Les Belles Histoires des pays d'en haut

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Les Belles Histoires
des pays d'en haut

Genre Feuilleton
Création

Claude-Henri Grignon (scénario)

Bruno Paradis, Fernand Quirion et Yvon Trudel (réalisation)
Acteurs principaux Jean-Pierre Masson
Andrée Champagne
Guy Provost
Yvon Leroux
Eugène Daignault
Germaine Giroux
Pays d'origine Drapeau du Canada Canada
Chaîne d'origine Radio-Canada
Nb. de saisons 14
Nb. d'épisodes 495
Durée

30 minutes (1956-1967)

60 minutes (1967-1970)
Diff. originale

Les Belles Histoires des pays d'en haut est un télé roman canadien diffusé entre le et le à Radio-Canada racontant la vie des habitants du village réel de Sainte-Adèle, au nord de Montréal. Totalisant 495 épisodes d'une durée initiale de 30 minutes en noir et blanc, puis de 60 minutes en couleurs, l'émission a été créé par Claude-Henri Grignon d'après son roman Un homme et son péché. Il n'y a qu'environ 70 à 80 épisodes, qui datent surtout de 1967 à 1970, pour lesquels une copie a survécu à l'épreuve du temps[1].

Avant de faire le saut à la télévision, le roman est diffusé à la radio de Radio-Canada durant 24 années[2] et deux films sont réalisés (en 1949 et 1950). Un troisième film est réalisé en 2002. Un remake de la série télévisée intitulée Les pays d'en haut est diffusé depuis janvier 2016 à Radio-Canada.

Présentation[modifier | modifier le code]

Avant le téléroman, l'univers des Belles Histoires faisait déjà l'objet à partir de 1939 d'une très populaire émission radiophonique, d'une durée de 15 minutes et diffusée du lundi au vendredi[3]. Dès les premières télédiffusion (hebdomadaires) en 1956, certains auditeurs de longue date sont déçus puisqu'ils imaginaient les personnages différemment. En effet, Séraphin est rajeuni : il a 28 ans et Donalda 17. Cette dernière n'est également plus la fermière bien en chair qu'elle était à l'époque de la radio, mais une jeune femme svelte et blonde, imaginée pour plaire au public. Dans les années 1960, plusieurs critiques culturels dénoncent la faiblesse des textes et des personnages n'évoluant jamais, mais le public reste assidu, tous les lundis soir. En 1963, le 300e épisode attira 2 340 000 d'entre eux, du jamais-vu dans la province[4].

Parmi les différences entre le roman initial et le feuilleton télévisé : la maîtresse de poste Angélique a comme prétendant le docteur Cyprien sur papier, et le notaire LePotiron dans la série. Aussi, le père de Donalda, F.-X. Laloge meurt dans la version imprimée, contrairement à la télé où il reste en vie. Enfin, le père Chevron est à l'origine tanneur, mais devient forgeron au petit écran[5].

La série a aussi contribué à refaire connaître le terme ancien d'agent ou inspecteur des terres, charge d'intérêt public et exercée à titre personnel qu'occupe entre autres Séraphin Poudrier[6]. En outre, Séraphin est également maire, préfet de comté, organisateur politique pour le parti libéral d'Honoré Mercier, prêteur, mais aussi fabricant local de cercueils[7].

Ce téléroman a connu un record de longévité de quatorze saisons, battu par L'Auberge du chien noir lors de la saison 2016-2017, mais aussi par Virginie en 2010 (qui était toutefois une quotidienne[8]). Par la suite, il a été rediffusé à quelques reprises, entre autres sur la chaîne culturelle ICI ARTV (saisons 1968-1970 en couleurs), et en partie sur DVD. ARTV retire la série de sa programmation en 2007, après trois diffusions complètes des épisodes couleur encore existants[9].

Il n'existe aucune copie pour la majorité des épisodes. Ce n'est qu'à partir de la saison 1967-1968 que la direction décide d'enregistrer et conserver systématiquement les épisodes, afin d'éventuellement pouvoir les rediffuser[10]. Avant 1967, l'émission est tournée en noir et blanc en une seule prise, puis diffusée en différé[8]. C'est aussi à partir de cette année (saison 10) que les épisodes passent d'une durée de 30 minutes à 60 minutes. Malgré l'énorme popularité de la série, Radio-Canada a cherché à la retirer des ondes à quelques reprises. À chaque fois, le commanditaire est parvenu à repousser le couperet – jusqu'en 1970[3].

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'histoire se situe durant la colonisation des Laurentides, plus précisément dans ce qui est devenu la MRC des Pays-d'en-Haut, vers la fin du XIXe siècle (env. 1885-90). L'action se déroule principalement à Sainte-Adèle, où un homme avare, Séraphin Poudrier, contrôle d'une main de fer la petite communauté en employant sa richesse et sa duplicité[11].

