Carlo Azeglio Ciampi

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Carlo Azeglio Ciampi
Portrait officiel de Carlo Azeglio Ciampi.
Portrait officiel de Carlo Azeglio Ciampi.
Fonctions
Sénateur à vie italien

(10 ans, 4 mois et 1 jour)
Législature XVe, XVIe et XVIIe
Groupe politique PLA-PSI-MAIE
Président de la République italienne

(6 ans, 11 mois et 27 jours)
Élection 13 mai 1999
Président du Conseil Massimo D'Alema
Giuliano Amato
Silvio Berlusconi
Prédécesseur Oscar Luigi Scalfaro
Nicola Mancino (intérim)
Successeur Giorgio Napolitano
Ministre du Trésor, du Budget et de la
Programmation économique

(1 an, 4 mois et 13 jours)
Président du Conseil Romano Prodi
Massimo D'Alema
Gouvernement Prodi I
D'Alema I
Prédécesseur Lui-même
Successeur Giuliano Amato
Ministre du Trésor

(1 an, 7 mois et 14 jours)
Président du Conseil Romano Prodi
Gouvernement Prodi I
Prédécesseur Lamberto Dini
Successeur Lui-même
Ministre du Budget et de la
Programmation économique

(1 an, 7 mois et 14 jours)
Président du Conseil Romano Prodi
Gouvernement Prodi I
Prédécesseur Mario Arcelli
Successeur Lui-même
Président du Conseil des ministres d'Italie

(1 an et 12 jours)
Président Oscar Luigi Scalfaro
Gouvernement Ciampi
Législature XIe
Coalition DC-PSI-PLI-PSDI-PDS
Prédécesseur Giuliano Amato
Successeur Silvio Berlusconi
Gouverneur de la Banque d'Italie

(13 ans, 6 mois et 21 jours)
Prédécesseur Paolo Baffi
Successeur Antonio Fazio
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Livourne (Italie)
Date de décès
(à 95 ans)
Lieu de décès Rome (Italie)
Nationalité italienne
Parti politique Parti d'action (1943-1947)
Indépendant (1947-2016)
Conjoint Franca Pilla
Diplômé de École normale de Pise
Université de Pise
Profession Économiste
Religion Catholicisme

Carlo Azeglio Ciampi
Présidents de la République italienne
Présidents du Conseil des ministres italiens

Carlo Azeglio Ciampi (prononcé : [ˈkarlo adˈdzeʎʎo ˈtʃampi] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter), né le à Livourne, en Toscane, et mort le à Rome, est un économiste, banquier et homme d'État italien, président de la République italienne de 1999 à 2006.

Opposé au régime fasciste de Benito Mussolini, il sert dans la Résistance avant d'entrer à la Banque d'Italie, dont il devient le gouverneur en 1979. Plusieurs années plus tard, en 1993, il est désigné président du Conseil par Oscar Luigi Scalfaro, devenant le premier chef du gouvernement italien d'après-guerre ne siégeant pas au Parlement. Il doit toutefois céder le pouvoir quelques mois plus tard à Silvio Berlusconi, dont la coalition a remporté les élections législatives anticipées.

Restant indépendant de tout parti politique, il est toutefois nommé ministre du Trésor et du Budget en 1996 et doit, à ce poste, préparer l'intégration de son pays dans ce qui deviendra la zone euro sous l'autorité de Romano Prodi puis de Massimo D'Alema, tous deux du centre-gauche. Respecté par l'ensemble de l'échiquier politique italien, il est largement élu président de la République en 1999.

Malgré une forte popularité et les sollicitations de plusieurs formations politiques, il refuse de concourir à sa propre succession au terme de son septennat. Comme ancien président de la République, il devient sénateur à vie et devient, en 2013, le doyen du Parlement.

Il meurt le à Rome, alors âgé de 95 ans, ce qui fait de lui, à ce jour, le doyen des présidents de la République italienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et études[modifier | modifier le code]

Carlo Azeglio Ciampi naît le à Livourne, en Toscane ; il est le fils de Pietro Ciampi et de Maria Masino, dont la famille est originaire de Coni, dans le Piémont. Éduqué par des jésuites, il suit une scolarité très satisfaisante durant laquelle il saute deux classes du fait de ses très bonnes performances. Après le lycée, il est admis, sur concours, à l'École normale de Pise.

