O. J. Simpson

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O. J. Simpson
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Portrait d'O. J. Simpson en 1990.

Nom complet Orenthal James Simpson
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Naissance (70 ans)
à San Francisco (Californie)
Taille 1,85 m (6 1)
Poids 96 kg (211 lb)
Surnom The Juice
Numéro 32
Position Running back
Carrière universitaire ou amateur
1965 - 1966
1967 - 1968
City College
Trojans d'USC
Trophée Heisman 1968
Carrière professionnelle
Choix draft NFL 1er au total en 1969 par les
Bills de Buffalo
1969 - 1977
1978 - 1979
Bills de Buffalo
49ers de San Francisco
Pro Bowl 1972, 1973, 1974, 1975 et 1976
All-Pro 1972, 1973, 1974, 1975 et 1976
MVP (AP) 1973
Carrière pro. 1969-1979

College Football Hall of Fame 1983

Pro Football Hall of Fame 1985

(en) Statistiques sur NFL.com

Orenthal James Simpson, dit O. J. Simpson[n 1], né le à San Francisco, est un joueur professionnel de football américain et acteur de cinéma.

Vainqueur du trophée Heisman en 1968 à la fin de sa carrière universitaire avec les Trojans d'USC, le running back est sélectionné en première position de la draft 1969 de la NFL par les Bills de Buffalo. Après avoir signé le contrat le plus lucratif pour un joueur de football américain à l'époque, Simpson est cependant en difficulté lors de ses trois premières saisons en National Football League (NFL). À partir de la saison 1972, il s'illustre alors comme l'un des meilleurs coureurs de l'histoire. Il engrange plus de 1 000 yards dans la saison. L'année suivante, il est le premier joueur de l'histoire à passer la barre des 2 000 yards courus en une seule saison. Pour cette performance, O. J. Simpson est désigné meilleur joueur de la saison.

Sélectionné à cinq reprises au Pro Bowl et dans la meilleure équipe de l'année entre 1972 et 1976, O. J. Simpson fait partie de la meilleure équipe des années 1970. Il termine sa carrière aux 49ers de San Francisco en 1978 et 1979. Intronisé au College Football Hall of Fame en 1983 et au Pro Football Hall of Fame en 1985, Simpson est l'un des meilleurs joueurs de l'histoire à son poste. Après sa retraite sportive, il devient acteur et commentateur sportif.

O. J. Simpson est également connu pour avoir été accusé d'avoir assassiné son ancienne épouse et un ami de celle-ci en 1994. À la suite d'un procès controversé et fortement médiatisé, il est acquitté en 1995 des différentes charges pénales. Il est ensuite reconnu responsable au civil en 1997 et doit payer un montant de 33,5 millions de dollars. Arrêté en 2007 pour des charges de vol à main armée et enlèvement, il est condamné à 33 ans de prison l'année suivante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Orenthal James Simpson naît le à San Francisco en Californie. Il est le fils de l'union d'Eunice Durden, administratrice d'un hôpital, et de Jimmy Lee Simpson, gardien de banque. Son père est une drag queen, auto-proclamé gay plus tard dans sa vie, qui meurt du sida en 1986. Orenthal a un grand frère — Melvin —, une grande sœur — Shirley — et une petite sœur — Carmelita[1].

Simpson grandit à San Francisco dans un logement social du quartier de Potrero Hill. À 2 ans, il contracte le rachitisme. Sa mère lui fabrique une attelle qu'il porte jusqu'à ses 5 ans[1]. Sa jeunesse est marquée par de nombreuses bagarres[t 1]. À l'âge de 13 ans, Simpson rejoint le gang des Persian Warriors[t 2]. Deux ans plus tard, il est emprisonné pour une courte période dans une prison pour jeunes détenus[1]. Un adulte connaissant le potentiel athlétique du jeune Orenthal, lui fait rencontrer Willie Mays, vedette sportive, qui lui fait visiter sa belle maison[t 2]. Dès lors, le joueur de baseball devient l'idole de Simpson dont l'objectif est de réussir afin de pouvoir s'offrir une luxueuse habitation comme lui[t 2].

