : 71,51 %
65 ans et plus : 11,27 %
Sex-ratio (2018)
Population totale 106 /100
À la naissance 113 /100
Par tranche d'âge 0-14 ans : 116 /100
15-24 ans : 115 /100
25-54 ans : 104 /100
55-64 ans : 102 /100
65 ans et + : 91 /100
Flux migratoires (2018)
Taux de migration −0,4 
Composition linguistique
Mandarin 70 %
Wu %
Cantonais %
Autres langues minoritaires  
Composition ethnique
Hans 92,1 %
55 ethnies minoritaires  
Composition religieuse
Athée  
Taoïsme  
Bouddhisme  
Islam  
Christianisme  

La population de la Chine est estimée à la mi-2019 à 1 441 800 000 habitants. Cette population est la plus élevée du monde et représente 18,7 % des 7,7 milliards d'habitants de la planète d'après les estimations de l'Institut national d'études démographiques.

Durant les années 1970, la politique démographique « wǎn, xī, shǎo » (littéralement « tard, espacé, peu ») fait fortement chuter la fécondité chinoise entre 1970 et 1978, passant de 5,75 à 2,75 enfants par femme. A la fin des années 1970, le gouvernement adopte, afin de limiter la croissance de sa population, une réglementation limitant le nombre d'enfants par couple à un (politique de l'enfant unique), qui a pris fin en 2015 et a été remplacée par une limitation à deux du nombre d'enfants par famille.

Malgré ses mégapoles et son urbanisation rapide, la Chine présente une population encore très ancrée dans la ruralité : plus de 40 % des Chinois habitent encore dans le monde rural. Fin 2017, 813 millions de Chinois vivaient en ville, soit un taux d'urbanisation de 58,5 %.

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire ancienne[modifier | modifier le code]

Pays à l'agriculture traditionnellement prospère, la Chine a très tôt pu développer une population rurale dense et des agglomérations importantes. Sous les Song, des villes comme Guangzhou (Canton) connaissaient une densité de population ainsi qu'une organisation administrative sans égales à l'époque.

La Chine passe le seuil des 100 millions d'habitants au XIIe siècle, avec la généralisation de la double culture du riz et l'extension des zones de sa culture[13]

L'invasion mongole en Chine se traduit par une diminution de la population qui passe de 112 à 70 millions d'habitants au milieu du XIVe siècle[13].

Sous la dynastie Ming, la paix, l'amélioration des techniques agricoles et l'introduction de nouvelles cultures comme le maïs ou la pomme de terre permet une croissance démographique importante, la population passant de 70 millions d'habitants en 1400 à 130 en 1650[13].

L'apogée des techniques agricoles chinoises au XVIIIe siècle, correspond à l'apogée de la dynastie Qing. Elle permet une augmentation spectaculaire de la démographie, la population passant de 150 millions d'habitants en 1700 à 330 millions en 1800[13].

En 1900, la Chine compte 415 millions d'habitants, mais les conflits de la première moitié du XXe siècle : guerre civile chinoise et Seconde Guerre mondiale, conduisent à une stagnation de la population[13].

République populaire de Chine et premières tentatives de contrôle des naissances[modifier | modifier le code]

Évolution démographique

Pendant les années 1949 à 1956, le taux de natalité est de 35 pour mille, le gouvernement se contente de bloquer la migration rurale vers les villes. C'est en 1956 qu'apparaît pour la première fois un objectif de limitation des naissances[13].

L'absence de contrôle des naissances durant les premières années au pouvoir de Mao Zedong, encourageant au contraire un temps les Chinois à procréer une armée de « petits soldats »[14], et la baisse rapide de la mortalité, ont contribué à une forte croissance démographique. Le recensement de 1953 (population estimée de 590 millions[15],[16],[17] en incluant Formose) provoque une prise de conscience et l'ébauche d'une campagne pour le contrôle des naissances vers 1956-57[18]. Après les années noires de la famine de 1959-1961 qui voit le taux de mortalité doubler et le taux de natalité être divisé par deux a lieu un « rattrapage » des naissances menant à un indice de fécondité record de 7,41 enfants par femme en 1963[19]. Un baby boom a lieu à partir de 1962 et jusqu'en 1976, d'une ampleur supérieure à celle des autres pays. En 2019, un quart de la population chinoise est née pendant le baby-boom ; la classe d'âge née en 1969 est deux fois plus nombreuse que celle née en 1959, et 40 % plus que celle née en 1979[20].

