Religieuse (personne)

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Sainte Scholastique avec les religieuses de l'Ordre bénédictin et ses affiliations, Johann Jakob Zeiller, 1748, Germanisches Nationalmuseum.

Une religieuse, moniale, ou nonne (péjoratif), parfois appelée « bonne sœur », est une femme membre d'une communauté religieuse féminine, devant généralement obéir aux vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Elle choisit de consacrer sa vie au service des autres (sœur apostolique) ou de quitter la société afin de vivre une vie de prière et de contemplation (moniale ou sœur contemplative) tournée vers Dieu dans un monastère ou un couvent. Les religieuses sont présentes dans les religions catholique, orthodoxe, anglicane, luthérienne, jaïne, bouddhiste, taoïste et hindoue.

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

La nonne bouddhiste vietnamienne Chân Không.
Article détaillé : Bhikkhuni.

Toutes les traditions bouddhistes présentent des religieuses, mais leur statut est différent selon les pays. Le Bouddha Gautama permet aux femmes d'entrer dans la sangha, cinq ans après avoir fondé l'ordre masculin des bhikkhus, mais avec beaucoup de réticence, prédisant que le mouvement conduirait à l'effondrement du bouddhisme après 500 ans. Il leur imposa huit règles spécifiques les assujettissant aux moines. Comme pour les moines, dans les différentes cultures bouddhistes d'Asie, il y a de nombreuses variations dans l'habit des religieuses ainsi que dans les conventions sociales.

Tibet[modifier | modifier le code]

Dans le bouddhisme tibétain, il existe depuis des siècles des religieuses qui ne reçoivent cependant pas l’ordination complète, les bhikkhunis ayant déjà disparu d’Inde et du Népal lorsque le bouddhisme pénétra au Tibet. La réintroduction de la pleine ordination pour les religieuses dans les écoles du bouddhisme tibétain a été à l'ordre du jour d'un congrès international qui s'est tenu à Hambourg en juillet 2007[1]. Il existe une gamme de statuts entre les purs laïcs et les religieuses. On trouve ainsi des yoginis et des ngakmas (courants nyingmapa et bön) mariées, mais aussi les kandromas (dakinis). Récemment, quelques gelongmas (bhikkhunis) occidentales ordonnées par des moniales du courant mahayana ont été acceptées dans des lignées tibétaines.

Parmi les religieuses tibétaines prééminentes ou célèbres, on peut citer Ngawang Sangdrol fortement engagée pour la liberté du Tibet, Khandro Rinpoché, fille de Mindroling Trichen, chef de l’école nyingmapa et directrice du monastère Samten Tse (Inde), Khandroma Palden Chotso, directrice de l’Ermitage des dakinis (Tibet), Khandro Tinley Chodon, petite-fille du maître Kagyu Shakyasri et Jetsun Kushok Chimey Luding Rinpoché, sœur de Sakya Trizin, l’actuel chef de l'école sakyapa, ou encore Shugsep Longchen Rinpoché[2].

Religieuse bouddhiste chinoise sur l'île du mont Putuo Shan.

Ainsi, au Tibet, avant l'invasion chinoise de 1959, il y avait 27 000 nonnes[3] pour environ 592 000 moines[4].

Japon[modifier | modifier le code]

Au Japon, les religieuses sont dans leur grande majorité des femmes non ordonnées qui ont fait vœu de suivre les dix préceptes et les préceptes de bodhisattva. Malgré des débuts difficiles, dès 747, elles peuvent s’installer dans des monastères et acquérir une formation, notamment au temple Hokke-ji, fondée par l'impératrice Kōmyō.

Durant l'époque pré-moderne, les femmes aristocratiques japonaises deviennent souvent religieuses bouddhistes. Aujourd'hui, certaines sont même devenues maîtres zen[5].

Chine[modifier | modifier le code]

Le Bouddhisme chinois possède une réelle tradition bhikkuni. Le rôle relativement actif des religieuses chinoises leur apporte une grande popularité auprès des Chinois. De 1952 à 1999, lorsque l'Association bouddhiste de la République de Chine organise une coordination publique, les candidatures féminines sont environ trois fois plus nombreuses que celles des hommes. En revanche, Shiu-Kuen Tsung observe que, dans le comté de Taipei, le clergé féminin est considéré avec une certaine suspicion par la société.

Aujourd'hui, la croissance économique et l'assouplissement des restrictions familiales permet à plus de femmes de devenir religieuses.

