Oscar Luigi Scalfaro

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Oscar Luigi Scalfaro
Image illustrative de l'article Oscar Luigi Scalfaro
Fonctions
Sénateur à vie

(12 ans 8 mois et 14 jours)
Législature XIIIe, XIVe, XVe et XVIe
9e président de la République italienne

(6 ans 11 mois et 17 jours)
Élection 25 mai 1992
Président du Conseil Giulio Andreotti
Giuliano Amato
Carlo Azeglio Ciampi
Silvio Berlusconi
Lamberto Dini
Romano Prodi
Massimo D'Alema
Prédécesseur Francesco Cossiga
Giovanni Spadolini
(intérim)
Successeur Nicola Mancino (intérim)
Carlo Azeglio Ciampi
7e président de la Chambre des députés
24 avril
(1 mois et 1 jour)
Législature XIe
Prédécesseur Nilde Iotti
Successeur Giorgio Napolitano
Ministre de l'Intérieur

(3 ans 11 mois et 14 jours)
Président du Conseil Bettino Craxi
Amintore Fanfani
Gouvernement Craxi I et II
Fanfani VI
Prédécesseur Virginio Rognoni
Successeur Amintore Fanfani
Ministre de l'Instruction publique

(1 an et 11 jours)
Président du Conseil Giulio Andreotti
Gouvernement Andreotti II
Prédécesseur Riccardo Misasi
Successeur Franco Maria Malfatti
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Novare (Italie)
Date de décès (à 93 ans)
Lieu de décès Rome (Italie)
Nationalité Italienne
Parti politique Démocratie chrétienne
Conjoint Mariannuzza Inzitari
Religion Catholicisme romain

Signature

Oscar Luigi Scalfaro
Présidents de la République italienne

Oscar Luigi Scalfaro ['skalfaro] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter, né le à Novare et mort le à Rome, est un homme d'État italien, président de la République de 1992 à 1999.

Membre de la Démocratie chrétienne, il est élu à l'Assemblée constituante, puis siège à la Chambre des députés sans discontinuer jusqu'en 1992. Tout en devenant progressivement un cadre de son parti, il est nommé dans plusieurs gouvernements successifs.

Au mois d', il est élu président de la Chambre des députés, avant d'être désigné président de la République italienne à l'issue d'un long scrutin pour un mandat de sept ans. Sa présidence est marquée par de profonds bouleversements institutionnels et politiques, comme l'opération Mains propres, qui devait purger le régime politique italien de la vaste corruption qui le dominait.

Après ne pas avoir sollicité un second mandat, il siège au Sénat de la République comme ancien chef de l'État jusqu'à sa mort, en 2012.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et famille[modifier | modifier le code]

Fils du baron Guglielmo Scalfaro, Oscar Luigi Scalfaro descend d'une famille originaire de Calabre et anoblie par le roi de Naples, Joachim Murat. Dans sa jeunesse, il a fait partie des Jeunesse italiennes d'Action catholique, une association religieuse à laquelle il est resté lié toute sa vie durant.

En 1941, il sort diplômé en droit de l'université catholique du Sacré-Cœur et sert, dans l'armée, au sein du trente-huitième régiment, à Tortone. Sous-lieutenant, il est congédié lorsqu'il devient magistrat, au mois d', mais doit faire serment d'allégeance au régime fasciste comme l'ensemble des fonctionnaires de l'État.

Le , il épouse, à Novare, Mariannuzza Inzitari, qui meurt moins d'un an plus tard, le , en donnant naissance à leur fille unique, Marianna. Veuf depuis cette date, Scalfaro ne se remariera jamais[1].

L'homme politique[modifier | modifier le code]

L'ascension d'un démocrate-chrétien[modifier | modifier le code]

Membre de Démocratie chrétienne (DC), dont il est considéré comme l'un des membres les plus à gauche, en 1946, il est élu à l'Assemblée constituante et, plus tard en 1948, il devient député représentant la circonscription de Turin.

Il est fréquemment réélu dans sa circonscription jusqu'en 1992, date à laquelle il accède à la magistrature suprême.

Il occupe la fonction de sous-secrétaire d'État chargé de la Culture d'avril à juin 1959, puis de secrétaire d'État à la Politique intérieure de 1960 à 1961.

Ministre des Transports de 1966 à 1968 et en 1972, il occupe la fonction de ministre de l'Instruction publique et de la Jeunesse de 1972 à 1973. En 1983, le président du Conseil socialiste, Bettino Craxi lui confie le titre de ministre de l'Intérieur. Il se fait alors connaître pour son impartialité et son souci de rendre la République plus transparente. Il est confirmé dans ses fonctions au sein du second gouvernement Craxi, puis dans le cabinet d'Amintore Fanfani, et ce jusqu'en 1987, date à laquelle il quitte le palais du Viminal.