Une deuxième campagne de limitation des naissances de 1962 à 1966, axée sur le retard de l’âge du mariage et une diffusion plus large de la contraception, ne parvient pas à infléchir la forte natalité observée au cours des années 1960.

La mise en place de la politique démographique « 晚,稀,少 (wǎn, xī, shǎo)[21] » durant les années 1970 fait par contre fortement chuter la fécondité chinoise entre 1970 et 1978, passant de 5,75 à 2,75 enfants par femme[19]. Toutefois, en raison de la fécondité particulièrement élevée des années pro-natalistes, la densité du nombre de femmes en âge de mettre au monde progresse jusqu'au début des années 1990[22]. Ainsi, la natalité subit un fort effet d'inertie et demeure élevée pendant encore plusieurs décennies. À la fin des années 1970, la politique de l'enfant unique est la réponse à cette explosion.

La politique de l'enfant unique[modifier | modifier le code]

L'origine de la politique fait débat. Certains sont d'avis qu'elle trouve ses racines dans la peur d'une surpopulation[23]. D'autres auteurs, notamment Pascal Rocha da Silva, avancent l'hypothèse que la politique ait avant tout une motivation économique. En effet, elle est mise en place par Deng Xiaoping de manière concomitante avec les Quatre Modernisations. Celles-ci indiquent que la nouvelle légitimité de l'État chinois se trouve non plus dans le dogme mais dans l'amélioration concrète du niveau de vie. Limiter drastiquement le nombre d'enfants permettrait d'allouer les maigres ressources de l'État plus pleinement à la croissance économique. En 1997, l'État indique que tel est le but de la politique en ces termes : « le planning familial doit servir et être subordonné à la tâche centrale du développement économique ». Une raison secondaire est que les Quatre Modernisations vont entraîner, de manière prévisible, une baisse de la supervision étatique des campagnes : il n'est dès lors plus possible de poursuivre la politique de wan-xi-shao, qui repose sur la structure de la période maoïste (qui permet de surveiller chacun en tout temps)[24].

Cependant, tout à la fin des années 1970, la république populaire de Chine, afin de limiter la croissance de sa population, a adopté une réglementation limitant le nombre d'enfants par couple à un. Les minorités ethniques (à l'exception des Zhuang, la première minorité ethnique de Chine) ne sont, dans un premier temps, pas concernées.

À partir de 2002, le versement d'une somme d'au moins 5 000 yuans (à rapporter au salaire moyen urbain de 1 200 yuans) permet la naissance légale d'un deuxième enfant. Cette somme varie selon les provinces, elle est souvent bien plus élevée. Dans le cas de naissances illégales, des pénalités sont prévues : amendes et non délivrance de hukou, livret de résidence permettant, entre autres, l'accès à la scolarité, etc. Un nombre inconnu d'enfants noirs – ou enfants cachés par les familles par peur de représailles – existe en RPC. D'autre part, les nouveaux riches chinois peuvent payer les amendes. Toujours dans le but de ralentir l'accroissement naturel, la constitution chinoise limite les mariages en imposant l'âge minimal de 22 ans pour les hommes et de 20 ans pour les femmes. En retardant la formation des foyers, elle espère réduire la période de fécondité.

Le respect des quotas ayant une incidence politique sur les responsables des cantons, certaines exactions auraient été observées dans ce sens, notamment des stérilisations et des avortements forcés[25].

En dépit du caractère restrictif de la loi, on n'a pas observé de diminution notable du taux de fécondité en Chine au cours de la décennie qui a suivi l'entrée en vigueur de cette loi. Au contraire, la forte tendance à la baisse observée au cours de la décennie précédente, au cours de laquelle des campagnes d'information en direction des femmes avaient été menées, a été interrompue[26].

La politique de l'enfant unique a pris fin en 2015 et a été remplacée par une limitation à deux du nombre d'enfants par famille.

