Giovanni Spadolini

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Giovanni Spadolini
Giovanni Spadolini.
Giovanni Spadolini.
Fonctions
Président de la République italienne
(intérim)
28 avril
(&&&&&&&&&&&&&0301 mois et 0 jour)
Président du Conseil Giulio Andreotti
Prédécesseur Francesco Cossiga
Successeur Oscar Luigi Scalfaro
Sénateur à vie
15e président du Sénat de la République
Législature Xe et XIe
Prédécesseur Giovanni Malagodi
Successeur Carlo Scognamiglio
Ministre de la Défense
Président du Conseil Bettino Craxi
Gouvernement Craxi I et II
Prédécesseur Lelio Lagorio
Successeur Remo Gaspari
65e président du Conseil des ministres

(&&&&&&&&&&&&05211 an, 5 mois et 3 jours)
Président Sandro Pertini
Gouvernement Spadolini I et II
Législature VIIIe
Coalition DC-PSI-PSDI-PRI-PLI
Prédécesseur Arnaldo Forlani
Successeur Amintore Fanfani
Ministre de l'Instruction publique
20 mars
Président du Conseil Giulio Andreotti
Gouvernement Andreotti V
Prédécesseur Mario Pedini
Successeur Salvatore Valitutti
Ministre pour les Biens culturels et environnementaux
Président du Conseil Aldo Moro
Gouvernement Moro IV
Prédécesseur Poste créé
Successeur Mario Pedini
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Florence (Italie)
Date de décès (à 73 ans)
Lieu de décès Rome, Latium (Italie)
Parti politique Parti républicain italien
Profession Journaliste

Giovanni Spadolini
Présidents du Conseil italien

Giovanni Spadolini, né le à Florence et mort le à Rome, est un homme politique italien du Parti républicain italien (PRI).

Ancien journaliste au Corriere della Sera, il début sa carrière politique en 1972 en devenant sénateur. Il est nommé ministre de la Culture, fonction nouvellement instituée, deux ans plus tard, puis devient en 1979 ministre de l'Éducation et secrétaire du PRI.

En 1981, à la suite d'une importante crise politique, le président Sandro Pertini le nomme président du Conseil des ministres. Il prend la tête d'une coalition de cinq partis dominés par la Démocratie chrétienne (DC), devenant le premier chef du gouvernement n'appartenant pas à la DC depuis 1946.

Contraint de se démettre dès 1982, il est chargé du ministère de la Défense entre 1983 et 1987, année où il est choisi par ses pairs comme président du Sénat de la République. Nommé sénateur à vie par Francesco Cossiga en 1991, il perd la présidence de la chambre haute en 1994 et meurt peu après.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un universitaire journaliste[modifier | modifier le code]

Licencié en droit, professeur d'histoire moderne à l'université de Florence, il est aussi journaliste.

Il commence à travailler, en 1947, avec Il Messaggero, à Rome, puis rejoint trois ans plus tard Il Borghese, hebdomadaire milanais de centre-droit. Par la suite, il est recruté par la revue Il Mondo, de tendance sociale-libérale, après quoi il rentre, en 1953, au Corriere della Sera.

Après seulement deux ans, le , il est nommé directeur de il Resto del Carlino, le journal de Bologne, à 29 ans. Il occupe cette fonction treize ans, période relativement longue dans la profession, devenant directeur du Corriere della Sera le . Il est cependant licencié en .

Le passage à la vie politique[modifier | modifier le code]

Après avoir soutenu le Parti radical (PR), il se rapproche, dans les années 1950, du Parti républicain italien (PRI), sans toutefois y adhérer.

Alors qu'il est licencié, le journaliste Indro Montanelli suggère à Ugo La Malfa, secrétaire du PRI qui lui avait proposé une circonscription sénatoriale sûre pour les élections générales anticipées du 7 mai suivant, le nom de Spadolini comme candidat.

Ce dernier accepte la proposition et est élu au Sénat de la République en Lombardie. Le 7 juillet, il prend la présidence de la commission de l'Instruction publique.

Les premiers postes ministériels[modifier | modifier le code]

Le , Aldo Moro forme son quatrième gouvernement, réunissant uniquement la Démocratie chrétienne (DC) et les républicains.

Il est nommé ministre sans portefeuille pour les Biens culturels et l'Environnement. Son poste est transformé, le 14 décembre suivant, en ministère pour les Biens culturels et environnementaux, de plein exercice. Exerçant des responsabilités jusqu'ici partagées entre le ministère de l'Intérieur et le ministère de l'Instruction publique, il est le premier ministre chargé de la politique culturelle depuis 1944. Le départ du PRI de l'exécutif le conduit à la démission le .

Réélu au Sénat au cours des élections générales anticipées du 20 juin 1976, il retrouve, le 27 juillet suivant, la présidence de la commission de l'Instruction publique. Environ sept mois plus tard, le , il est élu président du groupe républicain, formé la veille.

Lorsque Giulio Andreotti forme, le , son cinquième cabinet, avec la DC, le Parti social-démocrate italien (PSDI) et le PRI, Spadolini devient ministre de l'Instruction publique. C'est alors la première fois qu'un républicain, et seulement la deuxième pour un non démocrate-chrétien, occupe cette fonction. Ce gouvernement remet sa démission onze jours plus tard, ayant échoué à obtenir l'investiture du Parlement. Des élections générales anticipées sont convoquées le 3 juin suivant et il se voit réélu à la chambre haute.

