Zhao Erfeng

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Zhao Erfeng
P.16c Chao Erh-feng.jpg
Fonctions
Amban
Tibet
à partir de
Magistrat de comté (en)
Gouverneur général du Sichuan
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Fratrie
Autres informations
Bannière
Chinoise Han Bleue (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Zhao Erfeng ou Chao Er-feng (chinois simplifié : 赵尔豊 ; chinois traditionnel : 趙爾豊 ; pinyin : zhào ěrfēng, également Ji He (季和, jìhé), né en 1845 et décédé en 1911, était un haut responsable mandchou[1] des Qing et des Huit Bannières, qui a appartenu à la Bannière bleue.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avec son frère aîné Zhao Erxun, Zhao Erfeng est un des seigneurs de guerre chinois, qui, au moment du déclin de l'empire des Qing se partagèrent l'administration du Tibet.

Directeur-général du Chemin de fer Sichuan - Hubei et agissant comme vice-roi de la province du Sichuan, ce général manchou réprima la révolte de 1905 dans la région du Kham (Tibet oriental) pendant laquelle un amban (gouverneur résident) et des missionnaires français avaient été tués.

James Huston Edgar de la Mission à l'Intérieur de la Chine à Batang était sceptique au sujet du programme de pacification de Zhao Erfeng[2].

Après la signature de la Convention sur le Tibet entre la Grande-Bretagne et la Chine en 1906, Pékin se rendit compte de l'hésitation de Londres à s'engager davantage au Tibet et adopta une nouvelle politique pour cette région, nommant le gouvereur-général du Sichuan, Zhao Erfeng, commandant des armées au Tibet[1].

Il imposa durement des réformes sur le modèle chinois et créa la province du Xikang, dont il devint amban en mars 1908 (le dernier amban du Tibet) pendant que l'Amdo devenait la province du Qinghai sous la direction de son frère Zhao Erxun[3].

Selon le poète Jean Dif, dans les territoires sous sa férule, la sinisation est à l'ordre du jour. L'administration est répartie entre Chinois et Tibétains. Interdiction est faite aux monastères de s'agrandir et obligation leur est faite de réduire leurs effectifs. Le servage est aboli. Des écoles sont ouvertes. Un état civil est créé. La fiscalité est modifiée. Seule la monnaie des Qing est admise, outre les lingots d'argent, comme moyen de paiement. L'hygiène du corps et le port du pantalon sont imposés. Les colons chinois sont incités à s'établir dans la région. Les mariages sino-tibétains sont encouragés[4].

Sa sanglante répression du soulèvement du monastère de Batang dans le Sichuan, lui avait valu le surnom de « tueur de lamas »[5], « boucher du Kham » ou de « Zhao le Boucher ». Il mena des campagnes armées dans le Tibet, atteignant finalement Lhassa en 1910. Cette intrusion, considérée comme une invasion, entraîna l'exil en Inde du 13e dalaï-lama. Celui-ci put traverser la vallée de Chumbi grâce au soutien de la population locale qui l'escorta jusqu'à la frontière pour le protéger des troupes de Zhao Erfeng à sa recherche, avec ordre de le capturer ou de le tuer[1].

Zhao Erfeng fut assassiné par ses hommes en janvier 1911 lors d'une révolte chinoise[1] alors que l'Empire sombrait [6] : il est considéré comme un des premiers seigneurs de la guerre qui firent éclater la Chine entre 1911 et la période communiste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Claude Arpi, Tibet, le pays sacrifié, 2000, Calmann-Lévy, chap. 11, p. 126-127, p. 129
  2. (en) Wendy Palace, British Empire and Tibet 1900-1922, p. 57.
  3. (en) Elliot Sperling, The Chinese Venture in K'am, 1904-1911, and the role of Chao Erh- feng in The History of Tibet: The medieval period, c. 850-1895: the development of Buddhist paramountcy, Volume 2, Alex McKay, pp. 69-92.
  4. Jean Dif, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (suite 2).
  5. Charles-Eudes Bonin, Les Royaumes des Neiges (Etats Himalayens), librairie Armand Colin, 1911, pp. 189-236.
  6. (en) Melvyn Goldstein, A History of Modern Tibet, 1913-1951 : The Demise of the Lamaist State, University of California Press, 1989, 898 p., pp. 58-59 : « troops throughout much of the empire had rebelled: "in South and West China, province after province declared its independence of Manchu rule, and the Manchu garrisons were slaughtered. Szechuan was among the revolted provinces. Tuang Fang was murdered by his own men while still en route to Chengdu, and not long afterwards Chao Erh-feng was also killed. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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