Mission de formation de l'Union européenne au Mali

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Mission de formation de l'Union européenne au Mali
Image illustrative de l'article Mission de formation de l'Union européenne au Mali
Cocarde de la mission.
Abréviation EUTM
Type Mission de formation
Décision Décision 2013/34/PESC
Adoption 17 janvier 2013
Lancement 2013
Commandement de la force Drapeau de la Belgique Bart Laurent
Siège Bamako (Mali)
Contribution et personnel
Contributeurs

La mission de formation de l'Union européenne au Mali, en abrégé EUTM Mali (de l'anglais European Union Training Mission in Mali), est une opération de l'Union européenne décidée dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune, approuvée par le Conseil de l'Union européenne en plusieurs étapes.

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

En janvier 2012, le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) – un mouvement touareg – lance une offensive contre plusieurs camps militaires au nord du Mali : les camps de Ménaka, Tessalit, Aghueloc, Anderamboukane et Tizawaten. À la suite de la révolution en Libye, ceux-ci bénéficient de nouveaux équipements militaires et souhaite obtenir l'indépendance de l'Azawad. À la suite des échecs des autorités maliennes pour mettre fin au conflit et reprendre le contrôle de la région, des militaires basés à Bamako font un coup d’État le , forçant le président en place, Amadou Toumani Touré, à partir.

Profitant de cette crise politique, le MNLA – ayant pris les villes de Kidal, Tombouctou et Gao – déclare l'indépendance de l'Azawad le . Cependant, très rapidement, le MNLA (laïc) doit faire face à une nouvelle menace, qui a profité de l'instabilité dans la région : le mouvement islamiste Ansar Dine, proche du mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest et d'Al-Qaida au Maghreb islamique.

Genèse et mandat[modifier | modifier le code]

Le 10 décembre 2012, un « concept de gestion de crise » au Mali est approuvé par les ministres des affaires étrangères de l'UE qui concluent à la « nécessité d'avancer rapidement dans le processus de planification et de préparer une décision du Conseil instituant la mission »[1]. Il est prévu de fournir 200 instructeurs pour une durée de 15 mois[2]. Du « personnel d'appui et de protection des forces » sera aussi déployé[2]. Les entraînements auront lieu au nord-est de Bamako[3]. Le coût de la mission est de 12,3 millions d'euros[3].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Bases légales de la mission[modifier | modifier le code]

La mission EUTM Mali a été adoptée sur la base de la résolution no 2071(2012) du Conseil de sécurité des Nations unies et des articles 42(4) et 43(2) du traité sur l'Union européenne. Sur la base de ces éléments, le Conseil a adopté la décision 2013/34/PESC créant la mission de formation au Mali[4].

Objectifs de la mission[modifier | modifier le code]

La mission a pour objectif de « fournir, dans le sud du Mali, des conseils en matière militaire et en ce qui concerne la formation aux forces armées maliennes opérant sous le contrôle des autorités civiles légitimes, afin de contribuer à rétablir leurs capacités militaires et de leur permettre de mener des opérations militaires visant à rétablir l’intégrité territoriale du Mali et à réduire la menace constituée par les groupes terroristes »[5]. La décision exclut explicitement la participation des forces d'EUTM Mali aux opérations de combat.

Plus précisément, la mission compte plusieurs volets permettant de répondre aux besoins opérationnels[6] :

  • appuyer la formation des forces armées maliennes ;
  • fournir des formations et conseils pour le commandement, le contrôle, la chaîne logistique et les ressources humaines ;
  • apporter une formation en matière de droit international humanitaire, de protection des civils et de droits de l'homme.

La mission coordonne son action avec celles des Nations unies et de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest[7].

La mission est, au départ, prévue pour durer 15 mois à compter du lancement de la mission[8]. Celle-ci est lancée le 18 février 2013[9].

