Papouasie-Nouvelle-Guinée

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La Papouasie-Nouvelle-Guinée, en forme longue l'État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée, en anglais Papua New Guinea et Independent State of Papua New Guinea, en tok pisin Papua Niugini, en hiri motu Papua Niu Gini, est un pays d'Océanie occupant la moitié orientale de l'île de la Nouvelle-Guinée (462 840 km2) (l'autre moitié, la Nouvelle-Guinée occidentale, étant sous souveraineté indonésienne). Elle est située en Océanie proche, dans le sud-ouest de l'océan Pacifique, au nord de l'Australie, et à l'ouest des îles Salomon.

Le nom du pays provient de « papou », mot qui, d'après le naturaliste Alfred Wallace, est issu du malais puwah-puwah ou papuwah qui signifie « crépu »[3]. L'ethnologue français Christian Pelras, spécialiste du sud de l'île de Célèbes, écrit que des cartes établies au XVIIIe siècle par les Bugis mentionnent le nom de « Papua » pour désigner la Nouvelle-Guinée[4].

Nouvelle-Guinée est le nom qu'a donné au XVIe siècle un explorateur espagnol, en raison de la ressemblance qu'il trouve aux habitants avec la population de Guinée équatoriale en Afrique. Le pays a obtenu son indépendance en 1975, et est membre du Commonwealth of Nations.

Histoire[modifier | modifier le code]

Colonisée par l'Australie au nom de la Grande-Bretagne (1883) et par l'Allemagne (1884), la Papouasie-Nouvelle-Guinée est indépendante au sein du Commonwealth depuis 1975.

Le pays a vécu des conflits frontaliers avec l'Indonésie et des mouvements sécessionnistes, tel celui de l'île de Bougainville, où la guérilla aurait fait plus de 100 000 morts.

Politique[modifier | modifier le code]

La Papouasie-Nouvelle-Guinée est un Royaume du Commonwealth et la reine Élisabeth II en est le chef d'État. Elle est représentée par un gouverneur général.

Le pouvoir exécutif est détenu par le Premier ministre, qui dirige le cabinet. Le parlement unicaméral a 109 sièges, dont vingt sont occupés par les gouverneurs des vingt provinces. Les parlementaires sont élus tous les cinq ans.

Les élections attirent un grand nombre de candidats ; de nombreux membres du parlement sont élus avec moins de 10 % des voix.

Depuis les années 1960, des tensions séparatistes sur l'île de Bougainville opposent les insulaires au pouvoir central. Ce conflit entraîna des affrontements violents dans les années 1980, l'échec de la stratégie de harcèlement judiciaire des propriétaires terriens de l'île (qui abrite la mine de cuivre de Panguna, aujourd'hui désaffectée) conduisant à une radicalisation du conflit, avec la création en 1988 de l'Armée révolutionnaire de Bougainville.

En mai 2012, le Parlement national de Papouasie-Nouvelle-Guinée élit Peter O'Neill alors que le Premier ministre d'alors est à Singapour pour une opération du cœur. Le Premier ministre de facto dirige la police et l'armée et exerce le pouvoir bien que la Cour suprême ait jugé l'exercice du pouvoir par ce dernier illégal[5]. Cette controverse n'est réglée que par les élections législatives de 2012 qui confortent Peter O'Neill dans son autorité.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

La Papouasie-Nouvelle-Guinée est divisée en vingt provinces réparties en quatre régions créées lors de l'indépendance du pays le .

Région des Hautes Terres Région des Îles Région Momase Région Papouasie
Simbu (2) Nouvelle-Bretagne orientale (4) Sepik oriental (5) Province centrale (1)
Hautes-Terres orientales (3) Manus (9) Madang (8) Golfe (7)
Enga (6) Nouvelle-Irlande (12) Morobe (11) Baie Milne (10)
Hautes-Terres méridionales (15) Bougainville (14) Sandaun (19) Province nord (13)
Hautes-Terres occidentales (17) Nouvelle-Bretagne occidentale (18) Province ouest (16)
Capitale nationale (20)
Carte des provinces de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de la Papouasie-Nouvelle-Guinée

La Papouasie-Nouvelle-Guinée est essentiellement montagneuse (le mont Wilhelm culmine à 4 509 m) et couverte de forêt tropicale ombrophile.

Située le long d'une faille tectonique, les tremblements de terre et les tsunamis en résultant sont relativement communs en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

La plus grande partie du pays est située sur l'île de Nouvelle-Guinée, où se trouve la capitale, Port-Moresby mais comprend aussi quelques îles, dont les plus importantes sont : la Nouvelle-Irlande, la Nouvelle-Bretagne (principales îles de l'archipel Bismarck) et l'île Bougainville (géographiquement rattachée à l'archipel des Salomon).

Climat[modifier | modifier le code]

La Papouasie-Nouvelle-Guinée bénéficie d'un climat équatorial, qui se caractérise par une forte chaleur tout au long de l’année, mais également par une importante humidité. En plaine, la température moyenne annuelle s’élève à environ 24 °C. On assiste à une baisse rapide de la température ambiante lorsque l’altitude s’élève (gelées fréquentes). Les précipitations restent basses en dehors de la saison des fortes pluies, en hiver.