Durant ses études, il voyage à l'étranger et part étudier, durant quelques mois, à l'université de Leipzig, en Allemagne. Il obtient, en 1941, un diplôme en sciences humaines après la rédaction d'une thèse portant sur la philologie classique et la littérature grecque. Appelé aux armes en Albanie, il y part avec le grade de lieutenant.

Au sein de la Résistance[modifier | modifier le code]

Quand l'armistice de Cassibile est signé le , Carlo Azeglio Ciampi refuse de reconnaître la légitimité de la République sociale italienne et part à Scanno, dans les Abruzzes, pour rejoindre Guido Calogero au sein du Parti d'action, un mouvement de la Résistance au fascisme.

Le , avec une soixantaine de personnes, il échappe à la Wehrmacht pour rejoindre les Alliés en traversant le massif de la Majella ; cette traversée, longue et difficile, coûta la vie à quelques membres du groupe, mais Ciampi parvint à rejoindre d'autres résistants et s'enrôle de nouveau dans l'armée italienne refondée pour combattre au côté des Alliés.

Cadre de la Banque d'Italie[modifier | modifier le code]

En 1946, après la guerre, Carlo Azeglio Ciampi épouse Franca Pilla, rencontrée sur les bancs de l'École normale de Pise ; deux enfants naissent de ce mariage. Licencié en droit de l'université de Pise, il concourt pour entrer à la Banque d'Italie, alors qu'il se destinait à une carrière de professeur de lettres. Il entame une brillante carrière de banquier qui le mènera jusqu'aux plus hautes instances de cette institution.

Nommé vice-directeur général en 1976, puis directeur général en 1978, il est nommé gouverneur de la Banque d'Italie au mois de après la démission de Paolo Baffi, alors mis en examen pour absence de vigilance sur les instituts de crédit bien alors qu'il sera, par la suite, mis totalement hors de cause par l'instruction[1]. Ciampi dirige la Banque d'Italie sans discontinuer jusqu'en 1993. Estimé pour la qualité de son travail, il est nommé docteur honoris causa en économie et commerce par l'université de Pavie en 1991.

Président du Conseil des ministres[modifier | modifier le code]

Le , le gouvernement Ciampi prête serment devant le président de la République, Oscar Luigi Scalfaro, au palais du Quirinal. Ce cabinet, soutenu par cinq partis politiques, doit gérer les affaires nationales jusqu'à l'issue des prochaines élections parlementaires, qui seront convoquées l'an suivant, en 1994. Dans ce gouvernement dit « technicien », car dirigé par un homme n'étant pas parlementaire, sont nommés ministres des personnalités reconnues pour leurs compétences, comme l'économiste Beniamino Andreatta désigné chef de la diplomatie, le juriste Franco Gallo nommé ministre des Finances à la place de l'économiste Vincenzo Visco, enfin, la fonctionnaire Rosa Iervolino, ancienne ministre pour les Affaires sociales, à laquelle fut confié le portefeuille de l'Instruction publique.

Investi par la Chambre des députés le 7 mai, puis par le Sénat de la République le 12 mai, ce gouvernement doit travailler dans un contexte difficile, le régime politique ayant été purgé par l'opération Mains propres pour la corruption dominante en Italie. Le gouvernement démissionna le , ce qui permet au président Scalfaro de dissoudre le Parlement pour la convocation d'un scrutin parlementaire anticipé.

Un partisan de l'euro[modifier | modifier le code]

Nommé ministre du Trésor, du Budget et de la Programmation économique dans le premier gouvernement de centre-gauche dirigé par Romano Prodi, Carlo Azeglio Ciampi travaille pour la réduction de la dette italienne pour honorer les critères imposés par le traité de Maastricht pour les candidats à l'intégration monétaire européenne ; d'autre part, il entame le processus de privatisation de la Poste italienne. Reconduit dans le gouvernement de Massimo D'Alema, il poursuit son travail jusqu'à son élection au Quirinal.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Le président Ciampi en 2003.

Le , sa candidature ayant été largement approuvée par l'ensemble des forces politiques nationales, Carlo Azeglio Ciampi est élu président de la République italienne à l'issue du premier tour de scrutin. Il recueille, sur son nom, 707 suffrages des 990 grands électeurs convoqués pour cette élection présidentielle. Le nouveau chef de l'État est investi le 18 mai suivant par le président de la Chambre des députés, Luciano Violante.

