François Lecointre (militaire)

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Officier général francais 5 etoiles.svg François Lecointre
François Lecointre (militaire)
Le général Lecointre à l'Ecole polytechnique, à l'occasion du Forum 2017 de la DGA.

Nom de naissance François Gérard Marie Lecointre
Naissance (56 ans)
Cherbourg (France)
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Troupes de marine
Grade Général d'armée
Années de service 1984-en cours
Commandement Chef d’État-Major des armées
(depuis le )
EUTM Mali (2013)
Conflits Guerre du Golfe
Guerre civile somalienne
Guerre civile rwandaise
Guerre de Bosnie-Herzégovine
Guerre civile ivoirienne
Guerre du Mali
Faits d'armes Combat du pont de Vrbanja

François Lecointre est un militaire français né le à Cherbourg[1]. Général d'armée, il est chef d’État-Major des armées depuis le [2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

François Lecointre est le fils d'Yves Urbain Marie Lecointre (1932-1985), capitaine de frégate, qui fut commandant du SNLE Le Redoutable[4] et de Francoise de Roffignac. L'un de ses grands-pères, officier pendant la Seconde Guerre mondiale, est prisonnier en Allemagne et participe aux combats de la Libération. L'un de ses oncles, Patrick Lecointre, vice-amiral d'escadre, est successivement commandant de la frégate De Grasse (1987-1988), chef du cabinet militaire du Premier ministre (1991-1994) et commandant de la Force d'action navale (1994-1996)[5]. À propos d'un autre de ses oncles, Hélie de Roffignac, mort à l’âge de 23 ans en Algérie[6], le général Lecointre affirme [7] : "J’ai eu la chance d’avoir dans ma famille un oncle qui incarnait pour moi le héros absolu. Il était mort au champ d’honneur. Dans ma famille il y a des officiers depuis plusieurs générations. Mais la mémoire de cet homme est centrale. Cet oncle que je n'ai jamais connu était l'unique garçon dans la famille de ma mère et le monde ne semblait pas pouvoir continuer après son sacrifice. Lui-même était le fils d’un officier mort des suites de ses blessures lors de la Seconde guerre mondiale, son grand père saint-cyrien était décédé d’une balle dans les tranchées"[8],[9].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Après avoir été élève au collège Saint-François-Xavier de Vannes, un établissement jésuite[7], il rejoint la classe préparatoire du Prytanée national militaire de La Flèche. Il intègre ensuite l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1984 (promotion général Monclar) puis l'École de l'infanterie en 1987 avant d'incorporer le 3e régiment d'infanterie de marine (3e RIMa) de 1988 à 1991[10].

Le lieutenant Lecointre est nommé au grade de capitaine des troupes de marine le [11]. Il a été engagé en Irak lors de la première guerre du Golfe (1991), en Somalie (1992) et à Djibouti[3],[12] dans le cadre de l’opération Iskoutir (1991-1993)[13].

De 1993 à 1996, il commande la 1re compagnie de combat du 3e RIMa, basé à Vannes. À ce titre, il participe avec son unité à l’opération Turquoise, en 1994 au Rwanda (dans le cadre du groupement Nord Turquoise)[14],[15], puis est engagé dans les forces françaises du BATINF 4, sous commandement de la Force de protection des Nations unies (FORPRONU)[16], lors de la guerre de Bosnie-Herzégovine[3]. Le , commandant la 1re compagnie du 3e RIMa à Sarajevo, le capitaine Lecointre reprend la tête de l'assaut mené par la section du lieutenant Bruno Heluin, blessé par un éclat au front, pour reprendre le pont de Vrbanja. Cette opération avait été ordonnée par le général Gobilliard et le colonel Sandahl[17],[18],[19],[20] et elle est à ce jour le dernier combat « baïonnette au canon » de l'armée française. « La reprise du pont de Verbanja restera dans la mémoire de nos armées comme un symbole, celui de la dignité retrouvée, du refus de toutes les humiliations » déclara Jacques Chirac, président de la République française, à Vannes, le lors des obsèques des marsouins Amaru et Humblot tués lors de l'assaut[19]. Ce fait d'armes vaudra au lieutenant Heluin et au capitaine Lecointre d'être faits chevaliers de la Légion d'honneur, par décret du [21].

