Luigi Di Maio

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Luigi Di Maio
Illustration.
Luigi Di Maio en 2018.
Fonctions
Ministre italien des Affaires étrangères
et de la Coopération internationale
En fonction depuis le
(1 an, 8 mois et 9 jours)
Président du Conseil Giuseppe Conte
Mario Draghi
Gouvernement Conte II
Draghi
Prédécesseur Enzo Moavero Milanesi
Vice-président du Conseil des ministres
Ministre du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales

(1 an, 3 mois et 4 jours)
Président du Conseil Giuseppe Conte
Gouvernement Conte I
Prédécesseur Carlo Calenda
(Développement économique)
Giuliano Poletti (Travail)
Successeur Stefano Patuanelli (Développement économique) Nunzia Catalfo (Travail et Politiques sociales)
Dirigeant du Mouvement 5 étoiles

(2 ans, 3 mois et 30 jours)
Prédécesseur Beppe Grillo
Successeur Vito Crimi (intérim)
Vice-président de la Chambre des députés

(5 ans et 1 jour)
Président Laura Boldrini
Législature XVIIe
Député italien
En fonction depuis le
(8 ans, 1 mois et 29 jours)
Élection 24-25 février 2013
Réélection 4 mars 2018
Circonscription 1re de Campanie
Législature XVIIe et XVIIIe
Groupe politique M5S
Biographie
Date de naissance (34 ans)
Lieu de naissance Avellino (Campanie,
Italie)
Nationalité italienne
Parti politique Mouvement 5 étoiles
Profession Journaliste

Signature de Luigi Di Maio

Luigi Di Maio /luˈiːd͡ʒi di ˈmaːjo/[1], né le à Avellino, est un homme politique italien.

Membre du Mouvement 5 étoiles (M5S), qu'il dirige de 2017 à 2020, il est député depuis 2013, ministre du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales de 2018 à 2019 et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale depuis 2019.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Luigi Di Maio est originaire de Pomigliano d'Arco[2], dans la ville métropolitaine de Naples. Sa mère est enseignante et son père entrepreneur ; ce dernier a été responsable local du Mouvement social italien, néofasciste[3].

Il indique s’être pris de passion pour la politique dès le lycée en obtenant de son établissement qu'il soit adapté aux normes de sécurité antisismiques[2].

Il a été agent de sécurité au Stade San Paolo[4].

Il étudie le droit à l'université de Naples - Frédéric-II mais sans obtenir de diplôme[5]. Il est représentant étudiant au conseil de la faculté de droit de son université et fonde une association d’étudiants de droit[4].

En 2007, il s'inscrit au registre des journalistes, puis travaille comme webmestre.

Député[modifier | modifier le code]

Di Maio gravite autour de Beppe Grillo dès 2007, avant la formation du parti M5S, alors qu'il est âgé de 20 ans[3].

Il est élu député de Campanie lors des élections générales italiennes de 2013 sous l'étiquette du M5S. Il est élu vice-président de la Chambre des députés le , ce qui en fait le plus jeune à occuper ce poste dans l'histoire italienne[6]. Jérôme Gautheret, journaliste au Monde, indique que « de l’avis général, Di Maio a bien rempli son rôle de vice-président de la Chambre »[7].

Dirigeant du Mouvement 5 étoiles[modifier | modifier le code]

Après la mise en retrait de Beppe Grillo du M5S début 2016, il intègre le « directoire » du parti, composé de cinq élus nationaux désignés par Grillo et Gianroberto Casaleggio, cofondateur du M5S ; chargé des relations avec les maires et les élus régionaux, il en est la personnalité la plus connue[2].

Le , il est désigné par Beppe Grillo comme le candidat du M5S pour les élections générales de 2018 à la suite d'un vote en ligne où il a recueilli près de 80 % des voix[8]. Il n'a aucun concurrent face à lui, ce qui s'explique notamment par le fait que Beppe Grillo a limité la notoriété de ses cadres en leur interdisant de participer aux talk-shows de la télévision italienne[4].

Vice-président du Conseil des ministres[modifier | modifier le code]

Après la victoire du M5S aux élections générales de 2018 et la conclusion d'un accord de gouvernement avec la Ligue, Luigi Di Maio intègre le gouvernement Conte en tant que vice-président du Conseil des ministres et ministre du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales.

Pendant ses premiers mois, Luigi Di Maio bénéficie d'une popularité élevée, bien qu'inférieure à celles de Giuseppe Conte et Matteo Salvini[9],[10]. Son parti se voit également dépassé par la Ligue dans les sondages, notamment en raison du soutien des Italiens aux positions de Salvini sur l’immigration, ce qui pousse le M5S à s’aligner sur les positions de l’extrême droite en la matière[11],[12],[13],[14].

Fin 2018, alors que la Commission européenne emmenée par Pierre Moscovici justifie l'ouverture d'une procédure de sanction à l'égard de l'Italie par le non-respect des critères européens en matière de réduction de la dette publique, Di Maio appelle au « respect du peuple italien » pour qui une politique d'austérité serait néfaste. Il déclare ainsi que « budget ne change[ra] pas »[15],[16]. Par la suite, Di Maio se montre plus ouvert à une négociation sur le budget italien. Finalement, après quelques semaines de doute, un accord est trouvé entre les deux partis le , le gouvernement Conte acceptant de revoir son budget à la baisse pour 2019, conformément aux demandes de la Commission européenne[17].

Le , après des désaccords avec ses partenaires de coalition, Salvini demande des législatives anticipées[18].