Maire du village, il convoite puis épouse Donalda Laloge, après que le père de celle-ci, incapable de rembourser sa dette, la lui donne à contrecoeur en mariage. Donalda, une femme douce et soumise, promise au bel Alexis Labranche, acceptera dès lors de vivre plutôt sa vie en fonction des volontés de cet homme avare et dur en affaire mais doté d'une grande éthique de travail, sans jamais se laisser abattre par sa situation, grâce au réconfort de la prière et à la certitude du devoir accompli. Plusieurs intrigues se greffent à l'histoire avec les familles Fourchu, Laloge, Ruisselet, Pothier et Bouchonneau, sans oublier le curé Antoine Labelle et la riche héritière Mayfair[11].

Parmi les personnages historiques qui figurent dans le feuilleton, notons le premier ministre Honoré Mercier, les journalistes Arthur Buies et Guillaume-Alphonse Nantel ainsi que le vétérinaire et éleveur J.-A. Couture, mais surtout le curé Antoine Labelle qui est un personnage récurrent.

Distribution[modifier | modifier le code]

Personnages récurrents[modifier | modifier le code]

  • Maurice Beaupré : «père» Anthime Chevron, forgeron (?-1970)
  • Julien Bessette : curé Jean-Baptiste Marie Raudin (1967-1970)
  • Ginette Blais : Iphigénie Lepotiron, fille du notaire Romain Lepotiron (1967-1970)
  • Marcel Cabay : Docteur Joseph Clément Bouclier (1968-1970)
  • Thérèse Cadorette : Scholastique « La Scole » Fourchu, épouse de Basile Fourchu (1961-1970)
  • René Caron : Théodore « Todore Desbouchons » dit Bouchonneau, marchand général (1960-1970)
  • Andrée Champagne : Donalda Laloge-Poudrier, épouse de Séraphin Poudrier (1956-1970)
  • Eugène Daigneault : «père» Ovide Ruisselet (1er)(1956-1960)
  • Pierre Daigneault : «père» Père Ovide Ruisselet, dit « ti père » , aubergiste, postillon, encanteur, maréchal, huissier, maquignon et « rapporteur officiel » du maire (2e) (1960-1970)
  • Paul Desmarteaux : curé Antoine Labelle (ou Curé Labelle) (1956-1970)
  • Camille Ducharme : Romain Lepotiron, notaire et secrétaire de la corporation (1956-1970)
  • Réjeanne Desrameaux : Georgianna Bouchonneau, épouse de Théodore Bouchonneau (1960-1970)
  • Janine Fluet : Gladys « Baby » Mayfair, «la riche héritière» (195?-1970)
  • Gabriel Gascon: Alexis Labranche (1er) (1956-1965)
  • Germaine Giroux : Victorine « La Lionne » Maltère-Ruisselet, épouse d'Ovide Ruisselet (Ti Père)
  • Gisèle Mauricet : Rosa-Rose « La Fouine » Ducresson, bonne de l'auberge
  • Réjean Lefrançois : Florent Chevron, forgeron, fils de Anthime Chevron (?-1970)
  • Yvon Leroux : Adélard « Bidou » Laloge, fils de François-Xavier Laloge (1961-1970). Rôles secondaires : Toussaint Dursol (Un ermite en forêt) (195?-?), Jim (Barman au saloon de Baby à Denver) (?-?)
  • Elizabeth Lesieur : Nanette Laloge, épouse de Bidou Laloge (1963-1970)
  • Jean-Pierre Masson : Séraphin Poudrier, colon, maire, préfet du comté, prêteur retors, agent des terres (1956-1970)
  • Gérard Paradis : Basile Fourchu, colon (1961-1970) père modèle de très nombreux enfants.
  • Jacqueline Plouffe : Noëlla, secrétaire et amie d'Aurélie.
  • Henri Poitras : Jambe-de-bois, quêteux officiel (1956-1970)
  • Guy Provost: Alexis Labranche, alias Joe Branch, alias «l'exilé», colon, gardien du club du lac Manitou (2e) (1965-1970)
  • Louise Roux: Aurélie, fille de Georgianna Bouchonneau, secrétaire particulière du «boss Réné» (1961-1970)
  • Serge Turgeon : Léon Dalbrand, avocat, écrivain, poète (1963-1970), fils de Lady Mayfair.

