Xikang

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西康省
Province du Xikang
ROC Div Xikang.svg
Capitale Kangding
Gouverneur Liu Wenhui (1er janvier 1939 au 9 décembre 1949)
He Guoguang (25 décembre 1949 à mars 1950)
Date création 1er janvier 1939[1]
Date suppression 1955
Superficie 451 521 km2
Population 1 748 458
Densité 3,9 habitant / km2

Le Xikang ou Sikang (chinois : 西康省 ; pinyin : xīkāng shěng, le terme kang est la transcription phonétique du tibétain : ཁམས།, Wylie : khams, pinyin tibétain : kam, THL : kham) est une ancienne province créée sous la République de Chine (1912-1949) en 1939 pendant l'invasion japonaise[2] et qui prendra fin sous la République populaire de Chine, en 1955[3]. Elle remplace le District spécial de Chuanbian (1914[4] ou 1916 à 1926[4] ou 1928).

Description[modifier | modifier le code]

La province comprenait notamment la plus grande partie de l'ancienne province tibétaine du Kham, où vivent les Khampas, un sous-groupe de la population tibétaine[5], ainsi que des Qiang et Naxi à l'Est, mais également des populations et d'autres ethnies non tibétaines, comme les Yi ou les Han, tandis que la partie ouest était habitée essentiellement par des Tibétains.[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de Chine publiée par le journal chinois Shen Bao en 1936, figurant le Xikang en bleu foncé

Selon Peng Wenbin, l'invasion britannique de Lhassa, en 1904 a créé une profonde anxiété parmi les officiers des frontières chinois, concernant la sécurité des frontières du sud-ouest de la Chine. Dans leurs eprits, des mesures immédiates devaient êtres prises pour redresser les vulnérabilités de la frontière sino-tibétaine. Ces mesures allaient se matérialisé par le « projet de civilisation » de Zhao Erfeng, comprenant la réforme du système tusi, et le développement de l'agriculture, de l'exploitation des minerais et de l'éducation[6].

Selon Claude Arpi, en 1905, alors que l'empire de la dynastie Qing était sur son déclin, les frères Zhao Erfeng et Zhao Erxun, de la bannière bleue, unique bannière han, des Huit Bannières du gouvernement Mandchou, se partagèrent la tâche de redécouper le plateau du Tibet en différentes régions administratives. L'Amdo et le Kham devinrent les provinces du Qinghai et du Xikang[7].

Durant chute de la Dynastie Qing, en 1911, les propositions de Zhao Erfang n'était plus la priorité du gouvernement Mandchou[6].

Le projet du Xikang a été de nouveau ravivé en 1928 par le gouvernement nationaliste, ainsi que les plans de création de quatre provinces ; Rehe, Chahaer, Suiyuan et Qinghai[6].

D'abord voie du chuanbian (zh) (川边道) en 1905[réf. nécessaire], puis « district spécial de Chuanbian » du au [4], le Xikang devint officiellement une province en 1939. Jusqu'en 1955, sa capitale a été la ville de Kangding, et son gouverneur le seigneur de la guerre Liu Wenhui.

Dans la réalité, le contrôle chinois ne portait que sur le Kham oriental, les Tibétains contrôlant le Kham occidental (région de Qamdo), le fleuve Yangzi constituant alors la frontière définie lors de la convention de Simla, entre Chine et Tibet[8],[9]. Pendant cette période, la région contrôlée par Liu Wenhui devint un centre important de production d'opium[10] .

