Histoire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée

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Cet article traite de l'histoire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les données archéologiques indiquent que l'homme est arrivé en Nouvelle-Guinée, aux alentours de - 60 000 ans avant Jésus Christ probablement par l'Asie du Sud-Est lors d'une période glaciaire où l'océan était plus bas et les traversées plus courtes entre les îles.

Ces premiers découvreurs sont des chasseurs et cueilleurs.

Arrivée des premiers Européens[modifier | modifier le code]

Les premiers Européens à avoir vu la Nouvelle-Guinée furent les navigateurs portugais naviguant dans le Pacifique Sud au début du XVIe siècle. Vers 1526, Dom Jorge de Meneses arrive sur l'île principale et la nomme Papouasie.

Ce nom provient de « Papou », que certains auteurs disent dériver d'un mot malais décrivant les cheveux crépus des Mélanésiens (confondus avec les Papous). Le nom de Nouvelle-Guinée est attribué à la région au XVIe siècle par un explorateur espagnol en raison de la ressemblance existant, selon lui, entre les populations locales et celles de Guinée en Afrique.

Bien que les navigateurs européens aient régulièrement visité les îles alentours, les habitants restent peu connus des Européens jusque dans les années 1870. À cette époque, l'anthropologue russe Nikolaï Mikloukho-Maklaï effectue un certain nombre d'expéditions en Nouvelle-Guinée et s'attache à décrire le mode de vie des habitants de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Territoire de Papouasie[modifier | modifier le code]

En 1883, la colonie du Queensland a le projet d'annexer le sud-est de la Nouvelle-Guinée. Le 6 novembre 1884, un protectorat britannique est proclamé sur la côte sud de la Nouvelle-Guinée et de ses îles adjacentes. Le protectorat britannique appelé Nouvelle-Guinée, est annexé le 4 septembre 1888. La possession est ensuite placée sous l'autorité de l'Australie en 1902.

En 1941, le Territoire de Papouasie est envahi par le Japon. Repris par les troupes alliées au cours de la guerre du Pacifique, le Territoire de Papouasie est régie par l'administration militaire australienne de Port Moresby. Le Territoire obtiendra son indépendance en 1975.

Nouvelle-Guinée allemande[modifier | modifier le code]

En 1884, l'Empire allemand, prend officiellement possession du quart nord de l'île. L'administration de ce territoire est confiée en 1885 à une société commerciale, la Compagnie de Nouvelle-Guinée allemande (en allemand Neuguinea-Kompagnie). Au titre de sa charte constitutive, la Compagnie de Nouvelle-Guinée allemande exerce des droits souverains sur le nouveau territoire. Elle possède également la capacité de «négocier» directement avec les habitants. Les relations avec les puissances étrangères restent, quant à elles, aux mains du gouvernement allemand.

En 1899, le gouvernement impérial allemand prend le contrôle total du territoire, par la suite connu sous le nom de Nouvelle-Guinée allemande. En 1914, les troupes australiennes occupent ce territoire après des combats contre les troupes allemandes de l'île (Théâtre océanien de la Première Guerre mondiale) qui restera sous contrôle australien pendant toute la Première Guerre mondiale et jusqu'en 1921.

Un bombardier allié A-20 attaque un navire marchand japonais lors de la bataille de la mer de Bismarck, mars 1943.
Un autochtone, Raphael Oimbari, aide un soldat australien blessé, George Whittington, durant la campagne de Nouvelle-Guinée. Les auxiliaires autochtones sont célébrés par les Australiens comme étant des « anges aux chevaux crépus » (en).

La campagne de la Nouvelle-Guinée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne de Nouvelle-Guinée.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la campagne de la Nouvelle-Guinée est l'une des principales campagnes militaires de la Guerre du Pacifique. L'île de Nouvelle-Guinée est alors partagée entre l'Australie (la partie nord-est de l'île de Nouvelle-Guinée, les îles environnantes, le Territoire de la Papouasie, c'est-à-dire la partie sud-est de l'île de la Nouvelle-Guinée, administrée en tant que colonie de l'Australie) et les Pays-Bas Nouvelle-Guinée. Elle est stratégiquement importante, car située à proximité immédiate de l'Australie.

Côté allié, l'île et les différents terrioires qui la composent sont sous la responsabilité du général Douglas MacArthur (Zone Sud-Ouest du Pacifique). L'armée impériale japonaise de la 8e armée, Imamura, est quant à elle basée à Rabaul, sous les ordres du lieutenant général Hatazō Adachi.

1945-1975 : vers l'indépendance[modifier | modifier le code]

Après la Seconde guerre mondiale, la colonie est administrée par l'Australie dans le cadre d'un mandat de l'Organisation des nations unies. Ce n'est qu'en 1954 qu'un survol aérien permet aux Australiens de découvrir des vallées inexplorées dans les Hautes-Terres, région de l'intérieur de l'île de Nouvelle-Guinée, difficilement accessible. Elles sont peuplées de quelques dizaines de milliers d'autochtones. En 1961, les autochtones de la colonie sont invités à participer pour la première fois à des élections ; ils choisissent une minorité des membres du Conseil législatif puis, à partir de 1964, une majorité. En 1971, la colonie unifié de « Papouasie et Nouvelle-Guinée » est renommée « Papouasie-Nouvelle-Guinée ». En 1973, elle obtient l'autonomie sur le plan de la politique intérieure ; Michael Somare devient le chef du Conseil exécutif[1].