Population[modifier | modifier le code]

La population de la Chine est estimée à la mi-2019 à 1 441 800 000 habitants. Cette population est la plus élevée du monde et représente 18,7 % des 7,7 milliards d'habitants de la planète d'après les estimations de l'Institut national d'études démographiques[27].

Selon les estimations de l’ONU de 2019, la population de la république populaire de Chine, devrait atteindre son maximum vers 2030, avant de commencer à baisser[28].

Structure de la population[modifier | modifier le code]

La population chinoise a tendance à vieillir : la part des 60 ans et plus est passée de 7,5 % de la population totale en 1950 à 10,9 % en 2005. Le vieillissement a atteint un niveau plus avancé qu'en Inde, où les plus de 60 ans représentent 5,9 % de la population, mais ce niveau reste inférieur à celui de l'Europe où 17,3 % des habitants ont plus de 60 ans[29]. Ce vieillissement rapide soulève des enjeux économiques, sociaux et politiques[30].

La nouvelle structure par âge de la population a accru considérablement le taux d'emploi qui est aujourd'hui un des plus élevés du monde, ce qui contribue à expliquer les forts taux d'investissement, d'épargne et de croissance économique observés depuis 1980. Mais cette politique de l'enfant unique n'est pas sans poser des problèmes sociologiques et des problèmes futurs avec un vieillissement accéléré de population prévu dès 2030.

Le rapport de masculinité en Chine est particulièrement élevé, de l'ordre de 118 pour cent à la naissance en 2010-2011[31]. Ce phénomène est dû notamment à la politique de l'enfant unique, qui a conduit certains parents à tout faire pour que leur unique enfant soit un garçon. Traditionnellement, les filles s'occupent surtout de leur belle famille après le mariage. Les couples craignent donc qu'en cas de naissance d'une fille ils n'aient finalement plus personne pour s'occuper d'eux une fois devenus âgés. Cette crainte est renforcée par l'absence d'un système de protection sociale généralisé en Chine, et a conduit à des cas d'infanticides, à des abandons et des avortements sélectifs. La mortalité des filles au cours de la première année est également nettement plus élevée que celle des garçons (38,9 pour mille contre 26,5 pour mille)[32]. Pour éviter les avortements sélectifs, il est en principe interdit aux médecins de dévoiler aux parents le sexe de leur enfant avant la naissance. Par ailleurs le gouvernement chinois a lancé une campagne « Chérir les filles » pour rééquilibrer le ratio de masculinité là où il était le plus élevé.

Vieillissement[modifier | modifier le code]

Du fait des conséquences de la politique de l'enfant unique, la Chine devrait connaître à l'avenir un vieillissement de sa population important. La part des plus de 65 ans devrait passer de 10 % en 2016 à 18 % en 2030 et 25 % en 2050[33]. Par conséquent, la population en âge de travailler diminue depuis 2012[34]. La population active pourrait ainsi passer de 911 millions en 2015 à 700 millions en 2050[35].

Le vieillissement démographique a des conséquences économiques : si l'âge de départ à la retraite, actuellement de 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes, est maintenu, il y aura 1,3 actif pour financer un retraité en 2050, contre trois pour un en 2019. Cela fait craindre un déséquilibre du système des pensions[36].

Natalité[modifier | modifier le code]

Évolution des taux de naissance et de mortalité en Chine.

En 2019, le taux de natalité est tombé à 10,4 naissances pour mille habitants, niveau le plus bas depuis 70 ans. Le nombre de naissances s’élève à environ 14,6 millions, soit une baisse de 4 % par rapport à 2018 ; c’est le nombre de naissances le plus faible depuis la période du Grand Bond en avant[37].

Indice de fécondité[modifier | modifier le code]

Au cours de la période de 1950 à 2015, le taux de fécondité le plus élevé est enregistré de 1960 à 1965[38]. Pour le professeur Yi Fuxian de l'Université du Wisconsin à Madison, les données officielles sont incohérentes et auraient été revues à la hausse par le gouvernement. Selon son analyse des données de recensement, le taux de fécondité était de 1,22 en 2000 et 1,18 en 2010[39],[40].