En 1950, après la défaite du Kuomintang face au Parti communiste chinois dans la guerre civile chinoise, la province fut amputée du territoire de Qamdo, officialisant ainsi la situation antérieure, et sa capitale transférée à Ya'an[11]. La province ainsi réduite disparut en 1956, lors de l'intégration du Kham oriental à la province du Sichuan[12] ; quant au territoire de Qamdo, il fut rattaché en tant que préfecture de Qamdo à la région autonome du Tibet lors de sa création en 1965. Une partie à également été intégrée à l'état d'Arunachal Pradesh, en Inde[réf. nécessaire].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fabienne Jagou, Le 9e Panchen Lama (1883-1937): enjeu des relations sino-tibétaines, p. 251
  2. Lawrence Epstein et International Association for Tibetan Studies. Seminar, Khams Pa Histories: Visions of People, Place and Authority : PIATS 2000, Leiden, Boston, Brill, (ISBN 9789004124233, OCLC 48619288, lire en ligne), p. 287
  3. « TIBET (XIZIANG) », sur Universalis
  4. a, b et c (en) « Provinces and Administrative Divisions », sur Worldstatesmen.org
  5. Robert W. Ford, Tibet Rouge, Capturé par l'armée chinoise au Kham, Éditions Olizane, Genève, 1999, (ISBN 2-88086-241-8), p. 14 et p. 51
  6. a, b et c Peng Wenbin, “Frontier Process, Provincial Politics and Movements for Khampa Autonomy,” in (en) Lawrence Esptein (dir.), Khams Pa Histories: Visions of People, Place and Authority : Tibetan Studies: Proceedings of the Ninth Seminar of the International Association for Tibetan Studies, Leiden 2000, Brill, (ISSN 1568-6183, lire en ligne)
  7. Claude Arpi, Tibet, le pays sacrifié, Calmann-Lévy, 2000, chap. 11, p. 126.
  8. Fabienne Jagou, Vers une nouvelle définition de la frontière sino-tibétaine : la Conférence de Simla (1913-1914) et le projet de création de la province chinoise du Xikang In: Extrême-Orient, Extrême-Occident. 2006, N°28, pp. 147-167. « Au cours des différentes phases de négociations engagées à Simla, divers arguments furent avancés par les protagonistes pour parvenir à un éventuel accord. Les Tibétains souhaitaient recouvrer un Tibet composé des trois provinces (Û-Tsang, Amdo et Kham) avec une frontière sino-tibétaine allant de Dartsédo au Kham au nord du lac Kokonor en Amdo. Les Chinois revendiquèrent une frontière interne passant à l'ouest de Gyamda, incluant de la sorte tout l'Amdo et la majeure partie du Kham au territoire chinois. Les Britanniques proposèrent alors de diviser le Tibet en un Tibet Extérieur (Û-Tsang) autonome et un Tibet Intérieur (Amdo et Kham) sous suzeraineté chinoise. Mais, les Tibétains et les Chinois rejetèrent cette proposition. Face à ce double refus, les Britanniques modifièrent leur projet en avril 1914, ne parlant alors que d'une suzeraineté chinoise dite «nominale» sur le Tibet extérieur et «effective» sur le Tibet intérieur. Cette version fut d'abord paraphée par les trois protagonistes, avant que le gouvernement chinois ne se rétracte. Finalement, seuls les Britanniques et les Tibétains la signèrent le 3 juillet 1914. »
  9. « On 10th October 1932, Liu and the Tibetan leaders signed a truce in which it was agreed that the Tibetan forces would remain west of the Yangtze river and the Chinese would remain east of it. The river remained the de facto border between Tibet and China until October 1950 (Peissel 1972 Guibaut 1949) » John Studley, « The History of Kham », (consulté le 10 décembre 2007)
  10. « Red Poppies: A Novel of Tibet, Review by Gang Yue », MCLC Resource Center (consulté le 10 décembre 2007)
  11. « Xikang », The Columbia Encyclopedia, Sixth Edition (consulté le 9 décembre 2007)
  12. (en) China News Analysis, 1965, Numéros 551 à 600, p. 76 "originally 'Sikang province Tibetan aut. district" 1950, the same aut. chou in 1955. Incorporated in Szechuan in 1956"

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fabienne Jagou, « Vers une nouvelle définition de la frontière sino-tibétaine : la Conférence de Simla (1913-1914) et le projet de création de la province chinoise du Xikang », Extrême-Orient, Extrême-Occident, no 28,‎ , p. 147-167 (DOI 10.3406/oroc.2006.1229, lire en ligne)
  • (en) Joe Lawson, Xikang: Han Chinese in Sichuan's Western Frontier, 1905-1949, Victoria University of Wellington, (présentation en ligne, lire en ligne)
  • (zh) 梅心如, 西康, 上海, 上海交通大學出版社,‎ (OCLC 988012055)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]