De 1996 à 1999, il est instructeur aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan), où il forme des élèves officiers à la tactique militaire.

De 1999 à 2001, il est officier stagiaire au Collège interarmées de Défense (aujourd'hui École de guerre). Il sert ensuite à l’état-major de l'Armée de terre, en particulier au sein du bureau de conception des systèmes de forces[22].

De 2005 à 2007, le colonel Lecointre revient au 3e RIMa en tant que chef de corps et à ce titre commande le groupement tactique interarmes 2 (GTIA2) en Côte d’Ivoire d’ à (opération Licorne) dans le cadre de la crise politico-militaire.

De à , il est stagiaire au Centre des hautes études militaires, puis directeur de la formation de la 58e session. Durant cette période il est également auditeur à l’Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN)[23]. Il intègre le cabinet du ministre de la Défense en , remplissant successivement les missions d'adjoint « terre » et de chef de la cellule « activité et emploi »[24].

Nommé général de brigade le , il occupe jusqu'en 2013 le poste de commandant de la 9e brigade d'infanterie de marine à Poitiers. Il commande la mission de formation de l'Union européenne au Mali (EUTM Mali) de janvier à [25],[3].

Rejoignant l'état-major de l’Armée de terre en en tant que chargé de mission, le général Lecointre est sous-chef d’état-major « performance-synthèse » de 2014 à 2016[26]. Il est promu général de division le [27].

Chef du cabinet militaire du Premier ministre depuis (gouvernements Valls, Cazeneuve puis Philippe)[3],[28], il est élevé par décret du du président François Hollande dans la première section des officiers généraux aux rang et appellation de général de corps d'armée le suivant[29].

Le général Lecointre a dirigé par ailleurs la revue d’études militaires, Inflexions (2015-2017)[30].

Chef d'État-Major des armées[modifier | modifier le code]

Le , il est nommé chef d’État-Major des armées par le président Emmanuel Macron — qui le qualifie de « héros reconnu comme tel dans l’armée[3] » —, à la suite de la démission du général de Villiers[31],[3] ; il entre en fonction le lendemain de sa nomination et de son élévation aux rang et appellation de général d'armée[32]. Il publie son premier ordre du jour le [33].

Le 21 février 2018, le général Lecointre s'exprime à l’Assemblée nationale devant la Commission de la Défense nationale et des Forces armées sur le projet de loi relatif à la Programmation militaire pour les années 2019 à 2025. Il y présente sa vision d'un projet de loi qui "porte une double ambition : premièrement, redonner aux armées les moyens de remplir durablement leurs missions ; deuxièmement, les préparer aux défis de demain et initier une véritable modernisation de l’outil militaire" [34].

Lors d'une audition devant la même Commission consacrée aux opérations extérieures (17 juillet 2018), le général Lecointre rappelle que "dans un monde en état de crise permanent lié aux enjeux énergétiques et environnementaux, d’une part, et à l’explosion démographique, d’autre part" et soumis à "une hausse de la conflictualité", il est nécessaire de procéder selon les "grands principes de la guerre que vous connaissez pour avoir lu les écrits du maréchal Foch. Pour rappel, le premier principe de la guerre est celui de la concentration des efforts, à l’endroit et au moment choisis. La concentration des efforts repose sur deux principes subséquents, l’économie des moyens, qui permet d’agir au bon moment, et la liberté d’action, qui permet d’agir au bon endroit" [35].

Le chef d’état-major des armées, a présenté les orientations de sa vision stratégique pour les forces armées françaises, dans un document rendu public le 21 septembre 2018 [36].

Grades militaires[modifier | modifier le code]

Visite du général d'armée François Lecointre, à l'École polytechnique à l'occasion du forum 2017 de la DGA.

Décorations[modifier | modifier le code]

Legion Honneur GO ribbon.svg Ordre national du Merite Commandeur ribbon.svg
Gold star
UK MID 1920-94.svgBronze-service-star-3d.png
Croix du Combattant (1930 France) ribbon.svg Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon.svg Medaille de la Defense Nationale Argent ribbon.svg Medaille de Reconnaissance de la Nation (d'Afrique du Nord) ribbon-2.png
Medaille commemorative Francaise ribbon.svg UNPROFOR Medal bar.gif CSDP Medal EUTM MALI ribbon bar.svg Kuwait Liberation Medal (Saudi Arabia) ribbon.svg
Kuwait Liberation Medal (Kuwait) ribbon.svg
MLI National Order - Commander BAR.png

Intitulés[modifier | modifier le code]

Visite du général d'armée François Lecointre, à l'École polytechnique à l'occasion du forum 2017 de la DGA.

