Edmond Bloud

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Edmond Bloud
Image illustrative de l'article Edmond Bloud
Fonctions
Parlementaire français
Député 1928-1936
Gouvernement IIIe république
Groupe politique URD (1928-1932)
RS (1932-1936)
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 71 ans)
Résidence Seine

Edmond Antony Joseph Bloud est un éditeur et homme politique français né à Paris le , mort le à Neuilly-sur-Seine. Il a été maire de cette ville de 1927 à 1947, député de la Seine de 1928 à 1936 et conseiller général de la Seine de 1920 à 1929.

Carrière[modifier | modifier le code]

Associé en 1902 à la société "Bloud & Cie"[1] créée par son père Benoît (né à Verna (Isère)[2] en 1843), il en prend la direction le 29 avril 1911 en créant, en association à 40 % avec Francisque Gay, les éditions "Bloud & Gay"[3] spécialisées dans les publications catholiques, qui compteront des succursales à Barcelone et à Dublin.

Membre du Comité catholique de propagande français à l'étranger, il fonde en 1915, sur demande de Paul Claudel et de Théophile Delcassé, ministre des Affaires étrangères, le Comité catholique des amitiés françaises à l'étranger.

Affiche apposée sur les murs de Neuilly le 12 juin 1940

Conférencier et auteur de diverses études politiques sur l'Allemagne et le pangermanisme mais aussi sur le futur parti du centre (devenu le Mouvement républicain populaire (MRP), il est élu, de 1927 à 1947, maire de Neuilly-sur-Seine. Il fait construire l'hôpital de la ville de Neuilly, inauguré en 1935.

Il est également élu conseiller général de la Seine de 1920 à 1929. Le 22 avril 1928, proche du mouvement Le Sillon, il se présente aux élections législatives sur la liste des Comités républicains nationaux, libéraux et anticartellistes (Union républicaine démocratique). Élu à une forte majorité député de la Seine[4] dans la 9e circonscription de Saint-Denis sur la liste de l'Union républicaine et démocratique, il est réélu au premier tour en 1932 sur la liste du Groupe républicain et social de Georges Pernot. Quatre ans plus tard, en 1936, il laisse son siège à Henri de Kerillis et ne se consacre plus qu'à sa maison d'édition et à ses fonctions municipales.

Il fait placarder dans toute la ville, le 12 juin 1940, un message d'espoir sous la forme d'une affiche d'environ un mètre de hauteur. Lors de l'arrivée de la Wehrmacht à Neuilly-sur-Seine en 1940, Edmond Bloud accueille les officiers allemands dans leur propre langue, sur le parvis de l'hôtel de ville, ceint de son écharpe tricolore. Il parvient -fait sans doute unique- à les dissuader d'occuper l'hôtel de ville ainsi que l'hôpital municipal qu'il avait inauguré en 1935.

Six mois plus tard, en janvier 1942, tous ces actes de résistance lui valent d'être révoqué par le gouvernement de Vichy de ses fonctions de maire de Neuilly. L'arrêté du ministre de l'intérieur de Pétain, Pierre Pucheu, considère en effet que « M. Bloud (Edmond), maire de la ville de Neuilly-sur-Seine (Seine), n'apporte pas une aide efficace à l'œuvre de rénovation nationale »[5].

Réhabilité par l'Ordonnance de 1945, ses fonctions seront finalement reprises par Achille Peretti, élu maire en 1947. Il décède à l'âge de soixante et onze ans à son domicile de Neuilly (passage Saint-Ferdinand).

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Edmond Bloud », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Site externe[modifier | modifier le code]

Les explications de Francisque Gay données à son directeur Edmond Bloud à propos de la descente de la Gestapo du 23 mars 1944

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Repères historiques de la maison d'édition.
  2. TPL de la commune.
  3. Anne-Lise Pereon-Cathala, « La librairie Bloud & Gay entre 1911 et 1939 », mémoire de DEA d'histoire contemporaine sous la direction de Jean-Marie Mayeur, Université Paris IV-Sorbonne, 1992, cité par « Fonds d'archives Marc Sangnier »
  4. " « Dictionnaire des Parlementaires français, 1889-1940, Volume 4, page 634 », PUF,‎
  5. Journal officiel de l'État français du 28 janvier 1942