Jean Brousseau

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Jean Brousseau
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Président
Union des artistes
-
Biographie
Naissance
Nationalité
Activités

Jean Brousseau est un comédien québécois né en 1929 à Québec. Il est marié avec Lise L'Heureux, aussi comédienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Débuts

Son activité professionnelle débute dans sa ville natale en 1954, principalement dans deux troupes : les Apprentis et les Comédiens de Québec, à la fois écoles de théâtre et compagnies de production. Il y joue notamment Molière et Labiche. Mais dès 1956, il s’installe à Montréal où se déroulera l’essentiel de sa carrière, partagée, pour l’essentiel, entre le théâtre et la télévision. Il était le frère du comédien et auteur-compositeur-interprète Hervé Brousseau.

Théâtre[modifier | modifier le code]

En 1961 et 1962, on remarque le jeune Brousseau dans Le Pélican, d’August Strindberg, puis dans le rôle-titre de Ce Fou de Platonov d’Anton Tchekhov, au Théâtre de l’Égrégore, alors au cœur de la vie théâtrale montréalaise. Sur Platonov, le célèbre poète et critique de théâtre Gérald Godin écrit : « Quand il n’est pas là, on s’ennuie. Brousseau a toute l’âme qu’il faut pour jouer ce rôle (...) sa sensibilité, son authenticité m’ont frappé. Il ne sonne jamais faux. »

Répertoires classique et moderne[modifier | modifier le code]

À la scène, Brousseau évoluera, au cours des années 1960, 70 et 80, dans le répertoire classique comme dans les répertoires contemporains français et québécois, avec quelques incursions du côté anglophone. Il sera Salerio dans Richard II de Shakespeare, Peter Smith dans Un goût de miel de Shelag Delaney (adapté du film A Taste of Honey), Célestin dans Les Maxibules de Marcel Aymé, Olivier dans Médium-saignant de Françoise Loranger (pièce politique, inspirée de la crise linguistique au Québec, où son personnage affronte celui joué par Jean Duceppe), Dollard Désormeaux dans La vie éjarrée d’Adam Dollard Désormeaux de Jean-Robert Rémillard, M. Martin dans La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco, Philinte dans Le Misanthrope de Molière, Désiré dans Désiré de Sasha Guitry. Il a joué au total dans une quarantaine de pièces.

Télévision[modifier | modifier le code]

C’est sur le petit écran que Jean Brousseau se fait le plus connaître du grand public québécois au cours des années 1960, avec plus de dix ans dans le rôle du Dr Jérôme Marignon, dans la série-culte Les Belles Histoires des pays d’en-haut, à la télévision de Radio-Canada. Au début des années 1960, il a également tenu le rôle-titre de la série pour enfants Le Grand-Duc, qui racontait des histoires fantastiques dont il était l’acteur et le narrateur. De 1980 à 1982, il tient le rôle principal dans la série Boogie-woogie 47 de Claude Jasmin, tiré du roman autobiographique éponyme de l’écrivain et scénariste.

Crédible dans Duplessis[modifier | modifier le code]

En 1978, dans la série télévisée Duplessis de Denys Arcand mettant en vedette Jean Lapointe, il incarne Paul Gouin. Critiquant cette réalisation sous l’angle de son authenticité et de sa vraisemblance historique, le chroniqueur politique Jean Pellerin écrira dans La Presse que Paul Gouin joué par Jean Brousseau était le personnage « le plus crédible » de la série. Brousseau a également tenu des rôles épisodiques dans un grand nombre de séries télévisées importantes du Québec des années 1960, 70 et 80 : La Boîte à surprises, Les enquêtes Jobidon, Quelle famille !, D’Iberville, Rue des Pignons, Jamais deux sans toi, Les Berger, etc.

La grande tradition des « téléthéâtres »[modifier | modifier le code]

Il a également joué dans une quinzaine de « téléthéâtres », grand rendez-vous du dimanche soir à la télévision de Radio-Canada dans les années 1960 et 70. Notamment : Moïra de Julien Green, Asmodée de François Mauriac, Tuer le veau gras de Claude Jasmin. En 1965, Brousseau crée à la télévision le rôle du forcené imaginé par Michel Tremblay dans Le Train, prix 1964 des Jeunes auteurs de Radio-Canada, avec lequel l’écrivain québécois se fait connaître pour la toute première fois, quatre ans avant les célèbres Belles-Sœurs. Brousseau a fait également quelques apparitions à la télévision canadienne-anglaise ou américaine, notamment dans la série bien connue Friday the 13th. Il a aussi été coanimateur d’émissions télévisées à Radio-Canada : La Terre est ronde (années 1950) et Femme d’aujourd’hui (années 1970).

Cinéma[modifier | modifier le code]

Moins actif au cinéma, Jean Brousseau a néanmoins tourné dans une quinzaine de films, dont Les Mains nettes de Claude Jutra en 1958, Je suis loin de toi mignonne de Claude Fournier en 1976, Black Robe de Bruce Beresford en 1991 dans le rôle de Champlain. Il a fait de nombreuses publicités et post-synchronisations.

