Giuseppe Conte

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Giuseppe Conte
Illustration.
Giuseppe Conte en .
Fonctions
Président du Conseil des ministres d'Italie
En fonction depuis le
(22 jours)
Président Sergio Mattarella
Gouvernement Conte
Législature XVIIIe
Coalition M5S-Lega
Prédécesseur Paolo Gentiloni
Biographie
Date de naissance (53 ans)
Lieu de naissance Volturara Appula (Italie)
Nationalité italienne
Parti politique Indépendant
Diplômé de La Sapienza
Profession Avocat
Universitaire
Religion Catholicisme[1]
Résidence Palais Chigi, Rome

Giuseppe Conte
Présidents du Conseil des ministres italiens

Giuseppe Conte (né le à Volturara Appula) est un juriste et homme d'État italien.

Professeur de droit privé, alors inconnu de la scène politique, il est nommé président du Conseil des ministres fin mai 2018 sur proposition de l'alliance formée par le M5S et la Ligue, suite aux élections de mars 2018. Après une période d'incertitude, due notamment au désaccord sur le choix du ministre de l'Économie, son gouvernement est formé et entre en fonctions le 1er juin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Giuseppe Conte a fait une thèse de laurea sous la direction de Giovanni Battista Ferri[2], à l'université de Rome « La Sapienza », en 1988.

Professeur de droit privé à l'université de Florence[3], et adjoint à Rome (LUISS)[4], il est depuis 2013, vice-président du Conseil de présidence de la Justice administrative, poste obtenu avec le soutien du Mouvement 5 étoiles[5].

Il travaille comme boursier auprès du Conseil national de la recherche (CNR) en 1992-1993. Il affirme avoir effectué des formations de perfectionnement juridique à l'université Yale (New Haven, 1992), à l'université Duquesne (Pittsburgh, États-Unis, 1992), au Internationales Kulturinstitut (en) (Vienne, 1993), à l'université de la Sorbonne (Paris, 2000), au Girton College (Cambridge, 2001) et à l'université de New York (New York, 2008 et 2009), formations qui sont néanmoins remises en cause[6], de même qu'un soutien controversé à la méthode Stamina[7].

Il dirige une collection chez l'éditeur Laterza sur les « maîtres juridiques ». Il appartient à l'Association Henri-Capitant.

Selon la presse italienne qui rapporte des propos du New York Times, Giuseppe Conte aurait falsifié son curriculum vitæ en prétendant avoir fait une partie de ses études à l'université de New York, ce qu'a démenti la porte-parole de la faculté américaine[8]. De même les universités Duquesne de Pittsburgh, celle de Malte et de l’Internationales Kulturinstitut de Vienne n'auraient pas trace de lui dans leurs répertoires. Il aurait également prétendu avoir été désigné comme expert au « Social Justice Group de l'Union européenne », mais ce groupe n'existe pas[9]. La Sorbonne n'a pas non plus répertorié le nom de Conte dans ses registres[10].

Président du Conseil des ministres[modifier | modifier le code]

Première désignation avortée[modifier | modifier le code]

Giuseppe Conte (à droite) et le président de la République Sergio Mattarella (à gauche), à la sortie d'un entretien au cours duquel il a été chargé par ce dernier de former un gouvernement.

En , après les élections générales de mars 2018, il est proposé pour devenir président du Conseil des ministres, à la tête d'un gouvernement de coalition entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue du Nord[11]. Son nom est proposé à la suite de deux entretiens entre, d'une part, le président de la République, Sergio Mattarella, et d'autre part, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, chefs de file respectifs du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue.

Malgré son absence de parcours politique public et de mandats antérieurs, Conte s'était rapproché depuis 2013 du Mouvement 5 étoiles et avait été successivement pressenti comme ministre de l'Administration publique et comme président du Conseil des ministres[12],[13].

Le 22 mai, à la suite de la proposition faite par les deux vainqueurs des élections, le président de la République annonce un temps de réflexion et de consultation avec le président de la Chambre des députés Roberto Fico et la présidente du Sénat Maria Elisabetta Alberti Casellati, mettant en doute l'autonomie future d'un président du Conseil nouveau en politique face aux poids lourds des partis élus, dans un contexte de mise en garde par la Commission européenne face aux possibles dérapages budgétaires[14].

Le 23 mai, il est chargé, par Sergio Mattarella, de former un gouvernement, ce qu'il accepte avec réserves[15]. L'annonce de la composition du gouvernement est alors annoncée pour le 25 mai[16], mais cette date est cependant repoussée, du fait des désaccords portant sur la composition du gouvernement, Mattarella - en tant que garant constitutionnel des traités européens - s'opposant notamment à la nomination de l'eurosceptique Paolo Savona au poste de ministre de l'Économie[17]. Face à l'opposition du président sur la question du ministre de l'Économie, il rend son mandat et renonce à constituer un gouvernement le 27 mai 2018[18]. À la suite de ce refus, le président Mattarella annonce remettre le mandat à Carlo Cottarelli, ancien cadre du FMI, de façon à constituer un gouvernement technique. En réaction, Luigi Di Maio demande l'« impeachment » du président de la République italienne[19].