Christianisme[modifier | modifier le code]

Musique au couvent, W. A. Roesler, XIXe siècle.

Catholicisme[modifier | modifier le code]

Visite de Louis XV à Madame Louise de France, Le Boucher, 1882, Musée d'Art et d'Histoire.

Il convient sans doute de rappeler que le mot « nonne » est actuellement vieillot ou ironique[6]. On lui préfèrera le terme « religieuse », ou le cas échéant « moniale[7] ».

Une religieuse catholique est une femme qui, pour suivre « de plus près le Christ sous l’action de l’Esprit Saint, se donne totalement à Dieu aimé par-dessus tout »[8]. Lors de son engagement, ou profession, elle prononce les vœux qui la lient jusqu'à la mort dans un ordre religieux ou une congrégation dont elle suit la règle et les constitutions.

Vœux religieux ou conseils évangéliques[modifier | modifier le code]

Au fondement de la vie religieuse, il y a d'abord le propos de rechercher Dieu dans un institut religieux qui fournit un cadre de vie propre à vivre sa vocation profonde. Les trois voeux[9] ou conseils évangéliques, de pauvreté, chasteté et obéissance, mais [10].

Apostoliques ou contemplatives[modifier | modifier le code]

On distingue généralement deux sortes de religieuses : les religieuses apostoliques, qui ont un apostolat (ou ministère) à l’extérieur de la communauté: enseignement, soin des malades, travail social, etc., et les religieuses contemplatives dont la mission principale est la prière : louange de Dieu et intercession pour le monde. Parmi ces dernières, les moniales (féminin de « moines ») vivent dans leur monastère un certain retrait du monde, appelé clôture, dans la solitude et le silence, au service d'une ouverture plus profonde à Dieu et aux hommes.

Dans la tradition catholique romaine, il existe un grand nombre de communautés religieuses féminines, chacune avec son propre charisme ou un caractère spécial. Les différents ordres ou congrégations sont communément appelés du nom de leur fondateur ou fondatrice.

Les moniales ou sœurs contemplatives[modifier | modifier le code]

Les moniales et sœurs contemplative observent généralement  une forme de clôture qui les sépare du monde extérieur afin de se consacrer plus pleinement à la prière, quittant rarement leur monastère sauf en cas de nécessité ou à des fins liées à leur vie contemplative ou le couvent. Elles gagnent généralement leur vie par le travail de leurs mains.

Parmi les moniales, certaines suivent la Règle de saint Benoît: ce sont les Bénédictines, Cisterciennes, les trappistines et autres. On remarque dans cette tradition l’importance du travail manuel et de l’hospitalité. La devise est « ora et labora » (prie et travaille). Ces sœurs prononcent des vœux de stabilité dans le monastère, d'obéissance et de conversion des mœurs, les vœux de pauvreté et de chasteté étant inclus dans le vœu de conversion des mœurs.

Les moniales chartreuses vivent une vie semi-érémitique conformément aux Statuts de l’Ordre des chartreux qui a été fondé en 1084 par saint Bruno. La branche féminine date du XXe siècle.

D’autres moniales sont issues des ordres mendiants : ce sont entre autres

Il y a également des sœurs contemplatives non moniales, par exemple les visitandines.

Jusqu'au Concile Vatican II, il existe deux catégories de religieuses, les « religieuses de chœur », qui s'engagent à la récitation quotidienne de la Liturgie des Heures, habituellement de manière solennelle, et, par opposition, les sœurs converses, généralement de formation académique inférieure, qui sont chargées de la gestion matérielle du monastère ou du couvent. Les achats et courses extérieures sont, cependant, souvent confiés à des femmes, appelées « externes », qui vivent en dehors de l'enceinte appropriée et qui n'appartiennent pas à l'ordre des religieuses bien qu'elles soient généralement oblats ou membres du Tiers-Ordre associé ; elles portent souvent la même tenue vestimentaire que les religieuses.

Étapes de la formation religieuse[modifier | modifier le code]

La formation religieuse commence d'abord par une période d'essai de six mois à un an appelée postulat, temps pour découvrir la vie à laquelle la candidate aspire. Le postulat est suivi d'un ou deux ans de noviciat. Dans certaines communautés les novices portent déjà l'habit religieux, mais durant tout ce temps, la candidate et la communauté sont libres

À l'issue du noviciat, la sœur peut prononcer des vœux temporaires pour une durée d'au moins trois ans renouvelables. Ce n'est donc qu'au bout de plusieurs années que la religieuse peut être admise à prononcer un engagement définitif.