Président de la Chambre des députés[modifier | modifier le code]

Le , quelques semaines après les élections législatives des 5 et 6 avril, Oscar Luigi Scalfaro est élu président de la Chambre des députés à l'issue du quatrième tour de scrutin ; il recueille 309 voix contre 105 pour Giorgio Napolitano, 36 à Marco Formentini et 34 à Paolo Volponi. Il succède à Nilde Iotti.

Sitôt élu, il doit présider, à partir du 13 mai suivant, le plénum des grands électeurs réunis pour l'élection du président de la République, anticipée de quelques mois après la démission de Francesco Cossiga.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Une longue élection[modifier | modifier le code]

Cette élection s'avère difficile : les démocrates-chrétiens veulent voir l'un des leurs élus au palais présidentiel du Quirinal, mais les candidatures se succèdent les unes après les autres, sans que l'une d'elles ne puisse s'imposer. Cette situation est discrètement encouragée par le président du Conseil sortant, Giulio Andreotti, qui espère devenir le candidat naturel de la Démocratie chrétienne après l'échec de toutes les autres, dont celle d'Arnaldo Forlani.

Le 23 mai suivant, l'attentat qui coûte la vie au juge antimafia Giovanni Falcone, à son épouse et à trois de ses gardes du corps, bouleverse la situation politique, et la majorité des grands électeurs décide, lors du seizième tour de scrutin, de porter ses suffrages sur le nom d'Oscar Luigi Scalfaro, lequel est élu président de la République italienne par 672 voix sur 1 002 votants.

Oscar Luigi Scalfaro est investi trois jours plus tard, le , devant les deux Chambres du Parlement réunies, pour un septennat. Il devient le neuvième chef de l'État républicain d'Italie.

Mandant des gouvernements[modifier | modifier le code]

Le premier travail du nouveau chef de l'État se résume à la nomination d'un nouveau gouvernement après les élections législatives du mois d'avril précédent. L'ancien président du Conseil, le socialiste Bettino Craxi, qui voulait de nouveau diriger le gouvernement, accepte finalement de proposer un autre candidat pour la formation du cabinet au président Scalfaro, qui ne voulait pas nommer Craxi compte-tenu des soupçons de corruption qui pesaient sur lui. C'est un professeur de droit constitutionnel, Giuliano Amato, qui est finalement désigné.

Au mois de , un texte législatif préparé par le gouvernement à propos du financement des partis politiques suscite une vive polémique qui cause la démission du gouvernement d'Amato. Le président de la République doit désigner un nouveau président du Conseil, et son choix se porte sur le gouverneur de la Banque d'Italie, Carlo Azeglio Ciampi, désigné chef du gouvernement par Scalfaro. C'est la première fois qu'un homme politique indépendant est chargé de cette mission en Italie. Ce cabinet doit gérer les affaires courantes jusqu'à ce que soient convoquées des élections législatives anticipées.

Celles-ci, qui se tiennent les 27 et , sont remportées par la coalition de droite menée par l'homme d'affaires Silvio Berlusconi, nommé chef du gouvernement ; celui-ci, novice en politique, parvient à convaincre un électorat perturbé par de nombreux scandales de corruption impliquant de hauts responsables politiques. Oscar Luigi Scalfaro, cependant, entend peser sur la constitution du gouvernement, ce qu'il fait lorsqu'il refuse de nommer Cesare Previti au ministère de la Justice. La relation du chef de l'État et du Premier ministre, tendue, devient progressivement exécrable : le premier juge le second « irresponsable » pour sa volonté de réformer la justice qui menace ses intérêts commerciaux, quand ce dernier voient le président de la République comme un homme partial et proche de l'opposition de gauche.

Au mois de , la coalition gouvernementale est mise à mal par le départ de la Ligue du Nord, parti populiste et sécessionniste, qui fait tout pour provoquer le départ du Cavaliere, comme est nommé Berlusconi. Ce dernier, qui refuse d'abord de rendre son mandat, doit finalement le faire, accusant le président Scalfaro d'avoir orchestré ces événements. Ignorant les revendications du chef du gouvernement sortant favorable à des élections anticipées, le chef de l'État décide de confier la formation d'un cabinet de techniciens au ministre du Trésor, Lamberto Dini, qui parvient à le constituer.

Le Parlement doit de nouveau être dissous, et le , c'est le centre-gauche, mené par Romano Prodi, qui remporte les élections législatives anticipées. C'est lui qui doit diriger un gouvernement de centre-gauche, mais celui-ci ne s'inscrit pas dans la durée, puisque au mois d', le président du Conseil est mis en minorité à propos de la loi de finances qu'il présente à la Chambre des députés. La crise prend fin lorsque Scalfaro désigné l'ancien responsable communiste Massimo D'Alema au palais Chigi. C'est le dernier gouvernement nommé par Oscar Luigi Scalfaro.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Depuis de nombreuses années, Oscar Luigi Scalfaro a une solide réputation de catholique pratiquant, assistant régulièrement à la messe[2] et cultivant de précieux rapports avec l'Église catholique et son pape, Jean-Paul II. En raison de cet engagement, il s'est souvent présenté comme un adversaire convaincu de la peine de mort.