Commandement de la mission[modifier | modifier le code]

  • Le premier commandant de mission est le général de brigade François Lecointre – anciennement à la 9e brigade d'infanterie de marine[10], nommé le 17 janvier 2013[11].
  • Le 1er août 2013, il est remplacé par le général de brigade Bruno Guibert[12].
  • Le 1er avril 2014, il est remplacé par le général Marc Rudkiewicz[13].
  • Le 24 octobre 2014, il est remplacé par le général espagnol Alfonso Garcia-Vaquero Pradal[14]
  • Le 28 juillet 2015, le général de brigade allemand Frantz Pfrengle prend le commandement de la mission
  • Le 18 décembre 2015, il est remplacé par le général allemand Werner Albl, commandant la Brigade franco-allemande (BFA)
  • Le 3 juillet 2016, le commandement est repris par le général de brigade Eric Harvent, précédemment commandant de la brigade médiane belge
  • Le 19 décembre 2016, le commandement est repris par le général de brigade belge Peter Devogelaere
  • Le 12 juillet 2017, le commandement est repris par le général de brigade belge Bart Laurent[15].

Site d'entraînement[modifier | modifier le code]

La mission dispose de deux implantations :

Chronologie[modifier | modifier le code]

Le 17 janvier 2013, la mission est instituée, ce qui crée le fondement juridique de la mission, mais il est précisé que le lancement de la mission fera l'objet d'une décision ultérieure[3].

Les buts de la mission sont « la formation et l'entraînement de bataillons des forces armées maliennes, ainsi que d'unités d'appui tactique et de soutien logistique du combat, y compris en matière de droit humanitaire international, de protection des civils et de droits de l'homme »[2].

Selon le ministre de la Défense espagnol, Pedro Morenés, l'Espagne fournira 40 à 50 instructeurs militaires[16]. La Roumanie a promis d'envoyer 10 militaires, la République tchèque, 50, et la Bulgarie, 4[17]. Le Portugal lui enverra sept militaires au Mali[18].

Dans le contexte de l'intervention militaire au Mali, des sources diplomatiques font état du démarrage effectif de l'EUTM Mali au début de février 2013[19].

Le général de brigade François Lecointre déclare à la presse le 22 janvier : « Ce qui est important, c’est de comprendre que même s’il y a une action urgente qui est conduite par la France et la MISMA, l’Union européenne, même si elle accélère sa mise en place, travaille sur le moyen et le long termes »[20].

Le 8 février 2013, le premier détachement se pose à Bamako. Il est commandé par le colonel HELUIN (Fr), chef de la mission d'audit et de conseil (ALTF - Advise and Liaison Task Force). Le 18 février 2013, la mission est lancée et présentée à Bamako le 20 février. Plus de 500 militaires, dont 200 formateurs européens doivent arriver au Mali pour donner des cours aux militaires maliens à partir du 2 avril 2013, pour quinze mois. Quatre bataillons de 700 hommes seront formés[21].

Le 1er août 2013, le général français Bruno Guibert succède au général François Lecointre[22]. On compte désormais 110 français sur les 426 militaires européens (19 nationalités différentes) affectés à l’EUTM Mali et répartis entre un état-major (24), un détachement d’instruction opérationnelle (193), une compagnie de protection de la force (160) et un hôpital Rôle 2 (49). La formation du deuxième bataillon malien, appelé « Helou » (« éléphant » en tamachek) débute le 9 juillet.

Le 8 janvier 2014 débute la formation, au camp de Koulikoro, du quatrième bataillon de GTIA[23].

Le 1er avril 2014, le général français Marc Rudkiewicz succède au général Bruno Guibert. Au cours de sa première année, la Mission européenne d’entraînement au Mali a assuré la formation de quatre groupements tactiques interarmes (GTIA) qui sont accompagnés sur le terrain par 5 détachements de liaison et d’assistance opérationnelle (DLAO) de la force Serval[24].

Le 24 octobre 2014, le général français Marc Rudkiewicz est remplacé par le général espagnol Alfonso Garcia-Vaquero Pradal. L’Espagne est le premier contributeur, avec environ 115 personnes, suivie par l’Allemagne (100 personnes), les Français ne représentant plus que 10 % des effectifs contre 60 % au départ[14].

États membres participants[modifier | modifier le code]

La mission regroupe 569 militaires européens de 27 nationalités différentes.

Environ 200 militaires participent à la formation et l'instruction de l'armée malienne. Près de 150 soldats sont chargés de la protection du personnel. Le reste, environ 150 hommes, assure les fonctions de commandement par la mise en place d'un état-major, organise la logistique militaire et s'occupe du soutien médical.