Deuxième désignation et prise de fonction[modifier | modifier le code]

La formation d'un nouveau gouvernement technique est ensuite gelée et Luigi Di Maio annonce la possibilité d'un compromis - portant notamment sur la nomination du ministre eurosceptique Paolo Savona - avec le président en vue de former un gouvernement[20]. Celui-ci, qui avait demandé la destitution du président de la République italienne[19], affirme que Salvini n'y était pas favorable[21]. Le 31 mai, le M5S et la Ligue annoncent finalement un accord pour la formation d'un gouvernement entre leurs deux formations[22]. Cottarelli renonce le soir même à former un gouvernement[23]. La coalition désigne alors de nouveau Conte pour diriger le gouvernement, Mattarella accepte[24],[25]. Giuseppe Conte annonce la formation de son équipe gouvernementale le 31 mai.

Il prête serment le [26].

Le 5 juin 2018, après un discours de Giuseppe Conte devant le Sénat de la République, le gouvernement obtient la confiance par 171 votes favorables, 117 contre et 25 abstentions[27]. Le lendemain, il obtient la confiance de la Chambre des députés par 350 votes pour, 236 contre et 35 abstentions[28].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Séparé de son épouse, il est père d'un garçon né en 2008[29].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (it) La simulazione del matrimonio nella teoria del negozio giuridico, Padoue, CEDAM, 1999 (ISBN 88-13-22006-5).
  • (it) Dir. avec Vincenzo Vigoriti (préf. Guido Alpa (it)), Futuro, giustizia, azione collettiva, mediazione, Turin, Giappichelli, 2010 (ISBN 978-88-348-9840-6).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Martinat, « Italie : les ennuis commencent pour Giuseppe Conte », sur Le Parisien, (consulté le 24 mai 2018)
  2. (it) « Ritratto di Giuseppe Conte », sur cinquantamila.corriere.it (consulté le 2 juin 2018).
  3. « Giuseppe Conte - Università degli Studi di Firenze - UniFI », sur www.unifi.it
  4. « Diritto Privato - LUISS Guido Carli », sur docenti.luiss.it
  5. Plus précisément, il est élu le 18 septembre 2013 par la Chambre des députés (Italie), comme membre non-magistrat du Conseil de présidence de la justice administrative, organe de Conseil des magistrats administratifs et il en devient par la suite vice-président.
  6. (it) Paolo Decrestina, « Conte, il caso del curriculum: i dubbi sugli «studi giuridici» a New York e Vienna », Corriere della Sera,‎ (lire en ligne)
  7. (it) « Conte specializzato alla NYU, il Nyt: "All'Università non risulta". E spuntano accuse su sostegno al metodo Stamina », sur Repubblica.it, Repubblica, (consulté le 22 mai 2018).
  8. (it) « Conte, il caso del curriculum: i dubbi sugli “studi giuridici” a New York e Vienna », Corriere della Sera,‎ (lire en ligne)
  9. En Italie, la coalition « antisystème » à la merci d’un CV bidonné, article sur le site lemonde.fr, daté du 23 mai 2018.
  10. « Italie. Giuseppe Conte est-t-il bien allé à la Sorbonne, comme le dit son CV ? »
  11. (it) Luca Pagni, « Giuseppe Conte il giurista che vuole disboscare la giungla », sur Repubblica.it,
  12. (it) « Giuseppe Conte: chi è il probabile prossimo presidente del Consiglio? », Il Post,‎ (lire en ligne)
  13. (it) Silvia Morosi, « Governo, Conte indicato da Di Maio e Salvini come futuro premier », Corriere della Sera,‎ (lire en ligne)
  14. « Gouvernement en Italie: le président prend une pause de réflexion », TV5MONDE,‎ (lire en ligne)
  15. Italie : le juriste Giuseppe Conte désigné chef du gouvernement, Le Monde, 23 mai 2018.
  16. « Italie: Conte présentera son gouvernement demain soir », sur Le Figaro (consulté le 24 mai 2018)
  17. Le Point, magazine, « Italie : Giuseppe Conte peine à boucler son gouvernement », sur Le Point (consulté le 26 mai 2018)
  18. « Scontro istituzionale sul nuovo governo. Conte rinuncia, Mattarella convoca Cottarelli. "No a un ministro dell'Economia antieuro". E Di Maio e Meloni invocano impeachment »,
  19. a et b « Giuseppe Conte renonce à devenir Premier ministre, l'Italie s'enfonce dans la crise politique », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  20. « Italie : Cottarelli a gelé la formation de son gouvernement, de nouvelles tractations en cours », sur Le Monde.fr (consulté le 31 mai 2018)
  21. « Italie: comment Matteo Salvini en est arrivé à distribuer les cartes », sur LExpress.fr (consulté le 31 mai 2018)
  22. « Italie : la Ligue et le Mouvement 5 étoiles affirment que « toutes les conditions sont réunies » un gouvernement d’union », sur Le Monde.fr (consulté le 31 mai 2018)
  23. « Vers un gouvernement populiste en Italie: le président convoque Conte à 21H00 (19h00 GMT) », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 31 mai 2018)
  24. « Italie: Conte à nouveau proposé comme chef du gouvernement »
  25. « Giuseppe Conte chargé de former le gouvernement italien », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 31 mai 2018)
  26. « Italie : le nouveau chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a prêté serment », sur lemonde.fr, 1er juin 2018
  27. « Italie : Giuseppe Conte remporte le vote de confiance au Sénat », sur Le Monde.fr (consulté le 5 juin 2018)
  28. « Italie: les députés votent la confiance au gouvernement populiste de Conte », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 6 juin 2018)
  29. « VIDEO. Qui est Giuseppe Conte, le nouveau chef de l'Etat italien choisi par l'extrême droite? », sur 20 minutes (consulté le 25 mai 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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