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

City College (1965-1966)[modifier | modifier le code]

Bien qu'il soit l'un des meilleurs joueurs lycéens de la ville, les résultats scolaires d'O. J. Simpson l'empêche d'être recruté par l'une des grandes universités de la région. Le sportif décide de rejoindre City College of San Francisco, un collège communautaire. Il y joue au football américain aux postes de running back et de defensive back. Il est sélectionné dans la meilleure équipe du pays des joueurs de collège communautaire en tant que running back. Après avoir remporté le Prune Bowl contre les 49ers de Long Beach State, Simpson est courtisé par de grandes universités. Il choisit de rejoindre les Trojans d'USC de l'université de Californie du Sud, une des équipes candidates au titre national qui passe régulièrement sur la télévision national et attire le regard des recruteurs de l'ensemble du pays[2].

Trojans d'USC (1967-1968)[modifier | modifier le code]

La renommée d'O. J. Simpson devient nationale sous le maillot des Trojans d'USC de l'université de Californie du Sud (USC). Au camp d'entraînement du printemps, Simpson ne s'entraîne que sept jours car il prépare le relais de 440 yards national dont il bat le record du monde avec USC[3]. Plutôt grand pour un coureur, avec ses 1,85 m, il impressionne par sa vitesse[3]. Il court 100 yards, la longueur d'un terrain de football américain, en s 4 et le sprint de 40 yards en s 5[3]. Dès sa première rencontre, le , il court pour 94 yards contre les Cougars de Washington State[u 1]. Huit jours plus tard, Simpson est omniprésent et court à 30 reprises pour un gain total de 158 yards contre les Longhorns du Texas. Il marque son premier touchdown sous le maillot d'USC lors de cette rencontre[u 1]. O. J. est tellement utilisé qu'il sort du terrain avec des crampes[4]. Son entraîneur, John McKay, n'a jamais eu un tel talent et, confiant dans les capacités hors du commun de son jeune coureur, place Simpson en position de un contre un dès que possible[4].

Le 18 novembre, en conclusion de sa première saison régulière avec USC, O. J. Simpson dispute le derby face aux rivaux des Bruins de UCLA, classé équipe no 1 du pays, devant une large foule de 90 772 spectateurs dans ce qui est appelé « le match du siècle »[u 1]. Le match est disputé au Los Angeles Memorial Coliseum, fait la une de Sports Illustrated et est diffusé sur la télévision nationale par ABC[3]. Cette rencontre oppose les jambes de Simpson au bras du quarterback Gary Beban, deux candidats au trophée Heisman[n 2]. Simpson marque deux fois à la course dans ce match. Le deuxième touchdown qu'il inscrit est à la fois impressionnant et décisif ; en troisième tentative et trois yards à gagner, O. J. court autour de la défense sur la gauche avant de revenir vers le centre du terrain et de conclure dans l'en-but, évitant tous les défenseurs adverses[u 1]. Cette course est l'un des plus célèbres de l'histoire du football universitaire[u 1]. Elle permet aux Trojans de se qualifier pour le Rose Bowl pour y disputer la finale nationale contre les Hoosiers de l'Indiana.

Riche en succès à USC, Simpson remporte le trophée Heisman ainsi que le Maxwell Award.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Bills de Buffalo (1969-1977)[modifier | modifier le code]

À sa sortie de l'université, O. J. Simpson est vu comme la future vedette du football américain. Surnommé The Juice (« Le Jus »), il signe des contrats lucratifs avec Chevrolet, RC Cola et le diffuseur ABC[5]. O. J. a l'honneur d'être choisi au premier tour lors de la draft 1969 où il a rejoint les rangs de l'équipe professionnelle des Bills de Buffalo (AFL), qui a fini l'année précédente avec le piètre bilan d'une victoire, douze défaites et un match nul, soit un des pires résultats du football américain.

Un joueur de football américain en tenue blanche tente d'éviter un défenseur de dos en tenue verte alors que deux joueurs sont au sol.
Carte à collectionner de 1986 ayant pour sujet O. J. Simpson en pleine course, balle en main, sous le maillot des Bills de Buffalo.

L'American Football League (AFL) étant absorbée par la National Football League en 1969, le , O. J. Simpson joue son premier match dans cette nouvelle ligue, dans une défaite de 31 à 21 face aux Falcons d'Atlanta. Dans ses trois premières saisons avec les Bills, il est le meilleur coureur de son équipe mais celle-ci enchaîne les défaites, ne remportant que quatre rencontre, puis trois et enfin une seule en 1972[5]. Entraîné par John Rauch, entraîneur orienté sur le jeu de passe, Simpson n'est pas à son avantage[t 3]. Il joue mais ne prend aucun plaisir et attend de pouvoir rentrer en Californie où il habite le reste de l'année[5]. Lou Saban devient alors l'entraîneur de l'équipe et change le plan de jeu offensif des Bills : il axe toute son attaque sur le jeu de course et les qualités d'O. J. Simpson[5]. Saban met en place des formations en I qui permettent au running back de se placer six yards derrière la ligne d'engagement et lui permet d'avoir du temps et de l'espace pour voir les failles dans les défenses adverses[5]. Enchanté par ce changement, Simpson signe un nouveau contrat de plusieurs saisons avec les Bills[5].

