Il Giornale
| Il Giornale | |
| Pays | |
|---|---|
| Langue | Italien |
| Périodicité | Quotidien |
| Genre | Généraliste |
| Diffusion | 25 493 ex. (octobre 2024) |
| Date de fondation | juin 1974 |
| Ville d’édition | Milan |
| Propriétaire | Groupe Angelucci |
| Site web | ilgiornale.it |
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Il Giornale est un quotidien italien publié à Milan, fondé en juin 1974 par le journaliste Indro Montanelli sous le titre Il Giornale nuovo.
Le titre s'impose à l'échelle nationale sur une ligne politique d'orientation libérale modérée. À la fin des années 1970, Silvio Berlusconi en devient l'actionnaire majoritaire ; après l'adoption de la loi Mammì de 1990, qui limite la concentration entre chaînes de télévision et quotidiens, il en cède la propriété à son frère Paolo Berlusconi (it).
En , à la veille des élections auxquelles Silvio Berlusconi se présente à la tête de Forza Italia, Montanelli quitte la direction pour divergences avec la propriété et fonde le quotidien La Voce. Vittorio Feltri lui succède et infléchit la ligne du journal, qui devient un soutien des droites italiennes. Neuf directions se succèdent en trente ans.
Le quotidien atteint au milieu des années 2010 une diffusion proche de cent mille exemplaires et un lectorat estimé à plus de cinq cent mille personnes, avant de connaître le recul qui affecte l'ensemble de la presse quotidienne italienne. En 2023, la famille Berlusconi cède la majorité du capital au groupe de l'entrepreneur Antonio Angelucci, également propriétaire de Libero et d'Il Tempo, opération qui donne naissance au principal pôle de presse de droite en Italie.
Histoire
[modifier | modifier le code]Fondation
[modifier | modifier le code]Le journal est fondé en juin 1974 par Indro Montanelli, qui venait de quitter le Corriere della Sera[1],[2]. Il paraît d'abord sous le titre Il Giornale nuovo[3].
Montanelli en assure la direction pendant vingt ans[2]. Le titre s'affirme au plan national sur une ligne libérale modérée[1].
Entrée des Berlusconi
[modifier | modifier le code]À la fin des années 1970, Silvio Berlusconi devient actionnaire majoritaire de la société éditrice[1], l'acquisition intervenant en 1977[2].
L'adoption en 1990 de la loi Mammì, qui pose des limites à la détention simultanée de réseaux de télévision et de quotidiens, conduit Berlusconi à céder le titre à son frère Paolo[1].
Départ de Montanelli
[modifier | modifier le code]En , à l'approche des élections législatives auxquelles Silvio Berlusconi participe avec le mouvement Forza Italia, Montanelli quitte la direction du journal pour divergences survenues avec la propriété, et fonde le quotidien La Voce[1].
Selon l'Encyclopédie italienne, Montanelli, journaliste d'idées libérales et modérées, ne se reconnaissait pas dans la droite dont Berlusconi était devenu le porte-drapeau, composée de Forza Italia et d'Alliance nationale[4].
La Voce paraît à Milan à la veille des élections que Berlusconi et ses alliés remportent nettement. Le titre atteint dans les premiers mois un niveau de ventes satisfaisant, mais le succès est de courte durée : les lecteurs modérés, traditionnellement fidèles à Montanelli, se tournent vers Berlusconi. N'ayant pas réuni les soutiens financiers escomptés pour constituer un actionnariat diffus, Montanelli doit renoncer[4].
Cet épisode est présenté par la presse italienne comme le point de rencontre entre l'ascension politique de Berlusconi et le déclin journalistique de Montanelli[5].
Direction de Vittorio Feltri
[modifier | modifier le code]La direction du journal est confiée en 1994 à Vittorio Feltri, décrit par l'Encyclopédie italienne comme le protagoniste d'un journalisme partisan et vigoureux au soutien des droites[4]. Cette manière, plus offensive, contribue au relancement du titre[1].
Feltri dirige le quotidien jusqu'en 1997, puis de nouveau en 2009 et 2010. Six directions se succèdent entre son premier départ et le retour d'Alessandro Sallusti en 2023[1].
Cession au groupe Angelucci
[modifier | modifier le code]En , la famille Berlusconi engage des négociations en vue de la cession du titre[6]. L'offre du groupe Angelucci l'emporte sur celle présentée par John Elkann[7],[8].
L'opération est conclue en : le groupe acquiert 70 % du capital, les 30 % restants demeurant à Paolo Berlusconi[9]. Le rapport annuel du Reuters Institute for the Study of Journalism (en) mentionne cette cession parmi les évolutions marquantes du paysage médiatique italien[10].
