Giovanni Leone

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Giovanni Leone
Giovanni Leone en 1976.
Giovanni Leone en 1976.
Fonctions
Sénateur à vie

(23 ans 4 mois et 25 jours)
Législature VIIe, VIIIe, IXe, Xe, XIe,
XIIe, XIIIe et XIVe
Groupe politique Mixte
Président de la République italienne

(6 ans 5 mois et 17 jours)
Élection 24 décembre 1971
Président du Conseil Emilio Colombo
Giulio Andreotti
Mariano Rumor
Aldo Moro
Giulio Andreotti
Prédécesseur Giuseppe Saragat
Successeur Amintore Fanfani (intérim)
Sandro Pertini
Sénateur à vie

(4 ans 4 mois et 2 jours)
Législature IVe et Ve
Groupe politique Mixte
Président du Conseil des ministres

(5 mois et 18 jours)
Président Giuseppe Saragat
Gouvernement Leone II
Législature Ve
Coalition DC
Prédécesseur Aldo Moro
Successeur Mariano Rumor

(5 mois et 13 jours)
Président Antonio Segni
Gouvernement Leone I
Législature IVe
Coalition DC
Prédécesseur Amintore Fanfani
Successeur Aldo Moro
Président de la Chambre des députés

(8 ans 1 mois et 11 jours)
Législature IIe, IIIe et IVe
Prédécesseur Giovanni Gronchi
Successeur Brunetto Bucciarelli-Ducci
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Naples, Italie
Date de décès
(à 93 ans)
Lieu de décès Rome, Italie
Nationalité Italienne
Parti politique Démocratie chrétienne
Conjoint Vittoria Michitto
Diplômé de Université Federico II
de Naples
Religion Catholicisme

Giovanni Leone
Président du Conseil des ministres italien
Présidents de la République italienne

Giovanni Leone, né le à Naples et mort le à Rome, est un avocat, juriste et homme d'État italien, président de la République italienne de 1971 à 1978.

Fréquentant la Fédération des universitaires catholiques italiens durant ses études à l'université de Naples, il adhère à la Démocratie chrétienne en 1942. Élu à la présidence de la Chambre des députés en 1955, il est appelé, par deux fois, à la présidence du Conseil des ministres, en 1963 et en 1968.

Nommé sénateur à vie par le président Giuseppe Saragat en 1967, il est élu président de la République italienne à l'issue de la plus longue élection présidentielle de l'histoire du pays, pour un mandat de sept ans, en 1971. Premier sénateur à vie appelé à la plus haute fonction de l'État italien, il est également le premier à avoir occupé trois des quatre plus importantes fonctions institutionnelles. Il s'applique, durant son mandat, à faire respecter rigoureusement la Constitution, se démarquant plus ou moins en cela de ses prédécesseurs et préférant adopter une conduite dite « notariale » de sa fonction présidentielle.

Soupçonné d'être impliqué dans une affaire de corruption, il affirme son innocence, mais doit démissionner quelques mois avant la fin de son septennat, en 1978. En sa qualité d'ancien président de la République, il redevient sénateur à vie jusqu'à sa mort, en 2001.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière juridique[modifier | modifier le code]

Giovanni Leone en 1953.

Fils de l'avocat napolitain Mauro Leone, fondateur du Parti populaire en Campanie, et de Maria Gioffredi, tous deux originaires de Pomigliano d'Arco, Giovanni Leone obtient, en 1929, une laurea en droit puis, un an plus tard, en sciences politiques. Il appartient, durant cette période, à la Fédération des universitaires catholiques italiens, qu'il quitte en 1932 pour travailler au service de l'avocat Enrico De Nicola.

En 1933, Giovanni Leone, agrégé en droit, est admis comme professeur à la faculté de droit de l'université de Camerino puis, deux ans plus tard, est nommé professeur ordinaire. Il enseigne successivement à l'université de Messine, entre 1935 et 1940, puis à l'université de Bari, entre 1940 et 1948 ; il compte alors Aldo Moro parmi ses assistants. En 1942, il fait partie du comité de rédaction du Code de la navigation (Codice della navigazion), dont il rédige, essentiellement, la partie sur les normes pénales. Il devient, plus tard, enseignant à l'université La Sapienza de Rome.