Écrits et conférences[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • François Lecointre (dir.), Le soldat : XXe – XXIe siècle, Gallimard, coll. « Folio Histoire », (ISBN 978-2072748134). Préfacé par l’historien Jean-Pierre Rioux, cet ouvrage collectif réunit une sélection d’articles tirés de la revue Inflexions. Civils et militaires : pouvoir dire, dont le général Lecointre a été le directeur de publication.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Catholique pratiquant[39], François Lecointre est marié et père de quatre filles[40].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Des militaires originaires du Cotentin au Mali », sur La Manche libre, 28 janvier 2013.
  2. « Le général François Lecointre succède à Pierre de Villiers, démissionnaire », sur lalsace.fr, L'Alsace, 19-20 juillet 2017 (consulté le 20 juillet 2017).
  3. a b c d e f et g « François Lecointre, nouveau chef d’État-Major des armées, « un héros, reconnu comme tel », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 24 juillet 2017).
  4. Détails biographiques sur le site de l' École navale - Espace traditions.
  5. Voir le site de l' École navale - Espace traditions
  6. Hélie de Roffignac (1936-1959), saint-cyrien (promotion Franchet d'Esperey, 1955-1957), lieutenant commandant d'escadron au 18e régiment de chasseurs à cheval, décédé des suites de ses brûlures dans un incendie de forêt, au retour d’opérations dans le massif de Chélia, le 1er août 1959, à 23 ans. Chevalier de la Légion d'honneur, Croix de la Valeur militaire. Voir : Musée du Souvenir - La Saint-Cyrienne. Récit détaillé de la journée du 1er août 1959, in : Jean-Pierre Legendre, Histoire du 18e Régiment de Chasseurs à Cheval Aurès-Némentchas 1956-1962.
  7. a et b Jean-Marc Gonin, « François Lecointre, penseur cinq étoiles », Le Figaro Magazine, semaine du 13 juillet 2018, p. 46-50.
  8. Anne Marie Casimir Élie de Roffignac (1880-1914), saint-cyrien (promotion du Centenaire de la Légion d'honneur, 1901-1903), capitaine au 85e régiment d'infanterie, tué le 5 décembre 1914 au Bois de la Soudière, à l’âge de 33 ans. Chevalier de la Légion d'honneur, Croix de guerre avec palme. Voir : Musée du Souvenir - La Saint-Cyrienne.
  9. Général François Lecointre : « Le défilé du 14 juillet est une démonstration de force », Famille chrétienne, 12 juillet 2018.
  10. « Biographie du colonel François Lecointre, nouveau chef de corps du 3e de marine », Bulletin d'information du 3e RIMa, no 33 (consulté le 19 juillet 2017).
  11. J.O. no 155 du 5 juillet 1991, NOR : DEFM9101576D.
  12. François d'Orcival, « Général Lecointre : la cinquième étoile du « marsouin », Valeurs actuelles, 30 juillet 2017 : « Il appartient à l’étroite cohorte des généraux qui ont commandé au feu ».
  13. « La rédaction – Comité de rédaction – M. François Lecointre », sur inflexions.net (consulté le 20 juillet 2017).
  14. Jacques Morel, La France au cœur du génocide des Tutsi, Izuba édition - L'Esprit frappeur, 2010, 1503 p. (ISBN 978-2-84405-242-1), p. 1325.
  15. Sur l’opération Turquoise et les développements politico-judiciaires, voir : « Opération Turquoise au Rwanda », Association France Turquoise.
  16. Voir le résumé des opérations en ex-Yougoslavie sur le site des troupes de marine.
  17. Éric Biegala, « Le jour où les Casques bleus français se sont rebiffés », sur lepoint.fr, Le Point, 22 juillet 1995, 17 janvier 2007 (consulté le 23 juillet 2017).
  18. Interview général Gobilliard et colonel Lecointre, émission Infrarouge « Que sont nos soldats devenus ? », France 3.