Sénateur à vie[modifier | modifier le code]

Oscar Luigi Scalfaro, en 2009.

En 1999, Oscar Luigi Scalfaro, arrivé au terme de son septennat, honore la tradition, pour un président sortant, de ne pas solliciter un nouveau mandat.Le 15 mai de cette année, il démissionne afin d'anticiper la prestation de serment de son successeur élu, Carlo Azeglio Ciampi, à laquelle il assiste comme sénateur à vie en sa qualité d'ancien président de la République.

Le , il doit présider la séance inaugurale de la XVe législature au Sénat de la République, en remplacement de la doyenne de la chambre haute, Rita Levi-Montalcini.

En retrait depuis son départ du Quirinal, Scalfaro ne s'est manifesté que pour critiquer, de manière virulente, les réformes de Silvio Berlusconi lorsque celui-ci voulait réformer la justice ou l'audiovisuel.

En 2007, il accepte le titre de membre d'honneur offert par le Parti démocrate, de centre-gauche, et préside, dans le Latium, le comité de soutien à la candidature du ticket formé par Walter Veltroni et Dario Franceschini pour la primaire du .

Décès[modifier | modifier le code]

Oscar Luigi Scalfaro s'éteint dans son sommeil le , à l'âge de 93 ans, à son domicile romain. Le président de la République Giorgio Napolitano, venu s'incliner devant sa dépouille le jour-même, évoque « un fervent défenseur de la vie politique démocratique, un exemple de cohérence et d'intégrité morale (...) [qui] a affronté avec fermeté et droiture une des périodes les plus dures de notre histoire »[3]. Ayant refusé des obsèques officielles, les funérailles d'Oscar Luigi Scalfaro se tiennent à l'église Santa Maria du Trastevere, en présence des anciens présidents du Conseil Romano Prodi et Massimo D'Alema, et du secrétaire du Parti démocrate, Pier Luigi Bersani.

Une imposante carrière politique[modifier | modifier le code]

Oscar Luigi Scalfaro, de 1954 à sa disparition survenue en 2012, a occupé l'une des plus longues et consensuelles carrières parlementaires et politiques de la République italienne, et ce bien avant son élection au palais du Quirinal, en 1992.

  • 1954 :
    • Sous-secrétaire d'État au ministère du Travail et de la Protection sociale dans le gouvernement d'Amintore Fanfani
    • Sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil des ministres chargés des Spectacles dans le gouvernement de Mario Scelba
  • 1955 : Sous-secrétaire d'État au ministère des Grâces et de la Justice dans le gouvernement d'Antonio Segni
  • 1957 : Confirmé dans ses fonctions dans le gouvernement du nouveau président du Conseil des ministres, Adone Zoli
  • 1959 : Sous-secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur dans le second cabinet Segni
  • 1960 : Confirmé dans ses fonctions dans le gouvernement Tambroni et le troisième gouvernement Fanfani
  • 1963 :
    • Vice-président de la Commission des enquêtes parlementaires sur les actions de la Mafia
    • Président de la Commission des élections de la Chambre des députés
  • 1965 : Vice-secrétaire politique de la Démocratie chrétienne
  • 1966 : Ministre des Transports et de l'Aviation civile dans le troisième gouvernement Moro
  • 1968 : Confirmé dans ses fonctions dans le second gouvernement Leone
  • 1970 : Secrétaire chargé des Organisations de la Démocratie chrétienne
  • 1972 :
    • Ministre des Transports et de l'Aviation civile dans le premier gouvernement Andreotti
    • Ministre de l'Instruction publique dans le second gouvernement Andreotti
  • 1975 : Vice-président de la Chambre des députés
  • 1976 : Confirmé dans ses fonctions au cours de la législature suivante
  • 1979 : Confirmé dans ses fonctions au cours de la législature suivante
  • 1983 : Ministre de l'Intérieur dans le premier gouvernement Craxi
  • 1986 : Confirmé dans ses fonctions dans le gouvernement Craxi
  • 1987 :
    • Confirmé dans le sixième gouvernement Fanfani
    • Président de la Commission parlementaire sur la Reconstruction des territoires de la Basilicata e Campania après les tremblements de terre de 1980 et 1981
  • 1992 :
  • 1999 : Sénateur à vie en sa qualité d'ancien président de la République
  • 2006 : Préside provisoirement le Sénat de la République, en sa qualité de doyen d'âge, lors de la séance inaugurale de la XVe législature italienne

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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