En 1973, Simpson devient le premier joueur à courir plus de 2 000 yards — 2 003 yards pour être précis, soit plus de 1 831 mètres — en une saison[n 3]. Lors de la rencontre d'ouverture, Simpson court pour 250 yards à l'extérieur contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, établissant le nouveau record de yards dans une seule rencontre[5]. Sa domination sur le jeu de course permet à son équipe d'enchaîner trois victoires consécutivement à domicile en début de saison[5]. Il court 123 yards contre les Jets de New York, 171 contre les Eagles de Philadelphie et 166 contre les Colts d'Indianapolis[5]. Ses performances enchantent enfin et les médias suivent chaque pas de sa saison historique[5]. Il est élu meilleur joueur de la NFL cette saison-là. Son record a depuis été battu sur une saison complète, mais il a établi cette performance en seulement 14 matchs.

La moyenne des yards parcourues par match par Simpson est de 10 yards supérieure à celle de son plus proche rival. The Juice court derrière la désormais célèbre ligne offensive Electric Company (la « centrale électrique »)[n 4] et constitue la meilleure attaque de la ligue. Ses performances en 1973 lui ont valu la Hickok Belt (« ceinture de Hickok ») en tant que meilleur athlète professionnel de l'année. Au cours de sa carrière, Simpson a réalisé à six reprises l'exploit de courir plus de 200 yards (environ 183 mètres) dans la même partie — dont 3 fois en 1973 —, ce qui constitue un record encore inégalé.

En 1976, O. J. Simpson menace les Bills de prendre sa retraite s'il ne l'échange pas aux Rams de Los Angeles où il souhaite vivre[6]. Les Bills tentent de monter l'échange avec les Rams mais rejettent finalement leur offre comprenant l'intégralité des choix des Rams lors de la draft 1977[6]. Les Bills proposent finalement un nouveau contrat de trois ans avec un salaire annuel de 733 000 dollars[6],[7]. Cet important salaire convainc le joueur de rester à Buffalo[7].

En 1977, O. J. Simpson doit quitter le camp d'entraînement des Bills après avoir des troubles de vision à l'œil gauche suite à un impact reçu à la tête la saison précédente[7]. Simpson souffre de la première blessure majeure de sa carrière en étant touché au cartilage de son genou droit[6]. Opéré le 9 novembre, sa saison est écourtée.

49ers de San Francisco (1978-1979)[modifier | modifier le code]

En mars 1978, O. J. Simpson est envoyé aux 49ers de San Francisco par les Bills de Buffalo en échange de cinq futurs choix de draft repartis sur les trois éditions suivantes[6],[7]. Toujours limité par la blessure au genou contractée avant le transfert à San Francisco, O.J. a également développé de l'arthrite[8]. L'équipe est en grande difficulté et ne remporte que deux rencontres dans une saison étendue de 14 à 16 matchs pour la première fois de l'histoire[8].

Touché par le décès de sa fille, le joueur manque presque l'intégralité du camp d'entraînement des 49ers en amont de la saison 1979[8].

Après carrière-sportive[modifier | modifier le code]

À la fin de sa carrière sportive, O. J. Simpson profite de son temps libre pour jouer très souvent au golf et profite de longs déjeuners[t 4]. Il est présenté dans les milieux d'affaires et investi.

Carrière cinématographique[modifier | modifier le code]

Image en noir et blanc d'un médecin auscultant un homme assis en peignoir.
O. J. Simpson dans l'une de ses premières apparences à la télévision en tant qu'invité dans un épisode de la série Medical Center en 1969.

O. J. Simpson a un attrait pour le cinéma qu'il lui rend bien. Son charisme et sa proximité avec les tournages de Los Angeles le pousse à tourner dès 1968 dans un épisode de la série télévisée L'Homme de fer et dans un autre de la série Dragnet. Un an plus tard, Simpson joue de nouveau dans un épisode de la série Medical Center.