Ministre des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l’accord conclu entre le M5S et le Parti démocrate, Giuseppe Conte forme le un deuxième gouvernement dans lequel Di Maio renonce à la vice-présidence du Conseil et devient ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

En février 2021, à la suite de la démission de Conte, il se montre favorable, comme la majorité des élus de son parti et des partis politiques italiens, à la nomination de Mario Draghi à la présidence du Conseil. Consultés au moyen d'un vote en ligne, les adhérents du Mouvement cinq étoiles se prononcent en faveur de la participation de leur formation au gouvernement Draghi par 59 % des suffrages exprimés. Alors que Giuseppe Conte est plus réticent à cette idée, Alessandro Di Battista y est totalement hostile et quitte le parti[19]. Luigi Di Maio est reconduit dans ses fonctions ministérielles dans le nouveau gouvernement.

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Mediapart indique que « paradoxalement, les qualités que l’on reconnaît à Luigi Di Maio sont diamétralement opposées à celles qui ont fait le succès de Beppe Grillo. Si le fondateur du 5 étoiles tirait sa force de sa fougue oratoire, l’ex-vice-président de la Chambre apparaît calme et posé »[4]. Alessandro Di Battista, seule autre figure du parti aussi présente que Luigi Di Maio dans les médias, affiche également un style proche de celui de Beppe Grillo[4].

Il indique que le M5S « [rejette] vivement » le qualificatif de populiste car il est « péjoratif »[20].

Il appelle à mettre fin aux sanctions internationales contre la Russie, estimant qu'elles « ne fonctionnent pas »[21].

Au printemps 2017, il déclare que les ONG opérant en Méditerranée sont des « taxis de la mer » encourageant les migrants à la traverser[22].

En , il indique qu’il voterait « oui » à un éventuel référendum en vue d’une sortie de l’Italie de la zone euro[23]. En , il indique envisager le référendum sur l'euro, prôné par Beppe Grillo, comme « la dernière solution », qu’il « espère ne jamais utiliser », et précise qu'il « ne pense pas qu’il s’agisse d’un bon moment pour quitter l’euro »[4]. En , il présente l'Union européenne comme « la maison naturelle de notre pays, mais aussi du Mouvement 5 étoiles », et comme « le giron naturel dans lequel l’Italie doit continuer à développer ses relations économiques et politiques ». Mediapart souligne que « jadis farouchement opposé aux « technocrates » de Bruxelles, le Mouvement 5 étoiles (M5S) se découvre donc européiste. C’est une des nouveautés apportées par Luigi Di Maio qui, pour se donner une chance de remporter les élections, a décidé de jouer la carte de la normalisation »[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en italien standard retranscrite selon la norme API.
  2. a b et c Mathilde Auvillain, « Italie: même sans Grillo, le M5S se place en seule alternative à Renzi », sur Mediapart, (consulté le 20 juin 2016).
  3. a et b Jérôme Gautheret, « Italie : l’insaisissable Luigi Di Maio, visage très lisse d’un Mouvement 5 étoiles normalisé », lemonde.fr, 6 mars 2018.
  4. a b c d e f et g Beniamino Morante, « De Grillo à Di Maio, la lente métamorphose du Mouvement 5 étoiles en Italie », sur Mediapart, (consulté le 19 février 2018).
  5. « Scalfarotto attacca Di Maio: 'Vorrei vedere il suo curriculum, non è nemmeno laureato' » (consulté le 29 janvier 2018)
  6. AFP, « Italie: le mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo veut gouverner », sur http://tempsreel.nouvelobs.com/, (consulté le 6 décembre 2016).
  7. « Italie : posez vos questions sur le résultat incertain des législatives », sur lemonde.fr, (consulté le 5 mars 2018).
  8. « En Italie, le Mouvement 5 étoiles ne réussit pas à masquer ses divisions », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 26 septembre 2017)
  9. Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a la cote
  10. (it) « Sondaggi Politici/ Leader Pd, elettori dem bocciano tutti gli avversari di Lega-M5s : Renzi 5%, Zingaretti 9% », sur IlSussidiario.net, (consulté le 14 septembre 2020).
  11. (it) « Sondaggio Ipsos (30 giugno 2018) », sur Scenaripolitici.com, (consulté le 14 septembre 2020).
  12. http://tg.la7.it/politica/il-sondaggio-politico-di-lunedì-30-luglio-2018-30-07-2018-130017
  13. (it) « Sondaggio Scenari Politici - Winpoll (7 settembre 2018) », sur Scenaripolitici.com, (consulté le 14 septembre 2020).
  14. http://www.t-mag.it/2018/09/07/sondaggio-tecne-intenzioni-di-voto-la-lega-continua-a-crescere/
  15. « Budget italien: vers de possibles sanctions financières européennes », sur RFI, (consulté le 22 décembre 2018)
  16. « Le budget italien «ne change pas» (Di Maio) », sur FIGARO, (consulté le 22 décembre 2018)
  17. Olivier Tosseri, « Rome et Bruxelles s'accordent sur le budget italien », sur lesechos.fr, (consulté le 22 décembre 2018)
  18. Le Point, magazine, « Après le coup de force de Salvini, l'Italie plongée dans la crise », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 9 août 2019).
  19. Valérie Segond, « Comment Mario Draghi a renversé l’échiquier politique italien », sur lefigaro.fr, (consulté le 13 février 2021).
  20. « Beppe Grillo, l'homme qui a grillé Renzi », Quotidien, 6 décembre 2016.
  21. (it) Emanuele Buzzi, « Russia, la tela del Movimento 5 Stelle Missione al congresso », sur Corriere della Sera.it, (consulté le 29 novembre 2016).
  22. Antonino Galofaro, « Sur l’immigration, la classe politique italienne vire à droite toute », sur Mediapart, (consulté le 1er août 2017).
  23. Eric Jozsef, « Italie : les Cinq Etoiles sur une autre planète », sur liberation.fr, (consulté le 19 février 2018).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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