Séraphin Poudrier

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Séraphin Poudrier
Personnage de fiction apparaissant dans
Un homme et son péché.

Origine Drapeau : Québec Québec
Sexe Masculin
Activité Maire, agent des terres, cultivateur, usurier et prêteur sur gage

Créé par Claude-Henri Grignon
Interprété par Hector Charland (film de 1949)
Jean-Pierre Masson (téléroman de 1956 à 1970)
Pierre Lebeau (film de 2002)
Vincent Leclerc (téléroman de 2016)
Films Un homme et son péché
Romans Un homme et son péché
Séries Les Belles Histoires des pays d'en haut
Les Pays d'en haut

Séraphin Poudrier est un personnage fictif créé en 1933 par l'écrivain, journaliste et pamphlétaire québécois Claude-Henri Grignon (1894-1976).

Historique[modifier | modifier le code]

Le personnage fut popularisé d'abord par le roman Un homme et son péché, publié en 1933. Claude-Henri Grignon adapta ensuite son œuvre, à la radio, au théâtre, au cinéma (pour la 1re fois en 1949), en bande dessinée et à la télévision dans le feuilleton culte Les Belles Histoires des pays d'en haut. En novembre 2002, le cinéaste Charles Binamé adapte l'histoire au grand écran sous le titre Séraphin : Un homme et son péché. Janvier 2016 marque le retour de Séraphin au petit écran après 45 ans d'absence. Cette nouvelle adaptation intitulée Les Pays d'en haut, scénarisée par Gilles Desjardins et réalisée par Sylvain Achambault, est décrite comme un « western québécois » et présentera un côté plus réaliste de la vie à cette époque dans la région des Laurentides qui était alors reculée.

L'image du personnage varie selon les adaptations. Les radio-romans et les films le dépeignaient comme très rude, alors que les séries télévisées en noir et blanc ainsi que celles en couleur laissaient entrevoir ses bons côtés.

L'interprète le plus populaire de Séraphin Poudrier fut Jean-Pierre Masson, qui vit d'ailleurs sa carrière de comédien ruinée par ce succès (le rôle lui ayant collé à la peau toute sa vie, tant à l'écran qu'à la ville). Le tout premier Séraphin Poudrier fut Hector Charland, et c'est Pierre Lebeau qui reprend le rôle en 2002. L'adaptation de 2016 présente plutôt un Séraphin dans la trentaine et est interprété par Vincent Leclerc.

Analyse[modifier | modifier le code]

Fils cadet d'Évangéliste Poudrier, Séraphin a succédé son père, qui était maire de son village, et aussi comme agent des terres. Séraphin est aussi le préfet du conseil de comté de Terrebonne, un prêteur sur gage intransigeant et surtout un avare aveuglé par la cupidité. Il faut imaginer le Père Grandet, mais projeter sa rouerie paysanne dans le contexte agro-forestier des petits villages de la colonisation canadienne de la fin du XIXe siècle. Travaillant, voire un bourreau du travail, Séraphin travaille 20 heures par jour et bien qu'il soit très occupé à cause de ses travaux pour la municipalité, il trouve notamment le temps de cultiver sa terre, couper du bois pour vendre des cordes aux habitants du village en hiver et il construit des cercueils (il est donc le croque-mort du village). Maire de la modeste municipalité de Sainte-Adèle, il fricote dans la spéculation foncière, le trafic d'influence, mais surtout l'usure. Il tient un peu tout le monde à la gorge et notamment, Ovide Ruisselet, tenancier de l'auberge du village, qui sera pour toujours son « rapporteur officiel ».

Après l'avarice, Poudrier découvre ses pulsions sensuelles et s'éprend de la fille du Père Laloge, Donalda, qu'il troque littéralement (mais en douce) pour une liquidation (toute transitoire) des dettes du tenancier du magasin général. Donalda renonce à sa passion torride pour Alexis Labranche, un draveur intrépide, et se met en ménage avec le ladre odieux qui n'autorise même pas le beurre sur les galettes de sarrasin. Dans la suite de l'histoire, on accompagne Donalda Laloge dans une lente descente aux enfers qui finira mal pour tout le monde, y compris pour Séraphin Poudrier.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Séraphin Poudrier est une sorte de personnage archétypique du Québec ancien. Il y a même eu, dans la municipalité de Sainte-Adèle, un Village de Séraphin qui reproduisait le folklore entourant le drame imaginaire de ce terroir. Toutefois, ce village est maintenant fermé depuis quelques années. L'onomastisme nominal séraphin en québécois est le synonyme approximatif de harpagon, et comme adjectif, l'équivalent populaire de radin. « Viande à chien ! » était le juron familier du vieil avare. On le pousse encore humoristiquement au Québec pour signifier que quelque chose coûte trop cher.

Liens externes[modifier | modifier le code]