Le groupe consolide sa participation en [11].
Ligne éditoriale
[modifier | modifier le code]Le quotidien est présenté par les répertoires de presse européens comme un titre de sensibilité conservatrice[12]. Fondé sur une ligne libérale modérée[1], il devient à partir de 1994 un soutien des droites italiennes[4].
Le journal s'inscrit dans un paysage médiatique italien marqué par l'imbrication entre propriété des médias et activité politique, question analysée dès 2003 par Reporters sans frontières dans un rapport consacré à ce qu'il désignait comme une anomalie italienne[13],[14].
Propriété
[modifier | modifier le code]Groupe Angelucci
[modifier | modifier le code]Le titre appartient au groupe de l'entrepreneur Antonio Angelucci, dont les intérêts s'étendent au secteur de la santé privée[2],[8].
Concentration de la presse de droite
[modifier | modifier le code]Le groupe détient également Libero et Il Tempo, ensemble qui constitue le principal pôle de presse conservatrice du pays[15],[16].
Ce regroupement, présenté par ses promoteurs comme une réponse aux difficultés financières de la presse quotidienne italienne[2], a suscité des appréciations contrastées. Certains commentateurs y voient la constitution d'un réseau médiatique de droite comparable à des modèles étrangers[16], tandis que Vittorio Feltri, l'un des anciens directeurs du titre, a publiquement écarté l'idée d'un quotidien unique de droite[17].
Diffusion et lectorat
[modifier | modifier le code]Au milieu des années 2010, le quotidien diffusait près de cent mille exemplaires par jour et son lectorat était estimé par Audipress (it) à plus de 5 000 personnes, ce qui le plaçait parmi les principaux titres nationaux[18].
Selon les relevés d'Accertamenti Diffusione Stampa (ADS), la diffusion s'établit à 25 493 exemplaires en , en recul de 12 % sur un an[19]. Le repli se poursuit en , avec une baisse de 12,5 % des ventes en kiosque[20].
Le titre présente une structure de vente atypique parmi les quotidiens nationaux : selon l'analyste des médias Lelio Simi, la vente en kiosque y représente 94 % du total, proportion la plus élevée du secteur[21].
Au moment de la cession de 2023, l'ensemble des titres réunis par le groupe Angelucci représentait une diffusion supérieure à 70 000 exemplaires quotidiens, papier et numérique confondus[2].
Controverses
[modifier | modifier le code]Supplément de 2016
[modifier | modifier le code]En , le journal propose à ses lecteurs, en supplément gratuit à l'achat du quotidien, une édition de Mein Kampf. L'initiative provoque des réactions de la classe politique, le président du Conseil Matteo Renzi la qualifiant d'ignoble, ainsi que de l'Union des communautés juives italiennes[22].
Campagne contre Dino Boffo
[modifier | modifier le code]En , alors dirigé par Vittorio Feltri, le journal publie une série d'articles mettant en cause Dino Boffo, directeur du quotidien catholique Avvenire, après des prises de position de ce dernier sur les affaires privées du président du Conseil. Boffo démissionne le [23],[24].
L'épisode donne lieu à un débat sur les rapports entre l'Église italienne et le pouvoir politique et connaît un écho international[25],[26].
Procédures judiciaires
[modifier | modifier le code]En , le juge des enquêtes préliminaires de Milan ordonne la mise en accusation d'Alessandro Sallusti et de Vittorio Feltri dans une procédure pour diffamation ouverte à la suite de propos visant Silvia Romano[27].
Conflits sociaux
[modifier | modifier le code]Sous la nouvelle propriété, des tensions internes à la rédaction se manifestent. En , la presse spécialisée fait état du premier mouvement de grève dans l'histoire du journal depuis sa fondation en 1974[28].
Héritage de Montanelli
[modifier | modifier le code]La figure du fondateur demeure débattue. Sa statue milanaise a fait l'objet d'une controverse publique en 2020, relayée par la presse internationale[29].
Son rôle dans l'histoire du journalisme italien a par ailleurs fait l'objet de publications, notamment en France[30],[31].