Depuis l'indépendance[modifier | modifier le code]

Le pays obtient sa pleine indépendance le 16 septembre 1975, avec Michael Somare pour premier ministre. Il doit immédiatement faire faire à un mouvement sécessionniste sur l'île de Bougainville, où se trouve l'immense mine de cuivre de Panguna, cruciale pour l'économie du pays. La population de Bougainville proteste contre les dégâts environnementaux provoqués par l'exploitation de la mine, ainsi que contre le peu de retombées économiques pour les habitants. Le gouvernement Somare parvient à réintégrer l'île dans le nouvel État papou-néo-guinéen, en échange de l'octroi d'une certaine autonomie. Michael Somare et son parti le Pangu Pati remportent les premières élections législatives post-indépendance, en 1977[2].

En mars 1989, une rébellion sécessionniste éclate à Bougainville, une nouvelle fois en raison des activités de la mine. L'Armée révolutionnaire de Bougainville (BRA) déclare l'indépendance de l'île ; la mine est contrainte de fermer. La Papouasie-Nouvelle-Guinée impose un blocus contre Bougainville, et y déploie ses forces armées. S'en suivent une décennie de violences, faisant près de 20 000 morts. En 1994, le gouvernement négocie un accord avec certains des sécessionnistes, amenant à la mise en place d'un gouvernement de transition pour la province. Mais la BRA refuse de s'y associer, et le chef du gouvernement de transition, Theodore Miriong, est assassiné. En 1997, le premier ministre Julius Chan fait appel à la société militaire privée britannique Sandline International pour mater la rébellion à Bougainville. Le commandant des forces armées de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Jerry Singirok, réagit avec colère et exige publiquement la démission du gouvernement. Des manifestations massives exigent elles aussi le départ de Julius Chan, qui démissionne deux jours plus tard. Il est battu aux élections législatives trois mois plus tard ; Bill Skate lui succède, et entame des discussions en vue d'une résolution paisible de la crise sur Bougainville. La Nouvelle-Zélande agit comme médiatrice, aboutissant à un cessez-le-feu en 1998 puis à un accord de paix en 2001. Bougainville demeure une partie de la Papouasie et Nouvelle-Guinée, mais bénéficie d'une autonomie nettement accrue, et du contrôle sur la mine du Panguna. L'accord reconnaît par ailleurs que les terres et les ressources minières de l'île appartiennent exclusivement aux populations locales. Une réouverture potentielle de la mine demeure un sujet controversé et non résolu. Joseph Kabui, ancien commandant de la BRA, remporte la première élection présidentielle de la nouvelle Région autonome de Bougainville[2],[1].

En 1998, trois tsunamis frappent la côte nord-ouest de la Nouvelle-Guinée, faisant 3 000 morts[1].

En 2001, les premiers ministres papou-néo-guinéen Mekere Morauta et australien John Howard signent un accord qui établit sur l'île de Manus un centre de détention où sont confinés les demandeurs d'asile arrivés en Australie en bateau sans visa. Cette « solution du Pacifique », qui vise à dissuader la venue en Australie de migrants non autorisés, génère une controverse durable au sein de la population australienne. Pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée toutefois, elle s'accompagne d'une aide économique accrue de la part de son riche voisin. En 2004, l'Australie déploie également une mission d'aide à la formation des forces de police de son ancienne colonie. Les élections législatives de 2002, qui marquent le retour au pouvoir de Michael Somare, ont en effet été chaotiques, entachées de graves problèmes logistiques mais aussi de violences entre partisans de candidats différents, faisant au moins vingt-cinq morts. Elles témoignent du sous-développement du pays en matière de services publics, dont les services de maintien de l'ordre, notamment dans les régions reculées et isolées des Hautes-Terres, boisées et montagneuses. En 2013, l'accord de détention de réfugiés envoyés par l'Australie est renforcé : désormais, toute personne ayant tenté d'atteindre l'Australie par bateau, sans visa, mais reconnue comme ayant le statut de réfugié, sera relogée en Papouasie-Nouvelle-Guinée, avec interdiction permanente de venir en Australie. L'Australie finance la prise en charge de ces réfugiés par la Papouasie-Nouvelle-Guinée. En 2016 toutefois, la Cour suprême de Papouasie-Nouvelle-Guinée ordonne la fermeture du camp de détention, la jugeant anticonstitutionnelle. L'Australie promet de reloger les détenus aux États-Unis, à la suite d'un accord avec le président Barack Obama[2],[1].

En 2011, le pays s'enfonce dans une crise constitutionnelle. Le premier ministre Michael Somare conteste sa destitution par le Parlement pour cause de maladie l'ayant empêché d'exercer ses fonctions. La Cour suprême reconnaît Somare comme premier ministre légitime, mais le Parlement reconnaît le nouveau premier ministre Peter O'Neill. Les deux hommes tentent simultanément de gouverner, provoquant des scissions dans les services publics, y compris dans l'armée. La crise est résolue par les élections législatives de 2012, remportée largement par les partisans de Peter O'Neill. Michael Somare accepte sa défaite, et soutient le gouvernement de son rival[2],[1].

En 2014, O'Neill, soupçonné de corruption, est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la justice. Il refuse de se rendre à la police, dissout le principal organisme anti-corruption du pays, et continue de gouverner, avec l'appui d'une solide majorité au Parlement[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Guiart, Return to Paradise. Les dossiers oubliés ː le fardeau de l'homme blanc, Le Rocher-à-la-Voile, Nouméa 2011,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Missionnaires

Liens externes[modifier | modifier le code]