Désigné président du groupe sénatorial républicain le 11 août suivant, il est élu secrétaire du parti au mois de septembre suivant, en remplacement d'Oddo Biasini, et renonce, le 23 octobre, à présider les sénateurs du PRI.

Président du Conseil des ministres[modifier | modifier le code]

À la suite du scandale de la loge P2, le démocrate-chrétien Arnaldo Forlani renonce à diriger le gouvernement, dont les républicains font partie. Le président de la République Sandro Pertini charge alors Giovanni Spadolini de former le gouvernement. C'est la seconde fois, après Ugo La Malfa en 1979, que cette responsabilité ne revient pas à un membre de la DC.

À la différence de La Malfa, le sénateur remplit sa mission en créant le « Pentapartito », l'alliance des cinq partis, qui rassemble la DC, le Parti socialiste italien (PSI), le PSDI, le PRI et le Parti libéral italien (PLI). Le , Giovanni Spadolini est nommé président du Conseil des ministres, le premier à ne pas être issu de la DC, et présente son premier gouvernement.

Contraint de remettre sa démission le , après le rejet de son projet de budget au Parlement, il est reconduit par le président Pertini et nomme, le 23 août, son second gouvernement, rigoureusement identique au précédent. Toutefois, il doit abandonner ses fonctions dès le 13 novembre, du fait d'un désaccord entre le ministre démocrate-chrétien du Trésor, Beniamino Andreatta, et le ministre socialiste des Finances, Rino Formica.

Ministre de la Défense[modifier | modifier le code]

Son successeur, Amintore Fanfani, ayant subi le retrait du PSI de l'alliance au pouvoir, le chef de l'État dissout les chambres et organise des élections générales anticipées le 26 juin 1983. Grâce à ce qui sera surnommé « l'effet Spadolini », le PRI remporte 5,1 % des voix à la Chambre des députés, son meilleur score depuis 1900, et 4,7 % au Sénat de la République, son record absolu.

Pertini choisit de nommer président du Conseil le socialiste Bettino Craxi, qui reforme le « Pentapartito » et nomme, le 4 août suivant, Spadolini comme ministre de la Défense dans son premier gouvernement, presque trente ans jour pour jour après que Randolfo Pacciardi, dernier républicain à avoir occupé ce poste, l'a quitté. À ce poste, il gère avec Craxi et Andreotti, ministre des Affaires étrangères, la crise de Sigonella, après laquelle il ne cache pas ses divergences avec le président du Conseil.

Quand ce dernier doit former son second gouvernement le , après avoir perdu un vote de confiance, Spadolini est reconduit dans ses fonctions au ministère de la Défense. Toutefois, une opposition entre la DC et le PSI amène la chute du gouvernement le . Un gouvernement transitoire, dirigé par Fanfani, ramène le pays aux urnes.

Président du Sénat et sénateur à vie[modifier | modifier le code]

Réélu pour un cinquième mandat en Lombardie aux élections générales du 14 juin 1987, il est élu, le 2 juillet suivant, président du Sénat de la République par 246 voix sur 318, étant le premier républicain à occuper ce poste. En septembre suivant, il renonce aux fonctions de secrétaire du PRI. Le , le président Francesco Cossiga lui confie un « mandat exploratoire » après la chute du gouvernement de Ciriaco De Mita, mais il échoue et rend le mandat au chef de l'État.

Il renonce à son mandat électoral le , afin de pouvoir être nommé, le lendemain, sénateur à vie pour ses mérites dans les domaines scientifique, littéraire et social. Après les élections générales des 5 et 6 avril 1992, il se présente à sa succession à la présidence de la chambre haute. Alors qu'il est devancé, aux deux premiers tours, par le démocrate-chrétien Giorgio De Giuseppe, qui ne parvient pas à se faire élire, il est reconduit lors du troisième tour. Profitant du retrait de son adversaire, Spadolini l'emporte par 188 voix sur 321.

Le 28 avril suivant, conformément à la Constitution, il prend les fonctions de président de la République par intérim, du fait de la démission de Cossiga. Il exerce les fonctions présidentielles pendant un mois, jusqu'à l'élection d'Oscar Luigi Scalfaro. Lors du scrutin présidentiel, il reçoit des voix à chacun des seize tours de scrutin, oscillant entre 3 et 35 suffrages en sa faveur en fonction du tour de vote.

De nouveau candidat pour la présidence du Sénat à la suite des élections générales anticipées des 27 et 28 mars 1994, il échoue de quelques voix aux deux premiers tours. Lors du troisième vote, il remporte 159 voix, soit l'exact score de son adversaire, Carlo Scognamiglio, du nouveau parti Forza Italia. Un quatrième tour de scrutin, organisé le 16 avril, donne 162 voix à Scognamiglio, contre 161 à Spadolini.

À peine quatre mois plus tard, il meurt d'un cancer de l'estomac.

L'après-Spadolini[modifier | modifier le code]

Homme doué d'une culture immense et d'une extrême courtoisie, parfaitement francophone, Giovanni Spadolini était unanimement respecté, en Italie comme à l'étranger, même s'il n'a jamais réalisé son rêve de devenir président de la République. Il a légué son immense bibliothèque à un institut de culture qui porte son nom. Il est l'auteur de 30 livres et de centaines d'articles pour des revues d'histoire et de sciences politiques.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]