Directeurs
[modifier | modifier le code]| Période | Directeur |
|---|---|
| 1974-1994 | Indro Montanelli[1] |
| 1994-1997 | Vittorio Feltri[1] |
| 1997-2000 | Mario Cervi[1] |
| 2000-2007 | Maurizio Belpietro (it)[1] |
| 2007-2009 | Mario Giordano (it)[1] |
| 2009-2010 | Vittorio Feltri[1] |
| 2010-2021 | Alessandro Sallusti[1] |
| 2021-2023 | Augusto Minzolini[1] |
| depuis 2023 | Alessandro Sallusti[1] |
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 (it) « Giornale, Il », sur Enciclopedia Italiana, Treccani (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 (it) Sergio Menicucci, « Berlusconi vende, Angelucci compra », sur L'Opinione, (consulté le ).
- ↑ « Naissance et histoire de « il Giornale » d'Indro Montanelli », sur La Meilleure Info (consulté le ).
- 1 2 3 4 (it) « Giornale e giornalismo », sur Enciclopedia Italiana, Treccani (consulté le ).
- ↑ (it) « Destini incrociati. L'ascesa politica di Berlusconi e il tramonto giornalistico di Montanelli », sur Linkiesta, (consulté le ).
- ↑ (en) « Italy's Berlusconi Family Is Close to Selling Milan Newspaper Il Giornale », sur Bloomberg, (consulté le ).
- ↑ (it) « Paolo Berlusconi vende Il Giornale agli Angelucci : superato Elkann », sur Calcio e Finanza, (consulté le ).
- 1 2 (it) « Berlusconi vende « Il Giornale » agli Angelucci : chi sono i nuovi editori », sur Virgilio Notizie, (consulté le ).
- ↑ (en) « Berlusconi sells the majority of Il Giornale : Angelucci takes over 70% », sur FIRSTonline, (consulté le ).
- ↑ (en) « Italy », sur Digital News Report 2023, Reuters Institute for the Study of Journalism, université d'Oxford, (consulté le ).
- ↑ (it) « Il Gruppo Angelucci consolida la proprietà de Il Giornale », sur Professione Reporter, (consulté le ).
- ↑ (en) « Il Giornale », sur eurotopics.net, Bundeszentrale für politische Bildung (consulté le ).
- ↑ « Conflit d'intérêts dans les médias : l'anomalie italienne », sur Reporters sans frontières, (consulté le ).
- ↑ « Le journalisme en Italie : un tour d'horizon », sur Observatoire du journalisme, (consulté le ).
- ↑ (it) Giulio Cavalli, « Un unico editore a destra. Angelucci comanda su Il Giornale, Libero e Il Tempo », sur La Notizia, (consulté le ).
- 1 2 (it) « Angelucci lancia la « Fox News all'italiana » », sur L'Unità, (consulté le ).
- ↑ (it) « Feltri : un unico giornale di destra è una stronzata », sur Primaonline, (consulté le ).
- ↑ (it) « I quotidiani danno i numeri (sui lettori) », sur FirstMaster Mag, (consulté le ).
- ↑ (it) « Quotidiani, ecco chi tracolla di più », sur Startmag, (consulté le ).
- ↑ (it) « ADS settembre 2025, calo generalizzato delle vendite quotidiani cartacei in edicola », sur Il Giornale d'Italia, (consulté le ).
- ↑ (it) Lelio Simi, « Quanto vendono i quotidiani italiani ? », sur Mediastorm, (consulté le ).
- ↑ (en) « Berlusconi brother's daily offers readers 'Mein Kampf' », sur Al Jazeera, (consulté le ).
- ↑ (en) « Church v Berlusconi (II) : Catholic editor steps down », sur America Magazine (consulté le ).
- ↑ (it) « Dopo gli attacchi di Feltri, Avvenire : Dino Boffo si è dimesso », sur Osservatorio giornalisti, (consulté le ).
- ↑ (en) « Paper : Latest Berlusconi Scandal « Devastating » », sur CBS News (consulté le ).
- ↑ (en) « Vatican responds to widely divergent reports on Boffo resignation », sur Catholic News Agency (consulté le ).
- ↑ (it) « Offese a Silvia Romano, gip : imputazione coatta per Sallusti e Feltri », sur Sky TG24, (consulté le ).
- ↑ (it) « Ma perché Dagospia attacca Il Giornale ? », sur MOW, (consulté le ).
- ↑ (en) Alessio Colonnelli, « Montanelli : his statue and legacy is up for debate », sur openDemocracy, (consulté le ).
- ↑ « Indro Montanelli, miroir du XXe siècle italien », sur ActuaLitté, (consulté le ).
- ↑ (it) « Quando Montanelli fondò Il Giornale », sur La Nuova Bussola Quotidiana (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Sites officiels : (it) www.ilgiornale.it et (it) www.ilgiornale.it/pagina/edicola-digitale.html
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :