Pietro Badoglio

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Pietro Badoglio
Image illustrative de l'article Pietro Badoglio
Fonctions
41e président du Conseil italien

(10 mois et 24 jours)
Monarque Victor-Emmanuel III
Prédécesseur Benito Mussolini
Successeur Ivanoe Bonomi
Biographie
Nom de naissance Pietro Badoglio
Date de naissance
Lieu de naissance Grazzano Monferrato (Royaume d'Italie)
Date de décès (à 85 ans)
Lieu de décès Grazzano Monferrato
Nationalité italienne

Pietro Badoglio
Présidents du Conseil italien

Pietro Badoglio, né le à Grazzano Monferrato (Piémont) où il est mort le , est un militaire et homme politique italien. Maréchal, il commande l'armée italienne pendant la guerre d'Éthiopie et devient président du Conseil du royaume d'Italie après la chute de Mussolini en 1943.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts militaires[modifier | modifier le code]

Pietro Badoglio est le fils de Mario Badoglio, modeste propriétaire terrien et Antonietta Pittarelli, issue dans une famille bourgeoise. En octobre 1888, Pietro Badoglio est admis à la Regia Accademia di Savoia (Académie royale de Savoie), académie militaire ayant son siège à Turin où il obtient, le 16 novembre 1890, le grade de sous-lieutenant et celui de lieutenant, le 7 août 1892. Il participe aux guerres coloniales que mène l'Italie dans la corne de l'Afrique (1896). Sous les ordres du général Antonio Baldissera, il prend part à l'expédition d'Agridat pour libérer du siège le major Marcello Prestinari. Il reste en garnison sur les hauts plateaux érythréens jusqu'en 1898.

De retour en Italie, il est promu capitaine, le 13 juillet 1903, et participe à la guerre de Libye dès 1911 au cours de laquelle il est décoré de la médaille de la valeur militaire pour avoir organisé l'opération d'Ain Zara. Il est promu major pour avoir planifier l'occupation de l'oasis de Zanzur.

Il prend part à la Première Guerre mondiale et est nommé lieutenant-colonel dès le début du conflit, le 25 février 1915. Pietro Badoglio est affecté à l'état major de la 2e armée et commande la 4e division. Il se retrouve stationné vers le fort du monte Sabotino alors aux mains des Autrichiens, fort réputé imprenable. En avril 1916, Badoglio est promu colonel et devient chef d'état major du 6e corps d'armée tour en conservant le commandement de la 4e division.

En août 1916, il s'illustre par la prise du fort et est promu major général, le 6 août 1916. En novembre, il prend le commandement de la brigade Cuneo avant de prendre le commandement du 2e corps d'armée juste avant le début de la dixième bataille de l'Isonzo au cours de laquelle il conquiert des positions extrêmement difficiles, les monts Vodice et Kuk, actuellement en Slovénie. Luigi Capello, commandant de la 2e armée le propose au grade de lieutenant général et lui obtient, lors de la onzième bataille de l'Isonzo, le commandement du 27e corps d'armée.

Bien que son rôle lors de la défaite de Caporetto (octobre 1917) ait été discuté, il devient général et un des proches collaborateurs du généralissime Diaz.

Les débuts politiques[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il devient sénateur tout en continuant d'assumer un rôle militaire. Il est ainsi chargé en octobre 1919 par le président du Conseil Francesco Nitti de faire le blocus de Fiume occupée par les arditi de Gabriele d'Annunzio. Lors de la montée du fascisme, en août 1922, il assure le président du Conseil Luigi Facta de la fidélité de l'armée[1], d'où une certaine disgrâce après la marche sur Rome et la prise de pouvoir par Mussolini. Il est envoyé au Brésil comme ambassadeur. Il se rallie au nouveau régime dès 1924 et retrouve des fonctions à l'état-major de l'armée. Il est nommé maréchal en juin 1926, puis, de 1928 à 1933, gouverneur de Libye, où il met fin à la résistance à l'occupation italienne.

Campagne d'Éthiopie (1935-36)[modifier | modifier le code]

En novembre 1935[2], il succède en tant que commandant en chef en Éthiopie à Emilio De Bono, jugé trop timoré, et prend la direction des opérations (avec, entre autres, des attaques chimiques au gaz moutarde, mais qui ne lui vaudront jamais d'être jugé après la guerre) et lance des offensives contre Addis-Abeba, où il entre le 5 mai 1936. Il est alors nommé vice-roi d'Ethiopie, avec aussi sous son autorité l'Érythrée et la Somalie italienne. Il est rapidement remplacé par Rodolfo Graziani, mais devient chef d'état-major de l'armée.

Deux ans plus tard, conscient de l’impréparation militaire et économique de l’Italie au seuil de la guerre, il rédige en janvier 1939 un rapport à Mussolini signalant la faiblesse du matériel militaire[1]. Il est opposé à toute intervention dans la guerre qui s'annonce, mais ne démissionne pas de son poste. Pour les mêmes raisons, il s’oppose à l’attaque contre la Grèce en octobre 1940 et, après l’échec de la campagne, il est congédié en raison du mécontentement des milieux fascistes. Il cesse toute activité politique fin décembre 1940.

Chef du gouvernement italien en 1943-1944[modifier | modifier le code]

Il devient président du Conseil après la chute de Mussolini le 25 juillet 1943 et annonce d'abord, sans parvenir à tromper Hitler, que son gouvernement continue la guerre aux côtés de l'Allemagne, tout en négociant secrètement avec les Alliés. Il conclut avec eux un armistice, annoncé le 8 septembre suivant. Devant l'occupation de l'Italie par les troupes allemandes du maréchal Kesselring, il se réfugie avec le roi et une partie de ses ministres à Pescara et Brindisi, sous la protection des troupes alliées débarquées au sud de Naples le 8 septembre, et y reforme son gouvernement. Le 13 octobre 1943, tandis que Mussolini libéré et remis en place par les Allemands organise dans le nord du pays la République sociale italienne, le royaume d'Italie déclare la guerre à l'Allemagne. Au printemps 1944, Palmiro Togliatti, leader du parti communiste italien, rentre d’URSS et se déclare disposé à collaborer avec la monarchie. Le 22 avril, Badoglio peut constituer un troisième gouvernement, avec l'appui des antifascistes. Mais au lendemain de la libération de Rome, les formations politiques du Comité de libération nationale refusent de reconduire Badoglio au pouvoir et il est remplacé par Ivanoe Bonomi.

Sa ville natale, Grazzano Monferrato, est renommée Grazzano Badoglio en son honneur en 1939. Il s'y retire lors de sa retraite et il meurt en 1956 après avoir raconté ses souvenirs à Vanna Vailati qui publie un livre, Badoglio racconta (« Badoglio raconte »), en 1955.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mussolini, sous la direction de Catherine et Jacques Legrand, Ed. Chronique SA, 1997
  2. Chronique du XXe siècle, sous la direction de Jacques Legrand, Ed. Chronique SA, Paris, 1985

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vanna Vailati, Badoglio racconta, 468 p., Ilte, Turin, 1955

Articles connexes[modifier | modifier le code]