Mois Jan Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Déc
Temp. min. (°C) 23 22 22 22 22 22 21 21 22 22 22 23
Temp. max. (°C) 31 31 31 31 30 30 29 30 30 31 32 32
Temp. moy. (°C) 28 28 27 27 27 26 26 26 26 27 28 28
Précipitations (mm) 179 196 190 120 65 39 26 25 33 35 55 121
Sources : CapAustral, www.studentsoftheworld.info

Évolution de la température et des précipitations à Port Moresby (capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée) sur une année.

Sécheresse et incendie en Papouasie-Nouvelle-Guinée[modifier | modifier le code]

Biodiversité[modifier | modifier le code]

La Papouasie-Nouvelle-Guinée fait partie de écozone australasienne, qui inclut également l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'est de l'Indonésie, et plusieurs archipels du Pacifique dont les Îles Salomon et Vanuatu. Géologiquement, l'île de Nouvelle-Guinée est une extension de la plaque australienne, connectée au segment australien par un plateau continental peu profond traversant le détroit de Torrès ; ce plateau était exposé dans le passé, en particulier pendant les périodes de glaciation, où le niveau des mers était plus bas que de nos jours, et formait un pont terrestre.

Par conséquent, de nombreuses espèces d'oiseaux et de mammifères se trouvant en Nouvelle-Guinée ont des liens génétiques très proches de certaines espèces correspondantes en Australie. Une des caractéristiques que les deux étendues de terre ont en commun est l'existence de plusieurs espèces de mammifères marsupiaux, dont des kangourous et possums (phalangeriformes), qui ne se trouvent nulle part ailleurs.

Les Highlands de Nouvelle-Guinée.

Une grande partie des autres îles sur le territoire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, dont la Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle-Irlande, Bougainville, les Îles de l'Amirauté, les Îles Trobriand, et l'archipel des Louisiades, n'ont jamais été reliées à la Nouvelle-Guinée par des ponts terrestres. En conséquence, ces îles ont leur propre flore et faune; en particulier, on ne retrouve pas les mammifères terrestres et les oiseaux inaptes au vol qui sont des espèces communes en Nouvelle-Guinée et en Australie.

Kangourou arboricole en Papouasie-Nouvelle-Guinée

L'Australie et la Nouvelle-Guinée sont des morceaux de l'ancien supercontient Gondwana, qui commença à se fragmenter en continents plus petits pendant l'ère du Crétacé, entre 66 et 130 millions d'années avant notre ère. L'Australie finit par se détacher de l'Antarctique il y a environ 45 millions d'années. Toutes les îles australasiennes abritent la flore antarctique, descendant de la flore du sud de Gondwana, dont par exemple les conifères podocarpacées, les pins Araucaria, et les Nothofagus. Ces familles de plantes sont toujours présentes en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

La collision entre la plaque australienne et la plaque eurasienne est à l'origine de la Chaîne Centrale. La Chaîne Centrale est bien plus jeune et plus haute que les montagnes australiennes, et son altitude est tellement élevée qu'elle abrite des glaciers équatoriaux, rares. La Nouvelle-Guinée fait partie des tropiques humides, et plusieurs espèces de plantes tropicales indomalaises se trouvent aux alentours des détroits asiatiques, se mélangeant à la plus ancienne flore australienne et antarctique.

Au vu du rythme actuel de la déforestation, plus de la moitié des forêts du pays pourraient avoir disparu ou avoir été sévèrement dégradées avant 2021, selon une nouvelle étude satellite de la région[6]. Près d'un quart des forêts tropicales de Papouasie-Nouvelle-Guinée furent endommagées ou détruites entre 1972 et 2002[7].

Les Portugais, puis les Espagnols, ont emprunté bananiers, cocotiers, cannes à sucre, et transmis la patate douce, qui a permis de développer la population humaine et de modifier ses activités.

Économie[modifier | modifier le code]

La Papouasie-Nouvelle-Guinée est richement dotée de ressources naturelles, mais leur exploitation est entravée par le terrain accidenté et le coût élevé du développement de l'infrastructure. Récemment (aux environs de 2010), des gisements de gaz naturel gigantesques y ont été découverts. Leur exploitation, qui devrait démarrer dans trois ou quatre ans, s'élèvera à près de sept millions de tonnes par an.

L'agriculture est le principal moyen de subsistance pour 85 % de la population.

Les dépôts de minerais, dont le pétrole, le cuivre, et l'or, contribuent à 72 % des recettes d'exportation. En 1972, sur l'île de Bougainville, à mille kilomètres au nord-est de Port Moresby, les Australiens mirent en exploitation Panguna, l'une des plus grandes mines de cuivre à ciel ouvert du monde, qui fournissait 45 % des exportations.

