Bougainville (île)

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Bougainville
Carte politique de l'île Bougainville.
Carte politique de l'île Bougainville.
Géographie
Pays Drapeau de la Papouasie-Nouvelle-Guinée Papouasie-Nouvelle-Guinée
Archipel Îles Salomon
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 6° S, 155° E
Superficie 10 049 km2
Point culminant Mont Balbi (2 715 m)
Administration
Région Îles
Province Bougainville
Démographie
Population 175 160 hab. (2000)
Densité 17,43 hab./km2
Gentilé Bougainvillais
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+10

Géolocalisation sur la carte : Papouasie-Nouvelle-Guinée

(Voir situation sur carte : Papouasie-Nouvelle-Guinée)
Bougainville
Bougainville
Îles en Papouasie-Nouvelle-Guinée

Bougainville est une île de Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'une des plus grandes des îles Salomon dans le sud-ouest de l'océan Pacifique. Avec l'île Buka au nord et d'autres petites îles environnantes, elle constitue la province Bougainville, rattachée à la région des Îles. Le 11 décembre 2019, les électeurs de Bougainville ont voté à plus de 98 % pour l'indépendance.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique de l'île Bougainville.

Bougainville fait partie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée mais est située principalement dans les îles Salomon. L'île est située tout au long d'une zone de subduction et est soumise occasionnellement à de forts séismes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période coloniale[modifier | modifier le code]

Explorée le 30 juin 1768 par le navigateur français Louis-Antoine de Bougainville dont on lui attribue par la suite le nom, l'île est colonisée par l'Allemagne puis par l'Australie. En 1947, elle est placée par les Nations unies sous la tutelle de l'administration australienne avant d'être intégrée en 1975 à la Papouasie-Nouvelle-Guinée au moment de son indépendance.

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est occupée par les forces japonaises à partir de

C'est le , que se produit l'évènement le plus marquant de la guerre pour l'île : au cours de l'Opération Vengeance, des P38-Lightnings américains abattent le Mitsubishi G4M qui transportait le chef de la marine impériale et principal stratège japonais, Isoroku Yamamoto. Le bimoteur désemparé s'écrase sur Bougainville, tuant tous ses occupants. Une opération de secours découvrira son cadavre le lendemain.

L'occupation japonaise se poursuit jusqu'en (voir bataille de Bougainville), date à laquelle le gros des forces japonaises est forcé de se retirer dans le centre de l'île. Ils y resteront jusqu'à la capitulation du Japon, les américains puis leurs alliés australiens ne jugeant pas que la reconquête complète de l'île vaille la peine d'y monter une opération.

Conflit armé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile de Bougainville.

Les problèmes écologiques liés à l'exploitation intensive des gisements miniers font renaître, à la fin des années 1980, la tentation séparatiste, dont l’île a une longue tradition. En 1989, l'Armée révolutionnaire de Bougainville lance une insurrection qui conduit rapidement à la fermeture des mines de cuivre. L'armée de Papouasie-Nouvelle-Guinée doit se retirer de l'île en et l'Armée révolutionnaire proclame la création de la République Indépendante de Bougainville, renommée en République de Mekamui deux mois plus tard.

En , un accord de paix est signé mais les combats reprennent au retour des troupes gouvernementales dans l'île en . Une conférence de paix en aboutit à une trêve, mais l'assassinat en 1996 du chef du gouvernement transitoire de Bougainville relance les combats. En , le premier ministre est contraint de démissionner sous la pression de l'armée et de l'opposition.

En , le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée et les séparatistes de l'île Bougainville parviennent à un accord prévoyant la création d'un gouvernement autonome et la tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'île à l'issue d'une période d'autonomie. La question du référendum est : « Êtes-vous d'accord que Bougainville obtienne : (1) une plus grande autonomie (2) l'indépendance? » Le référendum aura lieu entre le 23 novembre 2019 et le 7 décembre 2019. La publication des résultats du scrutin est prévue pour le 20 décembre et devra être suivie d'un débat au Parlement de Papouasie-Nouvelle-Guinée, puis d'un vote sur sa ratification[1].

Le 11 décembre 2019, le président de la commission pour le référendum annonce les résultats du scrutin, avec plus de 98 % des voix en faveur de l'indépendance[2]. Cette consultation n'est toutefois pas juridiquement contraignante et il faudra attendre l'aval du parlement de Papouasie Nouvelle-Guinée pour finaliser les résultats[3].

Politique[modifier | modifier le code]

Après l'accord de paix de 2001 entre le gouvernement de Bougainville et celui de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, une période d'autonomie avant la tenue d'un référendum sur l'indépendance a été adoptée. Le premier gouvernement autonome a été élu en 2005 avec à sa tête le président Joseph Kabui[4].

Violences envers les femmes[modifier | modifier le code]

L'île de Bougainville affiche un des taux de violences envers les femmes (viol) les plus élevés au monde. En effet, lors d'une grande enquête de l'ONU dans la région Asie-Pacifique publiée le 10 septembre 2013, 62 % des hommes interrogés (âgés de 18 à 49 ans et sous couvert de l'anonymat) reconnaissent avoir déjà commis un viol[5],[6].

Référence[modifier | modifier le code]

  1. (en) "Bougainville referendum not binding - PM", Radio New Zealand International, 11 mars 2019
  2. « Papouasie-Nouvelle-Guinée. Bougainville vote massivement en faveur de son indépendance », sur Courrier international, (consulté le 12 décembre 2019)
  3. (en-GB) Kate Lyons, « Bougainville referendum: region votes overwhelmingly for independence from Papua New Guinea », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 11 décembre 2019)
  4. (en) "Bougainville elects Joseph Kabui as president", The Age, 5 juin 2005
  5. (en) Prevalence of and factors associated with non-partner rape perpetration: findings from the UN Multi-country Cross-sectional Study on Men and Violence in Asia and the Pacific, The Lancet Global Health le 10 septembre 2013
  6. En Asie-Pacifique, un quart des hommes ont déjà commis un viol, Le Monde le 10 septembre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • The Coconut Revolution (en), un documentaire de Dom Rotheroe qui relate les évènements des années 1990 en mettant l'accent sur la capacité d’adaptation des habitants, soumis à un blocus, pour tirer tous leurs besoins de la flore de l'ile.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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