Auteur d'innombrables ouvrages en matière de droit et procédure pénale, il est également l'auteur d'un manuel qui a fait référence jusqu'à la réforme du code de procédure pénale de 1989. Sa carrière académique, parallèle à sa carrière juridique, est à cet égard tout à fait importante et lui confère une place éminente parmi les cadres de la Démocratie chrétienne à laquelle il appartient depuis 1942.

Alors en poste à la Cour militaire de Naples, Leone rencontre Vittoria Michitto, fille d'un médecin bien connu de Caserte, qu'il épouse le . De ce mariage naissent quatre fils, prénommés Mauro, Giulio (décédé à la naissance), Giancarlo et Paolo.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Premières années au sein de la DC[modifier | modifier le code]

Dans sa jeunesse, pour obtenir le statut de professeur d'université, Giovanni Leone a été forcé d'adhérer au Parti national fasciste. Avant la Libération de 1944, il rejoint les démocrates-chrétiens et, en 1945, est élu secrétaire politique du comité napolitain de la Démocratie chrétienne. Le , il est élu député à l'Assemblée constituante pour le XXIIe collège de Naples-Caserte. Il fait partie de la « commission des soixante-dix » qui a écrit le texte préliminaire de la Constitution.

Élu député à l'issue des élections générales du , il est successivement réélu jusqu'à ce qu'il quitte la Chambre des députés après avoir été nommé sénateur à vie par le président Giuseppe Saragat, le . Il siège, sans discontinuer, au sein du groupe démocrate-chrétien.

Le , Giovanni Leone est élu président de la Chambre des députés par 311 voix contre 213 pour le socialiste Ferdinando Targetti ; il succède alors à Giovanni Gronchi, élu président de la République. Très respecté par l'ensemble de la classe politique qui apprécie sa modération et sa discrétion, il est réélu à la présidence de la chambre basse le , sans concurrent, puis le face au communiste Girolamo Li Causi.

Président du Conseil des ministres[modifier | modifier le code]

Le , le président du Conseil Amintore Fanfani, figure de la Démocratie chrétienne, démissionne après les élections générales du , à l'issue desquelles la DC a perdu plusieurs sièges. Le secrétaire du parti, Aldo Moro, est alors pressenti pour lui succéder, mais l'opposition du bureau politique du Parti socialiste conduit celui-ci à renoncer.

Après une série de consultations, le chef de l'État Antonio Segni, soucieux de dénouer la crise au plus vite, confère à Leone, alors président de la Chambre des députés, la charge de former un gouvernement. Après plusieurs jours d'intenses tractations, Leone parvient finalement à constituer un gouvernement démocrate-chrétien, obtenant la promesse du soutien de trois partis — le Parti républicain, le Parti social-démocrate et le Parti socialiste. Le , le premier gouvernement Leone prête serment devant le président Segni, au palais du Quirinal.

La presse présente cet exécutif comme un « gouvernement balnéaire » (governo balneare), un cabinet tout à fait transitoire juste pour arriver à la session automnale du parlement et permettre ainsi la formation d'un nouveau gouvernement. C'est la première fois, depuis l'instauration de la République, que l'exécutif est dirigé par le président sortant de la Chambre des députés.

Président de la République italienne[modifier | modifier le code]

Président de la République italienne de décembre 1971 à juin 1978, il démissionna de son poste six mois avant la fin de son mandat, à la suite des pressions du Parti communiste italien (PCI) en raison d'une campagne de presse virulente qui l'accusait de corruption. À partir de juin 1978, il devient sénateur à vie en tant qu'ancien président de la République.

En 2005 son fils, Giancarlo Leone, a été nommé vice-directeur général de la chaîne publique italienne RAI.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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