États membres Contribution
Drapeau de la France France 207
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 71
Drapeau de l'Espagne Espagne 54
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 40
Drapeau de la République tchèque République tchèque 34
Drapeau de la Belgique Belgique 25
Drapeau de la Pologne Pologne 20
Drapeau de l'Italie Italie 19
Drapeau de la Suède Suède 14
Drapeau de la Finlande Finlande 12
Drapeau de la Hongrie Hongrie 10
Drapeau de l'Irlande Irlande 8
Drapeau de l'Autriche Autriche 7
Drapeau de la Grèce Grèce 4
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 4
Drapeau de la Lettonie Lettonie 2
Drapeau de la Slovénie Slovénie 4
Drapeau de l'Estonie Estonie 2
Drapeau de la Lituanie Lituanie 2
Drapeau du Portugal Portugal 1
Drapeau de la Roumanie Roumanie 1
Drapeau du Luxembourg Luxembourg 1


Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Conclusions du Conseil du 10 décembre 2012
  2. a, b et c Office de presse du Conseil de l'UE, L'UE prépare une mission pour former l'armée malienne, 10 décembre 2012
  3. a, b et c Office de presse du Conseil de l'UE, (en) EU training mission in Mali established
  4. Décision 2013/34/PESC
  5. Article 1(1) de la décision 2013/34/PESC
  6. Article 1(2) de la décision 2013/34/PESC
  7. Article 1(3) de la décision 2013/34/PESC
  8. Article 12(2) de la décision 2013/34/PESC
  9. Article 4 de la décision 2013/87/PESC
  10. Curriculum Vitae de François Lecointre
  11. Article 2(1) de la décision 2013/34/PESC
  12. Article 1er de la décision EUTM Mali/1/2013
  13. Transfert d'autorité - EUTM Mali
  14. a et b La France passe à l’Espagne le commandement de la formation de l’armée malienne
  15. http://eutmmali.eu/eutm-mali-a-appuye-un-transport-vers-des-ecoles/
  16. España mantiene que sólo enviará instructores a Mali en una misión de la UE
  17. Philippe Chapleau EUTM Mali: un premier contingent déployé à Bamako sous les ordres du colonel Heluin, 9 février 2013
  18. http://maliactu.net/le-portugal-enverra-sept-formateurs-militaires-au-mali/
  19. Mali : la mission européenne restera en dehors des combats
  20. Le général Lecointre, Commandant de la « Training mission » de l’Union Européenne en visite chez le Premier ministre Diango Cissoko mardi
  21. http://rfi.fr/afrique/20130221-arrivee-mission-europeenne-formation-militaires-mali
  22. http://www.opex360.com/2013/07/22/le-general-bruno-guibert-nomme-a-la-tete-de-leutm-mali/
  23. Nicolas Gros Verheyde, « Une nouvelle fournée pour EUTM Mali », Bruxelles2,‎ .
  24. [1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Décision  2013/34/PESC du Conseil relative à une mission militaire de l’Union européenne visant à contribuer à la formation des forces armées maliennes (EUTM Mali), 32013D0034, adoptée le 17 janvier 2013, JO du 18 janvier 2013, p. 18-23 [consulter en ligne, notice bibliographique]
  • Décision  2013/87/PESC du Conseil relative au lancement d'une mission militaire de l'Union européenne visant à contribuer à la formation des forces armées maliennes (EUTM Mali), 32013D0087, adoptée le 18 février 2013, JO du 19 février 2013, p. 27 [consulter en ligne, notice bibliographique]
  • Décision  EUTM Mali/1/2013 du Comité politique et de sécurité portant nomination du commandant de la mission de l'Union pour la mission militaire de l'Union européenne visant à contribuer à la formation des forces armées maliennes (EUTM Mali), 32013D0399, adoptée le 19 juillet 2013, JO du 27 juillet 2013, p. 22 [consulter en ligne, notice bibliographique]
  • Accord entre l'Union européenne et la République du Mali relatif au statut, en République du Mali, de la mission militaire de l'Union européenne visant à contribuer à la formation des forces armées maliennes (EUTM Mali), (lire en ligne)
  • « Transfert d'autorité de la mission européenne d'entraînement au Mali », un article du site EUTM Mali,‎ (lire en ligne)
  • Conseil, Conclusions du Conseil sur le Mali, Bruxelles, (lire en ligne)
  • Jean-Pierre Stroobants, « Au Mali, les troupes européennes en soutien face aux djihadistes », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]