Taux de fécondité
1950–1955 1960–1965 1970–1975 1980–1985 1990–1995 2000–2005 2010–2015
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 6,02 6,20 4,77 2,55 1,90 1,55 1,60
Moyenne mondiale 4,96 5,03 4,46 3,60 3,02 2,63 2,47

Stérilisation et avortement[modifier | modifier le code]

En république populaire de Chine 13 millions d'avortements sont réalisés et environ 55 % des femmes chinoises ont avorté au moins une fois alors que 70 % des femmes interrogées déclarent souhaiter plus d'un enfant sans pouvoir y accéder.

Par ailleurs la politique de l'enfant unique induit des stérilisations et avortement forcés. Le dissident politique Chen Guangcheng a défendu la cause de femmes forcées à être stérilisées ou à avorter, parfois à quelques jours de l'accouchement[41].

Le respect des quotas ayant une incidence politique sur les responsables des cantons, des cas de stérilisation et d'avortement forcés auraient été observés au Tibet[25]. Le spécialiste en économie du développement Andrew Martin Fischer estime que les allégations d'abus concernent, pour un grand nombre d'entre elles, les zones tibétaines en dehors de la région autonome du Tibet, et, dans la plupart des cas, renvoient aux années 1980 et au début des années 1990. Il voit dans ces abus moins une politique érigée en système que des excès de zèle très localisés et brefs[42].

Dans son étude démographique sur la région de Pala dans le Changtang occidental publiée en 1994, le tibétologue américain Melvyn Goldstein estime que de 1959 à 1990 les familles nombreuses ont continué à être la norme chez les pasteurs nomades et qu'aucune contrainte n'a été imposée à ces derniers : « Malgré des allégations répétées de la part de l'Occident que les Chinois avaient imposé une politique stricte de contrôle des naissances au Tibet, où « les avortements, stérilisations et infanticides forcés sont quotidiens » (The New York Times, 31 janvier 1992), il n'y a pas eu à Pala de politique de réduction des naissances, et encore moins de preuves d'avortements, de stérilisations ou d'infanticides ». L'étude des grossesses d'un échantillon de 71 femmes âgées de 15 à 59 ans le conduit à affirmer qu'aucune politique de contrôle des naissances visant à réduire le nombre de naissances à deux, voire trois, n'était en vigueur. Bien plus, selon lui, aucun nomade de Pala n'a dû payer d'amende pour avoir eu un troisième, quatrième, cinquième enfant et au-delà, et ces enfants ont joui de tous leurs droits au sein de la communauté[43].

Dans une étude sur la fertilité et la planification familiale au Tibet, publiée en 2002, Melvyn Goldstein, Ben Jiao, Cynthia M. Beal et Phuntsog Tsering affirment que dans aucun des endroits qu'ils ont étudiés, il n'y a d'indications montrant que Lhassa applique dans le Tibet rural la règle des deux enfants. Alors qu'un rapport du Tibet Information Network (TIN) affirme que cette politique est en place, les chercheurs ne constatent aucune limite de ce genre dans le comté de Ngamring où ils enquêtent. Le gouvernement du comté de Ngamring a fait de gros efforts pour accroître le recours à la planification familiale dans les années 1990, mais à l'été 2000 (après la parution du rapport du TIN) aucun nomade ni responsable local n'a entendu parler d'une limite fixée à deux enfants ni aucun responsable au chef-lieu du comté. Enfin, aucune amende n'est infligée pour le 4e enfant et au-delà. [...] Pour Melvyn Goldstein et al., leur étude fait ressortir combien il est dangereux d'utiliser des récits de réfugiés et des indications anecdotiques pour interpréter des situations très politisées[44].

Mortalité[modifier | modifier le code]

Évolution du taux de mortalité depuis 1969.
Évolution du taux de mortalité chinois selon les données de la banque mondiale[45]
Année Taux de mortalité
2010 14,5
2011 13,4
2012 12,4
2013 11,5
2014 10,6
2015 9,8
2016 9
2017 8,4
2018 7,7
2019 7,2

Mortalité infantile[modifier | modifier le code]

Un article paru en 2013 indique que le taux de mortalité infantile a été divisé par cinq depuis 1990[46]. La fréquence des maladies contagieuses et des maladies liées à une mauvaise hygiène a diminué.