Président de l’Union des artistes[modifier | modifier le code]

Très actif à l’Union des artistes du Québec, Jean Brousseau a fait partie plusieurs années de son comité directeur, puis en a été président en 1974-75. C’est sous sa présidence qu’a été signée la première convention sur le doublage des films au Québec.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liste des pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • Le mariage forcé de Molière (Alcidas)
  • Georges Dandin de Molière (M. de Sottenville)
  • Un monsieur qui prend la mouche de Labiche (Jurançon)
  • Un Noël sur la place d’Henri Ghéon (Josaphat)
  • Les Trois Jumeaux vénitiens de Collalto (les trois jumeaux)
  • Le Pélican de Strindberg (Frederick)
  • Ce fou de Platonov de Tchekhov (Platonov)
  • Il est minuit docteur Schweitzer de Gilbert Cesbron (Leblanc)
  • Le mariage de monsieur Mississippi de Durenmatt (Saint-Claude)
  • Les Maxibules de Marcel Aymé (Célestin)
  • Barberine d’Alfred de Musset (Rosenberg)
  • Chérie noire de F. Campeau (Henri)
  • Quand épousez-vous ma femme ? de Jean-Bernard Luc (Bertrand)
  • Richard II de Shakespeare (Salerio)
  • Le menteur de Corneille
  • Le chant des cigales de Marcel Dubé
  • Il est une saison de Marcel Dubé
  • Ballade pour un révolutionnaire de R. Gauthier (Georges)
  • Pique-nique en campagne de Fernando Arrabal (M. Tépan)
  • Un goût de miel de S. Delaney (Peter Smith)
  • Médium-saignant de Françoise Loranger (Olivier)
  • Le Misanthrope de Molière (Philinte)
  • La vie éjarré d’Adam Dollard Désormeaux de J.-R. Rémillard (Dollard)
  • Le Chinois de Michel Faure
  • Antigone de Sophocle
  • Macbeth de Shakespeare
  • Herminie de Claude Magnier
  • Piège pour un homme seul de Robert Thomas (l’inspecteur)
  • La cantatrice chauve d’Eugène Ionesco (M.Martin)
  • Adieu les Olympiques, théâtre d’été de Trois-Rivières
  • Mon père avait raison de Sasha Guitry
  • Désiré de Sasha Guitry (Désiré)
  • Aux yeux des hommes
  • Faut les séparer de B. B. Leblanc
  • Ho! Mes vieux de B. B. Leblanc

Liste des émissions de télévision[modifier | modifier le code]

  • Les Belles Histoires de pays d’en-haut (Dr. Jérôme Marignon)
  • La Terre est ronde (animation)
  • Le Grand-Duc (rôle-titre)
  • Gabriel le berger
  • Le Grenier aux images
  • La Boîte à surprises
  • Ouragan
  • Ti-Jean Caribou
  • Maigrichon et Gras-Double
  • Petite semaine
  • Quelle famille !
  • C’est la vie
  • C’est la loi
  • Vivre
  • Suivez cet homme
  • Le train de Michel Tremblay (création, 1965)
  • Les enquêtes Jobidon
  • Shoestring Theater (C.B.C., en anglais)
  • Femme d’aujourd’hui (animation)
  • D’Iberville
  • Rue des Pignons
  • Scénario
  • Grand-papa
  • Jamais deux sans toi
  • Duplessis (Paul Gouin)
  • Boogie-woogie 47
  • La bonne aventure
  • Entre quatre murs
  • Une vie
  • L’âme sœur
  • Les Berger
  • Bonjour Docteur
  • Laurier (Ernest Lapointe)
  • Le grand remous
  • Friday The 13th (T.V. américaine)
  • Comment ça va ?

Liste des téléthéâtres[modifier | modifier le code]

  • Moïra de Julien Green, adaptation Hubert Aquin (Davis)
  • Fantasio d’Alfred de Musset (Spark)
  • L’Impasse de J.-P. Pinsonneault
  • La Nuit se lève de Marcel Dubé
  • Monsieur Beverley
  • Le Chant du rossignol
  • Dernière édition de Marcel Dubé
  • La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas
  • Passé antérieur d’Hubert Aquin
  • Asmodée de François Mauriac (Harry Fanning)
  • Un remède de cheval
  • Tuer le veau gras de Claude Jasmin
  • The Collaborator (C.B.C.)
  • L’Heure éblouissante
  • Décembre de Guy Dufresne
  • Entre le soleil et l’eau de S. Sicotte

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

La critique sur Jean Brousseau[modifier | modifier le code]

  • Frederick dans Le Pélican de Strindberg :

« A highly credible son, performed with warmth and subtlety. » (The Montreal Star) « Quant à Jean Brousseau, il est Frederick d’inoubliable manière. » (Yeri Kempf, Le Devoir)

  • Platonov dans Ce fou de Platonov de Tchekhov :

« Quand il n’est pas là, on s’ennuie. Jean Brousseau a toute l’âme qu’il faut pour jouer ce rôle. Je ne l’ai vu à la scène ou à la télévision que trois ou quatre fois, sa sensibilité, son authenticité m’ont frappé. Il ne sonne jamais faux. (...) Derrière ces masques, on sent l’homme qui souffre et qui cherche. » (Gérald Godin dans Le Nouveau Journal, 1962)

  • Célestin dans Les Maxibules de Marcel Aymé :

« Jean Brousseau nous révèle avec assurance un côté inconnu de sa personnalité : un comique fin et subtil, une grande souplesse en scène. » (La Presse)

  • Philinte dans Le Misanthrope de Molière :

« La meilleure interprétation de la soirée est celle de Jean Brousseau en Philinte. Il a non seulement compris la philosophie de son personnage, mais aussi l’esprit. » (Le Devoir)

Nominations[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Narrateur pour de nombreux documentaires, pour des émissions littéraires à la chaîne culturelle de la radio de la société Radio-Canada. Annonceur à Radio-Canada à Québec (années 1950). Publicités. Beaucoup de post-synchronisation (voix française du capitaine Crane dans la fameuse série américaine Voyage au fond des mers).

Liens externes[modifier | modifier le code]