Personnages secondaires[modifier | modifier le code]

Autour de la série[modifier | modifier le code]

  • Une partie des scènes extérieures a été tournée aux Chutes Monte-à-Peine au Parc Régional des Chutes-Monte-à-Peine-et-des-Dalles. (Carte et photographies) La course de chevaux sur le lac et la pêche du père Laloge ont été tournées au Havre familial Camp Marcel à Sainte Béatrix. Dans l'épisode de " Un Oubli" une maison de Séraphin passe au feu. La scène a été tournée en deux parties. La première partie nous fait voir un paysage de la rivière l'Assomption à l'arrière plan. La seconde partie où l'on voit la maison brûler se situe elle aussi au Havre familial Camp Marcel à Sainte- Béatrix. Le Camp appartient aux Frères de Saint-Gabriel. La maison nommée "Maison Beaupré" a été achetée par Radio Canada pour cette scène. C'est le site actuel du camping de la grange[réf. nécessaire].
  • Les extérieurs du château de Baby furent tournés au Manoir historique de Saint-Henri-de-Mascouche[12].
  • L'acteur devant incarner Séraphin n'a été choisi qu'un mois avant le début du tournage. Yvon Leroux, qui jouera finalement Bidou Laloge, a même été considéré en tant que finaliste[13].
  • Quelques noms de lieux québécois sont inspirés des Belles histoires[14] : le Lac Laloge, le Lac Bidou, le Lac Séraphin, le Lac Poudrier, le Lac Donalda sont situés dans un même secteur de la MRC du Fjord-du-Saguenay, tout juste au sud du Réservoir Pipmuacan. Il y a aussi le Lac du Père-Chevron sur la La Haute-Côte-Nord (secteur Lac-au-Brochet), la Rue du Père-Ovide et la Rue Séraphin à Sainte-Adèle, et dans la MRC d’Antoine-Labelle (secteur Lac-Douaire) : le Lac Viande à Chien et le Lac Bouleau Noir – les expressions respectives de Séraphin et d'Alexis.

Générique d'ouverture[modifier | modifier le code]

Le générique en lui-même fait littéralement partie du folklore québécois. Sur la musique des Saisons, op. 67 - L'automne : Petit adagio de Alexandre Glazounov[15] . Cet indicatif musical avait été choisi par Guy Mauffette en 1939 pour le feuilleton radiophonique Un homme et son péché et repris pour la suite télévisée[8]. La voix hors champs de François Bertrand lisait le texte qui apparaissait à l'écran sur fond de paysages des Laurentides. On peut ici-même en voir une version en noir et blanc. Des versions en couleurs suivront par la suite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « 50 ans de Belles histoires », sur ici.radio-canada.ca, (consulté le 2 mars 2019)
  2. Première présentation du téléroman «Les belles histoires des pays d'en haut»
  3. a et b François Baby, « Téléromans : personnages et dialogues », L'Annuaire théâtral Revue québécoise d’études théâtrales,‎ , p. 117 (lire en ligne)
  4. Daniel Chartier, L'émergence des classiques. La réception de la littérature québécoise des années 1930, Fides, coll. « Nouvelles études québécoises », (lire en ligne), p. 67-68.
  5. Rosaire Fontaine, « Avant propos », dans Séraphin: Nouvelles histoires des Pays d'en haut Tome 1, de Claude-Henri Grignon, Québec Amerique, (ISBN 9782764425107, lire en ligne), p. 24
  6. André Gélinas, L'administration centrale et le cadre de gestion. Les ministères, les organismes, les agences, les appareils centraux, PUL, (lire en ligne).
  7. Georges Desmeules et Chantale Gingras, « Crimes et châtiments : Séraphin. Un homme et son péché », Québec français, no 129,‎ , p. 99 (lire en ligne)
  8. a b et c Luc Boulanger, « Les pays d'en haut: leurs belles histoires », sur La Presse (consulté le 2 mars 2019)
  9. « ARTV - C'est la fin pour Séraphin   », sur Canoë, (consulté le 2 mars 2019)
  10. « Les pays d’en haut – Le webdocumentaire », sur ICI Radio-Canada Télé (consulté le 2 mars 2019)
  11. a et b « Les belles histoires des pays d'en haut », sur Qui Joue Qui ? - La référence en séries et téléromans québécois (consulté le 2 mars 2019)
  12. Référence: Pour les Belles Histoires: Le Manoir historique de Saint-Henri-de-Mascouche devient le Château de Baby, documents recueillis par Benoît David, photographies de Guy Dubois, Le Journal des Vedettes, 20 mai 1967, page 15.
  13. Rosaire Fontaine, « Avant propos », dans Séraphin: Nouvelles histoires des Pays d'en haut Tome 1, de Claude-Henri Grignon, Québec Amerique, (ISBN 9782764425107, lire en ligne), p. 26
  14. « Chroniques toponymiques - Une belle histoire », sur Commission de la toponymie du Québec, (consulté le 2 mars 2019)
  15. Référence: Glazunov et Moscow Symphony Orchestra, Alexander Anissimov, The Seasons, CD, Naxos, 8.553915, 1998.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]