Référendum sur l'indépendance de Bougainville

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Référendum sur l'indépendance de Bougainville
Type d’élection Référendum sur l'indépendance de la Région autonome de Bougainville
Indépendance
0 %
Autonomie accrue
0 %

Un référendum sur l'indépendance de la Région autonome de Bougainville doit se tenir le dans cette région de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ce vote découle de l'accord de paix de 2001, qui a mis fin au conflit armé sur ce territoire[1].

Le résultat du scrutin est légalement non contraignant. Son résultat devra être suivi d'un débat au Parlement de Papouasie-Nouvelle-Guinée, puis d'un vote quant à sa ratification[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'île de Bougainville et les petites îles à proximité, dans l'ouest de l'Océanie, sont peuplées de Papous depuis 28 000 ans, rejoints par des migrants austronésiens il y a quelque 3 500 ans. Elles sont colonisées en 1885 par la Compagnie de Nouvelle-Guinée, pour le compte de l'Empire allemand. Les missionnaires y débutent le processus de christianisation en 1902. À l'issue de la Première Guerre mondiale, qui marque la disparition de l'empire colonial allemand, Bougainville passe sous souveraineté australienne, et est rattachée au Territoire de Nouvelle-Guinée. Au début des années 1970, la compagnie australienne Bougainville Copper entame l'exploitation d'une gigantesque mine de cuivre à Panguna, qui devient la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde. Les habitants protestent, à la fois contre les dégâts environnementaux qui en résultent, et contre le peu de retombées économiques pour la population locale. En 1975, la Papouasie-Nouvelle-Guinée obtient son indépendance, ce nouvel État incluant Bougainville, dont les ressources minières sont jugées cruciales pour l'économie du pays. Un mouvement sécessionniste déclare brièvement l'indépendance de Bougainville, de septembre 1975 à août 1976, avant de réintégrer la Papouasie-Nouvelle-Guinée[3].

Emplacement de la Région autonome de Bougainville (en rouge) au sein de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

En 1988, les griefs liés à l'exploitation minière amènent Francis Ona et Pepetua Serero à lancer un mouvement de résistance armé : l'Armée révolutionnaire de Bougainville (BRA). La mine est contrainte de fermer l'année suivante. La BRA proclame l'indépendance de Bougainville, se dotant d'un « gouvernement par intérim », dirigé par Francis Ona et Joseph Kabui. Les forces armées de Papouasie-Nouvelle-Guinée investissent le territoire, et imposent un blocus sur l'île : c'est la guerre civile, à la fois entre la BRA et l'armée papou-néo-guinéenne et entre la BRA et des Bougainvillais qui lui sont opposés. Des parties de l'île sont en proie à des groupes criminels armés. Les diverses factions commettent des exactions et des violations des droits de l'homme, notamment contre des civils. La décennie de violences fait près de 20 000 morts[4].

À partir de 1997, la Nouvelle-Zélande exerce un rôle de médiateur, qui aboutit à un accord de paix en 2001. L'accord prévoit que Bougainville demeure pour l'heure partie constituante de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais avec une autonomie fortement accrue, et avec la tenue d'un référendum d'indépendance devant avoir lieu avant 2020. Francis Ona et une faction minoritaire de la BRA refuse l'accord. Ona se déclare « roi de Bougainville » en 2004, mais vit caché et ignoré. Il décède de la malaria en 2005, peu après la tenue d'élections qui mettent en place les institutions de la nouvelle Région autonome de Bougainville : une Chambre des représentants et un gouvernement dirigé par un président. Joseph Kabui, ancien commandant de la BRA, devient le premier président de Bougainville, jusqu'à son décès d'une crise cardiaque en juin 2008. La Région autonome a le contrôle de la mine de Panguna, qui n'est toutefois pas rouverte ; l'accord de paix stipule notamment que les terres et les ressources appartiennent aux populations locales, et les négociations s'avèrent difficiles[4].

Institutions de la Région autonome[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Région autonome de Bougainville.

De par sa constitution adoptée en 2004[5], la Région autonome de Bougainville est dirigée par une Chambre des représentants (corps législatif) de trente-et-un membres, élue au suffrage universel, et par un Conseil exécutif de quatorze membres, principalement choisis parmi les députés. Le président, membre du Conseil exécutif, est élu au suffrage universel, et ne peut pas exercer plus de deux mandats. Les élections législatives et présidentielles ont lieu tous les cinq ans. John Momis a remporté les élections présidentielle de 2010 et de 2015[6].

Question[modifier | modifier le code]

La question posée sera[7] :

Êtes vous d'accord pour que Bougainville accède à : (1) une plus grande autonomie ou (2) l'indépendance ?

Les citoyens sont ainsi invités à indiquer s'ils souhaitent que le Parlement national de Papouasie-Nouvelle-Guinée adopte une loi accordant d'avantage d'autonomie à la province, ou s'ils souhaitent que ce Parlement accorde l'indépendance à la province[8].

Préparatifs[modifier | modifier le code]

La commission de préparation du référendum est présidée par l'ancien Premier ministre irlandais Bertie Ahern[9].

Initialement prévu pour le 15 juin, le vote est reporté à plusieurs reprises. Une première fois au 12 octobre par un accord entre les gouvernements de Bougainville et de Papouasie-Nouvelle-Guinée en raison d'un manque de financement dédié à la préparation du scrutin, et de listes électorales incomplètes[10]. Puis à nouveau au 23 novembre à la demande de la commission référendaire, une grande partie des fonds promis par le gouvernement national n'ayant pas été versés[11]. Ce dernier, tout comme le gouvernement régional, assure alors qu'aucun nouveau report ne sera mis en œuvre[12]. Un vote étalé sur plusieurs jours est néanmoins jugé probable[11].

Résultat[modifier | modifier le code]

Référendum bougainvilois de 2019
Choix Votes %
Indépendance
Autonomie accrue
Votes valides
Votes blancs et invalides
Total ' 100
Abstentions
Inscrits/Participation
« Voulez-vous que Bougainville accède à une plus grande autonomie ou l'indépendance ?? »
Votes pour
l'indépendance

( %)
Votes pour
l'autonomie

( %)
Majorité absolue

Références[modifier | modifier le code]