Chef de l'État, le président Ciampi prôna, durant son mandat présidentiel, un patriotisme national unissant tous les citoyens d'Italie par l'hymne national et le drapeau. Ces positions lui valurent un profond respect de ses concitoyens, qui reconnurent au président Ciampi des qualités de traducteur impartial de la Constitution.

Favorable à l'Union européenne, il se dit convaincu de l'avenir, au sein de cette Union, de l'Italie ; mais ce jugement sera contesté par les députés du mouvement séparatiste de la Ligue du Nord, qui, lorsque le président Ciampi prononcera un discours au Parlement européen, l'interrompront bruyamment. Néanmoins, les convictions européennes de Ciampi furent saluées par le prestigieux prix Charlemagne attribué au président de la République italienne en 2005.

La forte popularité de Carlo Azeglio Ciampi fut conjointe à celle de son épouse, Franca Pilla : la Première dame, contrairement à celles qui la précédèrent au Quirinal, la résidence présidentielle, s'engageait vivement dans le débat public, dénonçant la « télévision débile » et vantant la bonté des « gens du Sud », en particulier des Napolitains.

Durant son septennat, Carlo Azeglio Ciampi nomma quatre gouvernements et cinq sénateurs à vie et cinq juges à la Cour constitutionnelle.

Le , le chef de l'État déclare, dans le Corriere della Serra, qu'il ne solliciterait pas un second mandat présidentiel de sept ans, son septennat devant se terminer le 18 mai suivant, quelques semaines après les élections parlementaires dont l'issue fut relativement favorable à l'opposition de centre-gauche ; dans cet entretien, le président de la République sortant dit vouloir se retirer pour ne pas vouloir instaurer « une monarchie républicaine »[2],[3], affirmant encore qu'un mandat de sept ans serait suffisamment long pour le chef de l'État. Cette annonce répond aux sollicitations de l'échiquier politique, les grandes formations parlementaires de centre-gauche comme de centre-droit ayant déclaré soutenir une éventuelle reconduction du président Ciampi pour un nouveau mandat de sept ans. Le 15 mai, c'est l'ancien président de la Chambre basse, Giorgio Napolitano, que Ciampi avait nommé sénateur à vie quelques mois précédemment, qui lui succède à la présidence de la République italienne.

Sénateur à vie[modifier | modifier le code]

Après avoir démissionné pour anticiper l'investiture de son successeur au , Carlo Azeglio Ciampi, âgé de quatre-vingt-cinq ans, honora le droit que lui conféra la Constitution de la République italienne de siéger à vie sur les bancs du sénat de la République. Il vota, le 19 mai suivant, la confiance au second gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi ; sa position vis-à-vis du nouveau gouvernement fut cependant critiquée par le centre-droit, mené par Silvio Berlusconi.

Réputé proche du Parti démocrate, le grand parti de centre-gauche, bien qu'il se présente comme étant indépendant de tout parti politique, Ciampi en a été nommé membre d'honneur.

Désigné président du Comité d'organisation des célébrations du cent-cinquantième anniversaire de l'unification de l'Italie pour 2011, il doit cependant renoncer à cette charge pour des ennuis de santé ; l'ancien président du Conseil, Giuliano Amato, lui succéda. Bien qu'en mauvaise santé, il tint à rendre hommage à la scientifique Rita Levi Montalcini, qu'il avait nommée sénatrice à vie durant son septennat.

De la mort d'Emilio Colombo à sa propre disparition, le sénateur Ciampi est le doyen d'âge du Sénat de la République ; il est également le parlementaire le plus âgé de la République italienne.

Il décède à Rome le 16 septembre 2016[4].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Carlo Azeglio Ciampi recevant le prix Charlemagne en 2005.

Salué pour ses compétences dans le domaine économique et respecté pour sa qualité de président de la République italienne, Carlo Azeglio Ciampi reçut bien des récompenses et des prix depuis de nombreuses années.

Comme président de la République italienne, il fut responsable des décorations nationales, comme l'ordre du Mérite de la République italienne, l'ordre militaire d'Italie et l'ordre du mérite du travail.

À l'étranger, le sénateur Ciampi fut, entre autres, décoré de l'ordre de la Croix du Sud du Brésil, de la Légion d'honneur en France et de l'ordre de Saint-Olaf de Norvège.

Honoré par le prix international Charlemagne d'Aix-la-Chapelle en 2005, Ciampi fut nommé docteur honoris causa de l'École normale supérieure de France et est membre honoris causa de l'Accademia della Crusca d'Italie.

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]