Mortalité liée à l'urbanisation, la pollution, la mauvaise alimentation, le tabac...[modifier | modifier le code]

Les décès causés par des maladies respiratoires seraient, en 2010, supérieurs à un million par an[46]. Plus d'un homme sur deux fume en Chine, et le pays se classe parmi les trois derniers pays du G20 pour les maladies liées à la pollution de l'air.

Les victimes de cancers (+43 % depuis 1990[46] ; et +465 % en 30 ans, soit plus de 300 000[47]), maladies cardiovasculaires et de la maladie d'Alzheimer augmentent ; en raison notamment du vieillissement de la population et de l'urbanisation[46].

La mortalité sur les routes a augmenté de 79 % depuis 1990[46] et serait comprise entre 50 000 et 100 000 décès par an[48].

Distribution de la population[modifier | modifier le code]

Carte de la densité de la population par province de la république populaire de Chine et de Taïwan (2009).

La population chinoise est très inégalement répartie sur son territoire, les densités les plus fortes étant réparties sur les régions côtières. Les plus hautes densités de population se trouvent dans le delta du Yangzi Jiang, le delta de la Rivière des Perles, la plaine de Chengdu ou le bassin du Sichuan[49]. La ligne Heihe-Tengchong sépare la Chine en deux parties à peu près égales, mais plus de 90 % de la population se trouve à l'est de cette ligne. Cela s'explique en partie par la géographie (les régions à l'ouest de la Chine sont plus montagneuses et désertiques) et par les bassins historiques de peuplement de la Chine, qui sont situés près de la côte et le long des parties avales des grands fleuves chinois (notamment, un des principaux foyers de peuplement préhistorique se situe au niveau du coude du fleuve Yang Tse)[50]. Le rôle du commerce maritime peut aussi être invoqué, notamment pour expliquer la très forte croissance des villes côtières : Shanghai, par exemple, qui compte aujourd'hui environ 20 millions d'habitants, n'était qu'un village de pêcheurs jusqu'au XVIIIe siècle. Mais elle s'est très rapidement développée à la suite de l'ouverture du commerce avec les puissances étrangères britanniques et américaines, à partir du XIXe siècle.

Migration[modifier | modifier le code]

On estime que chaque année près de 18 millions de Chinois migrent des campagnes vers les villes (chiffres 2007)[51].

Cinquante-six « nationalités »[modifier | modifier le code]

Ethnie Taux
Hans 92,1 %
Zhuangs 1,4 %
Mandchous 1,0 %
Huis 0,9 %
Hmongs 0,8 %
Ouïghours 0,7 %
Yis 0,7 %
Tujias 0,6 %
Mongols 0,6 %
Tibétains 0,6 %
Buyeis 0,4 %
Coréens 0,2 %

La nationalité « han » : homogénéité ou hétérogénéité ?[modifier | modifier le code]

Le groupe ethnique han, largement majoritaire (92 % de la population) est lui-même relativement hétérogène, et peut être également appréhendé comme un vaste ensemble de coutumes partageant des caractéristiques culturelles et linguistiques proches (en particulier la grammaire et l'écriture). Les différences entre les langues parlées, notamment entre le mandarin et le cantonais, et dans une moindre mesure entre le mandarin et le wu, sont cependant très fortes.

Selon Aymeric Chauprade, une des grandes forces de la Chine dans la mondialisation est non seulement sa puissance démographique mais aussi et surtout le fait que sa population soit ethniquement et culturellement homogène[52].

Les cinquante-cinq autres nationalités[modifier | modifier le code]

La république populaire de Chine reconnaît l'existence, en plus des Hans, de cinquante-cinq nationalités ou minorités ethniques officielles qui totaliseraient 100 millions de citoyens au sein de la nation chinoise. Elles sont constituées de citoyens chinois ayant une langue maternelle ou une culture non han[53]. D'après la Constitution de la république populaire de Chine, les nationalités quelles qu'elles soient bénéficient du droit « de développer leur propre langue parlée et écrite ainsi que de préserver ou réformer leurs propres us et coutumes »[54], ainsi que d'une priorité de recrutement dans les entreprises ou dans les établissements d'une région autonome[55]. En outre, la loi sur le contrôle des naissances autorise certaines nationalités, notamment dans les régions peu peuplées de l'ouest, à avoir plus d'un enfant par couple, contrairement aux Hans qui n'ont droit qu'à un seul enfant[56].

