Pont de Lattre-de-Tassigny (Vienne)

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Pont de Lattre-de-Tassigny
Vue sur le quai Jean-Jaurès côté nord et sur le pont de Lattre-de-Tassigny à gauche.
Vue sur le quai Jean-Jaurès côté nord et sur le pont de Lattre-de-Tassigny à gauche.
Géographie
Pays France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Commune Vienne et Saint-Romain-en-Gal
Coordonnées géographiques 45° 31′ 42″ N, 4° 52′ 20″ E
Fonction
Franchit le Rhône
Fonction Pont routier (D502)
Caractéristiques techniques
Longueur 198,50 m
Matériau(x) Béton armé
Construction
Construction 1949

Géolocalisation sur la carte : Isère

(Voir situation sur carte : Isère)
Pont de Lattre-de-Tassigny

Géolocalisation sur la carte : Vienne

(Voir situation sur carte : Vienne)
Pont de Lattre-de-Tassigny

le pont de Lattre-de-Tassigny est un pont de la commune de Vienne qui franchit le fleuve du Rhône et relie Saint-Romain-en-Gal et la place Saint-Louis au confluent de la Gère et du Rhône.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L'ouvrage sera construit au confluent de la Gère et du Rhône. En béton armé, il aura une longueur totale de 198, 50 m. Il présentera trois ouvertures dissymétriques, respectivement en partant de la rive gauche de 26 m, 108 m et 46, 50 m. Ces trois arches seront à intrados elliptique. La largeur du tablier sera de 13 m avec une chaussée de 9 m et deux trottoirs latéraux de 2 m[1].

Toponyme[modifier | modifier le code]

Le 13 avril 1997, le pont neuf enjambant le Rhône reçoit le nom du Maréchal Jean de Lattre de Tassigny. Resté sans nom pendant presque 50 ans, l'ouvrage s'est vu attribuer le patronyme de l'illustre soldat qui commandait pendant la Seconde Guerre mondiale la Première Armée qui, en 1944, remonta la Vallée du Rhône pour chasser les forces allemandes. Il libéra Toulon, Marseille, Lyon, Dijon et l'Alsace avant de recevoir pour la France, le 8 mai 1945, la capitulation allemande à Berlin. Le 24 juillet 1948, Jean de Lattre de Tassigny est venu à Vienne pour inaugurer l'avenue Général-Leclerc[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant le pont 

De tous les temps, Vienne fut un passage obligé sur le Rhône. Ce sont les Romains qui construisirent les trois premiers ponts. Le dernier de ces ponts[2] fut détruit en 1571, 1604 et 1617 puis à chaque fois reconstruit, l'ouvrage sera définitivement anéanti en août 1607. À partir de dette date, le passage sur le Rhône s'opère par bac à traille. En 1829, un pont suspendu fut construit entre les deux rives[1] :

Article détaillé : Pont suspendu de Vienne (Isère).
Demande d'un nouveau pont 

Il faudra attendre 1930 pour que le président de la Chambre de commerce de Vienne demande l'inscription de la construction d'un nouveau pont au programme des grands travaux entrepris par le gouvernement. Une décision ministérielle du 20 avril 1932 choisit l'emplacement du « nouveau pont »[1].

Avant ce procédé de construction, l'arche centrale offrira la particularité d'être très surbaissée mais aussi de comporter à la clé de très grands rayons de courbure qui en feront l'une des voûtes les plus aplaties du monde pour l'époque. Ce sont les entreprises Schneider qui sont lauréates du concours et qui réaliseront les travaux. Le 30 juillet 1938, Albert Lebrun alors président de la République, accueilli par Lucien Hussel, Député-Maire de Vienne, pose la première pierre du « nouveau pont »[1].

Un véritable défi technique 

Les fondations-piles et culées-sont exécutées de février 1939 à mai 1941, au moyen de caissons à air comprimé de dimensions exceptionnelles qui servira à la construction des fondations du pont est en cours de construction sur un plancher reposant sur deux péniches. 18 500 m3 de béton seront nécessaires à leur réalisation. Les deux arches de rives, construites de septembre 1941 à décembre 1942, nécessiteront quant à elles, 1 500 m³ de béton. La voûte centrale de 108 m, formée de deux arcs jumelés, demandera seize mois de travaux (mai 1942 - septembre 1943) et quelque 4000 m³ de béton. Pour ne pas interrompre la navigation, elle fut construite sur cintre métallique. Ce procédé de construction, qui n'avait encore jamais été utilisé pour un ouvrage de cette envergure, nécessita plus d'une année d'études. En 1944, alors que les travaux sont presque achevés, les forces allemandes battent en retraite et dynamitent la voûte centrale ! Fort heureusement, le cintre métallique avait été conservé à Chalon-sur-Saône. Réacheminé à Vienne, il permet la patiente reconstruction des deux arcs jumelés d'avril 1946 à juin 1947. La superstructure - murettes, tablier et tympans - soit au total 1250 m³ de béton est achevée en mai 1949[1].

Trois tests concluants 

Un mois plus tard, les premiers tests avant l'ouverture à la circulation démarrent. Ils sont de trois types :

  • Un essai statique consistant à placer des camions d'une charge totale de 330 tonnes sur la première moitié de l'arc. Ce qui représente une charge de 500 kilos par m² de chaussée et 400 kilos par m² de trottoirs.
  • Un essai dynamique consistant à faire circuler sur toute la largeur du pont deux camions de 25 tonnes chacun.
  • Le dernier essai, mélange des deux premiers, organisa la circulation d'une charge mobile de 50 tonnes sur un côté de la chaussée pendant que de l'autre stationnaient des camions représentant une charge totale de 165 tonnes.

Le « nouveau pont » passe ces trois tests avec succès. Le 12 juin 1949, l'ouvrage est inauguré par Vincent Auriol, président de la République et Lucien Hussel, député-maire de Vienne en présence d'une foule de Viennois, venus assister à l'événement[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Christelle Jaffuel et Laurent Pascal Vial, Le pont de Lattre de Tassigny, Archives communales, 2005, p. 7 à 13.
  2. Le pont que gardait la tour ne résiste pas aux crues du fleuve ; il s'écroule une première fois en 1407, est ébranlé à plusieurs reprises (1571, 1604 et 1617) et disparaît définitivement en 1651.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]