L'économie est en régression depuis 2000 mais s'est probablement légèrement améliorée en 2003. L'ancien premier ministre Mekere Morauta avait essayé de maintenir l'intégrité des institutions de l'État [Contradiction], de stabiliser le kina, de reconstituer la stabilité du budget national, de privatiser des entreprises publiques [Contradiction] quand cela était approprié[réf. nécessaire][Quand ?] [Contradiction] et d'assurer une paix durable sur Bougainville.

Le gouvernement a pu s'attirer l'appui international, notamment en gagnant le soutien du FMI et de la Banque mondiale en fixant des prêts d'aide au développement. Les défis significatifs se posent au premier ministre actuel Michael Somare, y compris gagner davantage la confiance des épargnants, de continuer les efforts de privatisation des capitaux gouvernementaux[réf. nécessaire] [pourquoi ?] et maintenir l'appui des parlementaires.

Sur les marchés des principales villes de la province des Highlands, le troc est encore couramment pratiqué, l'échange marchand supporté par les valeurs fiduciaires est devenu un mode « obligatoire » avec les personnes qui n'ont pas ou ont abandonné tout lien avec le quotidien des tribus et ethnies. En octobre 1998, des groupes ethniques de la région de Madang ont assigné à leur député le dépôt d'une proposition de loi visant à l'abolition de la monnaie-papier, et le retour à l'usage du Kina - et du Toea, sa subdivision - qui sont en fait des coquillages.

Démographie[modifier | modifier le code]

Un membre de l'ethnie Huli (Hautes-Terres méridionales).

La population de la Papouasie-Nouvelle-Guinée est l'une des plus hétérogènes au monde. Le pays compte plusieurs centaines de groupes ethniques. Les ethnies papoues représentent 78 %, devant les Mélanésiens et les Négritos.

Langues[modifier | modifier le code]

La Papouasie-Nouvelle-Guinée est le pays où l'on dénombre le plus de langues différentes : plus de huit cents recensées au total[8], soit plus de 10% du total des langues parlées dans le monde. Cependant la plupart ont moins de 1000 locuteurs.

La langue indigène la plus parlée est l'enga, avec un peu moins de 200 000 locuteurs. Viennent ensuite le melpa (en) et le huli[9]. Les langues indigènes sont classés en deux grands groupes, les langues austronésiennes et les langues non-austronésiennes, ou langues papoues. Il y a quatre langues officielles en Papouasie-Nouvelle-Guinée : l'anglais, la langues des signes papoues, le tok pisin et le hiri motu. Les deux derniers étant des créoles de base anglaise.

Santé[modifier | modifier le code]

En 2004, les dépenses publiques pour la santé étaient à 3 % du produit intérieur brut, tandis que les dépenses du secteur privé s'élevaient à 0,6 %[10]. Le pays a eu ou a, avec environ 2 % de la population adulte, le taux le plus élevé du VIH et du sida en Océanie[11]. Dans le début des années 2000, il y avait 5 médecins pour 100 000 habitants[10].

Éducation[modifier | modifier le code]

Une grande proportion de la population se compose d'analphabètes[10]. Les femmes sont particulièrement touchées[10]. Une grande partie de l'éducation est dispensée par l'Église protestante[12]. En effet, plus de 500 écoles sont rattachées à l'Église évangélique luthérienne de Nouvelle-Guinée[13]. Nombreuses sont les personnes qui croient à la sorcellerie et à la magie noire. Amnesty International cite des articles de journaux de 2008 évoquant les meurtres de cinquante personnes accusées d'avoir jeté des sorts. Certaines ont été brûlées vives. Dans son livre The Lost Tribe, paru en 1996, le journaliste britannique Edward Marriott raconte comment il fut accusé du décès d'une femme et de quatre enfants tués par la foudre et comment il dut fuir pour sauver sa vie. Le pays dispose de plusieurs universités.

Culture[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Fêtes et jours fériés
Date Nom Remarques
1er janvier Jour de l'An
date mobile Vendredi Saint Fêté par les catholiques et les protestants
date mobile Lundi de Pâques Fêté par les catholiques et les protestants
25 avril Jour de la Mémoire Jour commémorant les soldats tombés durant les deux guerres mondiales
11 juin Anniversaire de la Reine
date mobile (en juillet) jour férié
16 septembre (en 2006), la date changeant selon les années Fête de l'indépendance commémoration de l'indépendance de 1975
17 octobre Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté jour férié reconnu par l'ONU
24 octobre Fête de l'ONU
20 novembre Journée mondiale de l'enfance
1er décembre Journée mondiale contre le sida
10 décembre Journée des droits de l'homme
25 décembre Noël Fêté par les catholiques et les protestants
26 décembre Boxing Day Jour des étrennes et de la famille

Sports[modifier | modifier le code]

Rugby[modifier | modifier le code]

Les Kumuls, l'équipe de rugby à XIII nationale, 7e au rang RLIF, participe en 2008 à la coupe du monde de Rugby à XIII. Elle termine dernière de son groupe derrière 3 grandes nations du XIII, l'Australie, l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande.

Codes[modifier | modifier le code]

La Papouasie-Nouvelle-Guinée a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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