En 1974, il tourne un documentaire sportif sur sa carrière produit par George A. Romero intitulé O. J. Simpson: Juice on the Loose. Son caractère proche du peuple et son charisme naturel lui ouvrent des portes. La même année, il joue l'officier en chef de la police dans La Tour infernale, un film à grand budget dont le casting est composé entre autres de Paul Newman et Steve McQueen et qui reçoit trois Oscars du cinéma. Deux ans plus tard, il fait des apparitions anecdotiques dans Le Pont de Cassandra et Les Mercenaires[9]. En 1977, O. J. joue dans la mini-série télévisée Racines.

De retour à Los Angeles en 1978, Simpson joue le Commander John Walker dans le film Capricorn One puis est à l'affiche de L'Arme au poing en 1979. La même année, il tourne une publicité pour la société de location de véhicule Hertz[10] et crée son entreprise de production de film, Orenthal Productions[8]. Il produit et est présent dans le téléfilm Goldie and the Boxer dans lequel il tient le rôle principal d'un boxeur qui doit s'occuper d'une jeune orpheline[9]. Il tourne la suite de ce film qui est diffusé à la télévision deux ans plus tard[9].

Après une pause de quatre ans, O. J. revient sur les écrans en 1987 avec un téléfilm de Walt Disney Pictures intitulé Student Exchange et dans la comédie . Dès 1988, Simpson a le rôle du détective Nordberg dans la trilogie Y a-t-il un flic.... Il est également apparu dans des publicités pour les chaussures Dingo.

En 2006, il lance son propre programme de caméra cachée dans la rue intitulé Juiced with O. J. Simpson. Diffusé en tant qu'épisode spécial disponible en pay-per-view puis sort en DVD[11].

Inculpations judiciaires[modifier | modifier le code]

Affaire O. J. Simpson[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire O. J. Simpson.

Le , Nicole Brown Simpson et Ron Goldman sont retrouvés mortellement poignardés à l'extérieur du domicile de Nicole Simpson dans le quartier de Brentwood de Los Angeles. Dans les jours suivants ces meurtres, O. J. Simpson est recherché par la police. Le 17 juin, après ne pas s'être rendu à la police comme promis, l'ancien joueur de football américain s'enfuit alors qu'il est à bord d'une Ford Bronco blanche. Les télévisions diffusent en direct la poursuite, jusqu'à interrompre les finales de la NBA 1994. Le procès est suivi internationalement et est l'une des affaires judiciaires les plus marquantes des années 1990. Le , le jury donne un verdict « non coupable » des deux meurtres[12]. L'annonce du verdict est suivi une audience record d'environ 150 millions de personnes[13]. L'affaire n'est toujours pas résolue à ce jour.

Deux ans plus tard, O. J. Simpson est reconnu civilement coupable de la mort de Ronald Goldman, de coups et blessures sur Ronald Goldman et Nicole Brown[14],[15]. Simpson est condamné à payer 33,5 millions de dollars de dommages et intérêts[16]. Après le verdict de non-culpabilité, la vie quotidienne d'O. J. Simpson change[17]. La plupart de ses voisins le pensent coupable et il est mis à l'entrée du quartier des panneaux :« Bienvenue à Brentwood, domicile du boucher de Brentwood »[17],[Cit 1]. Même s'il est endetté et que ces voisins ne veulent plus de lui, Simpson refuse une offre de plus de quatre millions de dollars pour sa maison de Brentwood en 1995[17].

En 2000, O. J. retrouve la garde de ses enfants à la suite du procès contre la famille Brown et déménage à Miami en Floride. Dans l'État de Floride, la loi protège les biens des personnes, notamment la résidence principale qui ne peut pas être saisie[18].

Autres affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

En février 2001, O. J. Simpson est arrêté dans le comté de Miami-Dade pour vol d'un véhicule occupé et avoir arraché les lunettes de soleil d'un autre automobiliste lors d'une dispute sur la route trois mois plus tôt. Il est acquitté de toutes les charges en octobre de la même année[19].

En décembre 2001, la police perquisitionne la maison d'O. J. Simpson à Miami pour des suspicions de possession d'ecstasy et blanchiment d'argent[20],[21]. Les policiers ne retrouvent aucun élément permettant d'inculper Simpson pour ses charges mais découvre un équipement permettant de voler des programmes de télévision cryptés. Le , Simpson est arrêté pour avoir excédé la limitation de vitesse en bateau dans une zone de protection des lamantins et reçoit une amende[22]. En mars 2004, le réseau DirecTV accuse Simpson de piratage et gagne le procès. Simpson doit payer une amende de 25 000 dollars à l'entreprise[23],[24].