Cependant, certaines minorités cohabitant avec les Hans se plaignent des différences qu'elles ressentent entre ce que prévoit le droit chinois et la situation effective telle qu'elle peut être vécue sur le terrain. Des Occidentaux dénoncent en effet des mesures discriminatoires, notamment des atteintes à la liberté de religion, une marginalisation culturelle entraînant une marginalisation économique, ou la loi autoritaire sur le contrôle des naissances (malgré les aménagements spécifiques)[57],[58].

Carte d'ethnolinguistique de la république populaire de Chine et de la république de Chine (Taïwan) en 1983.

Religions[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

Urbanisation[modifier | modifier le code]

Évolution du taux d'urbanisation depuis 1960.

Fin 2017, 813 millions de Chinois vivaient en ville, soit un taux d'urbanisation de 58,5 % de la population totale ; ce taux a progressé de 5,95 % en cinq ans : 101,65 millions de Chinois ont quitté les campagnes pour s'établir dans des villes[59].

L'évolution de cette urbanisation est plutôt lente en comparaison d'autres pays. Par le système de hukou, le gouvernement restreint les installations dans les chef-lieux de province et les mégapoles, pour favoriser les villes petites et moyennes[60].

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  2. Le taux de variation de la population 2018 correspond à la somme du solde naturel 2018 et du solde migratoire 2018 divisée par la population au 1er janvier 2018.
  3. Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  4. L'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) pour 2018 est la somme des taux de fécondité par âge observés en 2018. Cet indicateur peut être interprété comme le nombre moyen d'enfants qu'aurait une génération fictive de femmes qui connaîtrait, tout au long de leur vie féconde, les taux de fécondité par âge observés en 2018. Il est exprimé en nombre d’enfants par femme. C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de 2018.
  5. Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  6. Le taux de natalité 2018 est le rapport du nombre de naissances vivantes en 2018 à la population totale moyenne de 2018.
  7. Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  8. Le taux de mortalité 2018 est le rapport du nombre de décès, au cours de 2018, à la population moyenne de 2018.
  9. Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  10. Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre d'enfants décédés à moins d'un an et l'ensemble des enfants nés vivants.
  11. L'espérance de vie à la naissance en 2018 est égale à la durée de vie moyenne d'une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de 2018. C'est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de 2018.
  12. L'âge médian est l'âge qui divise la population en deux groupes numériquement égaux, la moitié est plus jeune et l'autre moitié est plus âgée.
  13. a b c d e et f Gérard-François Dumont, « La Chine : un géant démographique face au vieillissement de sa population », Hyper articles en ligne,‎ (lire en ligne, consulté le 8 octobre 2020).
  14. Jean-Claude Chesnais, « Aspects de la limitation des naissances en Chine », Tiers-Monde, t. 16, no 62,‎ , p. 311-332 (ISSN 1963-1359, lire en ligne)
  15. Alain Monnier, « Mouvement et structure de la population de la Chine (1950-2000) », dans Jean-Marc Rohrbasser, La Chine au seuil du XXIe siècle : questions de population, questions de société, vol. 148, Institut national d'études démographiques, coll. « Les cahiers de l'Ined », , 600 p. (ISBN 2-7332-0148-4, présentation en ligne), p. 33-58
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  17. « La population de la Chine », Population, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, vol. 9, no 4,‎ , p. 744–746 (DOI 10.2307/1524932, lire en ligne, consulté le 29 août 2020).
  18. Isabelle Attané, « La Chine : quelles politiques démographiques ? », Critique internationale, Centre d’études et de recherches internationales (CERI), no 29,‎ , p. 49-62 (ISSN 1290-7839, lire en ligne)
  19. a et b Peng Xizhe, « La fécondité chinoise : constats et perspectives », dans Jean-Marc Rohrbasser, La Chine au seuil du XXIe siècle : questions de population, questions de société, vol. 148, Institut national d'études démographiques, coll. « Les cahiers de l'Ined », , 600 p. (ISBN 2-7332-0148-4, présentation en ligne), p. 59-78