Le vale de repos, John Everett Millais, 1858.

Les communautés de religieuses s'associent souvent à la prière pour une personne en particulier ou afin de soutenir les missions d'un autre ordre par la prière ; par exemple, les religieuses dominicaines du monastère de Corpus Christi dans le Bronx, à New York, prient pour des prêtres de l'archidiocèse de New York partis en mission ou encore, certaines sœurs missionnaires de Maryknoll ont de petites maisons où elles prient pour le travail des prêtres, des moines et religieuses de leur congrégation.

Il existe également les chanoinesses, équivalent féminin du chanoine. L'origine et les règles de la vie monastique sont les mêmes pour les hommes et les femmes. Comme pour les chanoines, il en existe deux types : les chanoinesses régulières, ayant prononcé les vœux religieux traditionnels, et les chanoinesses laïques, qui n'ont pas prononcé les vœux et restent donc libres de se marier. Ce deuxième type est, au Moyen Âge, un moyen de mener une vie pieuse pour les femmes de famille aristocratique, mais a aujourd'hui disparu, sauf dans les couvents luthériens en Allemagne.

Une religieuse qui est élue à la tête de sa maison religieuse est appelée une abbesse si la maison est une abbaye, une prieure s'il s'agit d'un couvent, ou plus génériquement, elle peut être dénommée « Mère supérieure ».

Le costume traditionnel des femmes dans les communautés religieuses se compose d'une tunique, attachée autour de la taille avec un chiffon ou une ceinture de cuir. Au-dessus de la tunique des religieuses portent un scapulaire. Certaines portent également un voile, une cornette ou une guimpe blanche, entourant le visage. Certains ordres, telles que les Dominicaines, portent un rosaire (grand chapelet) à leur ceinture, ou encore, un crucifix sur une chaîne autour du cou. Après le Concile Vatican II, le droit canon de l'Église catholique déclare : « Les religieux portent l'habit de leur ordre, fabriqué selon le droit propre, comme un signe de leur consécration et en témoignage de leur pauvreté ».

Orthodoxie[modifier | modifier le code]

La princesse Prascovie Youssoupova avant de devenir religieuse, Nikolaï Nevrev, 1886.

Dans l'Église orthodoxe, les religieux et les religieuses mènent le même genre de vie et il n'y a pas de distinction entre couvents et monastères. Le terme utilisé pour une abbesse est la forme féminine d'abbé (hegumeni en grec, Игуманија (igumanija) en serbe, игумения (igoumenia) en russe, mère higoumène en français. Les moines orthodoxes n'ont pas d'ordres distincts comme dans le christianisme occidental. Les moines et moniales orthodoxes mènent des vies spirituelles identiques ; il peut y avoir de légères différences dans la façon dont fonctionne un monastère à l'intérieur, mais ce sont tout simplement des différences de style dépendant de l'abbesse ou abbé. L'abbesse est le chef spirituel du couvent et son autorité est absolue ; aucun prêtre, évêque, ou même patriarche ne peut remplacer une abbesse dans les murs de son monastère. les abbesses peuvent entendre les confessions (sans absolution), mais elles ont besoin des services d'un prêtre pour célébrer la Divine Liturgie et effectuer d'autres fonctions sacerdotales comme l'absolution des péchés.[réf. nécessaire]

Protestantisme[modifier | modifier le code]

Églises luthériennes[modifier | modifier le code]

Anglicanisme[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vers la pleine ordination
  2. Women Buddhas: A Short List of Female Saints, Teachers and Practitioners in Tibetan Buddhism
  3. Havnevik Hanna, Combats des nonnes tibétaines, 1995, Ed Dharma, (ISBN 2-86487-025-8)
  4. Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Le Tibet est-il chinois ?, Albin Michel, 2002, (ISBN 2-226-13426-3)
  5. Lori Meeks, Hokkeji and the Reemergence of Female Monastic Orders in Premodern Japan (2010) [1]
  6. Éditions Larousse, « Définitions : nonne - Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le 1er février 2016)
  7. « MONIALE : Définition de MONIALE », sur www.cnrtl.fr (consulté le 1er février 2016)
  8. « Les Instituts de vie consacrée dans le Code de droit canonique », sur Vatican, Code de droit canonique, 573§1
  9. Martine de Sauto, « Vingt siècles de vie religieuse », La Croix,‎ (lire en ligne)
  10. « Quelle est la signification des voeux des religieux ? », sur http://www.jeunes-vocations.catholique.fr (consulté le 25 mai 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]