Condamnation à Las Vegas[modifier | modifier le code]

Vue extérieure d'un hôtel sur lequel est inscrit Palace Station.
Palace Station, l'hôtel-casino de Las Vegas dans lequel O. J. Simpson commet une attaque à main armée en 2007.

Le , O.J. Simpson est à Las Vegas pour un mariage. Tom Riccio, courtier de ventes aux enchères, lui apprend que des collectionneurs sont en ville pour vendre certains de ses objets personnels : des souvenirs sportifs, des photos de famille et le costume qu'il portait le jour de son acquittement[25].

Le , O. J. Simpson est arrêté à Las Vegas pour séquestration, vol à main armée et agression de deux négociants d'objets de collection sportifs[25]. Il est accusé d'avoir fait irruption le , accompagné de Tom Riccio et de cinq hommes de main dans un hôtel-casino de Las Vegas afin d'y dérober, sous la menace d'armes, ces souvenirs personnels[25]. Pour se justifier, il affirme que ces souvenirs lui ont été volés auparavant par certains de ses associés et qu'il ne savait pas que les hommes qui l'accompagnaient étaient armés[25].

Il est libéré contre une caution de 125 000 dollars le avec l'interdiction de quitter les États-Unis. Le , O. J. Simpson est reconnu coupable des douze chefs d'accusation retenus contre lui, dont ceux de vol à main armée et d'enlèvement[26]. Encourant une peine de prison à perpétuité[27], O. J. Simpson est finalement condamné, le , à 33 ans de prison ferme à Las Vegas pour enlèvement et vol à main armée, deux des douze chefs d'accusation dont il a été reconnu coupable[28],[29]. Les 33 années de condamnation ne sont pas sans rappeler les 33 millions de dollars dont il a été condamné à verser aux plaignants lors du procès civil. Il fait appel de cette décision, mais l'appel est rejeté le . Incarcéré, il ne peut pas espérer obtenir de libération conditionnelle avant 2017, soit à ses 70 ans passés[30].

En juillet 2017, O. J. Simpson demande une audience pour examiner une libération par anticipation[31]. Lors de celle-ci, Bruce Fromong, l'un des victimes du vol de 2007, plaide en sa faveur : « Il est temps de lui donner une seconde chance. Il est temps pour lui de rentrer chez lui avec sa famille, ses amis. C'est un homme bon qui a fait une erreur »[32]. Le , par un vote unanime, la commission des libérations conditionnelles du Nevada approuve sa libération par anticipation après 9 années passées en prison[32]. Il pourra sortir de prison le .

Vie privée[modifier | modifier le code]

Un couple tenant un jeune enfant sur une plage paradisiaque.
O. J. Simpson et sa femme Nicole avec leur premier enfant Sydney sur une plage d'Honolulu en février 1986.

À 19 ans, Simpson se marie avec Marguerite Whitley avec qui il a trois enfants : Arnelle en 1968, Jason en 1970 et Aaren en 1977. Le couple s'installe dans une maison de style espagnol dans le quartier de Bel Air à Los Angeles[5]. Simpson rencontre Nicole Brown en 1977 alors qu'elle a 18 ans et travaille comme serveuse dans une boîte de nuit privée de Beverly Hills. Bien qu'O. J. soit marié, ils entament une relation ensemble. En mars 1979, Simpson divorce de sa femme. En août 1979, cinq mois après le divorce du couple, Aaren, sa plus jeune fille, se noie dans la piscine familiale un mois avant son deuxième anniversaire[33].

O. J. Simpson et Nicole Brown se marient le . Ils ont deux enfants ensemble, Sydney Brooke dans cette même année 1985 et Justin Ryan en 1988. Le mariage dure sept ans et est marqué par des plaintes pour violences conjugales. Le , un appel au 911 indique Simpson a battu Nicole et qu'il lui aurait dit « Je vais te tuer »[Cit 2],[1]. Nicole Brown Simpson demande le divorce le .

Style de jeu et personnalité[modifier | modifier le code]

La première femme d'O. J. Simpson, Marguerite Whitley, le décrit comme « un typique cancer. Il est casanier. Il veut de la sécurité. Il aime avoir un toit au dessus de sa tête et trois repas par jour. Un enfant gâté »[5],[Cit 3]. Superstitieux, il continue de porter les chaussettes blanches de sa rencontre record contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre en 1973[5].

