Jean-Marie Lemieux

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Jean-Marie Lemieux
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Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Activité

Jean-Marie Lemieux est un comédien et metteur en scène québécois né à La Pocatière le et décédé le (à 45 ans).

Il fit ses études primaires auprès des frères du Sacré-Cœur de L'Ancienne-Lorette avant de poursuivre ses études secondaires chez les pères du Sacré-Cœur de Beauport. La voix forte et les talents d'orateurs de Jean-Marie Lemieux furent remarqués par les Pères du Sacré-Cœur. Il y demeura quatre années, au cours desquelles, il comprit qu’il n’était pas fait pour la prêtrise et cela malgré les exhortations des Pères à poursuivre le noviciat. Finalement, il choisit de terminer ses études classiques au Petit Séminaire de Québec. Il s’inscrivit par la suite à la Faculté de médecine où, il compléta deux années de formation.

Le théâtre était devenu pour lui un incontournable. Il joint dans les années 1960 la troupe de théâtre Les Treize. Sa lecture intensive du répertoire théâtral québécois et mondial et sa collaboration à la mise en scène des pièces jouées par la troupe devaient l’assurer de sa détermination à devenir acteur. Quittant la médecine, il est reçu au Conservatoire d’art dramatique de Québec où il travaille auprès de Jean Valcourt. Trois ans de formation d’où il sortira, en 1966, avec trois premiers prix: comédie classique, théâtre contemporain et tragédie classique avec la note très grande distinction.

Activité théâtrale[modifier | modifier le code]

Dès sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Québec, Jean-Marie Lemieux connaît une carrière fulgurante. Au cours des vingt années suivantes, il incarnera avec un talent exceptionnel plus de quatre-vingt rôles tirés de pièces des théâtres : classique, québécois, de boulevard, contemporain et shakespearien. Ce seront les répertoires d’Anouilh, de Claudel, de Molière qu’il affectionne particulièrement, de Steinbeck, Tennessee Williams, Tchékhov et Shakespeare. Et du Jacques Ferron, du Marcel Dubé. Il partage la scène avec des comédiens et comédiennes chevronnés : les Janine Sutto, Hélène Loiselle, Louise Marleau, Élizabeth Chouvalidzé et Andrée Lachapelle ; les Jean Besré, Lionel Villeneuve, Jean-René Ouellet, François Tassé, Gilles Pelletier et l’inoubliable Jean Duceppe.

En 1972, Jean Duceppe et Jean-Marie Lemieux ont joué 203 fois la pièce Charbonneau et le chef de John Thomas McDonough . Des confidences de Jean Duceppe, on apprend que Jean-Marie Lemieux en Mgr Charbonneau était si puissant que des spectateurs se signaient, lorsqu’il bénissait son assemblée. Jean Duceppe se remémore qu’il sortait de son propre rôle quelques instants pour le regarder jouer. Il parle de “miracle” tellement le public était réceptif, envoûté.

D’acteur et avec le même bonheur, Jean-Marie Lemieux traduit, adapte et met en scène le fruit de ses passions. Attaché à l’idée de faire de la ville de Québec une plaque tournante du théâtre dans le monde, il fonde le Théâtre du Bois de Coulonge en 1977. Avec la complicité de Rachel Lortie, comédienne et compagne de vie, ils proposeront, au long des ans, une programmation variée faisant la part belle au théâtre québécois. Leur première propose Les Grands Soleils de Jacques Ferron. Suivront des créations de Marie Laberge, Jeanne-Mance Delisle, Guy Dubé et Frank Fontaine. Les pièces de toute provenance sont présentées sous un chapiteau conçu par l'architecte Michel Gallienne, de Québec, et monté dans le boisé magnifique du parc du Bois de Coulonge. C’est l’aventure palpitante d’un théâtre d’été capable de faire renaître l’esprit des saltimbanques. Esprit sensible porté par l’improvisation et la création dont se nourrissait inlassablement le travail de Jean-Marie Lemieux, quel qu’en soit l’aspect.