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  21. wǎn, xī, shǎo, littéralement « tard, espacé, peu » représentent les qualificatifs décrivant les trois axes de cette politique : le mariage et la procréation tardifs, espacement des naissances et réduction de la descendance
  22. (en) Banister J. & Hardee-Cleaveland, 1988, China Quarterly, p. 248.
  23. (en) S. Greenhalgh, Missile science, population science : The origins of China's one'child population policy, juin 2005, p. 253-276, China Quarterly, Vol. 182.
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  44. (en) M. C. Goldstein, Ben Jiao, C.M. Beall, Phuntso Tsering, Fertility and Family Planning in Rural Tibet, in The China Journal, 2002, vol. 47, fasc. 1, pp. 19-40 : « There was no evidence in any of the sites we studied that Lhasa is applying a two-child birth rule in rural Tibet in line with the rest of China. Although a recent Tibet Information Network report stated this policy is in place, when Ngamring county, which was cited in the report, was visited, no such work was evident. The Ngamring county government had made a strong effort to increase the use of family planning in the 1990s, but in the summer of 2000 (after the report appeard) no local nomads or officials in the area we studied had heard anything about a two-child limit, nor had any of the officials we spoke with at the Ngamring country seat. And finally, no fines had been imposed for fourth and higher births. It is not inconceivable that China will at some point attempt to implement a two-child limit in rural Tibet, but for the present, it is not doing so. In fact, the government is not over effectively enforcing the current three-child limit. [...] The study highlights the dangers of using refugee reports and anecdotal evidence to interpret highly politicized situations. »
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  54. Article 4 de la Constitution : « [...] Les personnes de toutes les nationalités sont libres d'utiliser et de développer leur propre langue parlée et écrite ainsi que de préserver ou réformer leurs propres us et coutumes. ».
  55. Article 23 de la loi sur l'autonomie des régions ethniques : « Lors du recrutement des cadres ou des ouvriers dans les entreprises ou dans les établissements d'une région autonome, les personnes des minorités nationales sont choisies en priorité. Le personnel peut même être recruté parmi les minorités nationales de la campagne ou des régions de pâturages, mais l'autorisation du gouvernement populaire de la province ou de la région est nécessaire ».
  56. « Depuis le début des années 80, le gouvernement central chinois a approuvé l'application du planning familial dans les régions des minorités nationales pour élever leur niveau économique et culturel excepté au Tibet et dans les régions des minorités nationales peu peuplées. Les règlements sont déterminés par le gouvernement du département autonome ou par la province et la région autonome intéressées selon les conditions locales. » Unir le guide de l'État avec le désir de la masse, China Internet Information Center.
  57. Rapport de la sous-commission établi en application de la résolution 8 (XXIII) de la Commission des Droits de l'Homme, 24 juin 1999.
  58. « Quelle solution politique pour le Tibet ? », rapport du groupe interparlementaire français d'amitié no 77 (2007-2008) - 17 octobre 2007 : L'envers du décor.
  59. Le taux d'urbanisation frôle les 60 % en Chine, Challenges, 5 février 2018.
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Blayo, Des politiques démographiques en Chine, INED (Institut National d'Études Démographique) cahier numéro 137, 1997, (ISBN 2-7332-0137-9)
  • Sous la direction d'Isabelle Attané, La Chine au seuil du XXIe siècle, INED (Institut National d'Études Démographique) cahier numéro 148, 2002, (ISBN 2-7332-0148-4)
  • Pascal Rocha da Silva, La politique de l'enfant unique en république Populaire de Chine, Université de Genève, 160p., 2006, [1]
  • (en) Korotaïev A., Malkov A., Khaltourina D. Introduction to Social Macrodynamics: Secular Cycles and Millennial Trends. Moscow: URSS, 2006, (ISBN 5-484-00559-0) [2]
  • (Collectif) Jean-Pierre Paulet (dir.), Michel Cartier, Lozato-Giotart, Wahap Halik, Richard d'Angio, Martine Crauk, Population et développement en Chine, Ellipses, Paris, 2001, 224 p. (ISBN 2729805303 et 9782729805302)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]