Alors que Jim Brown dominait ses adversaires par sa puissance, les forces d'O. J. Simpson sont son agilité et sa vitesse[t 5]. Peu importe le climat, il porte toujours des maillots à manches courtes : « Au football américain, je ne veux absolument pas être touché. Je sens mieux les plaqueurs de cette manière »[34],[Cit 4].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

À partir du procès pénal pour double meurtre, O. J. Simpson est moqué dans des séries télévisées. Dans le deuxième épisode de la saison 6 de Seinfeld, La Grande Salade, Kramer joue au golf avec un ancien joueur de baseball qui est suspecté de meurtre et se retrouve dans un poursuite à bord d'une Ford Bronco blanche[35]. Dans la saison suivante et l'épisode 12 intitulé Le Soutien-gorge[Cit 5], Sue Ellen Mischke essaie un soutien-gorge au tribunal qui se révèle trop petit : « Un soutien-gorge doit s'ajuster juste sur la peau, comme un gant ! »[35]. Le neuvième épisode de la saison 7 des Griffin ou Family Guy est intitulé The Juice is Loose, lors duquel Peter retrouve un billet lui offrant une partie de golf avec O. J. Simpson[35]. Il tente de piéger Simpson pour obtenir des aveux puis le réhabilite dans le voisinage jusqu'à ce qu'O. J. prenne un couteau et tue trois de ses voisins avant de s'enfuir[35].

L'affaire judiciaire d'O. J. Simpson est l'une des plus importantes de son temps. Elle donne lieu à la rédaction de nombreux ouvrages et à des séries télévisées. En janvier 1995, FOX diffuse une téléfilm controversé à partir de l'affaire intitulé The O.J. Simpson Story[35]. Un des documentaires de la série 30 for 30 d'ESPN se consacre au et notamment la course-poursuite en voiture de Simpson[35]. En 2017, une série de documentaires intitulés O.J.: Made in America est diffusée sur Arte[36].

Un album musical intitulé O. J. Simpson (2010) a été édité par le rappeur américain Guilty Simpson[37].

Aspects financiers[modifier | modifier le code]

Plus grand joueur universitaire de la fin des années 1960, O. J. Simpson rentabilise les attentes portées en lui avant même d'avoir joué une rencontre professionnelle pour les Bills de Buffalo. Son manager, Chuck Barnes, lui fait signer un contrat de 250 000 dollars avec General Motors pour promouvoir les véhicules du groupe[38]. Il doit choisir une entreprise de jus d'orange parmi plusieurs et une autobiographie publiée par MacMillan est déjà prévue à la fin de sa première saison professionnelle[38]. Le joueur et son manager vont également au conflit avec le propriétaire de la franchise des Bills, Ralph Wilson Jr.. Le joueur demande un contrat de 5 saisons d'une valeur de 650 000 dollars et un prêt de 500 000 dollars pour des investissements alors que Wilson ne lui propose que 250 000 dollars[38]. Après une troisième réunion liée au contrat, O. J. déclare : « Nous n'allons nulle part. J'aimerais être transféré »[38],[Cit 6].

Vedette d'une campagne publicitaire à grand budget d'Hertz, sa collaboration avec l'entreprise de location de véhicules est une réussite car il apporte à l'entreprise l'illustration des concepts de « vitesse, fiabilité et efficacité » que la marque souhaite promouvoir[39]. L'entreprise paie le joueur entre 100 000 et 250 000 dollars annuels pour ces publicités[39]. Hertz voit son profit net augmenter de 47 % sur l'année 1976[39]. Il utilise sa notoriété pour être ambassadeur de différentes marques comme Acme Boot Company et signe un contrat d'un million de dollars et un pourcentage sur les ventes avec la marque de jus d'orange Treesweet[39]. Il signe également un contrat de 2 500 000 dollars sur trois saisons avec les Bills de Buffalo[40]. Selon l’humoriste Johnny Carson, Simpson est payé un demi-million de dollars pour jouer au football américain et deux millions de dollars pour vivre à Buffalo[40].

