Antonio di Rudinì

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Antonio di Rudinì
Illustration.
Fonctions
Président du Conseil des ministres d'Italie
Monarque Humbert Ier
Prédécesseur Francesco Crispi
Successeur Giovanni Giolitti
Monarque Humbert Ier
Prédécesseur Francesco Crispi
Successeur Luigi Pelloux
Biographie
Nom de naissance Antonio Starabba
Date de naissance
Lieu de naissance Palerme (Royaume des Deux-Siciles)
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décès Rome
Nationalité italienne
Religion Catholique

Antonio di Rudinì
Présidents du Conseil italien

Antonio Starabba, Marquis di Rudinì (, Palerme - , Rome) est un homme d'État italien. Il est maire de Palerme, député président du Conseil italien de 1891 à 1892 et de 1896 à 1898.

Biographie[modifier | modifier le code]

Homme de droite, Antonio Starabba est nommé maire de Palerme en août 1863[1]. Durant la révolte des « Sette e mezzo » en septembre 1866 dans sa ville, il combat les insurgés devant l'hôtel de ville puis protège le Palais royal[1].

Dès 1867, il dénonce la puissance locale de la mafia, son impunité judiciaire. Il décrit son unité face à la croyance répandue qu'il s'agissait d'un agglomérat de divers gangs indépendants et la porosité des murs de la prison palermitaine de l'Ucciardone d'où est gérée l'organisation[1].

Député durant 41 ans, de 1867 à sa mort, il défend les intérêts des grands propriétaires fonciers[2]. Après l'adoption de la loi électorale de 1882, Antonio Di Rudini s'inscrit dans la théorie de l'élitisme sur laquelle écrira son jeune secrétaire particulier, Gaetano Mosca, et redoute la perte de pouvoir de l'aristocratie au profit de la bourgeoisie et de la classe moyenne qui prospèrent sur le clientélisme[2].

Il est nommé président du Conseil à deux reprises, après la chute de Crispi, en février 1891, puis en mars 1896. Di Rudini imagine une décentralisation réactionnaire qui supprime l’élection des maires des communes de plus de 10 000 habitants, introduit le vote plural pour les chefs de famille et transfère le pouvoir des sous-préfets à un collège de notables locaux. Il fait de la Sicile le terrain d'expérimentation de cette réforme conservatrice par le décret royal du 5 avril 1896 qui instaure un Commissariat civil. Concentrant sur l'île les pouvoirs des ministères de l’intérieur, de l’instruction publique, des travaux publics, des finances et de l’agriculture, industrie et commerce, il peut dissoudre les conseils municipaux, contrôler les associations, suspendre certains fonctionnaires, organiser la sécurité publique. Il nomme à ce poste le préfet de Milan, Giovanni Codronchi, connu pour sa répression des mouvements sociaux et son opposition à la loi électorale de 1882[2].

Inspiré par le self-government théorisé par Johann Caspar Bluntschli, le projet politique de Di Rudini rejoint un temps celui des progressistes menés par Napoleone Colajanni. Mais face au projet d'autonomie démocratique et populaire des socialistes, Di Rudini et son ministre local, Codronchi, mettent en place un pouvoir élitaire sicilianiste, excluant les classes moyennes. Aux élections de mars 1897, ils parviennent à faire battre en Sicile les partisans de Crispi et les candidats d'extrême gauche, qui n'ont plus que 3 des 52 sièges que l'île envoie Parlement, le nombre de nobles représentant 40 % des députés siciliens[2].

Il est forcé en de démissionner après le massacre de Milan, sans avoir modernisé les structures politico-économiques de l'île[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c John Julius Norwich, Histoire de la Sicile : de l'Antiquité à Cosa Nostra, Paris, Tallandier, (ISBN 979-10-210-2876-0, OCLC 1038053850, lire en ligne), p. 408-409
  2. a b c d et e Jean-Yves Frétigné, « La Sicile : un laboratoire politique à l’époque de la Monarchie libérale (1860-1922) », Cahiers de la Méditerranée, no 96,‎ , p. 179–195 (ISSN 0395-9317, DOI 10.4000/cdlm.10800, lire en ligne, consulté le 19 septembre 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]