Pont du Saint-Esprit

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pont du Saint-Esprit
Image illustrative de l'article Pont du Saint-Esprit
Géographie
Pays France
Région Occitanie
Département Gard
Commune Pont-Saint-Esprit et Lamotte-du-Rhône
Coordonnées géographiques 44° 15′ 33″ N, 4° 39′ 09″ E
Fonction
Franchit le Rhône
Fonction pont routier
Caractéristiques techniques
Type Pont en arc
Longueur 919 m
Matériau(x) Pierre, Fonte, Béton armé
Construction
Construction 1265 - 1309, 1856, 1954
Architecte(s) Jean de Tensanges

Géolocalisation sur la carte : Gard

(Voir situation sur carte : Gard)
Pont du Saint-Esprit

Géolocalisation sur la carte : Languedoc-Roussillon

(Voir situation sur carte : Languedoc-Roussillon)
Pont du Saint-Esprit

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Pont du Saint-Esprit

Le pont du Saint-Esprit, construit de 1265 à 1309, est un pont médiéval du Gard à vingt-six arches enjambant le Rhône entre Pont-Saint-Esprit et Lamotte-du-Rhône. Il mesure 919 mètres de long.

Historique[modifier | modifier le code]

Sa construction fut voulue par le frère de Louis IX, le comte de Poitiers et de Toulouse Alphonse de Poitiers[1] ; elle commença en 1265 pour s’achever en 1309[2].

D’après Viollet-le-Duc, elle fut confiée à Jean de Tensanges[3] ou de Thianges[4]. La tradition veut que celui-ci, prieur des bénédictins de Saint-Saturnin-du-Port se soit d'abord refusé à cette construction puis qu'il céda, inspiré par l'Esprit Saint et posa lui-même la première pierre[5].

Article détaillé : Ordre des frères pontifes.

.

Arche marinière en fonte construite en 1856
Arche marinière en béton armé construite en 1954

Le passage le plus profond du Rhône au droit du pont se trouve sur la rive droite. À la fin de 1853, l'administration des ponts et chaussées a décidé de remplacer les deux premières travées du côté de Pont-Saint-Esprit par une arche unique en fonte de 62 mètres d'ouverture pour améliorer la navigabilité du Rhône. Cette arche marinière est ouverte partiellement à la circulation en octobre 1856. Elle a été réalisée suivant les plans de l'ingénieur des ponts et chaussées Aymard. Les pièces de fonte de l'arc ont été coulées à l'atelier de Fourchambault sous la direction d'Émile Martin. La pile qui supportait les deux premières travées est démolie en 1857-1858.

Le pont est élargi sur toute sa longueur suivant un projet des ingénieurs Thouvenot et Aurès entre 1861 et 1870. Les travaux ont été réalisés par Jean-Baptiste Guillier et Jean-Louis Gay.

L'arche marinière est détruite par un bombardement, en 1944. Elle est reconstruite en béton armé en 1954 sous les ordres de l'ingénieur des ponts et chaussées Jacques Ramsay Robinson. Le chantier a été confié à l'entreprise Boussiron et à son directeur technique Nicolas Esquillan.

Structure[modifier | modifier le code]

C'est le plus vieux de tous les ponts sur le Rhône encore en activité. Il a longtemps constitué un point de passage obligé sur le fleuve entre la Provence et le Languedoc. Il est composé de 26 arches, dont 19 grandes et 7 petites. Sur chaque arche, il existe une arcade de dégagement identique à celle du Pont Julien, ouverte pour mieux faire évacuer les hautes eaux au moment des crues[5].

L'Œuvre du pont[modifier | modifier le code]

Maison des Chevaliers : façade est donnant sur le Rhône et le jardin

L'Œuvre hospitalière du pont du Saint-Esprit fut une congrégation totalement civile chargée de la gestion et de l'entretien. Pour l'accueillir, une Maison des Chevaliers existait à Pont-Saint-Esprit. Elle fut du XIIe au XVIIe siècle, la propriété exclusive de la famille de Piolenc, de riches négociants qui firent fortune dans le trafic du sel et du fer et qui par les taxes payées finançaient en partie l'Hospitalité du pont du Saint-Esprit. Le plus connu d'entre eux est Guillaume de Piolenc qui, en 1450, fit réaliser ce chef d'œuvre qu'est la salle d'apparat au premier étage[6].

Article détaillé : Musée d'Art sacré du Gard.
Vue d'ensemble du pont Saint-Esprit

Sur la rive droite du fleuve, l'entrée du pont était précédée par le Logis de l'Œuvre du Saint-Esprit[7]. Celle-ci, dirigée par un Recteur laïc, avait pour fonction de faire curer le Rhône, afin de faciliter le passage des barques sous le pont et de faire entretenir celui-ci. Cette œuvre, à fonction hospitalière, pouvait recevoir des aumônes et des dons par testament[8]. Louis XI y ajouta le privilège de récupérer les taxes saunières au passage du pont. Grâce à cette manne financière, en 1474, l'Œuvre fit appel à Blaise Lécuyer pour faire construire une église hospitalière[9].

Tant pour l'entretien et les réparations du pont ou des digues du fleuve, l'Œuvre prenait en charge le salaire des ouvriers des différents corps de métiers, ainsi que l'achat et le transport des matériaux. Maîtres d'ouvrage, les Recteurs rémunéraient de même le magister operis qui était chargé de faire exécuter ses plans et de surveiller ses chantiers[10].

Situation[modifier | modifier le code]

La majeure partie de sa structure est sur la commune de Lamotte-du-Rhône. Le pont était protégé par un fort de ce côté, qui fut dénommé Fort de Montrevel au XIXe siècle. Il fut vendu par les Domaines en 1867 et il n'en subsiste aucune trace[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Ducluzeau. Alphonse de Poitiers, frère préféré de Saint Louis. La Crèche : Geste éditions, 2006. 239 p. (ISBN 2-84561-281-8), op. cit. p 150
  2. Structurae. Pont du Saint-Esprit. Article en ligne [1], consulté le 18 mai 2011
  3. Eugène Viollet-le-Duc. Dictionnaire raisonné de l’architecture française, article Pont. Disponible en ligne [2]
  4. Structurae
  5. a et b Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Christian Lacour, Nîmes (réed.), 1997, (ISBN 284406051X), p. 178.
  6. Alain Girard, op. cit., pp. 126-128.
  7. Alain Girard, op. cit., p. 125.
  8. Alain Girard, op. cit., p. 126.
  9. Alain Girard, op. cit., p. 149.
  10. Alain Girard, op. cit., p. 150.
  11. Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, A. Barthélemy, Avignon, 1986, (ISBN 2903044279), p. 231.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Aymard, Notice sur les travaux exécutés au pont Saint-Esprit pour la construction d'une passe marinière, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1859, 2e semestre, p. 1-48 et planches 157, 158 (lire en ligne)
  • Jean Mesqui, Les ponts avant le temps des ingénieurs, Picard éditeur, Paris, 1986, p. 28, 30-35, 37, 68, 82, 97-98, 110, 112-113, 117, 121, 135, 150, 169, 173, 179, 187, 199 ; (ISBN 2-7084-0322-2)
  • Alain Girard, L'aventure gothique entre Pont-Saint-Esprit et Avignon du XIIIe au XIVe siècle, Édisud, Aix-en-Provence, 1996, (ISBN 2857448880)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]