Palmarès et records[modifier | modifier le code]

O. J. Simpson est le quatrième joueur universitaire de l'histoire à terminer deux saisons universitaires consécutivement en tant que meilleur coureur en termes de yards après Rudy Mobley (1942 et 1946), Art Luppino (1954 et 1955) et Preacher Pilot (1961 et 1962). Ses 1 880 yards lors de la saison universitaire 1968 sont alors le record sur une seule saison. Pour un yard, il perd son record trois saisons plus tard, Ed Marinaro courant 1 881 yards. Vainqueur du Rose Bowl en 1967, il le dispute également l'année suivante et est désigné meilleur joueur de la rencontre dans la défaite[34]. Vainqueur du trophée Heisman et du Maxwell Award, il ajoute des lignes majeures à son palmarès individuel.

O. J. Simpson est le premier à casser la barre mythique des 2 000 yards parcourus à la course lors de la saison 1973 lorsqu'il court 2 003 yards. Il bat alors le record historique de 1 863 yards de Jim Brown. Lors de cette saison 1973, il court 143,1 yards par rencontre, une moyenne record sur une saison. Il court 1 000 yards en seulement sept rencontres, performance qu'il réalise de nouveau lors de la saison 1975.

Simpson termine sa carrière avec 11 236 yards courus, deuxième total le plus important lorsqu'il prend sa retraite, devancé seulement par Jim Brown. Joueur de l'année en 1973, il est sélectionné à six reprises au Pro Bowl. Il est le premier joueur à avoir couru plus de 200 yards lors de six matchs différents. Il termine meilleur coureur de la NFL à quatre reprises. Malgré ces performances individuelles, il ne dispute qu'une seule rencontre de phase finale en 1974, qu'il perd contre les Steelers de Pittsburgh, futur vainqueur du Super Bowl IX.

En 1985, O. J. Simpson est introduit au Pro Football Hall of Fame en compagnie de Joe Namath, Roger Staubach, Pete Rozelle et Frank Gatski[41]. À cette occasion, il rend hommage à sa mère : « Vous ne savez pas ce que c'est d'avoir 8 ans et que tous vos amis pensent que vous avez la meilleure mère de tous le voisinage »[41],[Cit 7].

Statistiques[modifier | modifier le code]

O. J. Simpson a joué les neufs premières années de sa carrière de joueur de football américain professionnel pour les Bills de Buffalo et l'a terminé par deux saisons aux 49ers de San Francisco. Les statistiques dans les tableaux suivants mesurent ses différentes performances au poste de running back[42].

Légende
Super Bowl
Champion AFC
Gras - Leader de la ligue
Statistiques d'O. J. Simpson en saison régulière
Saison Équipe  MJ  MT Courses Passes réceptionnées Fumbles
Tentées Yards Moyenne  TD  REC Yards  Y/REC  TD
1969 BUF 13 - 181 697 3,9 2 30 343 11,4 3 6
1970 BUF 8 8 120 488 4,1 5 10 139 13,9 0 6
1971 BUF 14 14 183 742 4,1 5 21 162 7,7 0 5
1972 BUF 14 14 292 1 251 4,3 6 27 198 7,3 0 6
1973 BUF 14 14 332 2 003 6,0 12 6 70 11,7 0 12
1974 BUF 14 14 270 1 125 4,2 3 15 189 12,6 1 4
1975 BUF 14 14 329 1 817 5,5 16 28 426 15,2 7 23
1976 BUF 14 13 290 1 503 5,2 8 22 259 11,8 1 9
1977 BUF 7 7 126 557 4,4 0 16 138 8,6 0 0
1978 SF 10 10 161 593 3,7 1 21 172 8,2 2 3
1979 SF 13 8 120 460 3,8 3 7 46 6,6 0 3
Total 135 116 2 404 11 236 4,7 94 203 2142 10,6 14 62


Statistiques d'O. J. Simpson en phase finale
Saison Équipe  MJ  MT Courses Passes réceptionnées Fumbles
Tentées Yards Moyenne  TD  REC Yards  Y/REC  TD
1974 BUF 1 1 15 49 3,3 0 3 37 12,3 1 0