  19. a et b Voir le récit détaillé de l’opération dans : Général d’armée Hervé Gobilliard, « Prise du pont de Verbanja le par les soldats français de la FORPRONU pendant la guerre en Bosnie », Les volontaires, 82e année, no 412, mars 2008, p. 9-10.
  20. Récit du lieutenant Heluin, dans Michel Goya, « Assaut sur Verbanja-27 mai 1995 », , extrait de Lieutenant-colonel Goya, « Sous le feu - Réflexions sur le comportement au combat », Cahier de la réflexion doctrinale, ministère de la Défense, Armée de terre, CDEF/DREX, p. 7-9.
  21. Légion d'honneur, décret du 14 juin 1995.
  22. Voir le CV du général Lecointre, JDD, 19 juillet 2017].
  23. Arrêté du 13 juillet 2007.
  24. « Biographie du général François Lecointre » [PDF], sur defense.gouv.fr (consulté le 21 juillet 2017).
  25. Sur l’opération EUTM - Mali, voir l'interview du général Lecointre, ministère de la Défense, [lire en ligne] [PDF]. Voir également la conférence du général Lecointre : « Le défi de l’interaction avec les partenaires européens », dans Réflexions tactiques – Opération Serval, numéro spécial, , p. 67 et suiv. [lire en ligne][PDF].
  26. « Biographie du général d’armée François Lecointre, chef d'État-Major des armées, ministère des Armées, defense.gouv.fr, 26 juillet 2017.
  27. a et b « Décret du 19 décembre 2014 portant promotions et affectations, nominations et affectations, promotions et nominations dans la 1re et la 2e section d'officiers généraux », sur legifrance.gouv.fr, Journal officiel de la République française, no 0294, (ISSN 0242-6773).
  28. « François Lecointre. Nommé chef du cabinet militaire du Premier ministre », Le Télégramme (consulté le 19 juillet 2017).
  29. a et b « Décret du 19 janvier 2017 portant élévations dans la 1re section d'officiers généraux », sur legifrance.gouv.fr, Journal officiel de la République française, (consulté le 19 juillet 2017).
  30. Revue Inflexions.
  31. « Armées. François Lecointre va remplacer Pierre de Villiers », Le Télégramme, (consulté le 19 juillet 2017).
  32. a et b « Décret du 19 juillet 2017 portant affectation et élévation d'un officier général », sur legifrance.gouv.fr, Journal officiel de la République française, no 168, (ISSN 0242-6773, consulté le 20 juillet 2017).
  33. Ordre du jour no 1 du général Lecointre, chef d'État-Major des armées, 21 juillet 2017, asafrance.fr [PDF].
  34. Assemblée nationale, Jean-Jacques Bridey, député : Rapport fait au nom de la Commission de la Défense nationale et des Forces Armées sur le Projet de Loi (n° 659) relatif à la Programmation militaire pour les années 2019 à 2025, pages 207 à 237
  35. Commission de la défense nationale et des forces armées, mardi 17 juillet 2018, Séance de 17 heures, Compte rendu n° 71, Présidence de M. Jean-Jacques Bridey, président
  36. Général d’armée François Lecointre, Chef d’état-major des armées : Vision stratégique - « pour une singularité positive » (En ligne). Voir : « Les armées face au défi de leur organisation », La Croix, 7 septembre 2018
  37. « Décret du 16 mai 2011 portant affectation et élévation aux rang et appellation de général de corps d'armée, promotions et nominations dans la 1re et la 2e section, admission par anticipation et sur demande et affectations d'officiers généraux », sur legifrance.gouv.fr, Journal officiel de la République française, no 0114, (ISSN 0242-6773).
  38. « Décret du 2 juillet 2018 portant élévation en faveur des militaires appartenant à l'armée active », Journal officiel de la République française, no 152,‎ (ISSN 0373-0425, lire en ligne)
  39. Samuel Pruvot, « François Lecointre ou les armes de l’esprit », sur famillechretienne.fr, (consulté le 20 juillet 2017).
  40. Bulletin d'information du 3e RIMa.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]