À ce travail de fondateur et de directeur artistique de théâtre se greffera la production de pièces dans d’autres théâtres : Le Trident, La Fenière, le Théâtre Félix-Leclerc et celui du Vieux-Port ainsi que Le Petit Champlain. Jean-Marie Lemieux contribuera ensuite à plusieurs séries télévisées dont D’Ibervile, Les Belles Histoires des pays d'en haut, Les Berger, Les Forges du Saint-Maurice, La Vie Promise et Laurier. Il jouera aussi dans une quinzaine de films dont Les Yeux rouges d’Yves Simoneau et La Vie de Marie Victorin. Il prêtera également sa voix à la post-syncronisation. Six années sans contredit décuplées, à la mesure de l’homme qui choisit de quitter la direction du Théâtre du Bois de Coulonge en 1982, afin de ne plus s’adonner qu’au plaisir du jeu, confiera-t-il. Il ne sait pas encore qu’il va jouer sa dernière pièce, Vies privées avec Léa-Marie Cantin et Gilles Pelletier.

Quinzaine internationale de théâtre de Québec[modifier | modifier le code]

En 1984, toujours présent au Théâtre du Bois de Coulonge, il concrétise, avec sa femme, Rachel Lortie, et d’autres partenaires, un festival international de théâtre baptisé La Quinzaine internationale de Théâtre. Jean-Marie Lemieux ne verra malheureusement pas la seconde édition de son Festival, frappé de plein fouet par un cancer qui va l’emporter le 4 novembre 1985 à l’âge de 45 ans, laissant dans le deuil son épouse, Rachel Lortie, et ses deux fils Pierre et Benjamin, sa mère Louise Drapeau ainsi que deux frères Antoine et Denis. Plus de 1,000 personnes, collaborateurs, amis, comédiens et comédiennes viennent l’applaudir une dernière fois lors d’une courte cérémonie officiée par l’abbé Paul Karim en l’église Notre-Dame-du-Chemin à Québec. Il avait monté la première pièce du Théâtre du Bois de Coulonge, Les Grands Soleils de Jacques Ferron. Écoutons le poète Jean Royer situer le thème de la pièce autour de la liberté dans la création: “ La dramaturgie québécoise vient de s'enrichir d'une pièce unique et assez extraordinaire. Qui marque un pas important, sinon le plus grand, dans la jeune histoire de notre théâtre. Pour la première fois, une pièce de théâtre apporte l'humour, l'ironie et la satire pures sur nos scènes. La pièce de Ferron est incontestablement universelle, en ce sens qu'elle incarne notre réalité québécoise à même l'éternel combat de l'homme, celui entre la vie et la mort. Jean-Marie Lemieux demeure, à sa façon, un grand soleil. Puisse-t-il inspirer tous ceux et celles qui rêvent de brûler les planches.

Références journalistiques[modifier | modifier le code]

Texte de Madame Odette Ménard, Québec, 2010 Recherches, Patrick Lemieux, Québec, 2010 Les documents iconographiques sont une gracieuseté de Denis Lemieux, Québec, 2010 Échos-Vedettes, 16 au 22 novembre 1985, La foule applaudit Jean-Marie Lemieux lors d’une messe commémorative., texte et photos de Denis Méthot, p. 28–29 Le Soleil, Au théâtre comme à la ville, son franc-parler l’a servi., texte de Martine R. Corrivault Le soleil, Jean-Marie Lemieux ne craignait pas les risques., texte de Martine R. Crrivault Le Soleil, Jean-Marie Lemieux. Un grand comédien disparaî.t, texte de Martine R. Corrivault Le Soleil, Théâtre du Bois de Coulonge. Survivre au départ., texte de Martine R. Corrivault ? , Jean-Marie Lemieux en était rendu aux plus grands rôles., texte de Gilles Normand ? , Dernier hommage à Jean-Marie Lemieux., texte de Louise Larouche

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma
Télévision

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Conservatoire d’art dramatique de Québec 1966, premiers prix: comédie classique, théâtre contemporain et tragédie classique avec la note très grande distinction.

Nominations[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]