Filmographie[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

Citations originales[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Welcome to Brentwood. Home of the Brentwood Butcher ».
  2. (en) « I'll kill you ».
  3. (en) « [He is] a typical Cancer. He's a homebody. He wants security. He likes a roof over his head and three meals a day.... A spoiled brat ».
  4. (en) « In a football game, I just don't want to be touched. I can feel tacklers better that way ».
  5. Le titre original de l'épisode est The Caddy.
  6. (en) « We're not getting anywhere. I'd like to be traded ».
  7. (en) « You don't know what it is to be 8 years old and have all your friends think you've got the best mother in the neighborhood ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. O. J. est également l'abréviation américaine commune pour orange juice, jus d'orange en anglais. The Juice est le surnom de Simpson.
  2. Membre du College Football Hall of Fame, Gary Beban remporte le trophée Heisman dix jours plus tard et est désigné meilleur joueur universitaire de l'année. Sélectionné par les Rams de Los Angeles, il est échangé aux Redskins de Washington suite à des négociations de contrat manquées. Remplaçant derrière Sonny Jurgensen, il joue peu et est relâché par l'équipe dès 1970. Un an plus tard, il met un terme à sa carrière sportive.
  3. Barry Sanders court 2 053 yards en 1997 dont 2 000 yards au cours de ses 14 dernières sorties de la saison 1997.
  4. Le surnom de la ligne offensive provient d'un enfant d'un salarié des Bills de Buffalo qui, assis devant le dessin animé The Electric Company dit que la ligne offensive de l'équipe devrait s'appeler ainsi car elle lance The Juice (le jus), le surnom d'O. J..

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • The People V. O.J. Simpson
  1. Toobin 2016, « 3. Being O.J. », p. 45.
  2. a, b et c Toobin 2016, « 3. Being O.J. », p. 46.
  3. Toobin 2016, « 3. Being O.J. », p. 49.
  4. Toobin 2016, « 3. Being O.J. », p. 51.
  5. Toobin 2016, « 3. Being O.J. », p. 50.
  • The USC Trojans Football Encyclopedia
  1. a, b, c, d et e (en) Richard J. Shmelter, The USC Trojans Football Encyclopedia, McFarland, , 344 p. (ISBN 9781476615110, lire en ligne), « One: The Seasons - 1967 », p. 82 à 84.

Autres références[modifier | modifier le code]

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  3. a, b, c et d (en) Dan Jenkins, « The Great One Confronts O.J. : A national championship, a bowl bid, a conference title, a Heisman Trophy and the sanity of a city are all part of the stakes as archenemies USC and UCLA prepare for their backyard showdown », Sports Illustrated, vol. 27, no 21,‎ , p. 32 à 43 (lire en ligne).
  4. a et b (en) John Underwood, « A Man in Motion Beats Texas : USC's John McKay goes through the typical week of a college coach faced with a big game and has it end happily as his Trojans crisply execute his plays and come from behind to defeat a highly rated rival », Sports Illustrated, vol. 27, no 14,‎ , p. 22 à 38 (lire en ligne).
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m (en) Joe Marshall, « Now You See Him, Now You Don't : All eyes, including those of the dumbfounded opposition, are on O. J. Simpson as he performs his sleight of foot for the amazing Bills and prepares to make Jim Brown's season rushing mark disappear », Sports Illustrated, vol. 39, no 18,‎ , p. 30 à 43 (lire en ligne).
  6. a, b, c, d et e (en) Les Ledbetter, « Simpson Is Traded By Bills to 49ers », The New York Times,‎ , p. 13 (lire en ligne).
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Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacqueline Jospitre, Qui a peur de O. J. Simpson ? ou justice à l'américaine, Ste Écrivains Associes, (ISBN 2748005481).
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  • (en) Linda Marx, The Women of O.J Simpson, William Morrow & Co, (ISBN 978-0688144968).
  • (en) Paula Barbieri, The Other Woman : My Years With O.J. Simpson, Little, Brown and Company, , 320 p. (ISBN 978-0316651134).
  • (en) Vincent Bugliosi, Outrage : 5 Reasons Why O. J. Simpson Got Away with Murder, Seattle, Island Books, (ISBN 0-440-22382-2).
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  • (en) Shosana Felman, The Juridical Unconscious : Trials and Traumas in the Twentieth Century, Cambridge, MA, Harvard University Press, (ISBN 0-674-00931-2).
  • (en) Joe Garner, Stay Tuned : Television's Unforgettable Moments, Kansas City, Andrews McMeel Publishing, (ISBN 0-7407-2693-5).
  • (en) Darnell M. Hunt, O. J. Simpson facts and fictions, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-62456-8).
  • (en) Jeffrey Toobin, The People V. O.J. Simpson, Arrow, , 496 p. (ISBN 978-1784755867).
  • (en) Robert L. Shapiro, The Search for Justice : A Defense Attorney's Brief on the O.J. Simpson Case, Graymalkin Media, (ISBN 978-1631680755).

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Série télévisée[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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